IXION - To The Void (Avantgarde/Season of Mist) - 01/08/2011 @ 08h40
C’est dans le vide de mon néant intersidérale, qu’une lueur froide et lointaine d’un astre baptisé Ixion vint frapper la noirceur insondable de mon univers. Ixion, outre le fait d’être un anti-héros grec ayant défié les dieux et ayant fini enchaîné sur une roue enflammée tournant sans fin, s’avère être un duo originaire de Bretagne sortant ce premier album faisant suite à une démo parue en 2007. Sacrément ambitieux ce premier opus puisqu’il s’agit ni plus ni moins que d’un album concept narrant l’histoire d’humains fuyant une terre pestiférée vers un hypothétique paradis interstellaire mais ils ne trouveront que les drames et le néant.
Loin d’un space opera kitsch digne d’un mauvais film de SF, les textes forment une trame comprenant plusieurs niveaux de lecture car nous sommes plus proches de l’évocation métaphorique que du simple descriptif premier degré.

Musicalement, nos Bretons déploient un Doom funéraire véritablement atmosphérique où les claviers revêtent une importance de premier plan. Même si on pense à l’école finlandaise et au style du regretté Juhani Palomäki, nos musiciens ne sombrent jamais dans l’extrême lenteur car ils varient assez souvent le rythme. On pense alors plus volontiers aux combos de Doom/Death mélancolique comme Novembers Doom ou Draconian. A la différence des illustres références citées, Ixion creuse plus avant l’aspect orchestral de leur musique. On frôle parfois la limite avec un Doom/Death sympho lors de certains passages pleins d’emphase ou lorsque quelques notes d’un piano classique viennent nous faire frissonner.

Mais surtout, le groupe pousse jusqu’au bout son idée initiale en conférant à leur musique un aspect narratif poussé. En effet, les claviers ne proposent pas uniquement des sonorités classiques mais dessinent aussi des atmosphères plus Electro/Ambient voire Indus/Martial. D’autre part, les structures aussi suivent la trame narrative en arborant une complexité accrue lors de certains moments de l’histoire. Dans un registre similaire, les riffs se feront soudainement plus agressifs n’hésitant pas à accélérer le rythme en jouant au bûcheron from outer space. Diversité présente aussi dans le discours puisque les vocaux alternent entre un growl profond typique du style funéraire, quelques intonations gruntés permettant d’accentuer certains pans du périple et enfin des voix claires psalmodiant une liturgie éthérée ou distillant une froideur déshumanisée rappelant un peu AIR.

Cette épopée spatiale se pare d’une classe indéniable que ce soit dans ses glacis mélodiques, ses instants théâtraux ou dans la froideur éthérée du néant galactique. Les motifs mélancoliques, funèbres ou atmosphériques ont tôt fait de nous propulser dans cette odyssée céleste. L’ambiance se révèle belle et réussie et l’auditeur tombera inévitablement dans le piège mélodique tendu par Ixion. De plus et malgré l’inscription du projet dans un genre parfois un peu trop délimité, les Bretons font preuve d’une personnalité singulière de par leur choix artistique. Entre cet univers stellaire et l’importance accordée aux claviers, ce premier essai sort définitivement du lot des formations pratiquant le style.

Maintenant et au risque d’être contradictoire par rapport à ce qui précède, je me suis fait rattraper par un sentiment de linéarité en dépit de toutes les variations exprimées. En fait, j’ai la sensation d’un léger manque de reliefs sur l’ensemble de l’œuvre. En effet, il est bien difficile de citer un titre plutôt qu’un autre tant ils sont bons mais sans cette petite étincelle qui en ferait un moment exceptionnel. Mon autre grief se portera sur l’habillage sonore qui fut autoproduit car même si le rendu est de bonne facture, je trouve que son des guitares ainsi que le growl d’outre-tombe manquent un peu d’attaque voire de présence. Les deux ont un peu tendance à se perdre dans ce flot cosmique.

Outre la grand classe dégagée, ce premier essai déploie un talent d’écriture certain et surtout une personnalité singulière au sein de la scène Doom/Death ce qui est suffisamment rare de nos jours. Ixion dépasse le statut de groupe prometteur dès le premier album par son caractère unique.

http://ixiondoom.free.fr/ - 231 visite(s)

Aux confins du néant... - 205 téléchargements


Rédigé par : Dark Rabbit | 15,5/20 | Nb de lectures : 13835




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