Emmanuel JESSUA & GREDIN - HYPNO5E par CHOKO - 1947 lectures
A l’occasion du passage d’HYPNO5E lors de leur venue au Glaz’Art de Paris, j’ai eu l’opportunité de m’entretenir avec le chanteur-guitariste, Emmanuel Jessua, alias Manu, et du bassiste, Gredin. Il est ici question de parler du nouvel album, « Acid Mist Tomorrow », qui sort le 23 mars via Klonosphere/Season of Mist, de leurs influences en tant qu’artistes et des tournées.


Est-ce que vous pouvez me résumer votre carrière depuis ces dernières années ?
Manu : On a sorti notre premier album, « Des Deux L'une Est L'Autre », en janvier 2007. Ensuite, on a vachement privilégié la scène, on s'est dit que pour notre musique devait être interprété au maximum en live. On a fait pas mal de tournées à l'étrangers, deux fois aux Etats-Unis, une fois en Australie… ça nous a bien pris deux ans et demi. Par la suite, on a commencé la composition du nouvel album (« Acid Mist Tomorrow ») en 2009 pour le finir l'année suivante. Ça fait deux ans qu'il est prêt et ça fait deux ans qu'on essaie de le faire sortir de la meilleure manière possible. On ne voulait pas le faire à l'arrache, comme pour le premier, on voulait vraiment trouver le meilleur partenaire possible. Entre temps, nous avons sorti un album, éponyme, avec notre side-project, A Backward Glance on the Travel Road, où on a fait une première édition digitale en 2010 et une sortie physique l'année dernière avec quelques dates.


Vous n’êtes pas « metalleux » à proprement parler, qu’est-ce que vous écoutez à la maison ?
Manu : J'écoute pas mal de classique du 19e, mais dans la scène actuelle, j'aime beaucoup le post-rock. Et comme j'ai grandi en Amérique du Sud, j'ai été nourri à la musique latine.
Gredin : Moi c'est plutôt musique classique contemporaine. En rock, j'écoute beaucoup ce que sort le label Three One G, il y a beaucoup de tueries dans leur catalogue.


« Des Deux L’Une Est L’Autre » est sorti il y a cinq ans maintenant. Avec le recul, qu’en pensez-vous ?
Manu : Au début, on avait peur d'attaquer le deuxième aux vues des critiques qu'a reçu « Des Deux L'Une Est L'Autre ». On se disait qu'on ne ferait jamais mieux, mais bon, maintenant on se dit le contraire. Ce premier disque, je le vois assez brut, froid, moins arrangé, plus fou. C'était notre premier jet, c'était plus spontané. Mais en termes de composition, je trouve le dernier plus abouti.


Il n’y avait que toi qui avait la pression ?
Manu : Non, non, mais vu qu'on a un style assez particulier, on avait intérêt de garder de l'accroche et rester fidèle à ce qu'on a fait sur le premier album, tout en proposant quelque chose de neuf. Le nouvel album n'a rien avoir avec le premier, l'idée était d'évoluer.


« Acid Mist Tomorrow » représente quoi pour vous ?
Manu : C'est le parcours d'un personnage que l'on suit d'une étape à une autre. Sur « Des Deux L'Une Est L'Autre », c'était un personnage confronté à la fin de quelque chose. Dans « Remords Posthumes » (dernier titre du premier album), on voulait arriver à une sorte de constat sur la fin de quelque chose avec nostalgie. Sur celui-ci, c'est l'idée du chemin brumeux où tout est flou, où il n'y aucun repère, une sorte de traversée de la vie à la mort.


Comment composez-vous vos morceaux désormais ?
Manu : Dans la structure, tout est devenu plus compliqué, et lorsqu'on joue, on pense directement à l'interprétation live. On a essayé de primer sur l'efficacité, l'ensemble est plus facile à digérer grâce à certains arrangements. Il y a beaucoup plus de matières, l'album est plus dense et c'est beaucoup plus riche musicalement.


Dans votre dernier disque, j’entends beaucoup de guitare acoustique. Est-ce que votre projet A Backward Glande On A Travel Road vous a inspiré directement ?
Manu : Oui, complètement. Des parties sur « Gehenne » auraient pu figurer sur un album de A Backward, mais à la base ce side-project acoustique, c'est Hypno5e. Au début, ce projet aurait dû être un EP, mais qui s'est transformé en album. Après, dans Hypno5e, les arrangements sont différents, on a ajouté des couches et des harmonies, pas trop non plus, mais il y a de quoi marquer la différence.
Gredin : On prépare un deuxième album avec A Backward, on va bientôt entrer en studio.


Manu, quand tu chantes sur « Des Deux L’Une Est L’Autre », je ne comprends rien de ce que tu racontes. Dans le deuxième album, un peu plus. Est-ce que tu peux me dire vite fait ce dont tu parles dans tes textes ?
Manu : Merde, j'ai oublié les paroles. (Rires) Sur le premier, c'est l'histoire d'une personne qui est en perpétuel conflit. C'est l'idée que l'on a besoin de dualité pour créer quelque chose et que sans conflit, il n'y a rien. Le titre vient de là. Dans le deuxième, c'est un peu plus abstrait, l'écriture est plus poétique, mais j'ai essayé de le décharger au maximum pour laisser la musique s'exprimer. On essaie toujours de garder un parcours cinématographique à nos textes.


Vous semblez très attachés au fait de mixer samples narratifs et musique. Pourquoi ?
Manu : On avait déjà envie de coller une image intellectuelle à notre son, histoire de proposer du neuf. Par exemple, comme je suis réalisateur, on a posé plusieurs samples et on essaie de dialoguer avec, les faire sortir de leur contexte et d'en faire quelque chose de nouveau. Sur le premier, on a utilisé des samples de discours d'André Breton, on a coupé des parties pour en faire des phrases différentes. Sur « Acid Mist Tomorrow », lorsque j'ai fait mes recherches, il me semblait évident de coller du Camus. L'écriture est chargée, mais pas lourde à entendre, il y a directement du sens. Ca nous aide à avoir une bonne dimension à la musique, ça nous aide aussi à communiquer et ça donne un côté film à la musique. L'idée était de créer des dialogues entre les samples et moi.


Pourquoi avoir découpé vos compositions en plusieurs parties ?
Gredin : Ce serait trop long à faire une seule piste.
Manu : Il y a des titres qui s'y prêtent, d'autres moins. Par exemple « Gehenne » dure 14 minutes intégralement. Si on ne coupe pas, l'auditeur peut se retrouver avec un trop plein d'informations. Même si on conseille et on préfère que vous écoutiez tout d'un bloc, c'est plus facile quand les parties sont découpé.
Gredin : Si on s'écoutait, on ne ferait que quatre morceaux par disque.


Sur le premier disque, vous avez tout géré vous-même côté production. Est-ce que ça a changé ?
Manu : On a tout enregistré nous-mêmes dans un garage, on essaie vraiment d'avoir la main mise sur notre musique, les clips etc. Tant qu'on n'est pas obligé de déléguer, on ne délègue pas.


A ce sujet, comment s’est goupillée votre entrée dans la Klonosphere ?
Manu : On avait déjà joué plusieurs fois avec des groupes de la Klonosphere, ils nous ont fait jouer dans leur coin aussi. Le courant passait bien, il y a une approche musicale entre tous ces groupes qui est assez similaire. Il y a une exigence au niveau de la musique qui nous correspondait aussi. Après quelques discussions avec Guillaume, il nous a proposé de bosser avec eux. Esthétiquement, ça colle au travail qu'on voulait. Ce n'est pas comme ces grosses prod qui ont des milliers de groupes signés, Guillaume a choisi notre groupe car il y a un lien musical à la Klonosphere.


Vous avez bougé dans pas mal de pays. Y-a-t-il un endroit que vous aimez en particulier et y-a-t-il un endroit où vous rêveriez de jouer ?
Gredin : Au Japon et la Corée du Sud, personnellement. L'Asie globalement ouais !
Manu : On devait aller jouer au Japon, malheureusement, c'est arrivé juste avant Fukushima, donc…
Gredin : Aux Etats-Unis, il y avait une grosse vague de froid quand on y est allé. (Rires) C'était dur mais ça s'est bien passé.
Manu : Perso, j'aimerais bien jouer en Amérique du Sud. Rien que pour le morceau « Gehenne », je veux jouer là-bas.
Gredin : L'Allemagne aussi. Les gens écoutent pour de vrai, ils réagissent à la musique. On y retourne bientôt, ça va faire très plaisir. Quand on a joué en Inde avec A Backward Glance on the Road, le public était vraiment à fond, il n'y a pas de barrière entre les spectateurs et les groupes, ils n'hésitent pas à manifester leurs émotions. C'est une autre manière d'appréhender la musique.


En décembre dernier, vous avez annulé votre participation à la tournée de Cynic. Pourquoi ?
Manu : C'était un très gros bordel d'organisation, on est vraiment désolé pour les gens qui sont arrivés et qui ne savaient pas. C'est vraiment indépendant de notre volonté.
Gredin : Cynic, ça tue. Je me voyais déjà taper des bœufs avec eux. (Rires)


Pour cette tournée actuelle, comment ça se déroule pour le moment ?
Gredin : C'est vraiment cool, on a pu rejouer à Montpellier pour démarrer les dates, c'est eux les premiers à nous avoir soutenu.
Manu : Maintenant, on va essayer de tourner pendant un an, un an et demi. Si on s'écoutait, on jouerait 365 jours par semaine… euh… par an !D'autant plus que là, on sent qu'il y a une attente, on ne part pas les mains vides.


Y-a-t-il un clip en préparation ?
Manu : Il y a un clip en préparation qui devrait sortir en avril.


Vos plans pour l’avenir ?
Manu : On va en Australie en mai, on va revenir en France aussi, on va partir au Canada et aux Etats-Unis. Par ailleurs, on a pour projet de reprendre nos deux premiers disques dans des conditions assez particulières. Je pense que l'A Backward sortira avant la fin de l'année.


Avez-vous quelques mots pour donner envie aux lecteurs d’écouter ce nouvel album ?
Manu : Si vous ne l'écoutez pas, vous avez raté votre vie !
Gredin : Écoutez-le, toute façon, on va tous mourir en 2012.


T’y crois ?!
Gredin : Non, j'y crois pas, mais ça donne l'espoir d'une bonne partouze en 2012. (Rires)


Un dernier mot ?
Manu : Soyez curieux et écoutez le dernier album. Merci pour tout ce soutien et merci à toi !

Merci à Guillaume Bernard et aux mecs d'HYPNO5E pour cette interview.


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