Guillaume Colin - ABRAHMA par STéPHANE - 3781 lectures
ABRAHMA est un des meilleurs groupes de heavy rock psyché actuels. Ils viennent de le prouver une nouvelle fois avec leur remarquable nouvel album : « Reflections In The Bowels Of A Bird ». Leur stoner flirte avec le grunge, le doom et le rock psychédélique avec une maîtrise rarement vue chez un groupe français.
Voici notre entretien avec Guillaume, le bassiste d'ABRAHMA. Dans lequel il nous offre des réponses très intéressantes, justes et pertinentes sur la vie d'un musicien de rock en France.



Que s'est-il passé pour ABRAHMA depuis la sortie de votre premier album « Through The Dusty Paths Of Our Lives » en 2012 ?
Il s'est passé pas mal de choses ! Nous avons tourné autant que nous le pouvions pour le défendre, avec des groupes comme ENOS, MOTHER CORONA, LO-PAN, MOTHER OF GOD, RESCUE RANGERS et WO FAT. Nous avons aussi partagé la scène avec des groupes comme KADAVAR, DOCTOR CYCLOPS, MARS RED SKY, LOS DISIDENTES DEL SUCIO MOTEL, RED FANG, ORANGE GOBLIN et d'autres... Beaucoup de très bons souvenirs. Nous avons aussi sorti un split vinyle 7 pouces avec WO FAT (incluant une reprise de « War » d'EDWIN STARR).
Et bien sûr, nous avons composé et enregistré « Reflections In The Bowels Of A Bird », notre nouvel album. Étant donné que nous sommes tous très occupés en dehors du groupe avec nos boulots, nos vies de famille et nos autres projets musicaux, il nous faut la plupart du temps choisir entre tourner et composer-maquetter-enregistrer de nouveaux morceaux, ce qui explique aussi le laps de temps relativement important qui sépare ces deux sorties.
Enfin, nous avons tourné un clip pour le morceau « An Offspring To The Wolves », avec la collaboration de The Phantasma Company.



Vous tournez beaucoup, notamment à l'étranger. Y a-t-il des pays plus réceptifs à votre musique que d'autres ?
Je profite de ta question pour faire une petite parenthèse : la réalité est qu'il devient vraiment difficile de tourner en France, tout du moins pour le genre musical dans lequel nous évoluons. Beaucoup d'endroits ont fermé, d'autres continuent de fermer, et pour ceux qui restent et qui constituent des poches de résistance, tout n'est pas toujours facile, loin de là. Et puis l'économie du rock underground est souvent très précaire. Donc si vous avez la chance d'avoir près de chez vous un bar ou une association qui programme des concerts, allez-y le plus souvent possible et soutenez-les. Ces gens-là sont la plupart du temps d'authentiques passionnés qui font souvent ça bénévolement et sur leur temps libre. Je pense notamment au Mudd Club à Strasbourg, au Black Sheep à Montpellier ou à l'association Caught by the Fuzz à Nice, parce qu'ils nous ont accueilli sur notre dernière tournée. Mais c'est aussi le cas des Stoned Gatherings à Paris ou de Make It Sabbathy à Bordeaux.
En ce qui nous concerne, nous voulons jouer partout où l'on veut bien de nous et nous irons aussi loin qu'il le faudra pour ça ! Et pour répondre précisément à ta question, on garde de très bons souvenirs de concerts en Allemagne, en Espagne ou en Angleterre, mais pas seulement. Ce qui est certain, c'est que l'Europe du Nord et de l'Est ont une perception des musiques heavy très différente de celle qu'on rencontre le plus souvent chez nous.


Concernant ce nouvel album « Reflections In The Bowels Of A Bird », comment s'est déroulé sa composition ? Et quel était votre état d'esprit avant d'entrer en studio, aviez-vous déjà une direction très précise ?
La direction musicale s'est faite un peu toute seule, tout naturellement. A force de jouer les anciens morceaux en live, on s'est rendu compte qu'on aimait en jouer certains plus que d'autres et c'est ce qui a déterminé la ligne directrice de l'album. On a voulu creuser certains aspects déjà présents sur le premier et en laisser d'autres de côté. On a clairement cherché à resserrer le spectre musical, avoir plus de cohérence tout en gardant le plus de variété et de liberté possibles, ce qui n'est pas nécessairement contradictoire.
En ce qui concerne la composition, il est rare que quelqu'un arrive avec un morceau fini. Le plus souvent, on part d'une idée de l'un d'entre nous et on jamme, on étoffe, on réfléchit tous ensemble aux arrangements. C'est là que « faire de la musique avec des gens » prend tout son sens et c'est là que tu en tires le plus de satisfaction, même si c'est parfois au prix de désaccords et de petites tensions. Il arrive aussi que tout parte d'un truc qu'on trouve en répétition. En fonction des morceaux, ça peut aller très vite ou être assez laborieux. C'est d'ailleurs souvent les choses les plus simples qui demandent le plus de temps et provoquent le plus de prises de tête ! Ensuite, on laisse reposer tout ça, on réécoute avec du recul, on se demande si on a envie de se pendre ou pas, on modifie. Puis vient l'enregistrement. En fait, on continue de modifier énormément de choses, parfois du tout au tout, jusqu'au dernier moment. Certains morceaux n'existaient pour ainsi dire pas avant qu'on entre en studio...


Vous avez enregistré l'album vous-mêmes, avec Thomas Bellier (du groupe BLAAK HEAT SHUUJA) à la co-production. Quel a été son rôle ?
On a effectivement la chance d'avoir un studio de répétition et d'enregistrement à notre disposition et de compter un ingénieur du son dans nos rangs en la personne de Benjamin, notre batteur. On a enregistré le plus de choses possible en live, à savoir toutes les pistes de basse, batterie et guitares rythmiques. Le reste (synthés, solos, voix…) a été rajouté dans la foulée.
On a travaillé avec Thomas en amont de l'enregistrement, sur les maquettes, et à distance puisqu'il vit à Los Angeles. En fait, il a joué le rôle d'oreille extérieure et de conseil. Quand tu as la tête plongée dans ce que tu fais, il devient parfois difficile d'avoir le recul et le discernement nécessaires pour prendre les bonnes décisions. C'est un musicien de goût, un ingé son, mais aussi et surtout un très bon ami. Il nous a paru tout naturel de nous adresser à lui.


Sinon, vous avez fait appel à la même équipe que pour le premier album, à savoir Eric Hoegemeyer pour le mix et Chris Goosman pour le mastering, qui sont habitués à bosser avec les groupes signés chez Small Stone Records. Pourquoi ce choix plutôt que de faire appel à d'autres personnes, pour essayer d'avoir une autre approche de votre son ?
Comme tu le dis, ils font partie des gens qui bossent très régulièrement sur les productions Small Stone. Le boss, Scott Hamilton, les connaît depuis longtemps et ils ont aussi contribué à définir l'identité sonore du label. Lorsque nous avons signé pour le premier album, Scott n'était pas entièrement convaincu par le mixage et le mastering que nous avions faits faire par d'autres personnes (qui ne sont pas d'inconnus débutants soit dit en passant). Il nous a donc proposé de refaire tout ça par son équipe et le résultat s'est avéré beaucoup plus satisfaisant. Il se rapprochait incontestablement de ce que nous avions en tête au départ. On ne change pas une équipe qui gagne et nous sommes vraiment contents de leur travail.


A propos de Small Stone, êtes-vous pleinement satisfaits de leur travail ? Et, plus prosaïquement, comment se remettent-ils des inondations qu'ils ont subies l'hiver dernier ?
C'est vraiment un très bon label, tenu par des passionnés qui ne comptent ni leur temps ni leur énergie et qui sont d'une honnêteté exemplaire, ce qui n'est pas forcément la règle dans ce milieu. Il est vrai que ça reste une toute petite structure totalement indépendante et dotée de moyens limités mais nous sommes malgré tout extrêmement chanceux et honorés d'être hébergés par ce label mythique ! Et quand on discute avec des potes signés sur d'autres labels, quand on voit le mal qu'ils ont ne serait-ce qu'à entrer en contact avec eux (obtenir des réponses à des mails…) ou à se faire envoyer des disques quand ils arrivent à la fin de leur stock, nous sommes conscients de la chance que nous avons. On a l'impression de faire partie d'une vraie famille.

A propos de la santé du label, dur de te répondre. Il est évident que ça a été extrêmement difficile pour lui et que ça le reste encore. Les pertes et les dégâts ont été énormes et le système d'assurance au Michigan semble être d'un secours assez pitoyable… Il faut donc se débrouiller seul. Small Stone Records est d'ailleurs resté en sommeil pendant plusieurs mois. Ce qui est certain, c'est que Scott a reçu de nombreux soutiens du monde entier, c'est vraiment quelqu'un d'apprécié et de respecté dans le milieu. Mais il est aussi très discret et pas du genre à se plaindre, donc difficile de se faire une idée précise de la situation et de te répondre. La meilleure chose à faire est de lui acheter des disques. Et plus précisément les nôtres !!! Héhé !


« Reflections In The Bowels Of A Bird » est globalement plus sombre et plus heavy que le précédent ABRAHMA. Il y a même des passages doom où on sent carrément pointer les influences de PARADISE LOST ou TRIPTYKON. Vous étiez particulièrement déprimés quand vous avez composé ces morceaux (je pense notamment à « Weary Statues » et « Omens Pt. 3 ») ? (rires)
Hahaha !!! Il est effectivement plus lourd et plus sombre mais non, nous ne sommes pas devenus dépressifs pour autant ! Je ne t'apprendrai rien en te disant que la vie est faite de hauts et de bas. Beaucoup de gens choisissent d'en occulter une partie et de ne pas trop se poser de questions. Essayer de s'en poser, de remettre certaines choses en cause en permanence, essayer de rester alerte, c'est aussi accepter de ne pas toujours trouver de réponses rassurantes, voire pas de réponses du tout. Et faire avec. Cela n'empêche pas de continuer à se marrer et à profiter des choses légères et agréables de la vie. Ca fait partie de nous et nous choisissons de l'exprimer dans ce cadre-là. Les choses n'ont de sens, la plupart du temps, que dans la nuance et le contraste. Et ça vaut aussi pour la musique.
Les groupes que tu cites nous ont effectivement influencés mais il y en a beaucoup d'autres ! Par exemple, nous avons écouté beaucoup de black metal et de death metal à un moment de notre vie, globalement entre la moitié des années 90 et la moitié des années 2000. On en écoute moins aujourd'hui mais ça reste forcément quelque part. En fait, on a un spectre d'influences hyper large, que ce soit à travers ce qu'on écoute ou ce qu'on a pu pratiquer en tant que musiciens, chacun de notre côté : jazz, blues, rock progressif, psyché, electro, doom bas du front, heavy metal, thrash, musiques traditionnelles, musique classique, rock des années 90… Ce n'est pas vraiment une question de style, mais juste de qualité à proprement parler. Si tu veux écouter des trucs lourds, tu peux chercher en musique classique par exemple. Certains mecs ont écrit des choses plus doom que tout ce que tu pourras trouver rangé sous cette étiquette. Il faut juste aller au-delà de l'emballage et des artifices de l'électricité.


A propos de styles, l'influence grunge (principalement ALICE IN CHAINS et SOUNDGARDEN) est très présente, mais d'un autre côté l'aspect psychédélique de votre musique est encore plus développé sur ce nouvel album. Vous vous êtes totalement lâchés à ce niveau-là, non ?
Non, pas du tout ! On est capable d'aller encore plus loin ! Beaucoup plus loin !!! Haha !


L'album est très riche, et moins immédiat que le premier. Il faut vraiment plusieurs écoutes pour commencer à entrer dedans. Il y a d'ailleurs peu de refrains accrocheurs / mémorisables. J'imagine que c'est un choix délibéré de votre part ?
D'une certaine façon, oui. Mais on ne se pose pas trop de questions non plus. Ce n'est pas comme si on avait des dizaines de milliers de fans à rassurer et à contenter. Si on a envie de faire quelque chose qu'on trouve justifié et cohérent dans le cadre d'ABRAHMA, on ne se prive pas. Il y a aussi le fait qu'on s'ennuie vite musicalement donc on essaie de ne jamais refaire deux fois la même chose. On est incapable de sortir un album avec 12 morceaux calibrés à peu près pareil, avec des riffs et des ambiances trop proches les uns des autres. Tout simplement parce qu'on se ferait chier à les jouer.
On garde quand même un côté très écrit et maîtrisé dans tout ça, on accorde surtout beaucoup d'importance aux structures. C'est hyper important la structure ! Et on adore aussi les gros refrains ! En fait -attention, ça va avoir l'air très prétentieux- c'est un peu comme si on essayait de marcher sur une corde tendue entre des pop songs genre THE BEATLES et des trucs hyper free comme GRATEFUL DEAD ou JOHN COLTRANE. Et pour tenter de garder l'équilibre, on a BLACK SABBATH dans une main, SOUNDGARDEN dans l'autre et PINK FLOYD posé sur la tête ! Avec tout ça, y'a moyen de bien passer pour des clowns ou de se prendre une bonne vautre !


L'album est plus court (52 min) que le précédent (qui faisait 70 min). As-tu le sentiment que votre premier disque était peut-être un peu trop long et qu'il valait mieux resserrer votre propos musicalement ?
Je vais te faire une réponse très clichée mais le premier album était très bien comme il était, on a vraiment aucun regret. Quand ça nous arrive de le réécouter, on se dit que chaque morceau y a une place et un rôle qui lui sont propres, il y a une sorte d'équilibre dans tout ça. Et puis c'est aussi une trace de cette période de nos vies et de l'histoire du groupe, de ce qu'on partage humainement.
Après, je ne te cacherai pas que oui, effectivement, on a délibérément voulu faire un album plus court, même si on a eu un peu de mal ! Et oui, on a aussi voulu resserrer le spectre musical, comme je te le disais plus tôt.


On retrouve de nouveau Ed Mundell (THE ULTRA ELECTRIC MEGA GALACTIC, ex-MONSTER MAGNET, ex-THE ATOMIC BITCHWAX) en guest à la guitare, ça commence à devenir une habitude ! (sourire)
Oui ! Après deux fois successives, on peut même commencer à parler de tradition ! Plus sérieusement, c'est à chaque fois un réel plaisir et un grand honneur de l'avoir comme invité. La première fois, on avait pris contact avec lui un peu comme on jette une bouteille à la mer, sans trop d'espoir, tout en se disant que ce serait super que ça marche parce que c'est un musicien qu'on admire et qu'on avait un morceau qui collait parfaitement avec son jeu. On a longtemps attendu une réponse puis, au moment où on n'attendait plus vraiment rien, où on s'était fait une raison et où il était presque trop tard, il a fini par répondre qu'il était hyper enthousiaste. Ensuite, les choses se sont faites très vite, avec beaucoup de simplicité et d'humilité de sa part. C'est un type vraiment adorable. Et c'est lui qui nous a spontanément proposé de remettre ça pour le deuxième album, lorsque nous nous sommes rencontrés pour jouer ensemble à Paris en mai 2014, lors d'un Stoned Gathering avec THE ULTRA ELECTRIC MEGA GALACTIC et SASQUATCH.


Après Alexander von Wieding, vous avez choisi de bosser avec un autre artiste pour la pochette du nouvel album, à savoir Jalón de Aquiles. Pourquoi vous êtes-vous tournés vers lui ?
Pour le coup, on avait envie de changer d'univers visuel, de ne pas s'enfermer dans un truc trop précis. Ce qui n'enlève rien à la qualité du travail d'Alexander. Il a encore récemment réalisé des pochettes incroyables, comme celle de l'album « The Conjuring » de WO FAT, qui dégage vraiment quelque chose de très fort.
On a découvert le travail de Jalón lors d'un concert qu'on avait fait à Barcelone pour Red Sun Barcelona, où on avait joué avec RESCUE RANGERS et NIGHTSTALKER. Il avait réalisé l'affiche et ça nous avait beaucoup plu. On s'est donc penché un peu plus sur son travail et on s'est dit que ça pourrait vraiment coller avec notre musique. Finalement, on ne lui a donné que très peu d'indications, juste quelques noms d'artistes. On lui a envoyé la musique et les textes, et on lui a laissé carte blanche. Le résultat est tout simplement incroyable ! Sincèrement, je ne vois pas comment ça aurait pu être mieux. A ce niveau-là, ça relève presque de la symbiose !


Quel est votre sentiment au sujet de la scène heavy rock / stoner française ? Nous avons des groupes comme vous, RESCUE RANGERS, HANGMAN'S CHAIR, MARS RED SKY ou GLOWSUN qui n'ont pas grand-chose à envier aux meilleurs du genre. Mais ces groupes-là tournent globalement plus à l'étranger qu'en France. Pourquoi êtes-vous plus reconnus à l'étranger que dans votre propre pays selon toi ? Ce qui n'enlève rien au formidable travail des Stoned Gatherings par exemple.
J'ai déjà en partie répondu à cette question tout à l'heure. Si tant est que mon analyse soit bonne, je pense que la majeure partie de ce phénomène est dû à un problème culturel. En France, le rock en général n'est pas pris au sérieux en tant que musique, en tant qu'art. Dans l'esprit des gens, ça reste quelque chose de léger, de dilettante, de la musique de jeunes qui jouent dans le garage de leurs parents et à qui ça passera un jour. Il y a des groupes qui arrivent à percer et à passer en radio FM mais il faut voir la soupe. Il y a bien quelques groupes de rock français mythiques mais ils datent des années 80 ou 90. Ils ont peut-être profité d'un moment béni où c'était possible. Cette idée que le rock est une musique mineure infuse à tous les niveaux. En Suède, il y a des locaux équipés partout pour que les groupes puissent répéter, il y a des salles où jouer, il y a des subventions qui sont allouées. Va décrocher une subvention ici ! Il vaut mieux jouer de la variété ou du reggae, sans aucun mépris pour ces musiques-là mais c'est la réalité. Du coup la Suède pond des milliards de bons groupes tous styles confondus, à tel point que ça en devient presque fatiguant les bons groupes suédois.
En Allemagne, je me souviens avoir entendu du metal symphonique, ou du speed metal, ou un mélange des deux, dans un Mac Do. Même si ça reste dans l'ensemble un mauvais souvenir, ça donne une idée de la largeur d'esprit des Allemands à ce niveau-là. Et il y a des petites salles de concert partout, qui sont souvent subventionnées ou aidées d'une manière ou d'une autre. Dans quasiment la moindre ville tu peux trouver un endroit vraiment bien où jouer, où tu es super bien accueilli. Du coup il y a aussi des gens que ça intéresse et des gens pour organiser des concerts. Tout se tient en fait, c'est un cercle qui peut être vertueux ou vicieux. Comme en France tu as très peu de lieux prévus pour ça, ça se termine dans des caves de bars qui ne sont pas toujours équipées pour supporter ça, suivent les plaintes des voisins, les fermetures à répétition puis la fermeture définitive.
C'est difficile de faire un diagnostic, on a une vision forcément très partielle de ce qui se passe à l'étranger et du coup on a peut-être tendance à fantasmer. Mais même en Italie, en Espagne ou en Hollande on a eu la chance de jouer dans des endroits dont on n'oserait pas rêver en France.
Ceci dit, ces derniers temps ça bouge un peu. Tu as parlé des Stoned Gatherings à Paris et j'ai déjà cité pas mal de gens plus haut. Mais je sais qu'il se passe aussi des choses à Nantes ainsi qu'à Clermont-Ferrand. Tout ça reste assez fragile pour le moment, donc comme je l'ai déjà dit, il ne faut rien lâcher et soutenir le plus possible ces initiatives !


A propos de reconnaissance, vous avez récemment eu l'honneur de jouer au Roadburn Festival. J'imagine que ça devait être un rêve pour vous. Comment fut l'expérience ?
C'est tout à fait ça ! Un rêve qui devient réalité ! On avait déjà eu l'opportunité de jouer dans des festivals très cools comme les DesertFests, le Freak Valley ou le Mudfest mais c'est vrai que le Roadburn a un goût très particulier. On prend toutes ces opportunités comme des petits bonbons disposés sur notre chemin et on verra bien là où ça nous mène... Il y a peut-être un piège !

A propos de ce concert en particulier, c'était une expérience exceptionnelle. Déjà, pour ne parler que de l'aspect matériel des choses, tu es pris en charge du début à la fin par des gens tous plus adorables les uns que les autres. Tout est fait pour que tu te sentes le mieux possible et que tu sois entièrement disponible pour faire ce que tu es venu faire : jouer de la musique.
Ensuite, on garde un excellent souvenir du moment passé sur scène. Nous étions probablement galvanisés par l'instant que nous étions en train de vivre mais nous avons ressenti une énergie et une symbiose incroyables, de même avec le public qui était très réactif malgré la fatigue (nous avons joué le dernier jour du festival). Et ça faisait aussi très plaisir de voir des têtes connues, des potes, venus de Paris ou d'ailleurs pour le festival et qui sont venus nous soutenir et faire la fête avec nous. Sans aucun doute le meilleur concert de la tournée, à tous les niveaux.
Je voudrais en profiter pour remercier Fred Quota qui remplace régulièrement Benjamin, notre batteur, lorsque celui-ci ne peut pas assurer les concerts. Il a fait notre dernière tournée et a donc joué au Roadburn avec nous. Il est toujours impliqué dans mille projets musicaux mais ces derniers temps il joue avec JUNIOR RODRIGUEZ & THE EVIL THINGS. Ça vaut vraiment la peine d'y jeter une oreille.


Quels sont les projets d'ABRAHMA pour les mois à venir ?
Tourner, tourner, tourner, tourner, tourner, tourner, tourner, tourner, tourner, tourner, tourner !!!
Il y a de très belles choses qui sont en projet mais rien n'est encore fixé. On vous tient au courant.


Question subsidiaire, et on terminera l'interview sur ça, en te laissant le soin de rajouter quelques mots si tu en as envie : quels sont les groupes actuels (tous styles confondus) dans lesquels tu te retrouves le plus, qui te touchent le plus ?
Pas facile de répondre... Il faudrait être certain qu'on s'entende sur la définition exacte de « groupes actuels », surtout pour des gens se revendiquant d'un courant musical qui s'assume passéiste, du moins par certains aspects.
Pour ce qui est des groupes vraiment récents : MONOLORD, ELDER, LAZER/WULF...
Pour ce qui est des groupes déjà installés qui continuent de sortir des albums : MASTODON, CHELSEA WOLFE, BOARDS OF CANADA, NEIL YOUNG, PAUL McCARTNEY, ALICE IN CHAINS, AUTECHRE, SOUNDGARDEN, THE MARS VOLTA, GODSPEED YOU! BLACK EMPEROR, ACID KING...
Pour ce qui est des anciens qui resteront toujours actuels : JEAN-SÉBASTIEN BACH, JOHN COLTRANE, PINK FLOYD, BLACK SABBATH, LED ZEPPELIN, THE BEATLES, NIRVANA, JEFF BUCKLEY, RORY GALLAGHER, METALLICA...

Je vais passer sur les messages de paix et d'amour et les messages militants mais je tenais à vous remercier d'avoir lu cette interview jusqu'au bout. Un grand merci aussi à Stéphane et à VS-Webzine !


Auteur
Commentaire
gardian666
Membre enregistré
Posté le: 16/07/2015 à 23h23 - (1723)
Chouette interview !

Même si j'avais suivi la sortie de "Reflections In The Bowels Of A Bird", je n'avais pas vraiment pris le temps de l'écouter...ça a été chose faite hier et ma foi un très bon moment de passé.

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