THE BRONX CASKET CO. - The Bronx Casket Co. (Massacre) - 26/07/2015 @ 01h27
Le gothic metal. Apparu à l'aube de la décennie, ce genre à part entière n'a pas tardé à s'imposer à l'échelle mondiale par le biais d'albums référentiels tels que Bloody Kisses et Icon (tout 2 parus en 1993). Guidé par des chefs de file particulièrement inspirés et aventureux (voir October Rust, One Second, A Deeper Kind of Slumber...), le gothic metal a poursuivi son évolution, gagnant en subtilités au fil des saisons (orchestrations, formule vocale beauty & the beast).
De tentatives audacieuses (Host, The Butterfly Effect) parfois non-assumées (34.788%... Complete) en formule éprouvée remise au goût du jour (le love-metal finlandais), le genre a su conserver son magnétisme en affinant sa formule tout en incorporant de nouvelles influences (ethniques/folk, indus). Croulant sous les sorties britanniques, allemandes et scandinaves, de nombreux amateurs ont bien failli passer à côté de pépites issues d'ici et d'ailleurs (Australie, Portugal, Roumanie...). Et les Etats-Unis dans tout ça? Justement parlons-en.

Confrontés à la déferlante neo-metal, les kids ne se préoccupaient pas de savoir s'il existait ou non une alternative à Type O Negative. Pourtant la question méritait d'être posée. Le fait est que sur le territoire US le genre n'était représenté que par une poignée de groupes confinés à l'underground (par exemple Avernus). Un paradoxe curieux lorsqu'on connait l'impact de la culture gothique à cette époque (littérature, cinéma, JdR, folklore et déviances...). Très active, la communauté new-yorkaise a bien tenté de faire sauter le verrou, mais sans trop de réussite. Grâce à une signature chez Century Media, Vasaria a tenté sa chance en 1997 avec un album éponyme. Peine perdue.
Le challenger suivant a par contre connu un meilleur destin: The Bronx Casket Co.
Mais avant d'en venir aux faits, un léger détour s'impose.

Overkill. Pionnier du thrash metal réputé pour sa constance et sa productivité. Cofondateur du groupe en 1980, son bassiste, D.D. Verni, en devient le principal compositeur à partir de 1993. Egalement producteur, manager et père de famille, cet hyperactif va trouver le moyen de se lancer dans un side-project. "Après l'enregistrement de mes parties de basse pour Necroshine (10ème album d'Overkill paru en février 1999), j'avais un peu de temps libre et je me suis souvenu que l'un de mes amis me poussait toujours à faire quelque chose avec lui. Presque par amusement j'ai commencé à écrire quelques riffs et tout s'est enchainé très rapidement." (Hard n' Heavy n°51). L'ami en question? Le guitariste Jack Frost. Après le split de Frost Bite (heavy metal - 3 albums au compteur), ce dernier fonde Seven Witches (power metal) dont le 1er album Second War in Heaven sort en mars.
Entamer une collaboration à un moment pareil à de quoi surprendre. D.D. Verni raconte: "Je ne cache pas que The Bronx Casket Co. est avant tout mon petit bébé. J'ai tout écrit, choisi les musiciens qui apparaitraient dessus et coproduit l'album." Ça simplifie effectivement bien les choses.

Comme le précise le sticker sur le boitier du CD, The Bronx Casket Co. tient presque du supergroupe. Outre Jack Frost aux guitares, D.D. Verni a recruté le batteur Tim Mallare (Overkill, ex-M.O.D.) et le claviériste Charlie Calv (Shotgun Symphony). Le chanteur? Mike 'Spy' Hideous, leader du groupe de death rock The Empire Hideous (dans la mouvance Christian Death) dont la notoriété vient de grimper après avoir accompagné The Misfits en tournées en 1998. D'apparence hétéroclite, ce line-up possède l'expérience et le savoir-faire nécessaire pour répondre aux attentes de son maitre d'oeuvre. "La séance photo que nous avons réalisée fut peut-être l'une des rares occasions pour tous les membres du groupe de se retrouver ensemble dans la même pièce, chacun ayant enregistré ses parties respectives dans son coin..." Une méthode de travail souple et rapide, cette fois tout s'explique. Continuons avec la partie technique. Le mixage a été réparti entre un nouveau venu: Andy Katz (Fates Warning, Overkill) et un vieux briscard: Alex Perialas (Anthrax, Pro-Pain, Testament). Quant à la partie graphique signée Gery Nible, elle se présente comme un catalogue de clichés du cinéma bis, des oeuvres d'Ed Wood aux films de la Hammer (aaah Christopher Lee, quelle vie incroyablement bien remplie). Maintenant parlons musique.


Spy / Tim Mallare / Jack Frost / D.D. Verni / Charlie Calv

The Bronx Casket Co. l'album comprend 10 morceaux aux structures limpides privilégiant les tempos lents (5 minutes en moyenne, parfois + de 7). Les Américains jouent sur le contraste entre des fondations rigoureusement heavy et des claviers à l'importance capitale, le tout surplombé par le chant grave du sieur Spy. Ajoutez un goût prononcé pour les intro samplées (plages 1, 3, 7) ou décalées (plages 4 et 11) pour compléter le panorama. Absent des crédits, La Triste Verita prépare le terrain au morceau Vampire War. Cet interlude est chanté en italien par Mary Jacobsen (qui participera à toutes leurs productions futures). Comment décrire le style The Bronx Casket Co.? Imaginez un compromis entre les débuts de Danzig et les Finlandais de The 69 Eyes et vous y serez. Très carré, le batteur Tim Mallare apporte une assise confortable, particulièrement sur les phases heavy.
Un peu plus d'implication et d'énergie sur Jump in the Fire, la reprise de Metallica (extrait de Kill 'Em All et coécrit avec Dave Mustaine), auraient toutefois été bienvenue. Quant au guitariste Jack Frost, il se fait grand pourvoyeur de rythmiques doomysantes. A l'exception du fameux break acoustique d'Alone (Chanson pour les Immortels), son travail mélodique est vampirisé par le tandem Verni/Calv. Il parvient néanmoins à tirer son épingle du jeu grâce à une poignée de soli valeureux (Vampire War, Savior, Jump in the Fire).

D.D. Verni s'octroie évidemment la part du lion. La basse n'ayant que trop rarement la considération qu'elle mérite sur les albums de metal, l'occasion nous est offerte de profiter de partitions inspirées (sur 4 ou 8 cordes): comme les couplets de Change the World, le bétonnage rythmique de I Am God Here ou sa dextérité sur la relecture de Jump in the Fire. Au premier abord (Who Lives Forever) les claviers de Charlie Calv semblent plutôt kitsch, avant de se fondre dans l'ensemble et d'apparaitre plus subtils dès le titre suivant. Les atmosphères crépusculaires qu'il tisse sur Vampire War contribuent de façon significative à la qualité du morceau (le meilleur de l'album). Quant à la ballade Alone, elle repose presque entièrement sur ses épaules (piano/claviers). Un bon casting de la part de D.D. Verni. Quant à Spy, le groupe ne pouvait rêver meilleur interprète, ce dernier apportant le supplément d'identité nécessaire. Outre de nombreux refrains marquants, sa performance est plus nuancée qu'il n'y parait: suave sur Alone, plus hargneuse sur The Bad Guy. Le point faible de ce premier album? Sa longueur. Pris individuellement les morceaux tiennent la route, mais une fois réunis la magie tend à se dissiper. Face à un bloc homogène de compositions dépassant l'heure de musique, le sentiment de lassitude est plus que compréhensible, inévitable.
A charge pour les Américains de proposer un matériel plus concis et varié la prochaine fois?

A peine l'album de The Bronx Casket Co. enregistré, chacun s'en retourne à ses obligations. D.D. Verni et Tim Mallare partent en tournée avec Overkill et enchainent avec un 11ème album (Bloodletting), Mike Hideous bricole un nouveau projet (SpySociety99 dont l'unique album ne voit le jour qu'en 2014) tandis que Jack Frost s'efforce de se démultiplier (2ème album avec Seven Witches + album avec Metalium et tournée avec Savatage). Projet studio de musiciens hyperactifs, The Bronx Casket Co. avait tout du one-shot. Pourtant le même casting va remettre le couvert 2 ans plus tard avec un 2ème album plus mature: Sweet Home Transylvania.




Rédigé par : forlorn | 1999 | Nb de lectures : 870


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Commentaire
GabinEastwood
Membre enregistré
Posté le: 26/07/2015 à 13h40 - (31706)
Sympa cette chronique ! Un groupe que j'avais découvert à l'époque grâce à un titre sur le sampler Hard Force qui m'avait bien plu, je ne m'étais jamais penché sur le reste de leur discographie, je pense que je vais y jeter une oreille attentive ;)

Encore du beau boulot Forlorn !

Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 26/07/2015 à 14h53 - (31707)
Appréciant Bloody Kisses de Type O Negative et Danzig (tout particulièrement l'excellent Lucifuge), l'écoute du morceau Vampire War donne sacrément envie... :)



petercom
IP:31.38.34.165
Invité
Posté le: 26/07/2015 à 16h47 - (31709)
Je n'ai jamais éprouvé la moindre lassitude a ecouter cet album!!!!

hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 26/07/2015 à 22h54 - (31711)
Merci pour la kro, çà me plait bien çà. A sa sortie, j'ai pris ce super groupe pour un projet indus (sais pas pourquoi), du coup je n'y ai même pas jeté une oreille. L'extrait proposé me plait beaucoup, je vais creuser!



VFvqL95Det9Q
IP:5.188.211.170
Invité
Posté le: 10/03/2017 à 08h18 - (31957)
Gran artículo.O comunicado do partido paréceme unha manolada (no sentido máis respetuoso da palabra), porque considerar que os ofendidos padecemos de “complexo de in2diroridaeeRf1; amosa un complexo de superioridade preocupante. E completamente infundado.

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