SUBLIMINAL CRUSHER - Life Drought (Autoprod.) - 25/04/2015 @ 23h28
Qui se souvient du complexe sudiste? Il y a 20 ans, il était bien réel et ne manquait pas de raisons d'être. Etouffé par le raz de marée scandinave, éclipsé par les fers de lance britanniques et ignoré des gargantuesques labels allemands, le Sud de l'Europe peinaient à exister. Bien peu avaient la chance d'aligner le combo signature/promotion/notoriété. La situation s'est lentement améliorée au fil du temps, grâce à la maturation du milieu et l'abolition des frontières par le web. Prenons l'exemple de l'Italie. Pour un adolescent français, découvrir cette scène à l'époque semblait presque aussi exotique que tomber sur un groupe asiatique. Si l'apparition de Metallian et le développement de la VPC ont contribué à réparer ce tort, avant l'émergence de Rhapsody et Lacuna Coil, la situation du metal transalpin n'était pas enviable. Il faudra d'ailleurs attendre l'an 2000 pour voir un album italien sortir chez Avantgarde Music, tout un symbole. A ce sujet, un extrait d'interview m'a marqué. Dans le Metallian n°1 de novembre/décembre 1995, Peso (alors batteur de Sadist et ex-Necrodeath) répondait à Yves Campion:
"La scène italienne possède des groupes tels que Schizo, Extrema, In.Si.Dia, Thy Nature, Alligator ou Opera IX qui ont les moyens d'entrer en compétition avec n'importe quel groupe allemand, suédois ou américain. Malheureusement beaucoup de gens à l'étranger pensent que l'Italie n'a que des pizzas ou des spaghettis à offrir. [sombre prémonition, voir ici] (...) Notre seul espoir est qu'un de ces groupes trouve le filon pour se faire remarquer par une major et obtienne une promotion à l'échelle mondiale qui lui permette d'éclater!"

1992. Terni, ville industrielle située au nord de Rome. Fondation de S.R.L. (pour Società a Responsabilità Limitata), un thrash-band qui prend le parti de sa langue maternelle. Imperturbable, ce groupe continue de sortir albums et EPs dans un anonymat à peu près complet en dehors des frontières. Pourtant 10 ans après leurs débuts, la section rythmique a des envies d'ailleurs. Et plus précisément de death metal, de groove et de vocaux en anglais. Le bassiste Jerico Biagiotti et le batteur Rodolfo "Rawdeath" Ridolfi se mettent en quête de partenaires de jeu. Le guitariste Elvys Damiano les rejoint, suivi au printemps 2003 du vocaliste TooZ. Le line-up est complété, Subliminal Crusher est né. Quelques mois plus tard, les Italiens mettent en boite leur premier EP. Le guitariste Hatewerk intègre le groupe sur le tard, juste à temps pour prendre en charge les arrangements (divers samples). A cette époque la France semble réceptive au thrash/death transalpin car plusieurs formations se font remarquer chez nous. Des groupes tels que Gory Blister, Eyeconoclast et donc Subliminal Crusher bénéficient d'une réelle promo de la part de certains webzines (Metal France, Lords of Winter, Cryptic Madness...). Un bon moyen de faire connaissance et découvrir leurs influences, principalement américaines et suédoises. 2 noms semblent ressortir du lot: Testament et The Haunted. Tâchons d'en avoir le coeur net.

Life Drought se compose de 8 morceaux dont les traditionnelles intro/outro ainsi qu'une reprise de Death, le fameux Pull the Plug extrait de Leprosy. Subliminal Crusher ne fait pas non plus mystère de ses intentions, avec le gros son qui va bien et des compos misant sur l'efficacité (rarement au dessus de 4 minutes). Les musiciens sont expérimentés, ça s'entend. La section rythmique ne plaisante pas du tout, en particulier le sieur Rawdeath, cogneur alliant puissance et précision, de surcroit parfaitement mis en valeur par la prod. Une vraie machine de guerre. Entre passages rouleau-compresseur et cavalcades thrashisantes, le guitariste Elvys s'en donne aussi à coeur joie, avec en prime quelques soli (Sense of Impotence) et son travail mélodique (l'outro). Le seul qui ne me convainc pas totalement c'est TooZ. Décrit par ses camarades comme complètement fou et unique, le vocaliste délivre une prestation plutôt conventionnelle. Le mixage ne lui rend pas vraiment justice non plus. Alors Life Drought cékoidonc? Du thrash/death à la technique au service du groove. Au jeu des comparaisons chacun fera parler ses connaissances/préférences: 'ce passage me rappelle Beneath the Remains' ou encore 'j'ai cru entendre John Tardy'... Pour ma part le Subliminal Crusher de 2003 m'évoque un mix entre l'école de Stockholm, en particulier Unleashed, et des seconds couteaux néerlandais, notamment Altar. Quoi qu'il en soit, cet EP est un brûlot franchement recommandable, d'autant plus que les Italiens nous l'offrent en free download.



La qualité de Life Drought a permis à Subliminal Crusher d'ouvrir pour de grands noms de la scène internationale, dont Sadus, Entombed et Darkane. Les derniers cités vont d'ailleurs se lier d'amitié avec les Italiens et ne manqueront pas de recroiser leur route dans le futur. Le buzz attire l'attention d'un label, New LM Records, permettant à Subliminal Crusher de sortir son 1er album Antithesis en 2005. Mais ceci est une autre histoire...


Rédigé par : forlorn | 2003 | Nb de lectures : 731


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Commentaire
Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 26/04/2015 à 11h18 - (31651)
Bonne découverte ! Merci ! :)



GabinEastwood
Membre enregistré
Posté le: 05/05/2015 à 09h09 - (31654)
Pas mal du tout cette découverte, bien ficelé et remuant



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