Charlélie Arnaud Strobl - SWEDISH DEATH METAL par VSGREG - 3704 lectures
A l'occasion de la sortie de la version française du livre SWEDISH DEATH METAL, nous avons voulu en savoir plus sur le pourquoi du comment avec Arnaud Strobl qui a eu la lourde tache de s'atteler à la traduction de cette œuvre !




1 - Peux-tu tout d'abord te présenter simplement aux lecteurs de VS qui ne te connaissent pas !

Je suis un être humain de sexe masculin âgé de quarante ans. Je mesure 1m84 et je pèse près de 100 kilos. Je suis gentil et amical, mais susceptible et hâbleur. J’aime les sushis et les soirées entre amis. Je déteste la guerre et la tristesse dans les yeux d’un enfant.
Hormis cela, je suis un véritable boulimique de musique, et principalement de Metal. Je suis journaliste pour le mensuel Rock Hard, sous le pseudonyme de Charlélie Arnaud. J’ai également officié dans Hard N’Heavy (RIP) sous ce nom, ainsi que sali quelques colonnes de VS sous le nom de Rahahaaz (qui est en fait mon deuxième prénom). Accessoirement j’ai également chanté au sein de plusieurs groupes, dont Carnival in Coal pour ne citer que le plus connu, ou Maladaptive pour ne citer que le plus récent.

2 - Tu as participé à la traduction du livre SWEDISH DEATH METAL "Histoire d'une scène extrême". Peux-tu présenter ce bouquin à nos lecteurs ?

Ce livre a été écrit par Daniel Ekeroth, bassiste suédois officiant ou ayant officié ou sein d’Incision, Tyrant, ou encore Dellamorte. Il relate l’histoire du mouvement Death Metal en Suède de ses origines à la fin des années 2000, et est agrémenté d’un gigantesque lexique de tous les groupes et fanzines en lien avec le style.

3. Comment t'es-tu retrouvé impliqué dans ce projet de traduction de ce livre ? En es-tu l'instigateur ?

Non, pas du tout. C’est un ami en relation avec Camion Blanc qui m’a parlé du projet. Il savait que cela pourrait m’intéresser et que l’éditeur cherchait quelqu’un pour le traduire. J’ai dit banco.

4. Si Oui, pourquoi ce livre plutôt qu'un autre ? Est-ce la spécificité de l'histoire du death metal suédois ou la qualité de l'œuvre original qui t'a le plus motivé ?

J’avoue honnêtement que c’est le fait de me plonger dans la genèse de ce style qui m’a séduit, ainsi que les nombreuses entrevues menées par Ekeroth avec certains de mes « héros » de toujours, tels Dan Swanö ou Nicke Andersson pour n’en citer que deux. Le fait que l’auteur lui-même soit partie prenante sur cette scène rend le livre très vivant, bien plus que si quelqu’un de complètement extérieur avait relaté l’histoire du phénomène en tant que simple observateur. La naissance du style correspond à l’adolescence d’Ekeroth, et en partie à la mienne également puisque nous avons à peu près le même âge. C’est d’ailleurs amusant car on peut trouver dans le livre la reproduction de dizaines de flyers d’époque, dont certains que je me souviens très bien avoir reçus moi-même à l’époque où je faisais du tape trading pour la promotion de mon tout premier groupe, House Of Wax, dans les années 90.


5. A-t-il été difficile de convaincre Camion Blanc de la viabilité du projet et du réel intérêt du livre ?

Comme je te le disais, je n’ai pas été à l’origine du projet. Je pense que tu peux même supprimer cette question hahaha. (NDLR :par soucis de transparence vis à vis de notre lectorat, le comité de redaction de VS a décidé de maintenir cette question)


6. Peux-tu en dire un peu plus sur les différentes étapes où tu as été impliqué et qui amènent à la publication d'un bouquin, de l'idée initiale à la mise en magasin ?

J’ai traduit toute la première partie du livre, à savoir l’historique du style. Je devais également me charger du lexique, mais des soucis de santé m’ont fait prendre du retard dans la traduction, et j’ai préféré passer la main à David Perez, qui s’est chargé du lexique, un véritable travail de fourmi dont il s’est affranchi avec un brio et une précision remarquables.


7. Qu'est ce qui fait que la scène death metal suédoise est différente des autres scènes européennes ou américaines ? Quelle est sa spécificité ?

Il y a bien sûr ce son unique mainte fois imité et jamais égalé, le fameux son « Sunlight », qui a fait les beaux jours des débuts du style. Si tu écoutes « Left Hand Path » d’Entombed, il est évident que tu ne peux le confondre avec les productions américaines de l’époque, comme les premiers albums de Death ou de Morbid Angel. La naissance du death n’roll, aujourd’hui très en vogue, est également à mettre au crédit d’Entombed avec l’album « Wolverine Blues ». Plus proche de nous, la naissance du death mélodique en Suède, avec des groupes comme Dark Tranquillity ou In Flames a été un autre phénomène, une sorte de réplique du séisme, qui a influencé le monde entier et même en quelque sorte défini ce qu’allait devenir une bonne partie du metal américain tel que nous le connaissons aujourd’hui.


8. Le bestseller en termes de livre sur le death metal est Choosing death 'L'histoire du death et du grindcore.' Quelle est ton opinion sur ce livre ?

C’est un excellent livre, mais devant l’étendue du sujet traité, il aurait fallu à Albert Mudrian au moins deux tomes plus un troisième complet pour le lexique s’il avait souhaité être aussi exhaustif qu’Ekeroth.

9. Quelles sont les différences entre Choosing Death et Swedish Death Metal ?

Mudrian est journaliste, Ekeroth est musicien. La différence est donc la même qu’entre relater quelque chose dont on a été le témoin, et raconter quelque chose que l’on a vécu. De plus, comme je te le disais à l’instant, la vastitude du sujet de Mudrian ne lui permettait pas de rentrer comme Ekeroth dans les moindres détails, même si son bouquin est très documenté et fera bien sûr l’affaire de quiconque se passionne pour le sujet. Ce n’est pas une critique : il n’aurait pas pu aller plus loin. Le cas échéant, son livre aurait pris des allures d’encyclopédie. Outre cela, je trouve celui d’Ekeroth plus léger, plus amusant à lire. Je parle ici des versions originales, car je n’ai pas lu la version française de « Choosing Death ».

10. La version originale du livre avait une mise en page assez soignée avec plein de photos et logo etc. Avez-vous conservé cet mise en page et état d'esprit dans la version française ?

Oui ! Je n’avais moi-même aucune idée de ce qui se ferait au niveau de la mise en page avant de recevoir le produit fini. Celle-ci a été placée sous la responsabilité de Dom Franceschi, directeur de collection, qui a pris le parti de reproduire exactement la présentation d’origine du bouquin. J’ai été très heureux lorsque j’ai reçu mes exemplaires de découvrir que le livre était aussi beau, sinon plus, que sa version d’origine. Camion Blanc n’a pas dénaturé le livre, la couverture est la même, et pas cette couverture « standardisée » que l’on retrouve sur bon nombre d’ouvrages estampillés Camion Blanc. C’est vraiment un beau volume.

11. As-tu pris contact avec l'auteur originel du livre Daniel Ekeroth (TYRANT, ex-INSISION, ex-DELLAMORTE) pendant la traduction ?

Oui, j’ai pris contact avec lui dès le début de la traduction, en lui expliquant qui j’étais, et en lui demandant si je pouvais compter sur son aide en cas de besoin. Il a accepté très gentiment et m’a même fourni ses propres fichiers Word afin que je puisse travailler de façon plus confortable.

12. SWEDISH DEATH METAL est-il l'apologie du "C'était mieux avant" ?

Je ne pense pas qu’il faille le voir comme cela, même si on sent clairement – notamment dans le lexique – qu’Ekeroth n’est pas toujours très friand de ce qui se fait en Suède aujourd’hui musicalement. Maintenant, « Swedish Death Metal » n’est pas un bouquin nostalgique ni passéiste. Il relate juste l’histoire de tout un pan de la musique que nous aimons, et d’une période qui a connu un formidable élan créatif. Peut-être un jour, d’ici vingt ans, verrons-nous fleurir un bouquin sur l’histoire du djent ? Mais le fait est que les années 1990 ont été un véritable creuset d’inventivité et d’évolution pour le Metal. Actuellement, nous sommes en plein revival eighties, avec le retour à des groupes de heavy « à l’ancienne » et du thrash old school. Peut-être donc que les années 2020 seront une nouvelle décennie d’innovation, qui sait ? Croisons les doigts.

13. Maintenant que tu représentes la "référence" française en matière de Swedish Death Metal, peux-tu nous donner ton top 10 des albums de death metal suédois à posséder ?

Avoir traduit ce livre ne fait pas de moi son auteur, je ne suis pas une référence absolue en termes de death metal suédois, loin s’en faut. Il serait plus pertinent de poser la question à Olivier Badin qui, lui, est une véritable encyclopédie du style. En ce qui me concerne, mes albums favoris du genre sont finalement toujours les mêmes qu’avant d’avoir attaqué le bouquin. En vrac, je citerais les démos de Nihilist, les trois premiers Entombed, les albums d’Edge Of Sanity jusqu’à « Crimson » (inclus, bien sûr), le premier album de Pan-Thy-Monium, le premier Unleashed, «Uglier & More Disgusting» de Dellamorte , « Slaughter Of The Soul » d’At The Gates, et plus proche de nous, « Resurrection Through Carnage » de Bloodbath, qui est à mon sens le plus bel hommage que l’on pouvait rendre aux origines du style. En revanche, la traduction du livre d’Ekeroth m’a donné envie de me plonger a posteriori dans l’oeuvre de certains groupes que j’avais négligée ou complètement ignorée à l’époque, comme Nirvana 2002, Liers In Wait, Repugnant, ou Carnage.

14. Si je te dis, ton livre est bien trop cher, comment arrives-tu à me persuader de l’acheter ?

Je pense très sincèrement qu’il suffit de l’avoir entre les mains et de le survoler quelques minutes pour trouver son prix parfaitement justifié. En plus de son intérêt « historique », c’est un bel objet. Je conçois que 44€ représente une somme conséquente, mais nous sommes à l’ère de la « culture gratuite » et de surcroît au beau milieu d’une crise économique, donc le moindre prix devient choquant. Et puis je fais confiance à certains éternels insatisfaits : ils trouveraient encore à y redire si d’aventure on se mettait à les distribuer gratuitement.


15. Penses-tu qu'un livre sur le FRENCH DEATH METAL soit envisageable ?

Peut-être pas uniquement sur le death metal français, mais sur l’ensemble de la scène metal française, oui, sans aucun doute. Notre scène a vécu des moments très forts dans les années 80, avant de connaître un gros creux de la vague dans les 90’s, puis d’exploser à nouveau au milieu des années 2000, donc oui, je suis persuadé que l’histoire du metal français ferait un très bon bouquin. Il serait mentir de dire que l’idée ne m’a jamais traversé l’esprit, mais c’est un travail de titan et je n’ai malheureusement pas le temps de me consacrer à cela. Mais je serais heureux de le traduire hahaha.

16. En dehors de la traduction de livre, de Combat Nasal, d'écrire pour Rock Hard, d'enregistrer les parties de chants pour l'EP de 6H33, tu fais quoi ?

Je viens de rejoindre Loud Radio 666, le pendant radiophonique de Loud TV, pour me charger de la programmation de deux émissions bimensuelles. La première s’appelle COMBAT NASAL, et sans surprise, elle est le prolongement direct de la compilation, à savoir le meilleur du metal underground international. La seconde s’appelle MINDPOKED, et présente le metal sous un angle décalé : toutes les fusions possibles et imaginables entre le metal et d’autres styles, des reprises parfois inattendues, bref, le metal dans tous ses états et à toutes les sauces. Ces deux émissions de deux heures chacune sont diffusées une semaine sur deux en alternance le dimanche à 18h, le mardi à 10h, le jeudi à 14h, et le samedi à minuit sur http://www.radionomy.com/FR/radio/loudradio666/listen.

En outre, tu l’as dit, je suis actuellement en studio avec 6h33. Nous enregistrons un EP qui sortira en téléchargement gratuit le 1er mai, et je m’amuse énormément, tant « artistiquement » qu’humainement. Je pense d’ailleurs que cela s’entendra à l’écoute des titres. Les fans de CinC notamment devraient y trouver leur bonheur.

17. Sinon, toujours effondré par le split de Mendeed ? S’ils se reforment, tu reformes Carnival in Coal par solidarité ?

Le split de Mendeed a été un tournant dans ma vie. Il y a eu un avant et un après Mendeed. Comme tu le sais, c’est à cause de leur split que nous avons décidé, avec CinC, de nous ranger des voitures, comme l’on dit parfois dans certains vieux films dialogués par Michel Audiard. Je ne peux pas te promettre qu’une reformation de Mendeed nous pousserait à remettre le couvert. J’aurais trop peur que ça ne soit que provisoire. En revanche, et je m’y engage, Carnival in Coal se reformera si les Beatles font une tournée avec leur line-up d’origine. Même si c’est une toute petite tournée, hop, promis, on embraye et on suit le truc. Cochon qui s’en dédit.
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