MARILYN MANSON - Antichrist Superstar (Interscope) - 23/06/2012 @ 21h43
En 1996, MARYLIN MANSON démontrait, une fois de plus, que la rencontre entre deux égos très développés peut être déterminante pour la carrière d'un groupe. La paire Manson/Reznor trouvera sur ce disque le juste équilibre dans leur collaboration et donnera vie à un petit chef d'œuvre d'agressivité industrielle.
Après un premier album remarqué (Plus l'E.P « Smells like children »), le révérend revenait avec une bombe entre les mains, une véritable consécration artistique aux allures de messe satanique blasphématoire pleine de cuir, d'accessoires de torture et de vomi. Visuel impeccable, lyrics provocateurs et fouillés, musique rageuse...tout était réuni pour faire un carton.

Avec ses plus de 7 millions d'albums vendus, Marylin arrivait à faire sensation autant aux USA qu'en Europe. On pouvait simplement remarquer que moins sensible à ses provocations sataniques, l'Europe focalisait un peu moins sur le statut prétendu "démoniaque" de l'artiste. Mais si aujourd'hui, le révérend prête parfois à rire, à l'époque, ce n'était pas trop le cas.

" Il se maquille, fais peur et porte un prénom féminin...très original ! "
ALICE COOPER

Certes Brian Warner, en recyclant les bons vieux codes du Shock Rock à la sauce Reznor, n'a pas non plus crée une révolution musicale. Il a su tirer profit de l'univers qu'il avait crée en l'agrémentant de tout ce qu'il fallait pour que cela soit efficace. Et à ce niveau là, Marylin ne s'est pas loupé puisqu'il a su se positionner comme une rock star dérangeante, malodorante et provocatrice. Le chanteur idéal à détester quand on est parent, et bien sur, le plus cool des musiciens a aduler quand on est Adolescent.
Pour autant, l'album était beaucoup plus complexe et tortueux que ce que les détracteurs du groupe semblaient dire. Construit en trois cycles distincts, l'inspiration tour à tour religieuse puis philosophique, sans se la raconter de trop, arrivait à nous démontrer qu'il était beaucoup plus subtil qu'un vulgaire provocateur sans cervelle. C'est surement l'un des tour de force de cet album, car on pouvait se contenter de l'aborder comme un album très « In your Face » où se prendre un peu plus la tête en tentant de décortiquer ce que le chanteur essayait de faire passer comme messages.

Car si le fond était la, Marylin à su aussi mettre du cœur à l'ouvrage pour démontrer qu'il était un affreux bonhomme....et force est de constater qu'a ce niveau la, l'artiste à fait ce qu'il fallait pour arriver à ses fins.
Les interviews qu'il donnait étaient tout simplement hallucinantes, surtout au début de sa carrière. S'auréolant d'une nébuleuse de mystère dégoulinante de crasse, le chanteur se prétendait prêtre de l'église satanique et l'annonciateur d'une apocalypse plus qu'imminente.
Sombre et charismatique, le chanteur utilisait la sémantique comme une arme et retournait souvent les journalistes en les revoyant des les cordes à l'aide d'une rhétorique bien étudiée...où avec une mauvaise foie s'apparentant à du travail d'orfèvre.

« Elvis choquait avec ses déhanchements, les Beattles avec leurs cheveux longs. Aujourd'hui, si tu veux choquer, il faut aller très loin. »

Dans cette phrase est contenue, à mon humble avis, la quintessence du plan de communication de Manson. La provocation allait être son amie et il lui faudrait donner de sa personne pour démontrer que derrière les discours de fou furieux, il y avait aussi un artiste prêt à aller toujours plus loin. Du coup drogues, violences, groupies, auto mutilation et « éclipses de micro » allaient devenir son pain quotidien. Des allusions visuelles au gouvernements les plus totalitaires, de la destruction de bible et des shows malsains allaient aider le Révérend à aligner d'une façon très spectaculaire de nombreux éléments difficilement oubliables.
Accessoirement, et certainement quand il sentait que son propos n'atteignait pas sa cible, il racontait son enfance avec un grand père étrange ou ses rêves ubuesques où on lui dérobait ses plateaux repas sous ses yeux terrifiés.

Aux Etats-Unis, la sauce prenait particulièrement bien et de nombreuses personnes voyaient en MANSON la réincarnation de Satan et l'ennemi public numéro 1... du pain béni niveau publicité.
La scène musicale rock/metal de l'époque, succombera sans trop résister au charme du sinistre prédicateur, certains mettant cependant en doute son authenticité et son intégrité musicale.
Mais tout ce travail de communication n'aurait pas suffit. Le bougre était certes un fin tacticien, mais il fallait encore que la musique suive...et avec « Antichrist... » on pouvait pas vraiment dire qu'il s'était planté.

En introduisant un disque par une chanson comme « Irresponsible Hate Anthem », il est vrai qu'on peut difficilement se tromper ! Avec son « We Hate love, We love Hate » Marylin arrivait en maitre de cérémonie d'un accouplement barbare entre la musique industrielle, le punk et le metal. Et ce n'est pas « Beautiful people » suivant dans la foulée qui allait risquer de renverser la vapeur ! Rythme particulièrement simple, chœurs martiaux et lyrics de oufs allaient marquer de leur empreinte ce hit absolument imparable.
Conscient cependant qu'une architecture de grande échelle ne se construit pas avec un seul matériel, Marylin décide alors de changer l'angle d'attaque en proposant le temps de deux chansons un ralentissement du tempo et une mélodie plus destroy tout en étant plus marquée. Une fois « Little Horn » passé, on comprend que le révérend va passer de abrasivité et de la rapidité à la lenteur et le désarroi, tout en restant les deux pieds noyé dans la mélasse et les produits chimiques.
L'album coule donc comme une plaie ouverte à vif et les moments forts (« Angel Whith Scabbed Wings » et son introduction fracassante, « 1996 » et son rythme froid et glacial) se ramassent à la pelle.

Car au delà de la diversité des sonorités et des ambiances explorées, c'est bien l'unité qui sera le sceau de cet album. Tous les fans de Marylin Manson n'aiment pas « Antichrist.... » certainement parce ce disque draine quelque chose de spécial...qui ne peut pas convenir à tout le monde.
Et en finissant par « Man That you Fear » le groupe laisse mourir dans un univers morbide et froid la musique d'un disque qui aura inspiré plus d'un musicien et fait rêver plus d'un fan.


Rédigé par : Pamalach | 1996 | Nb de lectures : 1887


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Commentaire
Blind
Membre enregistré
Posté le: 24/06/2012 à 02h14 - (27660)
Je me souviens de l'époque où j'ai entendu pour la première fois le nom de "Marilyn Manson", ce devait être vers 1997 dans une émission sur "Fun TV" ou "M6 Music" (oui, sur ces deux chaines musicales de feu TPS parfois on entendait un peu parler de rock/metal (du néo essentiellement mais bref)) voire M6 et il était donc question d'un groupe de fous dont le chanteur brulait des bibles sur scène, exhibait des symboles sataniques et se scarifiait avec des morceaux de verre. Le genre de clichés su le metal que l'on s'est farci pendant quelques années dans les "Zone Interdite", "Ca me révolte" et autre "Enquête exclusive" (avant que le metal ne devienne cool grâce aux reportages du "Petit journal" sur le Hellfest). Bref je me souviens qu'à l'époque, j'imaginais une musique de dingue, un truc vraiment extrême limite dangereux et puis finalement le jour où mon frère s'est ramené avec le cd de "Antichrist Superstar" on s'est rendu compte que du point de vue musical ce n'était pas le chaos auquel l'on pouvait s'attendre. Du coup j'ai mis quelques années à vraiment m'y intéresser à ce disque car il est plutôt difficile à cerner. A côté des tubes comme "The Beautiful People" ou "1996" il y a pas mal de chansons moins directe qui demandent un peu plus d'attention et d'écoutes. Après celui-ci le révérend Manson a sorti encore un album excellent même si différend, "Mechanical Animals", puis le pic discographique est passé. Donc grand album que "Antichrist Superstar", merci Pamalach pour ce Remember d'une grande classe!



reblowaih
Invité
Posté le: 24/06/2012 à 10h45 - (27667)
La première fois que j'ai entendu Marilyn Manson, c'était sur Fun Radio (heeyyy oouuuiii, c'était mieux avaaaannnt), en 95 ou 96, une émission le dimanche soir dont je ne me rappelle plus le nom "faites du bruit" ou un truc du genre.
Marilyn est peut être devenu "mainstream" pour les metalleux, mais ce gars a apporté pas mal de créativité et s'est fait un vrai nom.



Family Guy
Invité
Posté le: 24/06/2012 à 15h09 - (27674)
Marilyn et non Marylin ;)

Sinon un peu pareil que Blind, petite déception au début tant cet album avait une réputation sulfureuse. Il m'a fallu du temps pour l'aprivoiser et pleinement l'apprécier.

Un album à écouter religieusement^^

AnusFraicheur
Membre enregistré
Posté le: 24/06/2012 à 17h58 - (27676)
Grosse claque à l'époque. Le meilleur disque de Manson. La suite montre, malheureusement, l'importance qu'avait Reznor en tant que producteur.



SKGV
Membre enregistré
Posté le: 25/06/2012 à 20h37 - (27682)
Je crois que je me souviens encore la première fois où j'ai entendu "1996". C'était du recyclage, ouais, ok, mais ça m'avait réellement troué le cul.



evil
Membre enregistré
Posté le: 25/06/2012 à 20h52 - (27685)
Reznor assure grâve dessus !



TITXMEN
Membre enregistré
Posté le: 27/04/2014 à 02h07 - (30886)
Que dire de plus qui n'a déjà été dit sur cette merveille?
Mon père avait acheté Rock Sound à l'époque et le sampler proposait "Beautiful People"... Il m'avait dit "Ecoute ça, j'ai jamais entendu un son comme ça de ma vie"... Et c'est vrai que ce morceau était révolutionnaire à sa manière... surtout pour nous qui avions découvert Manson avec ce disque, lequel était au pied du sapin à Noël 1996...

A part le single "Tourniquet" qui ne me plaît pas, tout le reste est irréprochable, avec une faible pour "Man That You Fear", "Angel with Scabbed Wings" et "Antichrist Superstar"...

Le sommet de MM, avec Mechanical Animals, pour moi...







babam
IP:90.3.43.36
Invité
Posté le: 27/04/2014 à 09h20 - (30887)
@ Titxmen : la même pour moi :) sauf que mon daron ne me l'a pas acheté …

Bon moi c'est avec ce disque je suis passé "du côté obscur".
La faune qu'il drainait à ses concerts en 95/96 n'avait rien à envier à celle de concerts plus extrêmes.
Après il est devenu ce qu'il est devenu (j'ai décroché après M.A), mais toute cette époque, c'était magique !

Jus de cadavre
IP:66.68.29.153
Invité
Posté le: 29/04/2014 à 02h09 - (30890)
Un album de fou, qui m'a beaucoup marque quand je l ai découvert, Manson foutait les jtons a l'époque !

Bichun
Membre enregistré
Posté le: 22/10/2014 à 16h12 - (31344)
Le marketing était très réussit, j'ai bien tripé sur la musique et j'adorai regarder le booklet. C'est marrant car avec le recule on voit les choses différement mais c'est toujours aussi bon. Encore un must have !



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