Jeremie - METAL BUNKER - JéRéMIE GRIMA par VSGREG - 3901 lectures
Pour accompagner la sortie du livre METAL BUNKER, VS vous propose un entretien avec son géniteur Jérémie Grima !

Le livre sera disponible dès le 6 mars 2015 chez Zone 52 & Kicking Books au programme 340 pages à 17€, ou à 30€ si vous optez pour le pack book + T-Shirt




Pour débuter cette interview, je te propose de revenir dans un premier temps sur la genèse de ton projet "Metal Bunker". D'où est venue cette idée de bunker, de fin du monde et de 3 disques ?

Cette idée est née il y a un peu plus de deux ans. J'étais en train de terminer mon précédent livre, "Trace Ecrite", et, comme j'ai une peur panique du vide, je me demandais avec quel projet j'allais bien pouvoir enchaîner.
L'idée a germé d'elle-même, sous la douche pour être précis, haha. Je pense qu'elle conjugue plusieurs sources d'inspiration. Premièrement, j'ai toujours aimé les anthologies de disques dans lesquelles tu peux picorer et puiser quelques tuyaux concernant des albums que tu ne connais pas. J'en ai quelques-unes dans ma bibliothèque et je les compulse fréquemment quand je suis en panne de nouveautés, ou que je veux creuser un peu plus dans tel ou tel genre de musique.
Deuxièmement, au cours des diverses discussions que j'ai avec les musiciens que je croise fréquemment dans mes pérégrinations, la question "qu'est-ce que tu écoutes ?" est tout aussi récurrente qu'incontournable. Je suis toujours curieux de savoir où les groupes puisent leur inspiration, quels sont les sons qui les font vibrer, sachant que les disques qu'ils écoutent sont parfois très éloignés de leur univers artistique.
Bref, ces deux données m'ont conduit à imaginer cette anthologie, qui n'est pas écrite par un journaliste s'imposant en dépositaire de la "discothèque parfaite" - figure de style qui a tendance à me fatiguer - mais par ceux qui font la musique, tout simplement.


Les lecteurs de VS connaissent l'émission de radio et les podcasts que tu as réalisé, mais il me semble que tu as toujours eu cette idée de livre en tête. Je te pose ainsi la question de qui de l'œuf ou de la poule est arrivé en premier ? Le livre ou la radio, dans ton cas ?

Au tout départ, il s'agissait d'écrire le livre, point à la ligne. J'avais planifié quelques interviews et celles-ci devaient se dérouler en huis-clos et n'être publiées qu'une fois l'ouvrage fini. Mais après le boulot titanesque que j'avais abattu en solitaire pour "Trace Ecrite", j'avais un peu de mal à me faire à l'idée de devoir à nouveau travailler dans le secret pendant deux ans, avant de pouvoir faire lire une seule ligne de la matière que j'aurai accumulée.
Ça peut paraître bête, mais écrire un livre, au contraire d'enregistrer un disque avec d'autres musiciens, par exemple, a ceci de frustrant que tu ne peux partager ton travail avec personne avant d'en avoir une version un minimum finalisée. Tu as donc quelquefois l'impression de traverser l'Atlantique en solitaire. À la rame. Alors certes, ça fait moins mal aux bras, mais ça reste un long travail au cours duquel tu peux te sentir très vite isolé derrière ton clavier.
C'est donc en écoutant le podcast Now It's Dark de mes potes Nasty Samy et Elibats qu'a germé cette idée d'enregistrer les interviews sous la forme d'émissions radiophoniques, et de les diffuser en téléchargement libre.
Cela m'a ainsi permis de travailler à mon livre tout en livrant en parallèle ces podcasts, et de multiplier le plaisir et le contact avec le public, qui est devenu témoin malgré lui de l'avancée de ce boulot.




Les émissions ont été diffusées sur Kicking Radio. Comment es-tu entré en contact avec eux et comment les choses se sont-elles présentées ?

Suite au premier épisode de Metal Bunker que nous avons enregistré ensemble, Nasty Samy m'a mis en contact avec Mr. Cu!, de Kicking Records, qui gère également la Kicking Radio, et qui est devenu le co-éditeur de Metal Bunker via sa branche éditions : Kicking Books.
Il a trouvé l'émission sympa et m'a de suite proposé de la prendre sur sa station, à raison d'un épisode toutes les deux semaines. J'ai évidemment accepté avec plaisir. Le temps passant, nous nous sommes rencontrés et avons accroché, humainement parlant. Mr. Cu! vient de la scène punk hardcore, dans laquelle il existe encore aujourd’hui, à mon sens, un bouillonnement culturel qui m'inspire le plus grand respect.
Nous nous retrouvons sur pas mal de points, notamment cette volonté profondément ancrée de donner vie à nos idées coûte que coûte, et de les concrétiser avec nos propres moyens et un peu d'huile de coude. J'aime beaucoup cette approche qui consiste à ne pas se poser dix mille questions quand on a une idée en tête, mais à se lancer tête baissée et ne la relever que quand le projet est terminé.
Du coup, pour te répondre, les choses se sont bien présentées et de fil en aiguille, nous travaillons ensemble sur ce projet depuis son tout début, en étant sur la même longueur d'onde.


Le livre sort chez Kicking books, il me semble qu'il devait sortir chez Camion Blanc. Alors dis-nous tout sur le pourquoi du comment de ce changement ?

En réalité, le livre est co-édité par Kicking Books et Zone 52 Editions, qui est ma propre structure d'édition (et gère notamment le fanzine Zone 52). Pour tout t'avouer, le contrat pour Metal Bunker a été signé chez Camion Blanc dès que l'idée a germé.
Mes rapports avec eux étaient très bons - et le sont toujours - et nous considérions que le travail effectué sur "Trace Ecrite" avait été rondement mené de part et d'autre. Nous étions donc naturellement motivés par le fait de travailler ensemble à nouveau.
Alors pourquoi avoir changé de braquet et avoir cassé le contrat ? Eh bien je voulais donner une autre approche à ce livre et à mes activités de manière générale. Camion Blanc a une politique éditoriale qui lui est propre, ce qui implique un rythme de sortie de deux à trois livres par mois, mais aussi un format de livre, une couverture, un grammage de page donnés, et une gamme de prix en conséquence. Ils ont leur réseau de distribution, leur fonctionnement propre et c'est une machine bien rodée. Pour Metal Bunker, je voulais tendre vers autre chose et m'impliquer de manière plus prononcée dans son édition, être partie prenante de sa fabrication et de sa commercialisation.
Partageant cette vision avec Mr. Cu!, nous avons décidé de travailler ensemble et de prendre en charge l'ensemble des étapes post-écriture du livre. Cela fait beaucoup de travail en plus : il a fallu trouver des gens pour mettre le livre en page et en dessiner la couverture (tâches respectivement assurées avec brio par LeBon Deun - qui bossait déjà avec moi sur Zone 52 -, et SLO), suivre la fabrication, décider de la politique tarifaire, gérer les canaux de distribution ainsi que le stock, assurer la promotion etc. Mais cela est également plus galvanisant et intéressant : ça m'a permis d'être présent depuis l'idée de base jusqu'à la finalisation du projet, ce qui reste une expérience très enrichissante et une aventure complète.


Le livre reprend les interviews réalisées dans le cadre de l'émission. C'est un travail fastidieux ! As-tu été le seul à te taper toutes les retranscriptions, mise en forme, corrections etc. ? Y a-t-il des gens qui t'ont donné un coup de main dans tout cela ?

Ah oui, ça tu peux le dire : le travail sur ce livre a été énorme. De la première interview jusqu'à maintenant, il s'est écoulé deux ans et je n'ai dû prendre, mises bout à bout, que quelques semaines de pause pour me consacrer à d'autres projets. Mais j'ai heureusement reçu de l'aide et pas des moindres, concernant toute la phase de mise en forme. Je ne me suis, par exemple, pas occupé des transcriptions phonétiques des épisodes, qui ont été principalement réalisées par Michel Jovet (qui écrit avec moi dans Zone 52), et par une équipe de gens adorables et motivés que je vais m'empresser de citer : Stéphanie Ravoire, Anne Le Bras, Hell Pedro, Anthony Létévé et Geoffroy Lagrange. S'ils n'avaient pas été là, je serais encore en train de bosser sur le livre ! Ensuite, ma chère et tendre épouse, Emilie, qui travaille avec moi sur pratiquement tous mes projets, m'a sérieusement aidé à tout relire et à chasser les coquilles. Cette seule phase a duré pratiquement six mois et nécessité cinq à six relectures approfondies du manuscrit ! Et je peux même te dire que nous corrigions encore des mini détails la veille du départ du livre à l'imprimerie, haha.
Enfin, mon ami LeBon Deun a mis en forme les 340 pages du livre, ce qui a également représenté un travail de titan. Bref, comme tu le vois, c'est toute une équipe qui a œuvré sur ce bouquin et j'en suis très fier. C'est très motivant de mobiliser des gens autour d'un projet et de bosser tous ensemble pour aboutir à un résultat dont nous sommes tous fiers. Ceci a compensé la très longue phase d'adaptation, de réécriture et de montage des chapitres, pour laquelle je n'ai eu d'autre choix que de me les taper tout seul, et qui a représenté près d'un an de travail.




Je vais te demander de faire un petit travail de commercial sur cette question : quel est l'intérêt du livre pour un fidèle auditeur de toutes tes émissions ?

Je pense que les émissions Metal Bunker et le livre diffèrent dans leur utilisation, par le fait que ce sont deux médias totalement différents. Avec les podcasts, tu passais un bon moment (enfin, je l'espère), tu te laissais entrainer par la discussion, tu écoutais un peu de musique, tu notais deux ou trois idées de disques à acheter et voilà. Je ne pense pas que tu revenais dessus ou que tu te réécoutais l'épisode en boucle.
Concernant le bouquin, il est pour moi un condensé des 16 mois qu'a duré le podcast. C'est un objet que tu peux consulter à l'occasion, que tu peux ouvrir à n'importe quelle page pour en lire ou en relire quelques lignes, choper une idée d'album à écouter, puis le laisser sur une étagère pour le reprendre une semaine ou un mois plus tard, etc. Mais tu peux tout aussi bien le dévorer d'une traite, ou le laisser dans ton sac pour le consulter pendant que tu es dans la salle d'attente de ton dentiste, par exemple.
En fait, tu as sous la main un compagnon de route, une anthologie complète de 90 disques jugés essentiels par 30 mecs et filles issus de la scène que tu aimes. Il a été pensé pour qu'il t'accompagne sur la durée, voire que tu sois en mesure de le léguer à tes enfants, haha. De plus, le format des interviews y diffère de celui des émissions. J'ai énormément réorganisé, coupé, remonté les conversations pour centrer l'ouvrage sur les disques choisis par les invités et ne garder que la substance des discussions. J'y ai également ajouté une chronique et une fiche détaillée pour chaque disque.
Bref, au bout du compte, ce n'est plus du tout le même objet. Je pense que ce livre est la finalité du podcast et permet en 340 pages de ne garder que le meilleur de l'émission.


Le livre est prêt à sortir, As-tu des objectifs en termes de chiffres de vente, ou encore des envies de retour de la part des medias ou du milieu métal ?

Eh bien évidemment, comme tout auteur, j'espère qu'un maximum de lecteurs seront intéressés par mon livre et se rueront sur www.zone52.fr pour le commander ! Pour être tout à fait sincère, j'ai écrit le livre que j'avais envie de lire et de voir figurer dans ma bibliothèque.
D'ailleurs, j'ai découvert grâce à lui un bon paquet de disques à côté desquels j'étais passé, et j'ai aussi rencontré des fondus de musique vraiment adorables - je parle là des 30 intervenants - dont la passion est très communicative. C'était vraiment fun de discuter à bâtons rompus avec des gens dont j'apprécie le boulot artistique par ailleurs.
Ce dernier point est super important : ce livre se veut être un échange, dans lequel le lecteur devient un peu acteur. C'est une porte d'entrée, un ticket vers de belles découvertes et de sympathiques rencontres. Je pense qu'il peut intéresser pas mal de monde et donc oui, j'espère que le lectorat répondra présent.
Après, il faut également être conscient que nos moyens sont limités en termes de communication et que le bouche à oreille va donc être super important. Et cela ne dépend pas de nous (clin d'œil à toi, ami acteur/lecteur).
De manière plus prosaïque, et au-delà du facteur affectif qui te pousse à avoir envie que la planète entière lise ton bouquin, et pour prendre la casquette d'éditeur, j'espère que nous rentrerons dans nos frais et que le travail et le temps passés sur cet ouvrage seront un minimum rentabilisés. Le but du jeu n'est pas de nous en mettre plein les poches (et cela n'arrivera de toutes façons jamais, haha), mais surtout de pouvoir continuer à proposer des projets de qualité (enfin, nous essayons au maximum).
Car de ce côté là, j'ai encore deux ou trois cartouches dans ma besace !



Passons maintenant au contenu du livre qui comporte au total 90 disques. On va essayer de ne pas vendre la mèche sur le contenu, je te demanderai donc de ne parler que de ce qui n'est pas dans le livre dans un premier lieu ! Quels sont les grands albums absents à ta surprise de cette sélection de 90 disques ?

Tu vas halluciner : aucun disque de Black Sabbath n’a été sélectionné par les invités du Metal Bunker !
Très honnêtement, je pensais que le groupe allait être sur-représenté et au bout du compte, nous ne l’avons que rarement évoqué. La raison ? Eh bien, d'après moi, la troupe de Tommy Iommi a touché bien plus de monde dans les pays anglo-saxons que dans la nation de Johnny Hallyday. Ce band est considéré comme la graine du heavy metal mais il n’est clairement pas celui qui a mobilisé les acteurs de la scène chez nous, du moins c’est ce qui ressort de mon petit panel d’activistes qui ont la parole dans le bouquin.
Autre grand absent : Led Zeppelin. Peut-être est-ce également dû au fait que ces formations appartiennent à la première génération de musiciens qui ont pris les armes en matière de hard / heavy et qu’on ne retrouve pas beaucoup cette génération dans mes pages (mes excuses à ADX et autres Killers de la vieille école).
Morbid Angel n’apparaît pas non plus dans le livre, à mon grand regret. Concernant ce groupe essentiel, cela provient du fait que l’interview de l’invité qui avait choisi Blessed Are The Sick n’a pas pu se faire pour des raisons de planning (j’en reparlerai plus loin).
Voilà, sinon, je pense que tout le monde trouvera qu’il manque tel ou tel groupe mais sur 90 disques, il était clair que certains allaient être mis sur le banc de touche. C’est le jeu et je trouve même cela intéressant : cela justifie le fait que Metal Bunker n’a pas vocation à être « la discothèque idéale » mais un reflet des disques, pas forcément de metal ou même de rock, qui inspirent les acteurs de la scène, ce qui est tout à fait différent.


Y a-t-il des choix de disques qui t'ont dérouté ou surpris ? A l'inverse, y a-t-il des choix dont tu te doutais déjà avant les interviews ?

Eh bien que je m'attendais à voir figurer un Iron Maiden, un Death et un Metallica dans le livre, et ça n’a pas loupé. Je dois même dire que ce sont les trois groupes qui ont été les plus demandés, laissant pas mal d'invités quelque peu frustrés que d’autres les aient choisis avant eux, haha (je rappelle que les invités avaient pour consigne de ne pas choisir un groupe déjà traité auparavant dans le podcast).
Après, oui, il y a eu certains choix très surprenants, à commencer par un album de David Hykes, choisi par Antony de Headcharger, et qui est une sorte de disque mystique et méditatif bien barré. Ou Harun de Trepalium qui m’a balancé une compilation de Chris Isaak (qui est par ailleurs un artiste que j’aime beaucoup).
En fait, c'était, de manière générale, très amusant de recevoir la liste des disques de chaque invité. Chaque intervenant a amené son lot de surprises et découvertes et le moment où je recevais l'e-mail de chacun comprenant sa liste était à chaque fois un moment que j'attendais avec impatience.


Certains intervenants ont choisi et proposé des disques qui n'ont rien à voir avec leur style musical. Comment as-tu géré ces passages au cœur des interviews ?

Les deux exemples que je viens de citer sont frappants. Après, je n’ai rien eu à gérer de manière particulière. Tout s’est fait naturellement et j’étais même bien content que l’on s’éloigne par moments du metal et de choix de disques qui auraient semblé trop évidents. Déjà, parce que cela me permettait dans certains cas de découvrir de nouvelles choses, ce qui n’est jamais désagréable - au contraire -, et après, parce que cela permettait de mieux cerner la personne avec laquelle j'enregistrais l’émission. Je veux dire par là que c’est un individu que j’invitais, pas un groupe dans lequel transparaît la somme de plusieurs influences et orientations artistiques. Du coup, je pense (j’espère) qu’on ressortait du podcast, et par extension du livre, avec une vision plus précise de l’invité, ou tout du moins de ses goûts. Bon, en même temps, je t'avoue que fatalement, j'avais un peu plus de travail de préparation à effectuer quand il s'agissait de parler d'un disque de John Coltrane que d'un album d'Emperor, haha.


Je ne vais pas te poser la difficile question de ton évaluation de la qualité des intervenants, mais as-tu dû ramer quelquefois face à des gens peu bavards ?

Evidemment, sur 30 personnes, tu auras toujours des personnes plus loquaces ou plus à l’aise que d’autres, et certaines qui auront un peu plus de mal à trouver leurs marques devant leur ordinateur en liaison Skype. Qui plus est, c’est évident également que le dialogue était plus aisé avec les gens que je côtoie de temps en temps ou avec lesquels j’ai déjà eu l’occasion de passer une ou plusieurs soirées, plutôt qu’avec ceux que je n’avais jamais rencontrés avant de les avoir au bout du fil. Donc oui, quelques-uns ont eu un peu de mal à démarrer mais cela vient autant d’eux que de moi. Et au bout du compte, à une ou deux exceptions près où j’aurais aimé développer un peu plus les albums proposés, je suis vraiment satisfait de la consistance des entretiens.
Il faut dire aussi que j’ai essayé, dans la mesure du possible, et quand les gens étaient disponibles, de passer pas mal de temps à communiquer avec chacun d’eux, au moins par e-mail, en amont des enregistrements. Je faisais cela dans l’optique de justement créer un début de complicité et de pouvoir enregistrer l’émission de manière fluide et décontractée. C’est comme ça, d’ailleurs, que je me suis retrouvé à rester plus de 3h30 avec quelqu’un sur Skype pour au final n’enregistrer que l’heure et demie de podcast prévue (oui, je parle de toi, là, haha). Quand ce genre de chose arrivait - très souvent, en fait -, c’était vraiment bien parce que nous arrivions à dépasser le stade de l’interview syndicale de base, chose que je voulais à tout prix éviter.



Quels sont tes meilleures anecdotes et meilleurs moments passés à faire ces entretiens ?

Je ne veux pas donner l’impression de faire de la langue de bois ou d’enjoliver les choses mais très honnêtement, je n’ai pas le souvenir d’une seule émission qui m’ait saoûlé ou que j’aie faite à reculons. Evidemment, sur 30 épisodes, il y a des jours (enfin des nuits, parce que nous enregistrions le soir) où tu te sens plus en forme que d’autres mais de manière générale, chaque enregistrement a été au choix une rencontre sympathique, ou une bonne soirée avec un pote à parler de musique, ce qui doit être finalement la chose que je préfère faire quand je ne suis pas en train de mater le dernier Zack Snyder ou de lire un roman de la collection Trash.
Après, oui, j’ai quelques souvenirs assez drôles. L’interview de Fabrice Loez, de Supuration et SUP, par exemple, a été rocambolesque. Nous nous sommes appelés vers 21h00 au téléphone, mais sa connexion Skype ne marchait pas bien. Du coup, nous avons parlé de tout et de rien pendant qu’il gérait son ordinateur, et comme nous parlions beaucoup, nous buvions quelques verres de bière, chacun chez nous, de manière à ne pas nous déshydrater (c’est très important). Lorsque son problème de Skype a enfin été réglé, soit près de deux heures plus tard, il était grandement l’heure pour moi d’aller me coucher. Mais nous avons quand même enregistré et avons franchement déliré d’un bout à l’autre. Comme ce mec a un humour qui me fait mourir de rire, ça a été balèze de ne pas faire basculer l’émission dans un joke non stop. Ça reste un souvenir bien cool à l'arrivée - et une émission que j'ai pris plaisir à réécouter et à réécrire, même si je n'ai pas retenté ce genre d'expérience par la suite, haha.
Il y a eu aussi les galères techniques, liées à Skype (toujours lui) et à son traitement bien particulier du son : vous avez été nombreux à me le rappeler régulièrement. C'est vrai que le son était quelquefois assez moyen, mais croyez bien que j'ai toujours fait au mieux avec les éléments techniques dont je disposais. Le soir de l’interview d’Alex d’Agressor, par exemple, tout était calé, nous étions chauds et prêts à nous lancer, quand tout a planté, nous obligeant à remettre l’émission à plus tard. Et ça, c’est super relou, surtout quand tu ne connais que moyennement le gars, que ça fait une heure et demie et que tu l’as au bout du fil, qu’il est par conséquent 22h30 et que vous avez lui et toi foutu votre soirée en l’air pour rien. Heureusement que tout le monde a vraiment été de bonne composition et compréhensif face à ces merdouilles techniques.


Il y a une interview qui a fait parler de par les choix de l’interviewé, c'est celle de Gerald du label des Acteurs de L'Ombre, qui a choisi 3 de ses productions. Ses choix ont été assimilés comme de la pure promotion. Quelle est ton opinion à ce sujet ?

Oui, j'ai lu les commentaires de certaines personnes échaudées par le fait que Gérald ait choisi trois disques sortis sur son label, mais je n'ai pas eu la même lecture de l'émission qu'eux. Premièrement, nous en avions discuté avec l'intéressé et c'est moi qui lui ai donné le feu vert et validé ses albums.
Deuxièmement, cet épisode était le sien, et il convenait donc de respecter son choix.
Enfin, j'ai trouvé ça assez touchant et intéressant qu'un label manager soit à ce point fan des groupes qu'il produit au point de les emmener avec lui dans un bunker en cas de fin du monde. En fait, Gérald est même le mec avec lequel tous les groupes ne peuvent que rêver de travailler. Il est à ce point investi dans son travail qu'il ne prend même plus le temps d'écouter d'autres disques que ceux qu'il promeut. C'est un vrai passionné et un fan de ses groupes avant tout. Et cela m'inspire le respect. Il n'y avait aucune malice dans son choix ni la volonté de profiter de l'émission pour assurer sa promo.
Qui plus est, si vous avez bien écouté le podcast (ou bien si vous lisez attentivement ce chapitre du livre), nous n'avons au bout du compte parlé presque que de son rôle de label manager et de la façon dont il s'y prenait pour accomplir au mieux la tâche qui est la sienne. Cette discussion a été passionnante et a permis d'apporter un angle différent au reste des chapitres du livre. J'en suis très satisfait.


Le livre regroupe 30 acteurs de la scène metal française. Quels sont les grands absents que tu aurais voulu avoir dans le bouquin et que tu n'as pas réussi à avoir ?

Mon plus grand regret est de ne pas avoir été en mesure d'enregistrer l'émission qui était prévue avec Stéphane Buriez. Tout était calé, Stef m'avait fait parvenir sa liste des trois disques qu'il avait choisis (dont un Morbid Angel, ce qui explique que ce groupe ait été bloqué pendant quelques mois, empêchant d'autres invités de la choisir malgré leur demande), mais nos plannings respectifs ne nous ont pas permis d'aller au bout de ce projet. Après plusieurs annulations et autres reports, je suis arrivé en bout de saison et il était donc trop tard pour valider cet épisode. C'est vraiment dommage parce que nous étions motivés tous les deux et cela m'aurait fait plaisir de le compter dans mes pages.
Quoi qu'il en soit, nous nous sommes rattrapés depuis car je travaille, en collaboration avec Nasty Samy, sur un nouvel ouvrage qui concerne la scène thrash death française. Pour ce livre, nous avons effectué une interview fleuve de Stéphane, dans le cadre de ses activités avec Loudblast, et cette discussion ultra passionnante représentera une bonne partie du futur bouquin. Du coup, j'ai quand même l'impression d'avoir bouclé la boucle.


A ce sujet, un Metal Bunker Tome 2 est-il envisageable ou préfères-tu avancer vers d'autres projets ?

Non, il n'y aura pas de Metal Bunker tome 2. Je pense que je suis allé au bout de ce projet et il est temps pour moi d'aller vers autre chose.
Comme je te le disais, je travaille avec Sam depuis un an sur ce projet de livre sur la scène thrash death, et je prépare également le numéro 2 du fanzine collectif Zone 52. Tout ceci a de quoi m'occuper pendant quelques mois encore (le Zone 52 est prévu pour le mois de mai et le livre pour fin 2015 / début 2016).
Quand tout sera plié, et outre le numéro 3 du zine que je devrai gérer, j'aimerais enregistrer le sixième album de mon groupe, The Black Noodle Project, et surtout me lancer dans mon premier roman. J'ai beaucoup d'idées en tête et ce projet me tient à cœur depuis des années sans que j'aie eu le loisir ni le temps de m'y pencher sérieusement jusqu'à maintenant.
En revanche, il est également vrai que j'avais parlé pendant un temps de décliner le concept de Metal Bunker en écrivant un ouvrage non pas consacré aux 3 disques mais aux 3 films que prendraient une série d'invités avec eux en cas de fin du monde (le ciné est une autre de mes grandes passions). Ce projet est super excitant mais pour le réaliser, il faudrait que les Maîtres du Temps allongent la durée des journées à 127 heures, ce qui n'est pas gagné. Mais bon, qui vivra verra.


L'émission de radio a eu un succès grandissant, a-t-elle changé quelque chose dans ta vie d'activiste et à ta notoriété au sein de la scène ?

Oui, c'est vrai que l'émission a marché de mieux en mieux au fur et à mesure des épisodes (10 000 écoutes au total en fin de parcours, soit environ 10 fois plus que je ne l'espérais !), et je dois en partie ce succès à Vs Webzine et à tes lecteurs, que je remercie au passage pour leur fidélité et leur enthousiasme.
Après, je ne crois pas posséder une quelconque "notoriété" au sein de la scène metal, haha. Il est sûr qu'au regard de mes nombreuses activités, dont ce projet de podcast / livre Metal Bunker, je suis amené à croiser pas mal de monde et à être en contact avec un nombre grandissant de personnes, dont beaucoup dans le milieu metal. Mais il s'agit plus d'un cercle de potes intéressés par mon travail, et qui s'élargit au fur et à mesure du temps, que d'une réelle notoriété.


Je t'invite à partager avec nous tes 3 disques coup de cœur actuels !

J'ai eu un énorme coup de cœur pour le dernier Primordial : Where Greater Men Have Fallen. Je suis déjà, à la base, fan de ce groupe, mais je trouve qu'ils ont réussi à proposer, sur ce dernier album, une musique encore plus aboutie et personnelle que sur leurs précédents. C'est un véritable tour de force et un disque qui tourne en continu chez moi depuis quelques semaines. J'ai super hâte de les revoir en live.
J'ai bien aimé également le dernier Obituary, mais pas tant sur disque qu'en m'étant pris les nouveaux morceaux sur le coin de la tronche lors de leur dernier passage à Paris. Ultra efficaces, catchy, bien composés, ces nouveaux titres confirment que ce groupe fait partie des plus grandes formations de death metal de tous les temps. Et vu que les gars ont l'air d'être des mecs vraiment cool sous tous rapports, c'est un groupe que je rêverais d'interview ou de rencontrer.
Enfin, je suis super fan de la dernière BO que Hans Zimmer a composé pour Interstellar. Je sais que le gars ne fait pas l'unanimité (j'ai de grandes discussions à ce sujet avec des potes béophiles), mais il se dégage de ce disque une ambiance mélancolique d'une extrême puissance. C'est le compagnon idéal des trajets nocturnes en voiture ou des longues soirées de travail.


Un dernier mot pour le lectorat de VS !

Je voudrais sincèrement vous remercier pour le soutien que vous apportez à Metal Bunker. Vous avez été très nombreux à écouter l'émission et au vu des commandes, vous êtes tout aussi nombreux à vous procurer le livre. Ça fait chaud au cœur et cela me motive encore plus à me plier en 666 pour vous proposer un travail de qualité.
Merci à toi également, Greg. Ça a été un plaisir de bosser sur ton épisode et de discuter avec toi, et ton soutien, par le biais de ton webzine, me touche sincèrement.
Live long and prosper !
Auteur
Commentaire
kikithehead
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 15h36 - (1527)
J'avais adoré Traces Ecrites et j'ai écouté quelques épisodes de Metal Bunker, je crois que je vais faire chauffer les CB pour ce livre. Par contre ça aurait pu être une bonne idée de fournir également l'intégralité des podcasts avec le livre sur un support physique (clé USB par exemple).

J'attends également le Livre Trash Death Français :)

Jérémie
IP:88.120.165.14
Invité
Posté le: 27/02/2015 à 15h40 - (1528)
Hello. Tous les podcasts sont téléchargeables avec une adresse et un code fournis avec le livre ;)

kikithehead
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 18h47 - (1529)
Ha chouette :)

Ma remarque sur le support physique est liée à mon côté collectionneur ;) Enfin, le livre est déjà un beau support :) En tout cas bravo pour le code / téléchargement, ça me permettra d'écouter les émissions que j'avais raté.

Et encore merci pour le livre sur SUP / Supuration dans lequel je me suis replongé plusieurs fois et qui m'a fait entrer plus loin dans l'univers du groupe. D'ailleurs le webshop du groupe, ebay (et oui...) et quelques VPCistes on bénéficié de ces lectures ;)

pj666
Membre enregistré
Posté le: 27/02/2015 à 22h51 - (1530)
Il me tarde de l'avoir avec le t-shirt !



Humungus
Membre enregistré
Posté le: 28/02/2015 à 04h31 - (1531)
Ben moi, je me suis bouffé l’intégrale de ces émissions et, j’avoue, j’attendais à chaque fois le prochain podcast avec fébrilité : Allais-je être en accord avec les choix des invités ?!?!
Car il faut bien le dire ici, y’a vraiment des trucs qui sont pas passés du tout de mon point de vu. Pis faire l’impasse comme dit un peu plus haut sur certains (ne serait-ce que BLACK SABBATH putain !), j’estime que c’est une véritable honte. Mais bon, tout goût est subjectif et même si je poussais bien souvent des hurlements de désapprobation dans ma voiture quand j’écoutais la chose, il faut tout de même féliciter Jérémie pour la liberté totale laissée aux différents protagonistes.
Deux autres choses qui me faisaient mal au fion en écoutant les interviews :
Et d’une, comme déjà exprimé par le créateur, le son de merde sur certains épisodes. A la limite de l’inaudible quelquefois. Alors j’ai bien compris que c’était très loin d’être voulu hein, mais cela n’en restait pas moins excessivement pénible quand pendant plus d’une heure tu n’entendais que les questions sans pouvoir en déchiffrer les réponses.
Et de deux, un Jérémie Grima gentil. Très gentil. Mais alors vraiment trop gentil ! A la limite du suce-boules. Dans mon souvenir, il n’a jamais contredit ou ne serait-ce que émit un avis différent de celui de l’interviewé. Je pense très sincèrement que cela fait partie du caractère du personnage mais du coup, pour moi, cela enlevait énormément de piquant aux émissions.
Bon, voilà, j’en ai fini avec mes critiques négatives.
Tout ça pour dire que c’était une putain de riche idée. Je n’ai malheureusement découvert aucun nouveau groupe de Metal transcendant durant ces 30 causeries, mais cela faisait foutrement du bien ma foi de s’écouter tout ce bazar régulièrement. Et je n’ose imaginer le boulot que cela a été non seulement de réaliser les entretiens mais encore plus de les retranscrire.
Donc, cher monsieur Grima, en un mot comme en cent : BRAVO !

PS : Ah ! J’allais oublier : Quelle couverture mes aïeux !!!
Une tuerie visuelle ce truc.
Soufflé je suis.

Re-PS : @kikithehead : THRASH putain ! Et non trash... La base ma poule quoi...

kikithehead
Membre enregistré
Posté le: 28/02/2015 à 09h40 - (1532)
Oh merde, moi que ça horripile cette faute, je vais de ce pas me flageller !

Humungus
Membre enregistré
Posté le: 28/02/2015 à 12h19 - (1533)
@kikithehead : Et t'en qu'à faire, tu me feras trois Pater et quatre Avé.
Mais bon... Tu es déjà a moitié pardonné mon brave : Un mec qui aime la Chimay n'étant jamais foncièrement mauvais.

kikithehead
Membre enregistré
Posté le: 28/02/2015 à 15h39 - (1534)
Tiens, un connaisseur :)

Pas de patère, ni de navet ! Avec les flageolets, ça a été saucisse.

OK je ->[ ]

djabtrash
Membre enregistré
Posté le: 01/03/2015 à 22h27 - (1536)
Podcast génial.

nocturnus1977
Membre enregistré
Posté le: 02/03/2015 à 12h50 - (1537)
chapeau bas



Bertrand / DL
IP:37.160.4.146
Invité
Posté le: 02/03/2015 à 18h20 - (1539)
Saine lecture, foncez ;-)
Up the Jeremirons !!

Umbrifer
Membre enregistré
Posté le: 09/03/2015 à 15h54 - (1564)
Aw yeah.



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