El Mobo - AU COEUR DU REMASTERING DE LOUDBLAST par VSGREG - 5045 lectures
A l'occasion de la réédition des albums de LOUDBLAST par Listenable Records, nous avons souhaité nous pencher sur le maître d’œuvre de ces remise en forme sonore à savoir Mr El Mobo du Conkrete Studio qui en profite pour tout nous expliquer sur le remastering !



1 - On va commencer cette interview par une présentation pour tous les lecteurs qui ne te connaissent pas. Peux-tu en dire plus sur toi, sur ton passé de musicien et sur tes activités avec ton studio ?

Mon parcours dans la musique démarre en 1986. J'étais ado et je faisais de la musique sur mon Amiga 500. Ça m'a amené quelques années plus tard à décrocher mes premiers jobs comme compositeur pour les jeux vidéo. Au début des années 90, j'ai été embauché chez Kalisto, une boite de jeu vidéo basée à Bordeaux, comme compositeur et sound designer, chez qui j'ai composé la bande son de nombreux jeux, tels que Nightmare Creatures 1 & 2, Dark Earth, Pac-in-Time...
Au début des années 2000, j'ai quitté Kalisto pour devenir compositeur freelance. J'ai monté un petit studio pour pouvoir faire mes musiques de jeux pépère, et aussi pour enregistrer mon groupe, Plug-In, dans lequel j'officiais en tant que bassiste. Un peu plus tard, mon guitariste et moi avons été embauchés par Ron Thal pour jouer dans Bumblefoot pour sa tournée française 2002. On a fait quelques autres dates en Europe dans les années qui ont suivi, puis j'ai jeté l'éponge, faute de temps.
Et puis un jour, je me suis dit que ça pourrait être cool de bosser sur la musique d'autres personnes. J'ai donc monté en 2004 le Conkrete Studio, un studio d'enregistrement, mixage et mastering spécialisé dans le metal. Depuis 2004, j'ai enregistré, mixé et/ou masterisé pas mal de groupes qui buttent, comme Loudblast, Gorod, Eryn Non Dae, Lokurah, Minushuman, We All Die (Laughing), Zubrowska, Dungortheb ou Otargos, pour n'en citer que quelques-uns.


2 - Cette interview est réalisée dans le cadre du re-mastering des albums de LOUDBLAST que tu as réalisé. Peux-tu dans un premier temps expliqué ce qu'est le mastering et ensuite le re-mastering ? Quelles sont les différences entre les 2 ?

Le mastering, c'est la dernière étape dans le traitement du son d'un album. Tu t'assures que l'ensemble de l'album sonne de manière homogène, tant en terme de volume que de couleur sonore. Suivant les albums, on passe par des traitements plus ou moins drastiques à base de compression, d'égalisation, et autres effets. On intervient sur l'ensemble du son afin de lui donner plus de pêche et de volume, au contraire du mixage où on peut intervenir précisément sur chaque instrument. Pour donner une idée aux gens qui ont du mal à imaginer ce qu'est le mastering, c'est un peu l'équivalent des réglages de contraste, luminosité et chroma que tu vas faire sur une photo pour lui donner plus de patate et de couleur avant de l'imprimer. Un bon mastering peut aider à redonner de la vie à un mix un peu plat. Bien entendu, un mauvais mastering peut complètement détruire un bon mix...

Le remastering, n'est pas vraiment différent. Ça s'appelle comme ça parce qu'on parle d'albums qui ont déjà subis un mastering par le passé. Mais on fait juste un nouveau mastering, avec les mêmes recettes que pour un album qui n'a jamais été masterisé. Sauf exception, ce n'est pas un mastering par-dessus le précèdent mastering. La plupart du temps, on repart du mix non masterisé et on fait un nouveau mastering.



3 - D'un point de vue purement technique à quoi consiste ton boulot ?

Vu que l'interview porte là-dessus, je vais juste te parler du mastering, parce que sinon, je vais te faire 12 pages. Je travaille entièrement en numérique avec des plug-ins de chez Universal Audio, Slate Digital, Waves ou Melda Productions. Plusieurs avantages pour moi à cela. D'abord les possibilités infinies que ça offre au niveau de traitements sonores, mais aussi la facilité de revenir sur une session des jours ou des semaines après, sans avoir à re-régler des potards au millimètre, avec tous les aléas que ça peut apporter.

Bref ! Donc comment ça se passe un mastering pour du CD ou de la distribution numérique. D'abord le groupe (ou l'ingé qui les mixe) m'envoie les morceaux à masteriser sous forme de fichiers WAV. J'importe tout ça dans Reaper sur ma station de travail. La première étape consiste à écouter la musique pour se familiariser avec. Ensuite j'homogénéise les volumes si nécessaire. Et je commence à tripoter les EQ, la compression, pour voir comment ça réagit. Quand je trouve que ça sonne, je passe à la phase de maximisation du volume. C'est une étape critique, parce qu'on cherche à obtenir plus de volume en sacrifiant au minimum la dynamique. Ce qu'on appelle la dynamique, c'est en gros la différence entre le signal le plus fort et le signal le moins fort dans un morceau.
Pour faire un peu de vulgarisation, en numérique, on a un volume qui va de moins l'infini à 0 dB, et que plus on pousse le volume à la source, plus il y a d'information qui disparaissent en dépassant le seuil du 0dB. Ce n'est pas un problème dû au fait qu'on travaille en numérique ou en analogique. C'est inhérent aux formats de destination du master (CD, téléchargement, streaming...) J'imagine que je ne vais rien apprendre à la plupart des lecteurs, mais pour ceux que ça intéresse, je vais schématiser un peu avec des images, même si on parle de son (note pour les puristes qui lisent, je simplifie super volontairement) :



- Fig. 1 : Sur ce WAV non masterisé, on voit clairement les attaques de caisse claire.


- Fig. 2 : Je monte le volume jusqu'à ce qu'un de ces coups atteignent le volume maximal, on a gagné quelques dB sans aucun dégradation du son pour le moment. A l'endroit marqué en rouge, on a une dyna-mique de 15 dB


- Fig. 3 : Je continue à augmenter le volume. Les attaques de caisse claire dépassent allègrement le volume maximum, donc elles ne gagnent pas de volume (et en plus elles saturent), alors que le reste de la musique en gagne. Au même endroit que tout à l'heure, la dynamique est maintenant d'environ 7 dB.


Entre les fig. 1 et 3 on a gagné une bonne 12aine de dB, mais on a perdu 8 dB de dynamique. Bon en réalité, c'est un peu plus compliqué que ça. Dans les faits, on ne se contente bien sûr pas de juste monter le volume, parce que l'information qui disparaît au-delà du volume maximum créé une saturation dégueulasse si on ne fait rien de plus. Le but est donc de monter le volume, en essayant de préserver autant de dynamique que possible, et en utilisant différents effets qui permettent de donner une illusion de dynamique.

Pour revenir au déroulement d'un mastering, quand j'arrive à un résultat qui me satisfait, et si le groupe m'en laisse le temps, je me laisse une nuit de recul pour réécouter ça le lendemain et faire des ajustements si nécessaire. Puis je soumets une paire de morceaux masterisés au groupe et à l'ingé son pour voir ce qu'ils en pensent. En fonction de leur retour, j'ajuste. Dans le cas d'une sortie dématérialisée uniquement, on peut s'arrêter là. Pour un CD, je me charge ensuite de l'enchaînement des morceaux, de la saisie des titres et autres informations pour que ça s'affiche sur l'écran de ton autoradio, et je livre une image DDP prête à être pressée au groupe, ou directement à l'usine de pressage.


4 - Comment t'es-tu retrouvé avec cette "mission" de redonner une nouvelle jeunesse à ces 3 albums cultes du death français ? Pourquoi toi et pas un autre à la Alan Douches ?

Je travaille assez régulièrement avec Stéphane Buriez. J'ai masterisé pas mal de ses dernières prods (Kopper 8, Reverse The Rules, 9 Fake Reasons...). On a une chouette relation depuis une paire d'années. Et un beau matin de novembre 2014, il m'a proposé de remasteriser ces 3 albums. Pourquoi moi et pas Alan Douches ? J'en sais rien, faudrait demander à Stéphane. Après, j'ai l'impression que le fantasme du mastering fait aux US par un nom commence à être en perte de vitesse, et à juste titre. Je connais pas mal de groupes qui en sont revenus après des expériences pas forcément très concluantes, et souvent pas très économiques non plus. En tout cas, je pense que j'ai eu plus d'étoiles dans les yeux à la lecture du texto de Stéphane que n'en aurait eu Mr Douches...


5 - Étais-tu en contact avec Stéphane Buriez ou le label Listenable pour vous fixer des objectifs ou une feuille de route au niveau de ton travail ?

Dans un premier temps, j'ai surtout échangé avec Stéphane. Il a fallu que je récupère les bandes originales des albums sous forme de bobines magnétiques et cassettes DAT. Quand il m'a remis les bandes, j'ai demandé à Steph s'il avait des attentes particulières, s'il avait des directives à me donner. Mais il m'a donné carte blanche.



L'étape suivante, c'était de trouver de quoi lire les bandes, et en extraire le contenu... Ayant revendu ma platine DAT il y a 7 ou 8 ans, il a fallu que je fouine sur le net pour en retrouver une. Quand je l'ai reçu, j'ai mis religieusement la cassette de Cross The Threshold dedans... pour m'apercevoir que la bande était cassée. J'ai du ouvrir la cassette pour réparer la bande à l'intérieur. Je ne t’explique pas le sport avec mes gros doigts de bassiste... La cassure était juste au début de la bande, mais celle-ci était malgré tout endommagée sur toute la longueur. Une fois réparée, à la lecture, il subsistait plein de petites erreurs numériques de quelques micro-secondes un peu partout sur les 5 morceaux. Une fois les morceaux transférés sur le PC, armé du CD de 1993, j'ai mis des petites rustines partout où il y en avait besoin, en réajustant le volume des micro-bouts pris sur le CD. Ça m'a pris un temps fou, mais au final, on n'y entend que du feu. La cassette DAT de Sublime Dementia, était quant à elle intacte, ouf !



Mais il a aussi fallu que je me mette en quête d'un studio équipé du matériel nécessaire pour lire les bandes magnétiques de Disincarnate. J'ai trouvé ça au studio Berduquet à côté de Bordeaux. Il est tenu par Serge, un monsieur passionné de matos vintage. Il fait encore des enregistrements sur magnéto 24 pistes et tout le bazar. Et il a un superbe magnéto Ampex ATR 102 capable de lire les bandes que j'avais en ma possession. Seul problème, Serge n'avait que des bobines vides 10,5 pouces, et les bobines de Disincarnate avaient un diamètre de 12 pouces, chose extrêmement rare d'après lui. Or, il faut une bobine vide du même format que la bobine pleine pour vider la bande pendant la lecture. Pour l'anecdote, il y a 3750 mètres de bande dans une bobine de 12 pouces ! Il a fait des pieds et des mains pour faire venir des bobines du bon format des US. Quand il les a reçues, je me suis donc pointé au studio avec les bandes. Quand on a commencé la numérisation, il ne m'a pas fallu longtemps pour détecter qu'il y avait un problème. L'ATR 102 avait du mal à lire la bande. En me retournant, j'ai vu que le magneto commençait à fumer ! J'ai signalé ça à Serge qui s'est rué sur la bécane pour l'arrêter. Son diagnostic, bande trop vieille, trop encrassée. Il y avait effectivement une couche de merde assez impressionnante sur les têtes de lecture après seulement quelques minutes de défilement. Seule option, passer par une phase de restauration assez coûteuse, et qui surtout nous aurait fait perdre trop de temps par rapport au calendrier fixé par Listenable. Du coup, avec Steph on a décidé de partir de la version CD de 1991 qui avait subi un mastering très léger, vu qu'en 1991, on masterisait pas au taquet comme aujourd'hui. C'est donc le seul cas, où au contraire de ce que te disais plus haut, on a fait un mastering par-dessus un autre. C'est pas idéal, mais dans ce cas précis, ça n'a pas vraiment été un problème.



Une fois tous les albums transférés et les bonus déterrés par Stéphane, j'ai commencé à bosser sur le mastering, que je soumettais à Steph et à Laurent de Listenable. Tout ça a été très vite validé. Ensuite, avec Listenable, j'ai fourni tous les fichiers pour le pressage des CD et des vinyles, pour les promos, etc. etc...
Au final, une chouette expérience ! Y a eu des moments où j'avais l'impression d'être Indiana Jones !


6 - En tant qu'amateur de musique, quelle était ton histoire avec ces 3 albums ? (quand les as-tu découverts, écouté, quel est ton préféré des 3 ?)

J'ai découvert Loudblast en 87 ou 88. Un pote de lycée m'avait passé une cassette de Licensed to Thrash. Comme il n’avait pas marqué les titres, je t'avoue qu'à l'époque, je ne savais pas quels étaient les morceaux de Loudblast, et quels étaient ceux d'Agressor... Haha.
Ce que je sais, c'est que j'avais pas trop accroché, je n’étais pas encore assez extrême dans mes goûts ! Je venais à peine d'acheter Master of Puppets, et j'étais pas encore vraiment sûr d'aimer... Mais heureusement, mes goûts ont évolués assez vite, et j'ai redécouvert Loudblast en 1991 avec Disincarnate, et cette fois ça passait beaucoup mieux. Mais la vraie révélation, la vraie branlée pour moi, c'est Cross The Threshold. Putain qu'est-ce qu'il a pu tourner celui-là. Je pense que j'ai bien du l'écouter au moins une fois par jour tout au long de l'année 1994. Je passais prendre un pote tous les matins pour aller au boulot. On prenait toujours un café tranquillou en écoutant du metal avant de partir bosser. Y avait 9 chances sur 10 qu'on mette Cross... Alors tu parles, quand Steph m'a proposé de remasteriser des vieux Loudblast, ma réponse ça a été « Dis-moi qu'il y a Cross ». Quant à Sublime Dementia, je l'ai découvert un peu plus tard, et ça a fini de ranger Loudblast dans la cour des grands pour moi. Quoi qu'il en soit, j'étais vraiment loin de penser à l'époque que le destin m'amènerait un jour à travailler sur ces albums ! Quand j'y pense c'est un truc de ouf !


7 - Les albums sont sortis sous différents formats Vinyle et CDs, as-tu réalisé des remasterings différents pour ces 2 formats ? Pourquoi ?

Absolument, les 2 versions ont des masterings différents. Pour du vinyle, les questions de maximisation de volume ne se posent pas, on peut donc garder un mastering très dynamique. On n'a pas besoin de pousser le volume. C'est contre-productif. Après, il y a d'autres contraintes à respecter par rapport aux fréquences et à l'image stéréo, mais comme ce sont des contraintes qui étaient encore d'actualité à l'époque où ces albums ont été mixés, il n'y avait pas trop de problème de ce côté-là. Au final, j'ai fait assez peu de traitement sur Cross et Disincarnate. J'en ai fait un peu plus sur Sublime, notamment au niveau des graves.

8 - Ton nom est aujourd'hui associé à la seconde vie de ces albums. Alors fier de toi ? De façon générale quelles sont les disques sur lesquels tu as travaillés dont tu es le plus fier ?

Fier, et pas qu'un peu !
Ma plus grosse satisfaction sonore finalement, c'est Sublime Dementia. C'est celui sur lequel j'ai le plus retravaillé le son. J'ai toujours trouvé la production de cet album un peu « fine », du coup, j'ai ressenti le besoin de gonfler un peu les graves. J'étais un peu fébrile en soumettant mon premier master à Steph. Mais il m'a répondu un truc du genre « Aah, enfin des graves sur Sublime ». Je me réécoutais le vinyle remasterisé il y a quelques jours, et ouais, je suis vraiment content. Fier aussi d'avoir mon nom en dessous de Colin Richardson sur Cross, parce que c'est quand même un des gars qui m'a donné envie de me mettre au son. Et les premiers retours que j'ai eu des personnes qui ont achetés les remasters sont plutôt positifs pour le moment. Donc aller, ouais, fier !



Dans mes propres productions, il y a quelques albums dont je suis extrêmement fier. Je pense notamment au « Meliora » de Eryn Non Dae, ou encore au « Visceral » de Cénesthésie. Ce sont deux de mes albums de chevet. Je les écoute hyper souvent, avec toujours autant de plaisir, même après avoir passé des semaines à les mixer. Je suis très satisfait des prods, mais encore plus fier d'avoir été la personne qui a aidé ces groupes à mettre leur musique au monde. Après, il y en a plein d'autres dont je suis très content (et je sais qu'ils espéraient tous que je le cite ici, haha), mais ces deux albums là ont une place très chère dans mon cœur et dans ma métalothèque.


9 - Aujourd'hui certains albums ressortent avec un remastering Itunes ... s'agit-il d’une escroquerie ou d'un vrai plus ?

Pour moi c'est de la poudre aux yeux. Ou aux oreilles si tu préfères. Je pense qu'à part certaines espèces de canidés sensibles aux ultra sons, il n'y a pas grand monde qui pourra ressentir une vraie amélioration. Mais bon, il suffit souvent de dire aux gens qu'il y a une différence pour qu'ils en entendent une. T'as qu'à voir le marché des câbles pour audiophiles...


10 - Il y a-t-il des albums - en dehors du fameux "Death Magnetic" - où tu juges que le travail de mastering a porté préjudice au disque ? Peux-tu donner des exemples ?

Pour être juste, le mastering de « Death Magnetic » n'est pas le seul responsable du son dégueulasse de l'album. Ted Jensen s'était exprimé à ce sujet en expliquant qu'il avait reçu un mix avec un niveau déjà maximisé, et qu'on lui a demandé de mettre encore plus fort. J'imagine que quand tu bosses avec Metallica, ça doit être compliqué de dire non. Tout ça pour dire, que c'est difficile de trouver des exemples. Quand un album ne sonne pas super, il n'est jamais simple de savoir à quel moment dans la chaîne de production ça a merdé. Ca peut-être le mastering, mais ça peut aussi bien être le mix, comme l'enregistrement. Si tu satures à la prise par exemple, ben cette saturation va être encore plus audible au mix, et au mastering, on amplifie encore les défauts du mix. Les gens peuvent gueuler et dire que c'est masterisé trop fort, alors que le problème vient initialement d'ailleurs.
Après, j'ai eu moi-même une seule expérience de mastering malheureuse avec un groupe que j'ai enregistré. Ils n’ont pas aimé mon mastering et ont donc décidé de monter se faire masteriser à la capitale. Ça a été une vraie catastrophe, que le groupe n'a jamais reconnue d'ailleurs. Enfin, pas devant moi en tout cas... Quand j'ai écouté la version finale, j'étais atterré. Mon mix était complètement massacré. Ça m'a poussé à devenir meilleur en mastering, pour que les groupes n'aient pas forcément envie d'aller voir ailleurs pour cette étape.


11 - Certains amateurs de musique jugent quelques fois que le remastering peut saccager des albums légendaires auxquels il ne fallait pas toucher. Ton avis sur le sujet ?

Le truc, quand on parle d'albums qui datent d'au moins 25 ou 30 ans, c'est qu'ils sont sorti à une époque où le format CD n'existait pas, ou en était à ses balbutiements. C'était un support qu'on connaissait mal, et beaucoup d'albums sont sorti sous ce format avec des masterings soit faits à l'arrache, soit pas adaptés, ou ont subi des conversions en numérique faites avec du matos de qualité douteuse. Je me souviens de quelques-uns de mes premiers achats en CD. Je me disais que c'était clean, mais que certains manquaient de cette fameuse chaleur qu'avaient mes vinyles. Donc non, ça me choque pas plus que ça qu'aujourd'hui, alors qu'on connait bien mieux le format et que les technologies numériques ont sacrément évolué, qu'on remasterise des vieux enregistrements pour en tirer le meilleur. A condition que ce soit fait bien sûr dans le respect de l'œuvre originale.


12 - Quelle est ton actualité à venir pour les prochains mois ?

Là je viens de terminer le mixage du nouvel album de Fleshdoll qui sort en Juin chez Great Dane Records. Au moment où je tape ces lignes, j'attaque le mixage de l'EP de Seven Eyed Crow, un groupe de Bordeaux qui devrait plaire aux fans de Karnivool et consors. Ensuite j'enquille sur le mixage du nouvel album de Blood Ages, une grosse mulerie toulousaine. Plus tard dans l'année, je vais m'occuper du prochain album de Silent Opera, et je devrais mixer et masteriser le nouvel album de Malemort en fin d'année. Pas mal de mastering de prévu aussi cet été et du sound design pour des jeux vidéo. Bref, ça chôme pas !


13 - Un mot pour notre lectorat !

D'abord merci à toi Greg de m'avoir donné la parole !
Merci aux lecteurs de m'avoir lu, j'espère ne pas avoir été trop chiant !
Pour les plus curieux, n'hésitez pas à passer me voir sur www.conkrete.com ou www.facebook.com/conkrete.
Ceux qui s'intéressent à mes activités dans le jeu vidéo peuvent aller sur www.elmobo.com (qui sera sûrement encore en travaux au moment où vous lirez ces lignes).
Et sinon, on se capte au Hellfest !
Auteur
Commentaire
Anje
Membre enregistré
Posté le: 01/07/2015 à 17h23 - (1683)
Super instructif comme itw, aussi bien sur le processus de (re)mastering que celui lié à Loudblast.
Est ce qu'il est quand même prévu de dépoussiérer les bandes de Disincarnate ? Car remasteriser à partir d'un CD, c'est un peu comme recompresser un jpg non ?
Est ce que l'extraction à partir des bandes n'aurait pas permis d'avoir une plus grand espace sonore ?

Floyderz
Membre enregistré
Posté le: 01/07/2015 à 17h34 - (1684)
C'est clair, c'est très instructif! Et surtout, sublime dementia a été mon premier album de "gros qui tâche", en 1992. Et j'ai toujours trouvé le son faiblard. je sais que certains hurlent au sacrilège quand je dis ça, du coup je trouve l'expression de production trop "fine" utilisée par El Mobo plus adaptée. Je vais donc lui piquer! et même Stéphane B semble d'accord: cet album manquait de basse.
Je me suis offert le vinyl remasterisé de Sublime et franchement, je redécouvre l'album. Le mix original est conservé et le son prend enfin l'ampleur que cet album mérite.
Félicitations donc à El Mobo pour le taf et merci à Mr Buriez pour cette super initiative!



Youpimatin
Membre enregistré
Posté le: 01/07/2015 à 20h27 - (1685)
El Mobo, le meilleur producteur Metal en France.
Bien content de ce coup de projecteur sur son travail énorme sur les bandes de Loudblast.

jean-francois
Membre enregistré
Posté le: 01/07/2015 à 21h55 - (1686)
intéressant ça donne envie de choper ces rééditions d'albums pourtant ultra connus

Morbid Tankard
Membre enregistré
Posté le: 01/07/2015 à 23h24 - (1687)
Moi, j'attends la réédition du premier album !!
Sinon, je me demande vraiment comment Loudblast a pu à l'époque laisser passer l'excès de grave sur 'Disincarnate' et l'excès d'aigu sur 'Sublime'...

Lordjok
Membre enregistré
Posté le: 01/07/2015 à 23h32 - (1688)
Quelque chose m'intrigue: l'ensemble des albums (ou presque) avaient déjà été remasterisés en 2009 pour la box Original Album Classics. Le groupe n'était il pas satisfait par ces versions? Dans quelles conditions cela s'etait fait? D'ailleurs les bonus sur Disincarnate sont les mêmes. Le remastering de 2009 avait il été fait à partir des originaux ou bien des version CD? J'aimerai beaucoup une réponse...Stéphane si tu passes par là n'hésites pas.
Quel vont être les prochains albums à être réédités? J'ai lu que l'ensemble de la discographie allait l'être.
Pour finir effectivement excellent boulot sur Sublime Demantia. Je vais donc m'atteler à comparer les 3 versions...



Ginzu
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 06h15 - (1689)
Lorjok bonne question effectivement
interview très interessante, comme on en attend plus souvent sur le son

elle est pourtant porteuse de contradictions, d'un coté on a une volonté de pas détruire la dynamique et de pas changer le son originel, de l'autre on a quelqu'un qui le fait!

pourquoi mettre de la basse sur sublime, le son fin de scott burns c'est justement la particularité de l'album, vous voulez du volume ? vous le MONTEZ !!!

"J'ai toujours trouvé la production de cet album un peu « fine », du coup, j'ai ressenti le besoin de gonfler un peu les graves. J'étais un peu fébrile en soumettant mon premier master à Steph. Mais il m'a répondu un truc du genre « Aah, enfin des graves sur Sublime »." : pour moi c'est la cata.

"Seule option, passer par une phase de restauration assez coûteuse, et qui surtout nous aurait fait perdre trop de temps par rapport au calendrier fixé par Listenable. Du coup, avec Steph on a décidé de partir de la version CD de 1991 " : pareil : OUCH!

"Le but est donc de monter le volume, en essayant de préserver autant de dynamique que possible, et en utilisant différents effets qui permettent de donner une illusion de dynamique." : Re - OUCH !

bon vraiment sympa l'itw, mais je suis en désaccord sur certains points. Et à l'écoute , j'ai le sentiment d'avoir perdu quelque chose..




Ginzu
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 06h18 - (1690)
j'ajoute que comme une prune, je vais les acheter quand même, mon choix ? c'est simple :

" les 2 versions ont des masterings différents. Pour du vinyle, les questions de maximisation de volume ne se posent pas, on peut donc garder un mastering très dynamique. On n'a pas besoin de pousser le volume. "

Ginzu
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 06h20 - (1691)
et pour finir, si je gagne au loto je vous filerai du fric pour nettoyer la bande de disincarnate !

GabinEastwood
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 06h34 - (1692)
Super intéressant comme sujet et au niveau du rendu ça le fait, j'ai redécouvert les albums grâce à ce nouveau son qui "rajeunit" l'ensemble sans le dénaturer, ce qui est une sacrée performance.





elmobo
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 09h32 - (1693)
Merci à tous pour votre feedback sur l'interview !

@Anje : Comme je le dis dans l'interview, masteriser par dessus un autre master n'est effectivement pas idéal. Mais dans le cas de Disincarnate, masterisé en 1991, époque où la "loudness war" n'existait pas, le master était super léger, et y avait pas de maximisation. Donc on partait d'une dynamique à peu de chose près équivalente à celle du mix. Quant à la restauration des bandes, je ne sais pas ce que Steph a prévu de faire. On verra pour les 40 ans du groupe ! :)

@Youpimatin : n’exagérons rien, mais merci de ton soutien :)

@Ginzu : J'entends bien ce que tu dis, mais tu te doutes bien que Loudblast et Listenable n'ont pas fait appel à moi pour que je ne touche pas au son :). Donc j'ai masterisé ces albums comme je masteriserais n'importe quelle prod. C'est à dire en respectant le mix original. Ta référence, c'est le mix de Scott Burns, masterisé par Mike Fuller. Ca aurait été masterisé par quelqu'un d'autre à l'époque, ça aurait sans doute sonné complètement différemment et ta référence n'aurait pas été la même. Qui te dit que Mike Fuller a respecté le mix de Scott Burns ? (Bon, moi je peux te le dire. C'est plutôt oui :))
Respecter un mix, ça veut pas forcément dire ne rien faire dessus. Je ne pense pas avoir trahi le mix de Scott Burns sur Sublime par exemple. Si j'ai pu gonfler les graves, c'est qu'ils étaient présents dans le mix, je ne les ai pas "rajoutés" si tu vois ce que je veux dire. Quand au volume, oui, on l'a gonflé aussi, mais sans abuser. Ca aurait pu être bien pire :) Il faut comprendre que chaque ingé son mastering a sa sensibilité et sa couleur, et j'ose penser qu'on m'a proposé le job en pensant que je pourrais apporter quelque chose à ces rééditions. Et je pense que, malgré ta légitime méfiance, tu reconnaitras le mix de Scott Burns en écoutant cette nouvelle version ;) Ma plus belle récompense, c'est que Steph soit content.
J'espère que tu joues vraiment au loto, on compte sur toi pour Disincarnate ! :)

Anje
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 09h42 - (1694)
Merci pour ton retour elmobo !


elmobo
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 09h43 - (1695)
Merci à tous pour votre feedback sur l'interview !

@Anje : Comme je le dis dans l'interview, masteriser par dessus un autre master n'est effectivement pas idéal. Mais dans le cas de Disincarnate, masterisé en 1991, époque où la "loudness war" n'existait pas, le master était super léger, et y avait pas de maximisation. Donc on partait d'une dynamique à peu de chose près équivalente à celle du mix. Quant à la restauration des bandes, je ne sais pas ce que Steph a prévu de faire. On verra pour les 40 ans du groupe ! :)

@Youpimatin : n’exagérons rien, mais merci de ton soutien :)

@Ginzu : J'entends bien ce que tu dis, mais tu te doutes bien que Loudblast et Listenable n'ont pas fait appel à moi pour que je ne touche pas au son :). Donc j'ai masterisé ces albums comme je masteriserais n'importe quelle prod. C'est à dire en respectant le mix original. Ta référence, c'est le mix de Scott Burns, masterisé par Mike Fuller. Ca aurait été masterisé par quelqu'un d'autre à l'époque, ça aurait sans doute sonné complètement différemment et ta référence n'aurait pas été la même. Qui te dit que Mike Fuller a respecté le mix de Scott Burns ? (Bon, moi je peux te le dire. C'est plutôt oui :))
Respecter un mix, ça veut pas forcément dire ne rien faire dessus. Je ne pense pas avoir trahi le mix de Scott Burns sur Sublime par exemple. Si j'ai pu gonfler les graves, c'est qu'ils étaient présents dans le mix, je ne les ai pas "rajoutés" si tu vois ce que je veux dire. Quand au volume, oui, on l'a gonflé aussi, mais sans abuser. Ca aurait pu être bien pire :) Il faut comprendre que chaque ingé son mastering a sa sensibilité et sa couleur, et j'ose penser qu'on m'a proposé le job en pensant que je pourrais apporter quelque chose à ces rééditions. Et je pense que, malgré ta légitime méfiance, tu reconnaitras le mix de Scott Burns en écoutant cette nouvelle version ;) Ma plus belle récompense, c'est que Steph soit content.
J'espère que tu joues vraiment au loto, on compte sur toi pour Disincarnate ! :)

diesirae
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 09h58 - (1696)
Très intéressant. Sacré challenge que ce rajeunissement, un job qui ne s'improvise pas.

RunForestRun
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 10h53 - (1697)
@El Mobo

Tout d'abord bonjour ! Si tu repasse par ici j'aurais deux ou trois questions pour toi :

1-Quel est le dynamic range de tes remasters de Loudblast ?

2-A moins que je t'ai mal compris, tu parles de la "maximisation du volume" comme une nécessité liée au changement de support (CD), ce qui à mon avis est complétement saugrenu (il est totalement inutile de monter le volume lors d'un mastering, sauf bien sûr si le niveau du mix est vraiment faible et qu'il faille lui en rajouter (une correction donc)), puisqu'à ma connaissance les appareils permettant d'écouter de la musique sont encore tous dotés d'un bouton VOLUME.

Tu en parles même quasiment comme une évolution qualitative par rapport au mastering tel qu'il était perçu il y a 20-25 ans (c'est à dire "léger" pour reprendre ton terme).

Ma question est donc : es-tu bien informé des tenants et aboutissants de la loudness war? As-tu conscience que cette course au volume est née de la sublime idée de mecs en costume cravate qui n'y connaissent rien en musique pour vendre plus de Ricky Martin et de je ne sais quelle daube de variété internationale en pensant (à tort) les faire sortir du lot quand ils passent à la radio ?
As-tu conscience qu'en y succombant, tu contribue à l'appauvrissement de la "culture sonore" des jeunes auditeurs de musique, qui ne font plus la différence entre un disque produit avec goût et un stupide mur sonore sans aucune variation et induisant de la fatigue auditive ?

Et petit aparté pour finir : la prod originale de Sublime Dementia est l'une des plus belles productions que j'ai pu écouter issue d'un groupe français. Elle est totalement unique, dispose d'une empreinte, d'un cachet très fort et n'avait nul besoin d'être retouchée à mon avis ! Mais je vais tout de même écouter ton travail pour comparer.

Pour moi, à de rare exceptions près, les remastering actuels sont de grossiers maquillages qui transforment en grosse pute à gros seins de jolies filles dont la beauté n'est plus dans l'air du temps. Et l'air du temps, la mode, on sait tous ce que ça devient quelques années plus tard...





RunMoboRun
IP:46.218.79.146
Invité
Posté le: 02/07/2015 à 11h41 - (1698)
Enfin, l'interview tant attendu de RunForest ou il va pouvoir crucifier les personnes en charge des masters.

"puisqu'à ma connaissance les appareils permettant d'écouter de la musique sont encore tous dotés d'un bouton VOLUME"

Ben alors ? Pourquoi masteriser ? Il suffit de s’arrêter au mixe et de jouer du bouton volume non.
Ben non, relie l'interview et tu comprendras pourquoi c'est nécessaire et pourquoi ce n'est pas qu'une course au volume.

RunForestRun
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 12h17 - (1699)
Grands Dieux qu'il est bête...

Unremaster
IP:86.206.21.47
Invité
Posté le: 02/07/2015 à 12h50 - (1700)
Je deteste les remaster c'est souvent la cata, remember les Death catastrophique! ces albums ont déja un son, pourquoi denaturer avec des remaster ? Burns et Mike Fuller en + lol

Pourquoi vouloir monter les basses etc ?? j'ai de quoi faire avec les equalizer de mon ampli Denon !!

après si on les prends comme des composite/fanprojects pourquoi pas..mais en lisant le descriptif du boulot qui à été fait àa ressemble plus a du tripatouillage qu' a autre chose, source cd, basses etc ! pour moi on ne touche pas au classiques ! imaginez un remaster tout neuf de Consuming Impulse erk!



Floyderz
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 12h56 - (1701)
Il faut nous pardonner, nous ne sommes pas tous ingés son, spécialistes et experts, fins connaisseurs, techniciens, esthètes et grands maîtres du culte de la sonorité parfaite.
On écoute juste de la musique, avec nos pauvres moyens limités, nos oreilles quoi... et puis un bout de cerveau aussi.
Du coup, on peut faire la différence entre la prod de Burn My Eyes et celle de St Anger. Ouf!
En l'espèce, je me permets de maintenir que le travail sur ces premiers Loudblast est très intéressant et surtout concernant Sublime!
Et je pense quand même que le juge de paix reste la satisfaction de Stéphane lui même! a partir de là, on peut émettre un avis, ne pas partager cette satisfaction, mais de là à trouver cela inutile...
Tout ce que je retiens, c'est qu'à l'écoute, Sublime a gardé toute cette identité et cette production unique, sauf qu'il y a "quelque chose" en plus qui me plait beaucoup. Et je ne vais pas m'en excuser. Ni m'excuser d'être peut être bête.

Ginzu
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 14h13 - (1702)
Floyderz

"Et je pense quand même que le juge de paix reste la satisfaction de Stéphane lui même! a partir de là, on peut émettre un avis, ne pas partager cette satisfaction, mais de là à trouver cela inutile..."

Les artistes sont les premiers a laisser passer du plâtre partout, même bon musiciens ils sont nuls sur la hifi et son évolution, pour moi l'argument ne tient pas mais je reconnais qu'avec Stephane Buriez on est pas dans les guignols, ses productions sont intéressantes comme ce qu'il a fait sur frozen moments par exemple.

Peut être qu'à l'époque il voulait plus de basse, d'ailleurs dans une récente itw de scott burns dans laquelle on lui propose de laisser un message aux groupes de l'époque, il dit qu'il est désolé pour Loudblast qui n'avait pas aimé la prod. peut être que Stephane était décu selon ces propos, mais pour moi c'est un chef d'oeuvre

Ginzu
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 14h19 - (1703)
elmobo, merci sincèrement pour ta réponse, c'est génial de t'avoir en retour ici , il y a trop peu d'itw de ce type, et c'est pourtant crucial au vu des évolutions décrites par forestrun qui rendent souvent impossible l'écoute de notre musique préférée.

j'entends tes arguments et j'aimerai en discuter des plombes avec toi, j'ai posté sur un autre forum (hcfr, coin des metalleux) et il y a aussi des questions de gens intéressés par ça et passionnés par cette époque magique du death. mais je vais faire court, t'as un métier et moi aussi, réunion dans 14 minutes...

je suis assez d'accord avec runforest, comme souvent sur ce sujet, et quand tu dis :

"J'entends bien ce que tu dis, mais tu te doutes bien que Loudblast et Listenable n'ont pas fait appel à moi pour que je ne touche pas au son :)"

je me dis que c'est bien le problème , je préfèrerais une super réédition, mais le marché n'est pas fait pour . dans 30 ans, si un type restaure Soulages avec un léger reflet orangé, ça le fera pas pour moi même s'il est sincère.

encore une fois merci pour les échanges !!

RunForestRun
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 14h39 - (1704)
@Floyderz : préférer un remaster sans dynamique à un original ne fait pas de toi quelqu'un de bête. La bêtise c'est de railler le messager qui dit qu'il y a meilleure nourriture que l'équivalent audio du macdo.

Et qu'on soit clair : il ne s'agit pas de jouer aux esthètes (parce que là, 99% de tout ce qui est sorti depuis 10 ans serait de toute façon hors compétition) mais simplement de demander le minimum technique juste pour que l'album soit écoutable (pas de clipping et un db range d'au moins 8 ou 9).

@Ginzu ":es artistes sont les premiers a laisser passer du plâtre partout, même bon musiciens ils sont nuls sur la hifi et son évolution"

Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés :-)




Floyderz
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 16h25 - (1705)
Ouaip...ben c'est là qu'on arrête de causer parce que pour moi, clipping et db range à 8 ou 9, pour moi c'est du chinois!
Pas que ça m’intéresse pas, mais c'est juste que bien que je ne me sache pas plus ingé son que grand cuisinier, je sais faire la différence entre du McDo et un repas chez Ducasse (ou autre, hein, on s'en fout, c'est pour l'image...)

Ginzu
IP:192.44.63.162
Invité
Posté le: 02/07/2015 à 16h52 - (1706)
ben si tu fais cette différence tu la feras aussi entre un death magnetic et un francis cabrel. impossible d'écouter le premier plus de 10 minutes au vu du son. et t'hallucine sur sarbacane j'y reviens souvent celui là pour la dynamique.
essaie d'écouter le deuxième ghost, tu pleures tellement c'est compressé et complètement cramé

RunForestRun
Membre enregistré
Posté le: 02/07/2015 à 17h15 - (1707)
@Floyderz : pour faire simple le clipping c'est quand le seuil de volume max d'un support d'accueil est atteint ou dépassé, ce qui engendre de la saturation (du bruit quoi). Il peut être occasionnel ou constant.
Il suffit d'écouter Death Magnetic ou le 2ème Ghost pour en entendre du début à la fin. Il y a un bruit de fond désagréable et persistant qui couvre la musique.

Le dynamic range c'est la mesure de la différence entre les sons les plus faibles et les sons les plus forts. Par exemple, il y a une grande amplitude entre un pet de mouche et un avion à réaction qui décolle. Si ces deux sons étaient compressés de la même manière qu'on compresse la musique, ils auraient exactement le même volume ou presque puisque la différence est éliminé pour les rendre tous les deux le plus fort possible (voir même plus fort que le maximum physiquement possible ! (clipping !)) Ce qui a pour effet de rendre la musique plate, ennuyeuse et génère de la fatigue auditive (donc lassitude) puisque l'oreille est sollicitée au taquet en permanence.

Réécoutez Master of Puppets, je crois que tout le monde possède cet album non ? Sur le morceau titre, il y a une différence de volume sensible entre les parties virulentes et la partie centrale plus calme. Le contraste très marqué donne à la musique toute son ampleur et les différences de volume donnent plus de relief à l'ensemble.
Le volume global de l'album est faible comparé aux productions d'aujourd'hui, mais ce n'est pas du tout un problème, il suffit de monter le volume de l'appareil d'écoute pour l'entendre plus fort... TADAM ! Magique !





DASAP
IP:213.68.238.224
Invité
Posté le: 03/07/2015 à 09h29 - (1708)
Merci pour cette IT et ce monsieur fort intéressant!

ristourne
Membre enregistré
Posté le: 03/07/2015 à 16h10 - (1709)
Merci pour cette excellente itw.
Mais bon, je suis du clan runforestrun...(ginzu aussi) J'ai une fâcheuse tendance à saigner des oreilles avec les re...





nocturnus1977
Membre enregistré
Posté le: 04/07/2015 à 06h53 - (1710)
pas non plus fan des remasters, mais curieux d'entendre ce que va donner Sublime que j'ai toujours trouvé trop "fin"

Merci El Mobo et VS pour cette superbe ITW

elmobo
Membre enregistré
Posté le: 04/07/2015 à 20h12 - (1711)
@Forest : Je comprends tout à fait ton point de vue et celui des autres personnes ici qui sont pas fans des remasters, et je le respecte complètement. De toute façon, quand j'ai accepté le job, je disais à mes potes en rigolant (jaune) que quoique je fasse, j'allais me mettre la moitié des fans à dos... :) C'est évident qu'à partir du moment où vous estimez qu'il faut pas toucher aux originaux, ces remasters ne sont pas pour vous. J'ai pas vérifié, mais le dynamic range des remasters sur CD doit taper entre 6 et 7dB. Les versions vinyles par contre, ont un DR quasi identique aux mix originaux (entre 10 et 11 dB, de mémoire).
Maintenant, je trouve je trouve ça un peu dommage de juger de la qualité du son d'un skeud juste sur des chiffres. Y a des albums dont je trouve le son énorme et je suis sûr que le DR doit être aux alentours de 4dB.
Après ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Je ne dis absolument pas qu'un mastering "léger" est moins bon qu'un mastering plus "lourd". J'ai employé ce terme pour dire qu'à l'époque où la loudness war n'existait pas, les masterings ne modifiaient que très peu le son et la dynamique d'un mix, et que du coup, en partant de la version déjà masterisée de Disincarnate, on partait d'une source à peu de chose près équivalente au mix en terme de dynamique.
Ensuite, je suis d'accord avec toi sur les méfaits de cette loudness war, mais le son du metal a pas mal évolué en 25 ans, il est devenu plus épais et plus compact. Alors oui, la loudness war a sans doute contribué à ce phénomène d'épaississage, mais on dira ce qu'on voudra, culturellement, le métalleux associe gros son à volume. Quand un groupe vient me voir pour un mastering, même si les gars me disent qu'ils veulent pas un volume de cheval, 9 fois sur 10, ils finissent par me dire "Tu peux monter le niveau, parce que quand on écoute notre CD après celui de X ou Y, on est moins fort.". Le truc aussi, c'est que les conditions d'écoute ont changées. Aujourd'hui quand tu essayes d'écouter un album du début des années 90 dans un baladeur numérique en faisant du vélo, ou dans un bus bruyant, t'entends que dalle dans ton casque parce que le volume max de l'appareil est calibré sur le niveau des sorties actuelles. Donc oui, la maximisation du volume est devenu un passage quasi-obligé. Mais encore une fois, quand je dis "maximisation", ça veut pas dire chercher à obtenir le volume le plus fort du monde. C'est juste gonfler le volume pour que ça sonne plus actuel. Mais j'ai bon espoir que ça change. Depuis peu, je crois que les iPod intègrent un algo d'homogénéisation du volume des morceaux pour qu'ils aient tous un volume à peu près équivalent à l'écoute. Youtube à mis ça en place aussi, ainsi que Spotify. Donc petit à petit, ca fait son chemin. Cela dit, tant qu'on me demandera de "mettre plus fort", j'expliquerai toujours pourquoi c'est pas forcément souhaitable, mais je le ferai quand même dans la mesure du possible (et de l'audible) parce qu'au final, même si mes clients sont sans doute moins casse-couilles que Metallica, il me paye pour faire un job et j'entends bien le faire :)

Dernière chose, c'est ton droit le plus strict de trouver la prod de Sublime magnifique. Moi, je suis pas fan, mais je t'invite si tu en as l'occasion à jeter une oreille sur le vinyle remasterisé. Je le trouve pour ma part beaucoup plus agréable à écouter, avec moins d'aigus qui pètent les oreilles à fort volume, et un son un peu plus plein au niveau des grattes et de la basse, qui donne un tout plus équilibré, à mon humble avis.

Lordjok
Membre enregistré
Posté le: 05/07/2015 à 10h01 - (1712)
Donc, j'ai pris le temps de comparer les trois versions, et effectivement la version de 2009 semble super aigu comme si on n'avait compressé la version originale pour tout remonté mais c'est vraiment dégueulasse... enfin je laisse les experts le confirmer. Conclusion la nouvelle version me plait vraiment plus et ne dénature pas la VO.

RunForestRun
Membre enregistré
Posté le: 05/07/2015 à 12h26 - (1713)
@ElMobo : merci pour ta réponse !

Au final on est d'accord sur un certain nombre de points, un peu moins sur d'autres, mais peu importe, alors plutôt que de reprendre ta réponse point par point ce qui serait long et fastidieux, je voudrais juste te répondre que :

1 - je trouve ça génial que tu essaie de faire un peu de pédagogie auprès des groupes. Je comprends la nécessité financière ne permettant pas au final d'aller à l'encontre de ce que demande les groupes, mais c'est bien d'essayer. Le même discours est tenu par tous les ingénieurs de mastering de toute façon :-)

2 - L'argument avec lequel je ne suis vraiment, mais alors vraiment pas d'accord et sur lequel je me sens obligé de répondre est celui là :

"Aujourd'hui quand tu essayes d'écouter un album du début des années 90 dans un baladeur numérique en faisant du vélo, ou dans un bus bruyant, t'entends que dalle dans ton casque parce que le volume max de l'appareil est calibré sur le niveau des sorties actuelles"

==> J'écoute moi aussi de la musique dans un ipod quand je suis dehors et je n'ai nul besoin de me faire exploser les tympans. Et en général une prod d'il y a 20-25 ans passe parfaitement bien dans un environnement bruyant (et on peut aussi le cas échéant monter le volume du fichier son en plus du général). Mais là encore, plutôt qu'une contrainte réelle c'est une question d'éducation. Il n'est pas nécessaire de s'isoler complètement du monde extérieur pour s'immerger dans la musique et encore moins de se ruiner l'audition. De toute façon, à partir du moment ou la musique n'est pas écoutée dans de bonnes conditions, la perception sera dégradée. Donc pourquoi rendre le son mauvais d'office, même lorsqu'on a la possibilité de l'écouter dans un environnement calme lorsque l'on rentre chez soi ?

Enfin, dernier point, j'aimerais bien savoir quels sont les albums de 4dB de DR que tu trouves monstrueux, parce que autant je peux admettre qu'il y a des choses bluffantes à 6 dB (Jens Borgen se démmerde bien, même si avec lui c'est un coup sur deux), mais en dessous c'est un peu de la bouillie quand même... Je ne pense pas être un taliban des chiffres, l'écoute reste la principale source de jugement de la qualité du son, mais le DR est quand même un indice assez fiable sur la nature de ce qu'on va entendre.


PS : "aigus qui pètent les oreilles à fort volume"

==> oui çà c'est bien vrai, je te donne volontiers le point :-p






ringoherrera
Membre enregistré
Posté le: 06/07/2015 à 12h04 - (1714)
Moi, ce qui me dirait bien ce serait un petit disque avec les demos de LOUDBLAST. Mon "Ultimate Violence" et ma "Bazooka Reh" ne sortent plus que pour les grandes occasions et les photos de cette dernière se décollent...Laurent de LISTENABLE ou Stéphane de LOUDBLAST, c'est une bone idée, non ?
Sinon, j'irai jeter une oreille dans "Disincarnate" pour entendre remasterisé ce détail qui m'a toujours plu: le re-re de guitare à 1,38min du début de "Wrapped in Roses"...pour les curieux...

Lordjok
Membre enregistré
Posté le: 06/07/2015 à 19h27 - (1715)
Effectivement je ne l'avais jamais remarqué...

Ginzu
Membre enregistré
Posté le: 06/07/2015 à 22h03 - (1716)
el mobo si t'es encore dans le coin avec 2 minutes pour une question d'Arnuche, un forumeur de hcfr (mais on a pas souvent un représentant du coté obscure de notre musique!):

"J'ai lu la suite des commentaires sous l'interview et une fois de plus, l'ingé son dit que le master du vinyle est plus dynamique, alors j'ai un petit service à te demander : pourrais-tu lui demander pourquoi il a voulu compresser plus la version cd ? Parce que je ne vois pas pourquoi ceux qui écoutent des vinyles auraient plus droit que les autres à un mix dynamique.
Et aussi si par hasard on pourrait se procurer auprès de lui ou du groupe la version numérique de ce master qu'il a fait pour le vinyle. Merci !"

il est vrai que je me pose également souvent cette question, qui a certainement une explication technique, du pourquoi moins de dynamique sur un cd que sur un vinyle? c'est quand même un comble de trouver le plus de dynamique sur un support dont la restitution est moins fidèle (pour ceux qui ont du mal à suivre : la "chaleur" analogique si recherchée, et il est vrai agréable, du vinyle étant en fait une dégradation par rapport à ce que peu proposer un support numérique")! merci

note à vs : il faut plus de gars comme ça en itw pour porter le message !

sapinou
IP:46.218.79.146
Invité
Posté le: 07/07/2015 à 11h22 - (1717)
"il est vrai que je me pose également souvent cette question, qui a certainement une explication technique".

Il me semble que c'est pour histoire de sillon du vinyle. Un master trop compressé et/ou charger en basse entraînera des sillon trop gros voir des troues dans le vinyle.

J'espère pas dire de connerie. Il me semble que Mobo a abordé ce sujet dans l'émission metal bunker. Notamment lorsqu'un label a sortie une version vinyle du dernier Gorod a partir de la version CD.
Si tu retrouves l'interview, tu auras je pense ta réponse.


jaquouille
Membre enregistré
Posté le: 11/07/2015 à 21h43 - (1719)
moi je pense que les Louds devraient réenregistrer sublime parce que le son je le trouve pas fin, je le trouve mauvais, d'ailleurs c'est rare que je l'écoute
m'enfin des goûts et des couleurs quoi ;-)


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