DRAIN - Horror Wrestling (MVG) - 02/01/2016 @ 20h30
Eté 1996. Il fait chaud. Très chaud. Trop chaud. Et dans la pénombre moite d'une chambre d'ado boutonneux et plein de sève, une symphonie main droite en cinq doigts serrés se dirige sans égard à l'attention de quatre belles suédoises. Un petit bonheur de l'adolescence, une joie toute simple qui donne l’impression d’être plus léger...

Car DRAIN est le genre de groupes qui ne peut laisser le commun des hommes insensible, de ceux qui laissent des traces indélébiles dans une collection de draps dont la blancheur immaculée a cédé sa place depuis bien longtemps à un vague amas laiteux. Oui mais non, parce que la musique des suédoises était aussi tout simplement...bonne. Le genre de trucs plutôt bien gaulé, parfait pour combattre les chaleurs estivales, à caler bien fort dans l'autoradio K7 de la 106 kid avant de partir tranquilou rejouer une énième fois le remake de la guerre du feu au fin fond des forêts franciliennes en compagnie de congénères un brin bas du front. Primates ? mmh...primaires je dirais plutôt. Mais je m'égare, trêve de nostalgie déplacée et place aux faits. Ma découverte de DRAIN s'est faite via l'excellente émission Metalla, diffusée sur la chaîne allemande Viva. Une plâtrée de clips burnés, des studio reports chaleureux, des interviews menées tambour battant, une vraie grand-messe hebdomadaire qui a fait la joie de milliers de metalleux germanophones (et quelques heureux limitrophes) pendant sept ans, de 1994 à 2001. Et pour bibi, qui ne pigeait pas grande chose à la langue de Goethe, un bon moyen de passer des vacances estivales en bonne compagnie une fois le daron en mode gut geschlafen.

"I don't mind, I don't care, I can't see the sky from here"
Ach mein gott ! C'est quoi ce riff carré, groovy et juteux qui déboule sans coup férir ? Ce refrain à brailler sous la douche sans vraiment bien comprendre de quoi il s'agit ? Cette prod' musclée et puissante à décoller le papier peint ? Gné ? Ben c'est juste "I don't care", premier single extrait de "Horror wrestling". Et ça tue. Turgescence, oui et pas qu'un peu mec. Quatre gonzesses sans talon mais plein de talent qui tiennent la dragée haute à nombre de mâles qui se pensaient un peu trop dominants. DRAIN cogne, tape et taloche avec justesse sur ce premier extrait prometteur. Ni une, ni deux, je fonce dans la foulée à la FNAC la plus proche chercher l'objet de toutes mes convoitises. Et c'est les paluches tremblantes que j'insère la rondelle dans mon lecteur CD aux abois. Trois quarts d'heure plus tard, le verdict tombe sans surprise. C'est bon, c'est même trèèèès bon.

Le constat est clair : DRAIN excelle dans les riffs lourds et musclés, ça c'est pour l'amour de BLACK SABBATH. Un amour que partage d'ailleurs de manière plus concrète la chanteuse Maria Sjoholm puisque celle-ci est mariée depuis 2005 à Tony Iommi. DRAIN excelle aussi dans les mélodies froides et racées (et les textes pas franchement joyeux) ça c'est pour le câlinou à ALICE IN CHAINS. Et DRAIN excelle encore dans les lignes vocales soignées et tendues, ça...ça, c'est cadeau. Mais, plus que de simples parallèles, le quatuor se joue des préjugés pour montrer à qui veut bien l'entendre que quatre gonzesses armées d'amplis et de bonnes intentions peuvent faire autant de grabuge que n'importe quelle formation musculeuse et mal lunée. Prenez "Crucified" et ses riffs-marteaux à faire tourner la citrouille à n'importe quel metalleux endurci, l'inquiétante montée distillée sur "Mind over body" ou le superbe finisher "Unreal" à coller le frisson aux plus aguerris pendant que "Crack the liar's smile" ou "Serve the shame" jouent les optimistes avec un côté plus léger, presque tubesque ! Oui, les amis il y en a ici pour tous les goûts...mais que les bons ! Les quelques invités de marque sur l'album ne s'y sont d'ailleurs pas trompés puisque le préposé aux manches de MISERY LOVES CO, Orjan Orkloo, officie aux samples sur "I don't mind" pendant que Nico Elgstrand (ENTOMBED, ENTOMBED AD et TERRA FIRMA) se charge des parties acoustiques sur trois morceaux. Excusez du peu...

Voilà ce que vous devez savoir sur cet "Horror wrestling", une belle histoire de près de trois quarts d'heure qui réjouira les fans des formations précitées mais pas que, car les suédoises ont bien d'autres atouts comme cette batteuse à la main de fer dans un gant de velours qui fait mouche à chaque cognée, une bassiste agile et une section rythmique aux petits oignons, je ne vous dit que ça. Et maintenant que vous voilà décidé(e) à vous emparer de cette galette, veillez à ajouter un "STH" après avoir tapé le nom du groupe lors de votre quête. En effet, celui-ci s'est ajouté ce trigramme, qui selon les versions évoquent "STockHolm" ou "Straight To Hell", afin d'éviter toute confusion avec un homonyme punk lors de son arrivée sur la marché US. Les belles auront eu d'ailleurs le nez creux puisqu'elles y auront classé les deux singles "I don't mind" et "Crack the liar's smile" en bonne place dans le Billboard...






Rédigé par : TarGhost | 1996 | Nb de lectures : 777


Auteur
Commentaire
mardouk
IP:84.97.146.121
Invité
Posté le: 02/01/2016 à 23h23 - (31843)
Merci pour cette belle chronique...
Découvert via l'émission nocturne sur M6 le jeudi soir...
On rembobine la VHS et on mate les clips, et soudain le "Crack The Liar's Smile", wahou !!!



Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 02/01/2016 à 23h43 - (31844)
Un groupe dont je connaissais seulement le nom et le nombre de jolies Suédoises le constituant... ai peut être même entendu un morceau à l'époque (mais c'était pas un bout de cuisse)... Sympa, sympa... Je ne savais pas (ou ai oublié) pour les liens matrimoniaux de la chanteuse...



Jeff Hannimalmann
IP:81.245.229.5
Invité
Posté le: 03/01/2016 à 11h36 - (31845)
Fort bien écrite cette cro!
Il y avait effectivement du potentiel chez ces charmantes demoiselles. J'ignorais également pour le lien de parenté de la chanteuse.
Elles ont par contre rapidement totalement disparu des écrans radar. Qqn sait pourquoi?

TarGhost
Membre enregistré
Posté le: 03/01/2016 à 16h16 - (31846)
@Jeff : Dans une interview accordée à Blabbermouth en 2008, la batteuse évoque de gros problèmes relationnels avec leur label MVG, vraisemblablement à l'origine du split du groupe...

Jeff Hannimalman
IP:81.245.229.5
Invité
Posté le: 03/01/2016 à 16h56 - (31847)
Merci.
Je vois en effet qu'elles ont jeté l'éponge en 2000...

Gregouille
Membre enregistré
Posté le: 04/01/2016 à 00h29 - (31848)
belle claque visuelle et musicale à l'époque en faisant moi aussi comme Mardouk avec mes VHS.
époque bénie où on pouvait encore voir des clips de métal sur une grande chaîne de TV même si c'était après 23h.



Dimechag
IP:95.141.97.226
Invité
Posté le: 04/01/2016 à 16h04 - (31850)
Album mortel, des compos bétons qui tournent encore dans ma platine CéDé plusieurs fois par an.
Un mix d'alice In Chains, notamment la voix et arrangements avec le son de Clawfinger dont elles partagent le même label. Pas une ride...

Vu en live avec Fear Factory et Manhole en 1996 au Boeuf sur le toit de Lons dans le Jura avec en remplacement de Flavia Canel un Monsieur :-)

Un deuxième album un poil en dessous avec Iommy en guest et un riff piqué à Pantera.


Ivan Grozny
Membre enregistré
Posté le: 04/01/2016 à 23h15 - (31852)
Devoir jeter l'éponge pour des histoires de label, quelle galère.

RBD
Membre enregistré
Posté le: 18/01/2016 à 21h16 - (31869)
Oui, c'était bien bon ! Y'a encore l'autocollant sur le congélateur chez mes parents.

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