WARZONE - Don't Forget The Struggle, Don't Forget The Streets (Caroline) - 01/12/2012 @ 21h09
"Zone du guerre", c'est pas un nom de groupe folk, de toute façon, demandez à l'honorable collègue qui s'est occupé de l'album de S.O.D. si Billy Milano, Roger Miret ou Petrus Steele sont des beatniks... L'atmosphère, ce serait plutôt "Taxi Driver", d'ailleurs Ray Beez et Roger Miret avaient une coupe mohawk avant de se raser la tête, en effet le New York Hardcore seconde génération est tondu, suivant l'exemple d'un certain Harley Flanagan, batteur des Stimulators (à 12 ans) et délinquant notoire, à côté Booba c'est Vincent Mc Doom. Une anecdote sur le Harley ? La première fois que Suicidal Tendencies a joué à New York (83 ou 84), Louiche Mayorga (basse) fut sévèrement tabassé par le gang du futur bassiste de Cro Mags.

Mais revenons à nos moutons, en 1983 il y a Warzone (sans Ray Beez), fondé par le chanteur Tommy Rat et il y a Agnostic Front que vient de rejoindre Roger Miret et qui comprend Vinnie Stigma et Ray Beez (à la batterie), Ray Beez qui a fortement insisté pour que Roger vienne brailler avec eux. Seulement Ray Beez est meilleur buveur et sniffeur que batteur donc il atterrit amicalement chez Warzone, qui à l'époque s'appelle encore Rat Poison Band. A noter que Roger est brièvement bassiste du RPB, vous voyez le tableau? Au moins 3 groupes consanguins (de quoi faire un sujet pour "Zone Interdite" ou "Ca se discute"), AF, RPB et les Psychos, groupe de Roger Miret avant Agnostic Front.

En 1984, Rat Poison Band devient WARZONE, en référence au groupe de Henry Rollins, State Of Alert de Washington DC (dont la moitié rejoint Sab Grey pour former Iron Cross, le premier groupe Oi américain, dont AF reprend "Crucified", c'est important pour la suite, encore que...), Ray Beez passe au chant, fonde un groupe parallèle, Skinhead Youth, par contre musicalement, il semble que Warzone se soit limité à "Sex & Drugs", ce qui explique que Ray Beez et ses sbires n'ont rien sorti en même temps que leurs contemporains de Cro Mags ou Agnostic Front.

Il faudra attendre les "petits jeunes" de Youth Of Today et le label de Ray Cappo, Revelation Records, pour voir la sortie de la première galette de Warzone, "Lower Eastside Crew" en 1986 (mini LP maintenant collector), et en 1987 le premier album donc, "Don't Forget The Struggle, Don't Forget The Streets" qui leur apporte un following hardcore et un following skinhead car le groupe apparaît aussi sur la compilation "douteuse" américaine "The US Of Oi" (pourquoi douteuse, parce que certains groupes sont plus proches du RAC que de Robert Hue) dédiée, vous l'avez compris, à la scène skinhead rock émergente, les héritiers de Iron Cross, Negative Approach, Allied.

Avant de s'attarder sur l'album, notons que Warzone s'est bonifié avec l'âge mais malheureusement Ray Beez nous a quittés le 11 septembre 1997, certains albums dont "Sound Of Revolution" ont été produits par Dr Know, le guitariste des Bad Brains (encore eux !?!), et notre ami Ray Beez est ouvertement anti-raciste et anti-fasciste (à souligner au sein de la scène NYHC de l'époque, assez trouble, on va dire). Ceci étant dit plongeons dans la lutte et la rue... pas beaucoup d'eau dans la piscine!

D'abord les textes, essentiellement consacrés à la solidarité dans la scène hardcore, la sincérité("As One"), les préjugés notamment contre les skinheads ("Skinhead Youth"), Ray Beez fustige aussi les "vendus", les traîtres ("Don't Forget The Struggle...", "We're The Crew"). Un peu d'introspection aussi ("In The Mirror", "Crazy But Not Insane") vu le passé tumultueux de Mr Barbieri, qui a effectué un séjour forcé dans l'armée, tout comme John Joseph (Cro Mags), et on arrive au titre "Fighting For Our Country" et son "fuck the communist and the people who always put us down", encore le syndrome "Rambo"/ "Taxi Driver" (ou "Running Man" de Stephen King) qui caractérise la scène de New York (à partir de 84/85, et oui, lorsque Reagan Youth jouait "New Aryans" en réponse aux provocations droitières de certains, ce n'était pas un incident isolé...), des exclus très reaganiens, avec peu de jugeote si on considère que c'est la politique économique de "Dead Ronnie" qui les a amenés là, en quelque sorte.

Mais revenons à nos moutons, une fois de plus. Musicalement précisons que Warzone se présente à l'époque (1987) avec deux guitaristes, une formation plutôt "speed metal", ce qui donne du sous Suicidal Tendencies (les musiciens ont du mal avec les tempos rapides) et des passages Oi. Hardcore moyen, bâclé ("It's Your Choice", "Fighting For Our Country", "Fuck Your Attitude"), plus inspiré ("As One", "Judgement Day" proche de Bad Brains), pour un album culte mais loin d'être exceptionnel. Seulement il y a un hymne dédié à l'underground, à l'esprit du hardcore, le fameux "Don't Forget The Struggle, Don't Forget The Streets". Ecoute conseillée à Lars Ulrich (et Norbert Krief ?) pour ne citer que lui...


Rédigé par : Saul D | 1987 | Nb de lectures : 3308


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Commentaire
Saul D
IP:88.172.223.99
Invité
Posté le: 02/12/2012 à 15h40 - (28553)
je me commente moi même qq années après, Booba est devenu depuis "untouchable", l'icône du rap (gangsta)hexagonal avec une touche internationale puisqu'il vit à Miami...

HolocaustInMyHead
IP:212.23.175.187
Invité
Posté le: 07/12/2012 à 11h28 - (28578)
Un premier album certes imparfait, mais comme chez Youth Of Today, je trouve que chez Warzonze il n'y a rien à jeter dans leur discographie.

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