Gérald (label manager) - LABEL LES ACTEURS DE L'OMBRE par SKAY - 7661 lectures
Les Acteurs de l'Ombre Productions est le label underground qui monte. Sans écouter les modes, Gérald et son équipe agit avec passion pour le metal extrême sous toutes ses formes. Présentation de la face label de l'association organisatrice de concert parisienne.


Salut Gérald, tu t’occupais de l’organisation de concert avec ton association Les Acteurs de l’Ombre sur Paris. Qu’est-ce qui t’a pris de te lancer dans l’aventure d’un label. Surtout que je crois qu’au début tu gérais les 2 à la fois (organisation + label) ? Quel est ton rapport maintenant avec la structure d’organisation de concert ?
En 2009, suite à une nouvelle mutation professionnelle et mon retour dans le Sud, nous décidions de laisser la présidence de l'association à Marie, et d'en profiter pour développer une nouvelle activité des Acteurs De L'Ombre : le label. Un rêve que je gardais depuis de nombreuses années dans un coin de ma tête. Le label produit des artistes majoritairement Français versant dans un métal extrême teinté black parfois avant-garde ou ambiant.
Lorsque j'ai monté le label, Marie (Présidente) et Rémi (Trésorier) avaient déjà pris mon relai sur les concerts depuis 1 an. Aujourd'hui, je participe juste à la proposition de groupes pour nos festivals Black Metal Is Rising (RIP) et Cernunnos.



Peux-tu nous faire un bref historique et une présentation du label ainsi que des personnes qui bossent avec toi ?
Jusqu'à il y 2 ans, je gérais le label seul ou presque, puis 2 ou 3 potes ont bien tenté de me filer la main, mais ils ont vite été repris par leur vie quotidienne. Cela demande beaucoup d'investissement, et même si on a la satisfaction personnelle de se sentir utile, ca reste beaucoup de sacrifices pour pouvoir suivre le train. Lorsqu'une personne n'est pas à l'origine d'un projet, on ne peut pas s'attendre à ce qu'elle s'investisse autant que vous. Mais ça, c'était avant que je rencontre Jo qui m'a accompagné entre 2011 et 2012 en assurant la promo, avec l'aide de Ronnie. Et depuis 2013, Romain m'a rejoint et très largement déchargé. Il s'investit autant que moi dans le label, et je suis content d'avoir enfin trouvé un grand compagnon d'infortune. Il a pris en charge toute la partie artistique (relation technique et graphique avec les artistes, les presseurs, les visuels divers et les sites internet. Il va ainsi remplacer Rémi qui s'occupe encore du site originel du label. Romain est un vrai plus pour le label, un nouveau souffle en fait. Nous travaillons actuellement sur les prochaines sorties et nous y prenons beaucoup de plaisir. Je n'oublie bien sur pas Karen (Sueur de Metal, Katharsis - émission radio sur Jet FM) qui a intégré le label à cette même époque et s'occupe de différentes taches qui tournent autour de la promo, Rémi pour le support technique ainsi que quelques potes qui nous aident occasionnellement comme lorsque nous préparons les paquets promotionnels. Pour la première fois, nous allons faire appel à 2 stagiaires, Luc et Nanax, pour s'occuper de la promo des sorties 2014, mais il se pourrait qu'ils s'impliquent dans le label par la suite.


Comment se passe la sélection des groupes avec qui tu travailles ? J’ai l’impression que tu choisis tes groupes pour la musique, mais pas seulement, comment en viens-tu à signer un groupe ?
Le label est aussi un plaisir assez égoïste. Pouvoir matérialiser la musique de groupe qu'on apprécie, c'est assez tripant, faut l'avouer. Bien évidemment, à côté de ça, rien ne remplacera le plaisir de collaborer avec un groupe, de voir le projet évoluer pour éclore enfin après plusieurs mois de boulot. De plus, la relation avec chaque groupe restent pour moi essentielle. Je ne pourrais envisager aujourd'hui de bosser avec un groupe qui ne partage pas à 300% notre vision de la musique et avec lequel nous ne sommes pas en osmose. Nous avançons dans la même direction, vers le même objectif, avec passion, sincérité et confiance mutuelle.
Musicalement, il faut qu'il y ait un vrai coup de cœur. Nous sortons seulement 2 à 3 productions par an, étant donné notre investissement personnel, il faut que nous en soyons fan. Je dis nous car les choses ont changé, aujourd'hui Romain a autant de pouvoir de décision que moi dans le label. Ces dernières années, il m'a fallut seulement quelques secondes pour tomber sous le charme de quelques unes de nos sorties. Par exemple, j'ai proposé à REGARDE LES HOMMES TOMBER de bosser ensemble immédiatement après leur premier concert, sans chant, et seulement avec 3 titres. J'ai pris une énorme claque, ca m'a suffit. J'ai eu la chance que les gars soient extra également.
Il est aussi primordial que le groupe sache ce qu'il veut, que leur démarche artistique soient cohérente dans sa globalité, qu'il se bouge de leur côté et enfin, je me rends finalement compte qu'un groupe qui joue live est un vrai avantage.


A quoi ressemble un contrat entre un artiste et ton label ? Quels sont les devoirs de chacun ? Est-ce que tu leur impose quelque chose au niveau enregistrement, écriture, design d’album ou de merch ?
Pas de contrat écrit chez nous, mais seulement un contrat moral. Nous ne demandons même pas aux groupes de s'engager pour plusieurs albums. Nous estimons que même si le groupe est content de notre collaboration, il a le droit de tenter sa chance sur un plus gros label susceptible de mieux les exposer que nous. Ca a d'ailleurs été le cas pour CULT OF ERINYES qui a sorti en fin d'année 2013 son deuxième album chez Code666. L'objectif du label a toujours été de faire découvrir des groupes, il est avant tout un outil de promotion. Bien sûr, ce n'est pas évident de voir un de ses poulains voguer vers de nouvelles horizons, mais on se dit qu'on n'a pas taffé pour rien.

A quoi ressemble notre contrat moral ? Il est différent suivant les groupes, et fonction de sa notoriété. En gros, la plupart du temps, sur un premier album, le groupe finance son enregistrement, son mastering et ses travaux graphiques. Nous nous chargeons du pressage, de la distribution physique et digitale, d'une promotion payante budgétisée et promettons de bosser sur les groupes comme si c'était les nôtres. Le groupe reçoit en outre un pourcentage du nombre de supports cd et lp fabriqués. Pour chaque album suivant, le deal évolue à l'avantage du groupe, et nous investissons de plus en plus.

Artistiquement parlant, le groupe est libre dans sa musique même s'ils nous demandent notre avis sur les pré-productions. Il en est de même pour le graphisme en général (site, t shirt, cd…), à moins qu'un truc nous rebute réellement. Certaines fois, nous gérons cette partie à la demande du groupe.

Tous les supports musicaux sont imaginés et définis en collaboration des deux parties.

En ce qui concerne le merch ou tout autre stuff/merchandising, dès que le label ou le groupe à pour projet de fabriquer des exemplaires, il en fait part à l'autre et chacun investit ce qu'il désire dans un tirage commun.

Nous essayons également de trouver quelques dates de concerts aux groupes ou même un booker. Nous ne promettons jamais rien, et apprécions de proposer des surprises.


Concrètement, à quoi ressemble une journée type d’un label manager ?
Et bien figure toi que depuis que je suis entouré pour mener ce projet, ma vie commence enfin à ressembler à quelque chose, ou plutôt, disons que mes priorités ont été redéfini. Comme tu t'en doutes, nous avons tous un taff, une famille, nous ne pouvons donc travailler sur le label que les soirs et weekends. Lorsque j'étais seul, je devais bosser 5 à 6 heures quotidiennement en plus de ma journée de travail. Les nuits étaient courtes et le moral pas toujours au beau fixe. Maintenant elles sont courtes car je suis papa, mais c'est un autre plaisir. Trouver de l'aide était indispensable pour la survie du label, je l'aurais tout simplement arrêté cette année si cela n'avait pas été le cas.
Je te passe tous les détails des divers taches d'un label, surtout qu'a notre niveau et vu le peu de sorties que nous faisons, nous sommes plutôt organisés sur l'année avec différentes taches par période et un GROS coup de bourre 3 mois avant et après la sortie.


Forcément, en tant que label, ton but est de promouvoir les artistes, pour les faire connaitre et qu’ils vendent des albums et du merch. Est-ce que tu te fixes une limite dans la promotion et la diffusion de tes artistes, ou au contraire, tout ce qui peut être fait sera fait pour qu’ils vendent plus ? Qu’apportez-vous de plus que les autres labels ?
J'aimerai pouvoir ne pas avoir à fixer de limite, mais nous sommes une toute petite structure, et nous sommes forcément limités financièrement. Mais nous tenons à faire au mieux de nos possibilités et nous battons comme s'il s'agissait de nos propres groupes. Ils ne sont pas un numéro parmi des 10ene d'autres pendant quelques mois. Avec seulement 2 ou 3 sorties par an, ils sont notre priorité toute l'année, même plus, et dès que nous avons vent d'une opportunité quelconque, nous essayons de leur en faire profiter.

Il est clair que nous ne pouvons pas proposer une couverture médiatique telle que cela permettrait à un de nos groupes de décoller et connaître la notoriété. C'est pour cela que nous ne pouvons pas en vouloir à un groupe qui ne ferait qu'un album chez LADLO. Ceux qui choisissent de rester avec nous le font avant tout pour garder un rapport humain et de proximité avec leur label, une collaboration proche où l'intérêt de l'artiste reste la priorité, où leurs choix artistiques sont respectés et appuyés.


Quel est d’ailleurs ton artiste le plus profitable, ou tout du moins celui qui a le plus de succès ?
Pour te donner une idée, PENSEES NOCTURNES pour son deuxième album en 2010 avait deux fois plus vendu que REGARDE LES HOMMES TOMBER. Mais aujourd'hui et pour l'instant, PENSEES NOCTURNES, REGARDE LES HOMMES TOMBER et THE GREAT OLD ONES sont sensiblement équivalents.



Aujourd’hui, les sorties de tes artistes se font principalement en CD. Est-ce que tu as déjà envisagé de sortir d’autres support comme du vinyl, voire des K7 ? Est-ce que tu distribues sur les plateformes de téléchargement (iTunes, Amazon…), ou est-ce que tu prévois de proposer du téléchargement payant via ton site ?
Nous avons sorti en Avril 2013 notre premier Lp, celui de REGARDE LES HOMMES TOMBER, déjà épuisé, et que nous rééditons en ce début d'année avec un artwork remanié.
Nous ferons certainement de la K7 un jour car s'est un support qui a bercé toute mon adolescence et qui me tient particulièrement à cœur. Puisque tout est réinvesti dans le label, et que nos artistes commencent à faire parler d'eux, nous pouvons nous permettre aujourd'hui de faire évoluer la ligne artistique du label. Nous nous orientons vers des sorties plus qualitatives en terme de support avec des DIGIPACKs par exemple. Nous venons d'ailleurs de rééditer les premiers albums de REGARDE LES HOMMES TOMBER et THE GREAT OLD ONES en digipacks. Nos 2 prochaines sorties seront également éditées en LP, et nous bossons sur une box limitée à 300 copies.

Concernant la distribution, nous sommes distribués par Zimbalam pour le réseau digital, Season Of Mist (France) et Plastichead (reste du monde) pour les produits physiques. Nous proposons également à la vente les albums en format Mp3s + artwork complet sur notre bandcamp (les groupes peuvent en faire autant de leur côté).


Au-delà du téléchargement légal, quelle est ta position sur le téléchargement pirate ? Est-ce que tu ne penses pas que dans le metal, c’est une façon de promouvoir la musique ? Est-ce que tu as senti un impact du piratage sur les ventes de tes sorties ?
Le marché du disque à complètement changé de physionomie. A l'inverse des années 80 où les groupes majeurs représentaient à eux seuls 80% de part de marché du disque, aujourd'hui ces 80% sont supportés par l'Underground avec énormément de cds pressés à de petites quantités. Des centaines de petits labels voient le jour et supportent cette scène de plus en plus fleurissante, et ce grâce à une facilité incroyable d'enregistrer par ses propres moyens.
Du coup, difficile de sortir de la masse dans ce flux ? de nouveautés. Et le téléchargement peut y contribuer si la musique est au dessus du lot. Plus un album sera partagé, téléchargé, diffusé, plus il a des chances de se vendre. A notre échelle en tous les cas, c'est une vraie opportunité de promotion. Pour chaque sortie, on espère un buzz, et ça passe par le téléchargement. D'ailleurs, aujourd'hui, beaucoup de groupes mettent à disposition leur album en streaming gratuit dès la sortie. Nos albums sont depuis 2 ans disponibles en streaming sur des médias le jour de la sortie.
Dans la masse de gens qui écouteront, on espère en toucher quelques-uns suffisamment pour qu'ils franchissent le pas du digital au physique. Il y a encore pas mal de métalleux qui essayent de soutenir les groupes et labels en faisant des achats physiques et même numériques.
Pour ma part, difficile de t'en dire beaucoup sur l'impact du téléchargement car à la création du label, le téléchargement était déjà à son apogée. J'ai plus l'impression que c'est la profusion de groupes qui a fait baisser les ventes de chacun. Un élément de réponse pourrait être de se poser la question de savoir comment le budget achat des aficionados a évolué au fil de ces années…


Comment se passe le travail de promotion ? Est-ce que c’est toi qui travaille directement avec les magazines, les webzines ? Quelle est ta recette magique pour que les médias parlent de tes sorties ?
La promotion est un gros morceau chez nous, aussi par ce que le label est pour moi, avant tout un outil de promotion. Une sortie n'est pas envisageable sans ça. Malgré notre budget limité, nous essayons de faire notre maximum. Pour mettre toutes les chances de notre coté et sortir de la masse, nous envoyons carrément les albums, et cette années, ce sera des digipacks.

Depuis des années, quotidiennement, je mets de coté des contacts de médias sur notre mailing list (radios, magazines, webzines, fanzines, blogs). La personne qui s'occupe de la promo fait un démarchage avec cette mailing list et nous n'envoyons nos cds physiques qu'aux médias intéressés et cela après confirmation de l'adresse postale. Nous ne pouvons y consacrer que 250 cds, aussi, nous essayons d'en perdre le moins possible dans la nature. Il est à noter qu'une centaine de médias supplémentaires travaillent sur la promo avec des Mp3s qu'on leur envoi. Ensuite, c'est la croix et la bannière pour récupérer les chroniques, playlist. Pour chaque bonne chronique, nous proposons au rédacteur notre artiste en interview. A coté de cela, nous faisons gagner 50 cds de chaque sortie à travers des concours en partenariat avec des médias. A cela, il faut encore rajouter les envois de newsletters aux médias et les échanges de mails qui en découlent.

Le démarchage et le suivi promo représentent des milliers d'échanges de mails, de relances (harcèlement ?), de discutions sur un deal, de mise au point,… C'est très chronophages et rébarbatifs, un vrai travail de fourmis, organisé et méticuleux. Nous n'avons forcément pas autant de facilité qu'un gros label à faire parler de nos artistes, cela nous demande beaucoup d'effort. Nous travaillons avec un tableur de suivi promo en ligne, ce qui permet à plusieurs personnes de bosser en simultané sur une même promo. Nous avons besoin de cela, car la personne promue au poste de promo a pas mal tournée, avec des chevauchements pour passer la main. C'est un poste très exigeant et on n'a pas toujours les moyens d'y consacrer assez de temps.

A notre niveau, il est très important d'essayer de faire parler de nos artistes du mieux que nous pouvons. Ils sont émergeants, aussi, plus les gens en entendront parler, verrons une chronique, une pub, une date de concert, plus auront l'envie d'y jeter une oreille pour découvrir, peut être aimer, et nous soutenir en achetant. Aussi, la qualité de la promotion implique directement nos ventes. Elle est pensé dans sa globalité, nous sommes bien conscient qu'une pub dans tel ou tel magazine ne sera jamais rentabilisé par les ventes directes quelle rapporte, mais c'est le « matraquage » qui permet que le nom interpelle. Cela apporte également de la crédibilité aux yeux des distributeurs.

Nous avons aussi un budget pour les pubs, et ce n'est un secret pour personne, pour obtenir des chroniques et interviews dans certains magazines papier. Nous essayons de travailler de cette manière avec un ou deux magazines en France, Allemagne, Angleterre, USA, Suisse, Espagne et quelques autres dans les pays de l'Est. Cela peut varier suivant la nationalité ou le style du groupe. A coté de cela, nous travaillons régulièrement avec quelques magazines qui acceptent volontiers de chroniquer nos cds et interviewer nos artistes gratuitement. Jusqu'à présent, c'est moi qui m'occupais de la partie payante de la promo par souci de facilité, car avec les années, une relation de travail s'est installée avec ces magazines.

Mais il faut le reconnaître, d'une manière générale, sans argent nous avons de très grosses difficultés à faire parler de nous dans les magazines papier. La priorité est aux grosses machines, et c'est normal puisque ce sont en partie les labels qui font vivre les magazines. Pour te donner une idée, sur 110 magazines référencés dans notre base de données, nous bossons seulement avec une 30ene d'entre eux, dont 15 grâce à de l'argent ou des cds (cependant, nous envoyons spontanément une 50ene de paquets promo supplémentaires à d'autres magazines. Comme une bouteille à la mer, nous espérons qu'il tombera entre de bonnes mains… Nous n'avons jamais eu de retour sur ceux-ci)


Et les réseaux sociaux ? Comment les utilises-tu ? Lequel a ta préférence ? D’ailleurs, tu as également un véritable site internet, ce qui est finalement de plus en plus rare, est-ce que ce site est vraiment important ?
Effectivement, les réseaux sociaux, et notamment facebook, mais d'autres comme last Fm sont indispensables pour tenir au jus de manière facile et rapide les passionnés qui vous soutiennent.
Notre page facebook
Nous avons un compte twitter que Romain tente de faire vivre tant bien que mal. Je m'occupe de notre page facebook sur laquelle je poste les news concernant nos groupes et le label. J'ai essayé quelques pubs payantes sur facebook, mais je ne suis vraiment pas convaincu.

De plus, une page facebook de groupe est surement plus excitante à suivre que la page d'un label… Ce n'est pas évident de fidéliser les personnes, aussi nous ressentons plus le soutien des gens au travers de leurs commandes répétées, ou lorsque nous les rencontrons aux stands que nous tenons en festival. Ca fait vraiment plaisir de pouvoir échanger, voir leur enthousiasme, mettre un visage sur une personne.

Notre site est rudimentaire, mais j'estime qu'il contient toutes les infos importantes ou non, pour toutes sortes de personnes et à tout moment. Il est aussi un portail vers nos différents sites, notre forum sur lequel nous mettons à disposition l'intégralité des chroniques et interviews de nos artistes, notre bandcamp, bigcartel, chaine youtube, discogs et autre compte twitter. De plus, il y abrite notre shop. Romain planche actuellement sur un nouveau site avec un nouvel univers graphique basé sur le nouveau logo (qui sera dévoilé sur la réédition du LP de REGARDE LES HOMMES TOMBER).
Site officiel du label


LADLO prod c’est un label, mais également une distribution. Qu’est-ce que tu apportes de plus que les 150000 autres distros metal extrême ? Est-ce que c’est une façon de financer les futures sorties ?
Nous n'apportons surement pas grand-chose de plus en réalité. Pour preuve les soldes que nous pratiquons actuellement et depuis quelques semaines sur notre liste de distro disponible sur notre site. Nous avons autant de mal que les autres distro à vendre une certaine catégorie de cds (en fait une grande partie des cds). Si le groupe n'a pas bénéficié d'un minimum de promo ou d'un buzz quelconque, il est très difficile de les vendre. La plupart des gens n'en n'ont absolument jamais entendu parler, et comme ils ont déjà du mal à choisir parmi la multitude de cds moyens qui inondent le marché, ce n'est pas évident.

A l'inverse de nos débuts avec le premier album de PENSEES NOCTURNES, nous nous permettons aujourd'hui de faire une sélection des labels avec lesquels nous tradons, et surtout, les références échangés… Nous avons trop de bons cds qui nous restent sur les bras… Outre le fait que nous essayons de chopper les skeuds qui se vendent un minimum il faut aussi que la qualité soit effective. Souvent nous tradons aussi contre des coups de cœur. Nous écoutons tout ce que nous distribuons afin de garantir aux gens de ne pas être lésés.

C'est un fait, la distro permet au label de survivre. En diversifiant le choix, et en proposant des tarifs plus qu'honnête, nous présentons aux gens une opportunité supplémentaire de s'offrir un cd qu'il cherche depuis longtemps, ou dont on leur a parlé. D'autre part, comme notre liste de distro n'est pas disponible sur le net, tenir des stands nous a permis de vendre en quantité sur des laps de temps réduits et en concentrant nos efforts sur ces périodes. En général, nous tradons entre 250 et 350 cds de chaque sortie.

Le trade est une autre facette de la chronophagie d'un label. On ne s'imagine pas le temps que ça prend tant qu'on ne s'y est pas essayé. Ecouter, sélectionner, se mettre d'accord sur le deal, déboiter chaque cd et pochette pour envoyer à moindre frais, faire des paquets solides avec une méthodologie d'emballage en fonction du label, réceptionner les paquets, remboiter, tenir à jour les listes, préparer les stands, les inventaires… Je ne parle pas des relances lorsque le label avec lequel on a conclu un trade de donne plus signe de vie, lorsqu'un paquet se perd ou lorsqu'il y a une erreur d'un côté comme de l'autre… Sans oublier les heures passées à la poste… 2 ans de suite j'ai apporté les chocolats à la nouvelle année à mon guichetier de la poste, tu imagines la relation ?

Je m'égare mais oui, sans la distro, le label ne pourrait pas vraiment exister, en tout cas, pas avec les moyens que nous y consacrons. Aussi, lorsqu'on s'engage auprès d'un groupe pour l'année suivante, il est difficile de quantifier combien nous aurons réussit à rassembler un an plus tard. Comme nous ne faisons qu'une seule salve de sorties par an, nous n'avons pas de revenus réguliers… Cela dépend de ce que nous avons réussi a trader, de combien de stands nous aurons pu poser, si ils tournent, et si les sorties de l'année ont plu. C'est toujours un pari.


Vous venez de signer le groupe belge DEUIL, est-ce que tu peux m’en dire un peu plus ?
DEUIL est un groupe Belges dont nous sommes tombés sous le charme avec Romain. Il propose une musique sombre à mi chemin entre le Drone Rituel, le Sludge et le Black. Comme leur nom l'indique, leur concept tourne autour des différents stades du deuil, et propose une musique introspective, des chansons de qualité que nous voulions soutenir. Les illustrations sont l'œuvre de Pierre de Business For Satan.

Leur sortie aura été notre première expérience dans la co production. A l'avenir, nous allons certainement réitérer l'expérience car cela nous permet de faire bouger le label, histoire qu'il ne sombre pas dans l'oubli chaque année. De plus, cela nous permet d'investir un minimum car dans ces cas là, nous ne nous engageons pas pour de la promo payante. De plus, il s'agit de quelques dizaines de Lps et T Shirts à écouler, et nous avons espoir dans les personnes qui nous font confiance. L'avenir nous le dira… D'autant plus que nous avons d'ors et déjà co produit un autre LP.
Page Bandcamp de LADLO Prods


Quels sont les projets du label pour 2014, peut-être de nouvelles signatures ?
Nous espérons l'année 2014 riche en émotions. Alors que je m'étais résigné à stopper la distro par manque de temps, Romain et Luc se sont proposés pour continuer à la faire tourner. Cela nous donne l'opportunité de pouvoir reposer quelques stands cet été, histoire de mettre un peu de beurre dans les épinards et passer quelques bons moments. Nous allons aussi continuer à suivre REGARDE LES HOMMES TOMBER de près.
Comme chaque année, nos sorties sont prévues pour Mi Avril : PARAMNESIA (Digipack, Lp) et THE GREAT OLD ONES (Digipack, Double Lp, Box limitée).

Nous sommes très heureux d'annoncer notre collaboration avec le groupe Strasbourgeois PARAMNESIA. C'est un groupe que j'ai découvert sur la page facebook Cascadian Black Metal d'un pote. J'ai direct accroché et adoré, Romain aussi. Le groupe à sortie une démo 2 titres en 2013 que j'ai déjà couté des 100ene de fois, et même si elle comprend des imperfections, elle est bourrée de feeling et j'ai pressenti un vrai potentiel. Leur musique est personnelle même si on pourrait la rapprocher de la scène des Cascades et entre autres, Ash Borer. Toute fois, à l'heure où j'écris ces lignes, nous n'avons rien entendu de l'album, pas même des pré productions… Le groupe nous a dit qu'il fallait qu'on s'attende à quelque chose de plus froid et d'ambiant, le tout avec un meilleur son. Plein de sentiments se mélangent : le stress, la curiosité, la pression, l'envie. Ils n'ont pas encore enregistré, nos délais sont hyper serrés, et on ne sait pas à quoi s'attendre. On verra si mes impressions étaient bonnes, mais je suis déjà super content de pouvoir bosser avec des gars sincères et passionnés. Ils se bougent et ont déjà organisé 2 tournées à l'étranger en 2013, tournent à nouveau en février et sortent en février un Split avec le groupe Allemand UNRU que nous avons co produit. Et pour ne rien gâcher, Pierre batteur/chanteur/Business For Satan s'occupe de dessiner les visuels. Un gars humble et super talentueux : Page Facebook de Business for Satan

Le groupe : Page Bandcamp de Paramnesia

Enfin, nous sommes fiers et honorés d'avoir la chance de pouvoir travailler à nouveau avec THE GREAT OLD ONES. Des gars extras qui nous ont pondu un album incroyablement personnel, varié, intense et Lovecraftien. Comme pour le premier album, le groupe a enregistré avec Cyrille Gachet et c'est Benjamin qui a composé la grande majeure partie de la musique. Sa qualité de compositeur et sa sensibilité sont stupéfiantes. Nous venons de recevoir le mix final, le son est monstrueux, nous attendons le master d'Allan Douche. J'espère de tout coeur que cet album aura l'accueil qu'il mérite. Jeff guitare/chant, bosse quand a lui depuis des mois sur les peintures et dessins qui orneront les pochettes : sa page Facebook
The Great Old Ones

Si certains sont intéressés pour nous aider à produire ces deux œuvres, vous pouvez le faire avec des précommandes ici : e-shop de LADLO Prods

Pour la première fois, nous proposerons des box limitées du deuxième album de THE GREAT OLD ONES. Cela demande beaucoup de travail à Romain, mais c'est un projet très excitant. Nous nous languissons de voir le résultat final. Cette box embossée et imprimée à chaud contiendra le digipack dans un slipcase exclusif, un patch, un pin's métallique dans sa pouch imprimée, un visuel de jeff, et pour 150 d'entre elles, une nouvelle de Lovecraft illustrée par Jeff et éditée par nous-même. De plus, 100 T shirts seront vendus exclusivement avec la boite.


Je te laisse le traditionnel mot de la fin pour nos lecteurs, lâche-toi !
Un grand merci à toi et à VS de nous soutenir depuis ces années. Merci à tous les métalleux qui nous suivent. Merci aux groupes de nous offrir ces moments de passion. Enfin, merci à toutes les personnes qui nous aident dans cette entreprise.


Auteur
Commentaire
GabinEastwood
Membre enregistré
Posté le: 07/02/2014 à 16h31 - (1063)
Excellente interview, on sent le passionné en tout cas ! Excellent boulot Skay !



Diboli
Membre enregistré
Posté le: 07/02/2014 à 18h41 - (1064)
Excellente interview !!!



Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 07/02/2014 à 20h01 - (1065)
J'ai passé un bon moment à lire cette interview... :) J'ai apprécié tout particulièrement les passages sur le contrat moral et sur le téléchargement (notamment illégal). Merci.

Chrome
Membre enregistré
Posté le: 10/02/2014 à 08h37 - (1066)
Merci pour l'interview, très bon !



xOv
Membre enregistré
Posté le: 13/02/2014 à 16h17 - (1070)
Très bonne interview !

Gégé, comme tu le sais je m'occupe de Kosmos, nous avons une page bandcamp et une bigcartel, saurais tu dires, pour tes groupes, quelle est de ces 2 "pages" celle qui fonctionne le mieux ?



gg
IP:80.13.7.14
Invité
Posté le: 14/02/2014 à 10h56 - (1073)
Ce sont des pages qui n'ont pas la même fonction, donc elles ne sont pas comparable.

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