- WACKEN 2006 par TONTON - 3230 lectures
WACKEN OPEN AIR les 3, 4 et 5 Août 2006



Quel bonheur de revenir à Wacken pour une édition 2006 riche de promesses avec les come-backs d'EMPEROR, CELTIC FROST mais également CARNIVORE et surtout ATHEIST. Quel plaisir de côtoyer derechef ces sympathiques germains dotés de vessies aux capacités hors norme. Quelle joie de festoyer dans cette charmante bourgade devenue pendant quelques jours la capitale cosmopolite du métal. S'il y avait bien une affiche à ne pas rater en ce mois d'août 2006, c'était probablement celle de Wacken. Un rendez-vous que votre Tonton n'aurait voulu manquer pour rien au monde.








Jeudi 3 Août.

Après une série de galères suffisamment incroyables pour être évoquées dans ce report, probablement dues à toutes ces chain-letters que je n'ai jamais fait suivre et qui devraient, selon toute vraisemblance, damner ma famille sur cinq générations, j'arrive dans la place sur les coups de 21h30. Ayant raté très largement les sets de VICTORY, un obscur groupe teuton de mon adolescence et MICHAEL SCHENKER, je décide de me venger sur la prestation fleuve de SCORPIONS. Oui, une prestation fleuve car leur concert s'étalera sur près de trois heures avec une sélection de titres soigneusement choisis par les fans. Le public est venu massivement pour célébrer l'événement et je ne pense pas avoir déjà vu une foule plus compacte et plus imposante se masser devant la true métal stage. La soirée s'annonce historique pour l'un des plus vieux groupes de hard rock teuton comme pour ses fans.
Cependant, le groupe a du mal à se mettre en condition et Klaus Meine chante même franchement faux sur quelques mesures du second morceau. Fort heureusement les choses rentrent rapidement dans l'ordre et les standards se succèdent pour une set-list quelque peu atypique. Pour que la fête soit complète Uli Jon Roth, Michael Schenker et Hermann Rarebell rejoindront le groupe pour ce concert aux proportions titanesques. Enfin, ça c'est la version officielle, car c'est en fait de loin que je vais suivre cette page d'histoire, ne déplaçant ma panse que pour mieux voir l'espèce de scorpion géant en aluminium bien kitch qui avancera laborieusement sur le devant de la scène avant que le quintet teuton n'entame son fameux « Rock like hurricane ». C'est certain, les fans purs et durs ont adoré. Les autres comme moi ont dû trouver ça un poil trop long et trop rétro. Honte sur nous…




Vendredi 4 Août

Il est presque 13h lorsque j'arrive sur le site du festival pour une journée qui s'annonce d'ores et déjà bien remplie. Le temps de rejoindre la Party Stage et BORN FROM PAIN démarre pour trois quarts d'heure d'un Hardcore qui devient de plus en plus métallique. Les bataves sont devenus plus métal, certes, mais l'énergie du HxC est encore présente dans les prestations scéniques toujours aussi survoltées et ce passage au Wacken ne défraye pas à la règle, BORN FROM PAIN va envoyer le boulet loin.




Un p'tit tour par la True metal stage pour voir le début du set de DANKO JONES qui m'avait agréablement surpris lors du Hellfest. Les Canadiens sont plus en forme que jamais et nous servent quelques grosses lapées de leur rock'n'roll de contrebande. Le trio prend tellement de plaisir à se produire sur scène qu'il fait plaisir à voir et vu l'ambiance qu'ils arrivent à planter dans un festival, leurs concerts en salle doivent être monumentaux. Il faudra que je vérifie ça personnellement.




Après une première pause méritée (on se déshydrate très vite dans cette partie de l'Allemagne), me voilà prêt à endurer un énième set de SIX FEET UNDER. Pour le Wacken 2006, la bande de Barnes nous délivre le forfait « deluxe » avec un Terry Butler et Steve Swanson qui vont aller jusqu'à headbanguer. C'est vous dire s'ils sont motivés.
De son côté Barnes va s'emmêler une paire de fois dans ses dreadlocks et nous gratifier de hurlements dont lui seul a le secret. Au passage, SIX FEET UNDER nous glissera sa reprise de KISS « War machine » avant de terminer sur un excellent « TNT » d'AC/DC.






Je connais mal NEVERMORE même si je dois bien avoir une paire de disques quelque part à la maison et pourtant je suis fidèle au poste lorsque le quintet américain déboule sur la True Metal stage. Pourquoi, vous demandez-vous ? Parce qu'avec NEVERMORE, on est rarement déçu du déplacement. On se souvient des problèmes de son récurrent que le groupe avait rencontré lors de sa précédente performance sur cette même scène mais cette fois-ci aucun larsen ne viendra vriller les 45 minutes de pur thrash qui vont suivre. Warrel Dane reste un super chanteur et les deux gratteux sont tout simplement excellents. Et dire que leurs dernières tournées ont boudé la France, tsss…




Désormais habitués aux grands rendez-vous, c'est tranquillement qu'OPETH prend le relais sur la black métal stage. Les Suédois vont nous délivrer une setlist assez proche de celle du Hellfest, ouvrant par le désormais incontournable « Grand conjuration ». Le son est correct, l'humour de Mickael Akerfeldt est toujours aussi irrésistiblement drôle et le nouveau batteur est parfaitement au point même si on regrettera un peu le feeling de Martin Lopez. Toutes les conditions semblent réunies pour un set optimal et pourtant la mayonnaise a du mal à prendre. Peut-être parce qu'OPETH reste un groupe de salle qui a besoin d'installer une certaine intimité entre lui et son audience pour que l'alchimie s'épanouisse. En plein jour et devant une foule conséquente, OPETH n'arrive pas à créer l'atmosphère nécessaire à ses concerts, restent quelques jolis titres rondement menés, c'est déjà pas si mal.





500 mètres et j'arrive pile poil pour les deux derniers titres de SOILWORK sur la Party stage. Bizarrement, les Suédois se produisent sans Dirk derrière les baguettes. C'est, parait-il, le batteur de DARKANE qui assure l'intérim de ce Wacken 2006. Deux titres, c'est court pour se faire une idée mais cela me suffit pour être certain que SOILWORK n'est pas un groupe pour moi. Une appréciation que je ne partage visiblement pas avec le public conquis massé devant la petite scène qui semble suspendu aux lèvres du chanteur. Il en faut pour tous les goûts, pas vrai ?





Je n'avais pas prévu d'aller les voir et pourtant le montage de leur scène aux allures d'une mauvaise pub pour le thon « petit navire » m'intrigue. Voilà que je me retrouve face à la scène lorsque les marins d'eau douce d'IN EXTREMO embarquent sur le chalut. La surprise est plutôt agréable. IN EXTREMO pratique un genre de métal festif haut en couleur agrémenté de cornemuses, d'un chant en teuton et d'un concept maritime. Ajoutez à cela quelques effets pyrotechniques et vous aurez une idée assez fidèle de ce que peut rendre la chose. Il est vrai que le côté briscard des mers est assez kitch mais question ambiance, IN EXTREMO connaît son affaire. Le genre de groupe idéal pour faire la bringue et aller vider quelques chopes avec des Allemands déchirés comme des draps de pauvres.






Premier moment d'exception de ce festival avec l'arrivée de CARNIVORE qui nous remet le couvert après une quinzaine d'année d'absence. Je ne me lancerai pas dans un cours d'histoire mais sachez tout de même que CARNIVORE était une formation franchement border line que Peter Ratajczyk alias Peter Steel avait montée avec son frangin au début des années 80. L'un des membres du trio étant décédé en 2005 dans un accident de moto et le batteur refusant obstinément de reprendre du service, c'est un line-up avec un seul et unique membre d'origine qui se produit en cette après-midi sur la black métal stage. Il est clair que les motivations d'une telle reformation n'ont d'autres objectifs que de faire fonctionner le tiroir-caisse et de se faire plaisir au passage. Cependant, jouer des classiques de CARNIVORE avec le son de basse proéminent de TYPE O NEGATIVE dénature franchement le thrash punkoïde cynique qui faisait tout le charme du trio américain. Dans le flot de titres tirés des deux uniques albums du groupe, Steel et ses copains vont quand même nous glisser quelques mesures de « Smoke on the Water » et une reprise de « Helter Skelter » des Beatles. Au final, on ne retiendra de cette performance que la tenue d'aérobic de Peter Steel et un set pas aussi transcendant qu'on l'aurait imaginé. Encore une légende qui sera tombé de son piédestal en l'espace d'une petite heure.











CHILDREN OF BODOM ne fait pas partie de mes préférences musicales mais s'il y a bien quelque chose qu'on ne peut leur enlever, c'est la facilité avec laquelle ils rendent intéressante chacune de leur performance scénique. Si sur disque C.O.B. est aussi brutal qu'une formation de bisounours énervés, c'est sur les planches que le groupe finlandais prend sa réelle dimension. Oh, bien entendu, on pourra toujours revenir sur la forme vu qu'Alexi Laiho a la fâcheuse tendance de négliger ses parties chantées et de bouffer une partie des textes mais sur le fond, CHILDREN OF BODOM est assurément un groupe live qui ne déçoit que rarement son auditoire. Et cet adage se justifie une fois de plus lors de cette édition 2006 du Wacken. C'est avec une véritable ferveur que C.O.B. va assurer son show. Vraiment sympa, même quand on n'est pas fan alors quand on aime, j'vous raconte même pas.












Ayant assisté religieusement au come-back de CELTIC FROST lors du Hellfest, l'impact de leur concert au Wacken n'est pas le même. La bande à Thomas Fisher présente une setlist presque identique à celle de juin dernier. On ouvre sur un pesant « Procreation of the wicked » et on termine sur « Circle of Tyrant ». Une sorte de transe hypnotique s'empare une nouvelle fois du public qui ne bouge quasiment pas. Tout le monde assiste à ces 75 minutes de show avec un stoïcisme surprenant. Un flegme pas très étonnant car les prestations de CELTIC FROST sont glaciales et le contact avec le public quasi nul. Le groupe suisse joue son rôle d'icône maléfique à la perfection devant les fans réellement captivés. Les riffs pachydermiques emplissent l'air et instaurent une atmosphère qui ne laisse filtrer aucune chaleur, aucune émotion; l'exact antithèse de ce qu'est le festival de Wacken. Mais CELTIC FROST n'excelle t-il pas un peu trop bien dans son rôle de sombre iceberg musical ? Il est clair que le style du groupe s'y prête mais peut-être que le groupe y gagnerait en mettant un tout petit peu moins de distance entre lui et ses fans lors de ses prochaines performances scéniques. Un peu de spontanéité ne fait jamais de mal que diable… !





MINISTRY à Wacken et en tête d'affiche en plus: voilà qui avait de quoi réveiller un mort et effectivement, s'il y avait des trépassés au sommeil léger, ils ont probablement entendu le set des Américains car c'est avec un volume sonore dépassant le supportable que MINISTRY va dispenser son métal indus pour derviche tourneur sous amphétamine. L'agression est totale, MINISTRY ne fait pas dans la demi mesure même si on lui octroie volontiers l'étiquette de « groupe de salle ». La fatigue d'une journée intense aidant, je bas en retraite vers l'espace presse, d'où je pourrai suivre le déroulement des hostilités. Toutefois, je reviens vers la True metal stage vers la fin du set, moment divin où l'ami Al et sa bande vont entamer une relecture de quelques hits légendaires tels « Just one Fix », « Psalm 69 », « N.W.O. » bref que du bon, du lourd, du poilu qui râcle bien les esgourdes. « MINISTRY au Wacken ? » « Monstrueux, mon bon Monsieur… Monstrueux ! ».





Il est temps de clore cette seconde journée de festivités par une grosse dose d'AMON AMARTH qui devient un habitué des fins de journées si on en croit leurs participations précédentes. Il faut dire que le death pantouflard des scandinaves colle parfaitement aux fins de soirées. Histoire de nous rappeler leurs origines vikings (dès fois qu'on oublie), le groupe a fait le déplacement avec une troupe armée vêtue de costumes traditionnels, qui va croiser le glaive sur scène entre deux morceaux. Si l'expérience s'avère originale et fort sympathique au demeurant, les combats sont à peu prêt aussi réaliste qu'un combat de catch de la WWF et, vu qu'AMON AMARTH s'est arrêté de jouer, l'interlude devient longuet au bout de quelques minutes. Enfin, les Suédois se décident à revenir au charbon pour une heure de rouleau compresseur death métal. Mais la fatigue aidant, c'est au bout d'une demie heure que votre serviteur bat en retraite en quête de breuvage revigorant. La journée a été bien remplie et le samedi s'annonce du même acabit.





Samedi 5 août

Ce samedi démarre fort avec la première participation d'ABORTED au Wacken devant un public nombreux malgré l'heure matinal (oui 12h à Wacken, c'est l'aube). Fidèle à leur statut de bouchers ayant écumé la majeure partie des salles européennes, ABORTED va, sans surprise délivrer un set brutal et incisif. Le son du groupe franco-belge est idyllique et Sven mène ses troupes avec la fougue qu'on lui connaît. Le groupe nous gratifie au passage d'une terrible reprise d' « Heartwork » de CARCASS avant de terminer sur un titre dédicacé à Steven Henry (ex-NEURAXIS) fraîchement débarqué de son Québec natal. Pas la peine de s'étaler pendant des lignes, ABORTED au Wacken ça a été une tuerie.








C'est au tour des teutons de CALIBAN de prendre le relais sur la True metal stage. Là encore, le public s'est déplacé massivement pour saluer ses compatriotes qui ont le vent en poupe depuis une paire d'albums. S'inscrivant dans une tendance très métalcore, CALIBAN connaît son affaire lorsqu'il s'agit de balancer un set couillu. Toutefois, le groupe se repose peut être un peu trop sur son chanteur pour assurer le spectacle. CALIBAN va reprendre à son compte l'habituelle séparation du public en deux à la manière de SICK OF IT ALL, qu'il rebaptisera le « Wall of death » et bien entendu le démarrage du titre suivant provoquera dans le pit une effervescence redoublée. Hélas, il n'y a qu'un seul SICK OF IT ALL et passé quelques titres CALIBAN cesse d'être intéressant pour ne devenir qu'efficace.







Quelques petits pas et on revient du côté obscur de la main stage pour le retour d'ARCH ENEMY à Wacken. Angela, fraîchement botoxée, est très à l'aise dans son rôle de front(wo)man survoltée. Le son est plutôt horrible en début de set mais fini par progressivement s'arranger au bout de quelques titres. Le contact avec le public est bon même si la performance est un peu trop classique. ARCH ENEMY vient, joue ses standards, s'en va et tout le monde est content. Il manque un peu de fraîcheur et de spontanéité dans les shows d'ARCH ENEMY depuis quelque temps et on a un peu le sentiment que le groupe suédois monte sur scène comme d'autres vont à l'usine. C'est regrettable, surtout quand on a un potentiel comme le leur. Je m'en vais donc jeter un œil sur la Party stage, où se déroule des choses plus passionnantes.





BLOODTHORN, fort de son dernier album en date, est en train de mettre la scène à feu et à sang. Au cours de l'heure qui leur était impartie, BLOODTHORN va nous délivrer un set ultra brutal et parfaitement rôdé même si on perçoit encore quelques hésitations ici et là. La setlist sera principalement orientée sur « Genocide » et leurs plus anciennes compos qui, jadis s'épanchaient autour d'un black métal symphonique vont en prendre un sérieux coup derrière le métronome vu l'absence de clavier. Un seul mot : brutôôôl !




MORBID ANGEL ou ORPHANED LAND, le dilemme est cruel mais pas insurmontable et je me résous à un 50/50 (et c'est mon dernier mot Jean-Pierre). Comment ne pas saluer à sa juste mesure le retour d'Eric Rutan à la seconde guitare. L'exact line-up qui enregistra jadis le dernier album indispensable de MORBID ANGEL. J'ai nommé « Domination ». On ne reviendra pas sur la dégaine de David Vincent cellophané de prêt dans ses t-shirts bondages en simili plastique, ni sur son obstination à se faire des colorations encore moins naturelles que celles de Lemmy (une performance !). Mis à part ces détails extramusicaux qui ne devraient pas avoir droit de cité dans ce report, MORBID ANGEL affiche une forme olympique et les hymnes death métal vont se succéder bon train. Certes, je ne suis pas convaincu par certains arrangements vocaux du père Vincent qui sont censés pallier à l'absence de synthé et de sample sur scène mais



Raté lors de leur passage en juin dernier au Hellfest, ORPHANED LAND est en train de jouer un set mémorable alors que j'arrive devant la scène secondaire. Moi qui ai toujours imaginé les Israéliens comme étant un pur groupe de salle, je mesure à ce moment là toute l'étendue de mon erreur car les quelques milliers de fans assemblés devant la Party Stage semblent tout simplement conquis par le set qui est en train de se dérouler sous leurs yeux. Il est clair que le fait de voir cette foule sauter en cadence sur un titre comme « Norra el Norra » produit son petit effet. Même amputé de ses arrangements lyriques et de ses claviers, ORPHANED LAND tient son public en haleine par une prestation pleine d'émotions et de sincérité. Une bien belle performance assurément…



Ayant esquivé sans état d'âme le show de GAMMA RAY, je retourne vers la Party stage où va se dérouler un moment d'anthologie. Quelques treize années après la tournée de support de « Elements », ATHEIST se reforme pour quelques dates avant de retourner, vraisemblablement, au néant. Alors qu'une page d'histoire du métal progressif est sur le point de se tourner, j'ai une petite pensée pour les masses bêlantes rassemblées devant SOULFLY, ignorant le moment d'exception qu'elles sont en train de manquer. Rand Burkey ayant déclaré forfait c'est avec trois des quatre membres de « Unquestionable Presence » qu'ATHEIST va faire son retour: Steve Flynn, Tony Choy et Kelly Shaefer. De même, Shaefer souffrant de tendinites à répétition, n'assurera pas ses parties rythmiques à la six cordes. Pour renforcer leur line-up ATHEIST s'est associé le renfort des deux guitaristes de GNOSTIC (le nouveau groupe de Steve Flynn), Chris Baker et Sonny Carson.
Dès le début du set des drapeaux se déroulent dans les premiers rangs, Pologne, Portugal, les fans sont visiblement venus de loin pour saluer le retour de la légende. Bien vite les quelques milliers de spectateurs sont entraînés dans les spirales de l'un des death technique les plus aboutis à ce jour. Très rapidement le groupe trouve ses marques devant une audience subjuguée. Chacun des trois albums d'ATHEIST sera visité lors de ce concert mais c'est sur « Elements » et « Unquestionable Presence » que le groupe floridien appuiera son set. Tony Choy littéralement survolté, affiche un t-shirt à la mémoire de Roger Patterson, le bassiste original décédé dans un accident de voiture en 1991. ATHEIST va même dédier un titre à sa mémoire « I deny ». Pendant la petite heure qui suit va se dérouler LE concert de ce Wacken 2006. Des lueurs dansent dans les yeux des premiers rangs, l'écume est sur toutes les lèvres. Nous sommes tous contient du moment d'exception qui est en train de se dérouler sur la petite scène. Visiblement, il en est de même pour le groupe qui aura du mal à abandonner ses fans après des retrouvailles aussi riches en émotion. Tony Choy et Steve Flynn nous gratifieront chacun d'un solo techniquement irréprochable et doté de ce feeling qui fait la différence. Il est certain que si Roger Patterson contemplait ce concert depuis son petit coin de nuage, il devait être satisfait devant l'effervescence qu'ATHEIST a suscité en cet après-midi. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas pris un panard pareil lors d'un concert. Inoubliable…



Alors que le jour décroît, le moment est venu d'accueillir l'un des chanteurs les plus prestigieux que le Hard rock ait connu, j'ai nommé David Coverdale. Après être resté discret quelques années le père Coverdale promène son « serpent blanc » depuis quelques semaines sur les scènes des festivals les plus prestigieux d'Europe. Le moins qu'on puisse dire c'est que Coverdale a prit un sérieux coup de vieux. Les années et les liftings ayant fait leur œuvre, le personnage légendaire est presque méconnaissable. Pourtant, c'est sans complexe qu'il continue de jouer les sex-symbols à l'approche de la soixantaine. Le poitrail imberbe à l'air, la mise en pli au vent, ce concert s'annonce sous de bien sombres augures lorsque Coverdale pousse un cri aigu de goret avant même d'entamer son tour de chant. Et effectivement, on constate dès le premier morceau, une reprise de « Burn » de DEEP PURPLE, que la voix de Coverdale a quelque peu perdu de sa puissance avec le temps. Ceci explique sans doute la présence d'un guitariste et d'un bassiste pour renforcer le chant avec des chœurs et assurer les refrains. Quoiqu'il en soit Coverdale a encore une sacrée patate pour son âge et s'impose comme un front man chevronné qui mène sa troupe à la baguette et lorsque Doug Aldrich se trompe dans la setlist, c'est sans ménagement qu'il est mis à l'amende. En revanche, je m'explique mal le choix d'avoir voulu jouer « Is this love » dès le quatrième morceau. A quoi bon faire monter la sauce et coller une super ambiance si c'est pour dégonfler le tout par un slow sirupeux qui aurait été plus adéquat en fin de set ? Néanmoins et bien qu'il ne soit plus le géant du passé, la carrière et la longévité de Coverdale mérite amplement qu'on précède son patronyme d'un « Monsieur » respectueux.





Toujours en quête de lapidations, j'avoue d'entrée de jeu, ne pas avoir partagé l'enthousiasme des Vseurs qui se sont déjà exprimés sur le forum au sujet du set d'EMPEROR. Il faut dire que ce retour, quelques mois après le show de l'Inferno avait de quoi faire frétiller les fans et que ce concert au Wacken était déjà un événement avant même qu'Ihsahn ne pose un orteil sur la black métal stage. La béatitude se lit sur les visages alors qu'EMPEROR envahit la scène. De véritables murs de flammes s'élèvent dans la nuit, les lights sont superbes et pourtant… Le son est horrible, la grosse caisse est très en avant et le chant est presque imperceptible. Si les choses s'améliorent progressivement, EMPEROR ne bénéficiera pas de la pureté sonore qui aurait bien arrangé son affaire. De même, il semblerait que les Norvégiens aient laissé leurs émotions backstage. Hormis Ihsahn qui semble tout content d'être là en cette fraîche soirée, on a le sentiment que les autres ne partagent pas le même enthousiasme à commencer par Samoth qui semble s'emmerder ferme. Idem pour Secthdamon qui sorti de quelques headbangings manifeste une exaltation proche de celle du bigorneau. Hé oui, la qualité d'un concert ne se mesure pas à la hauteur des flammes qui s'élèvent sur une scène et lorsqu'il ne se passe pas grand-chose sur scène, il faut bien le dire. Le set d'EMPEROR a été statique et sans passion. Fort heureusement, il nous restait cette musique intemporelle et pleine d'une sombre majesté pour mettre tout le monde d'accord et j'imagine que mon avis aurait été moins sévère si le son avait été à la hauteur du groupe.
Faut-il voir dans ces concerts de reformations une démarche mercantile ? Je me garderais bien de donner mon avis sur la question mais je serai le premier surpris si EMPEROR annonce la sortie d'un nouvel album dans les mois qui viennent. Ils ont probablement mieux à faire...







« We are MOTÖRHEAD and we're playing rock'n'roll ». C'est par cette phrase désormais familière que Lemmy annonce l'arrivée de son bébé désormais plus que trentenaire. On ne reviendra pas sur la longévité scénique ou sur la charisme tranquille du sieur Kilminster et une fois encore MOTÖRHEAD assurera un set haut en couleur et en hits « Stay clean », « Kill by death », « Ace of Spades » et un traditionnel « Overkill » en final. Le groupe affiche une grande forme qui fera oublier son set décevant sur la même scène deux ans plus tôt.. Je conçois néanmoins que la participation de MOTÖRHEAD à la plupart des festivals européens a de quoi rendre le groupe rébarbatif à la longue. C'est donc sans état d'âme que je me replie vers une buvette pour lever mon verre à la santé de Lemmy et ses comparses.




Vous vous attendiez tous à ce que je termine ce report par une analyse plus ou moins pertinente (voir report d'EMPEROR plus haut) du set de FINNTROLL mais c'est sans compter sur mon légendaire esprit de contradiction qui préférera la Party stage et le set de ROSE TATTOO que j'étais curieux de voir pour la première fois. Après une carrière fleuve avec des hauts et des bas qui leur ont fait perdre la moitié de leurs membres d'origine, les australiens menés par l'inimitable Angry Anderson nous remettent le couvert pour une grosse dote de métal bien rock'n'roll; un enchaînement idéal après le set de MOTÖRHEAD. On aura bien entendu une petite pensée pour le regretté Pete Wells qui a définitivement raccroché sa guitare en mars dernier des suites d'un cancer de merde mais pour l'heure, ROSE TATTOO délivre un concert qui sent (bon ?) la gomme cramée sur l'asphalte. Angry Anderson, affublé d'un bleu de travail éculé comme un vieux routier de la scène, dispose d'une prestance incroyable et les vieux standards s'égrainent avec panache. Il est fort à parier que ceux qui auront assisté à ce concert, ne penserons plus au film Mad Max 3 la prochaine fois qu'on citera devant eux le nom d'Angry Anderson. En tout cas c'est ce que j'espère.



Que les fans de SUBWAY TO SALLY me pardonnent, ces trois jours ayant été épuisant c'est avant la fin de ROSE TATTOO que j'opère un retrait vers l'espace presse. Histoire de trinquer une dernière fois avec quelques affreux ayant le décapsuleur aussi vif que black métal (cherchez pas c'est une private joke). Wacken 2006 fut un bon cru et le 2007 aura fort à faire pour le supplanter. Déjà quelques groupes sont confirmés : SAXON, BLIND GARDIAN, THERION, SAMAEL, STRATOVARIUS, GRAVE DIGGER et surtout le retour d'IMMORTAL. Vous m'excuserez, je ne sais plus s'il y a un $ à la fin du nom de ces derniers…=)


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