- ANORAK par SEB ON FIRE - 2106 lectures
ANORAK sont picards. ANORAK ont sortis deux excellents albums. ANORAK sont sympa. Mais ANORAK sont encore relativement méconnus. C'est injuste. On s'est donc dis que se serait pas une mauvaise idée de leur envoyer quelques petites questions histoire de leur donner la possibilité de s'exprimer. C'est chose faite.


Salut, vous pouvez présenter le groupe et ses membres?
Aurélien (chant) : Salut ! Nous sommes Anorak, groupe de hardcore metal créé en 2005 à Amiens. Timothée joue de la 4 cordes, Guillaume du tambour, Nicolas de la 6 cordes et moi de la 2 cordes. Après un peu plus de 100 concerts en France, Angleterre, Irlande, Belgique, Suisse et Hollande, une démo, un EP et deux albums, nous nous affairons à présent à défendre notre deuxième opus "Sick" , sorti en 2011 via Basement Apes Industies, Maximum Douglas Records, Swarm of Nails, et notre structure/label associatif, Fuck a duck.


On va commencer par la question que beaucoup de gens, pour ne pas dire tout le monde, se posent : pourquoi Anorak. Y a–t-il une signification derrière ?
Aurélien: Il n'y a pas de signification particulière si ce n'est qu'il nous fallait un nom et que ça sonnait plutôt pas mal. C'est seulement quelques temps après qu'on a découvert que cela voulait aussi dire « vent » en inuit et que cela signifiait le fait d'être un gros geek en Angleterre.

Nicolas (guitare) : C'est marrant comme certains peuvent scotcher sur ce nom. Quand on s'appelle Tool (Outil) ou Helmet (Casque), je ne sais pas si ça interroge tant. Avec le recul (6 ans qu'on se le traîne, ce nom…) j'en oublie le sens, la signification. C'est un peu comme si j'avais appelé mon fils Dylan, je l'aimerais quand même, et faudra bien qu'il fasse avec…


Vous avez sorti votre deuxième album « Sick » ? Que peut-on attendre de ce deuxième album qui continue de creuser le sillon du groupe?
Nicolas : Bah, on essaye d'aller un peu plus loin qu'avec le premier album, mais on est lucides, on n'attend rien de démesuré. On souhaite juste qu'il trouve son public, ce qui veut dire qu'on est contents quand on a de bons retours sur l'album, quand on trouve des concerts sans trop galérer et qu'on vend quelques skeuds après… C'est assez paradoxal comme situation, on passe deux ans sur un disque, c'est beaucoup de travail, de discussions et d'argent aussi, mais au final, c'est juste un bout de plastique avec 40 minutes de musique, que certains vont apprécier, d'autres pas du tout. Je sais que c'est le lot de tous les groupes, mais ça me fait souvent réfléchir sur le sens de tout ça (surtout après quelques bières).


Comment s’est passé la composition de « Sick » ? Composez-vous en groupe ou chacun de votre côté ? D’abord la musique ou les lyrics ?
Tim (basse) : Comme on a presque toujours fait jusqu'à maintenant : Nico compose des ébauches de chansons de son côté avec sa gratte et sa boîte à rythmes. On écoute tout ça et on choisit les morceaux qui nous parlent le plus. Ensuite, Guillaume et moi-même nous approprions les différentes parties. On rajoute des plans, on en enlève et on construit la structure de la chanson. Puis, Aurélien pose un chant en yaourt, à la grecque ou bulgare suivant l'humeur. Ensuite, il écrit un texte. Enfin, on répète le morceau des dizaines (centaines ?) de fois pour apprendre à le jouer… Avant d'entrer en studio, on fait toujours des maquettes, ce qui permet de régler divers problèmes et également de fixer les derniers arrangements.

Aurélien: Pour les paroles, il n'y a rien de vraiment défini même si le schéma reste souvent le même. Je m'imprègne de la musique en commençant à avoir des idées de placements pour ma voix. Il n'y a donc pas de parole à ce moment-là. C'est une fois que j'ai bien intégré le morceau que je commence à mettre des mots sur mes cris. L'énergie et l'émotion dégagées par le morceau peuvent m'aider pour les thèmes abordés qui bien souvent restent assez sombres et métaphoriques. Jusqu'à présent, j'écrivais en anglais ce qui me permettait d'avoir une souplesse au niveau de la prononciation étant donné l'aspect chantant de cette langue. Pour les morceaux que nous sommes en train de composer, j'ai décidé d'écrire en français. Cela me permet de moins me prendre la tête sur les traductions et d'écrire des choses plus spontanées. La langue est plus saccadée que l'anglais et le travail sur les sonorités est plus important. Je ne cherche néanmoins pas à me faire comprendre absolument, l'intérêt étant pour moi de poser ma voix comme un instrument.


« Sick » est un titre très « large », qui possède de multiples significations, quel est le message et les concepts derrière cet album ?
Nicolas : Le titre est avant tout un (mauvais…) jeu de mots avec le nom du groupe. On l'a trouvé avant même d'avoir commencé à composer, et c'est même ce titre qui est en partie à la base de l'artwork (la gueule béante) et de l'histoire dont Aurélien s'est servi, de façon très abstraite, pour écrire les paroles.

Aurélien: Pour "Sick", je me suis attelé à inventer une histoire un peu barrée avec un personnage central qui est épileptique. Il a la capacité de maîtriser ses crises d'épilepsie sans souffrir. Cela lui procure même du plaisir. Plaisir de faire peur aux gens, plaisir de subir ces crises. Bref, un grand malade quoi ! Les 8 morceaux retracent le parcours de Jack qui va être transporté dans des endroits et paysages différents, rencontrant des personnages qui auront leur importance dans sa quête de vérité...


Musicalement, on ressent des influences très hardcore chaotiques (Converge, Botch, Keelhaul,...) , quelles sont les influences principales du groupe ? Les groupes qui vous inspirent et que vous écoutez ?
Aurélien : Effectivement, les deux groupes que tu cites font partie de nos influences évidentes. Un tas de groupes que nous écoutons influencent directement ou indirectement la musique que nous jouons. A ce titre, nous pourrions alors également citer Gaza, Vision of Disorder, Will Haven, The Jesus Lizard, Gojira, Kruger, Lack, Nostromo, Knut, Kickback, Keelhaul et j'en passe...

Tim : On écoute ou on a écouté pas mal tous ces groupes issus des années 90/2000.
Après chacun a aussi des influences plus intimes, qui ne sont pas forcément discernables. Au niveau du jeu de basse, du son recherché et du ton en général, je citerai Melvins, Unsane, et Today Is The Day. Personnellement je ne m'implique pas plus que ça dans l'écriture des riffs et des rythmiques, je m'attache plus à être dans l'esprit des morceaux.


Écoutez-vous de la musique durant la composition ou l’enregistrement ? Ou préférez-vous vous consacrer uniquement à votre propre travail ?
Tim : Oui, pendant l'enregistrement de « Sick », on a écouté Ween, Them Crooked Vultures, Primus et on mattait tout le temps les vidéos de Pierrick Sorin. Mais je ne crois pas que ça nous a trop influencés...
Après, la composition de l'album s'est étalée sur près de deux ans, donc je vais pas m'étaler !


Comment s’est déroulé l’enregistrement de "Sick" combien de temps cela a-t-il nécessité ?
Tim : On a mis en boîte les huit titres au Boss Hog Studio, dans le Pas-de-Calais, sous les oreilles aiguisées de Clément Decrock, qui a notamment été batteur de General Lee et de Lyzanxia. C'était cool de bosser avec lui dans son studio car c'est un fin technicien et musicien, et très drôle en plus. On a mis une semaine pour les prises batterie, basse et le gros des guitares. Puis on a fait 3-4 petites sessions pour le chant et le reste des guitares.
Il a aussi mixé l'album. Le tout a été envoyé au New Alliance East (aux Etats-Unis), pour être masterisé par Nick Zampiello et Rob Gonella, qui ont fait des albums de Converge, Knut, Gaza...


L’artwork est sensiblement différent de celui du premier album, que représente-t-il et qui s’en est chargé ?
Tim : Mathilde Créac'h (alias Mamzelle Mamath) a réalisé le visuel de « Sick ». Elle s'était déjà chargée du premier album. Entre autres, elle a aussi fait le dernier album de Bukowski. Oui le style est un peu différent de « My Own Haze », qui était composé d'une sorte de motif d'organes qui formait comme un paysage. Avec « Sick » on est plus dans le figuratif et dans le symbolique. On a galéré au début car on lui a donné plein de pistes, et c'était juste le bordel !

Nicolas : Pour moi, l'atwork va avec le titre (Sick), le jeu de mots (allez, un effort...), je trouve que le tout est cohérent. Pour le premier album, on avait aussi cherché à lier le titre et le concept. Mais, c'est plus ou moins abstrait, car au final, il y a toujours un écart entre l'idée et sa mise en forme.


Le son et les ambiances sont plus noirs et plus roots, que sur votre premier album. Etait-ce intentionnel de votre part, une façon d’accentuer l’univers du groupe?
Tim : On l'a voulu plus brutal ce « Sick ». On a plus misé sur les prises de sons, l'interprétation que sur les arrangements et le mixage. On a eu plus de temps pour la batterie du coup on a été moins gourmands sur les effets. Clément nous reprenait souvent sur des hésitations et en même temps les sessions étaient très efficaces. « My Own Haze » était notre premier album, on a plus expérimenté, en incorporant divers « ajouts ». Axel Wursthorn (qui jouait dans Carnival In Coal) nous confortait dans cette démarche, du coup il en ressort des éléments plus incongrus. « Sick » se veut un bloc massif plus évolutif dans sa forme globale.

Aurélien : Pour le deuxième album, j'ai travaillé ma voix de manière à accentuer les cris gutturaux et bien gras étant donné qu'on avait choisi de s'accorder plus grave pour avoir un rendu plus massif. On a donc bossé dans ce sens et le rendu est effectivement différent du premier album, avec un côté plus lourd. On n'a jamais essayé d'avoir une identité particulière, on joue ce qu'on a envie de jouer et le son du groupe évolue naturellement.


Êtes-vous satisfait de « Sick » aujourd’hui ? Voudriez-vous en changez des choses ?
Aurélien : On n'est jamais satisfait à 100 % de ce qu'on fait, sinon ce serait trop simple ! Globalement, on est plutôt content de cet album, même si après plusieurs écoutes on se dit qu'il aurait fallu un son peut-être plus crade. On voulait un son à la fois plus travaillé et plus direct et je pense que le résultat est positif à ce niveau là.

T : Oui, on est fier de « Sick » même si on en perçoit des faiblesses. Peut-être un peu trop clinique sur certains aspects... On est conscient qu'il est difficile à consommer, on s'en prend plein la gueule pendant quarante minutes. Mais il a le mérite d'être clair et puissant.
Je pense aussi que notre prochain disque sera différent, sans doute plus sale...


Êtes-vous satisfaits de « Sick » aujourd’hui ? Voudriez-vous en changer certains aspects ?
Aurélien : On n'est jamais satisfait à 100 % de ce qu'on fait, sinon ce serait trop simple ! Globalement, on est plutôt content de cet album, même si après plusieurs écoutes on se dit qu'il aurait fallu un son peut-être plus crade. On voulait un son à la fois plus travaillé et plus direct et je pense que le résultat est positif à ce niveau-là.

Tim : Oui, on est fier de « Sick » même si on en perçoit des faiblesses. Peut-être un peu trop clinique sur certains aspects... On est conscient qu'il est difficile à consommer, on s'en prend plein la gueule pendant quarante minutes. Mais il a le mérite d'être clair et puissant. Je pense aussi que notre prochain disque sera différent, sans doute plus sale...


Quels retours recevez-vous vis-à-vis de l’album ?
Tim : Il y a eu des avis très enthousiastes, d'autres blasés... Mais en général assez positifs. Ca nous fait réfléchir...

Aurélien: Positifs dans l'ensemble avec quelques bémols dans certaines chroniques mais bon on ne peut pas plaire à tout le monde !


Quels sont les projets du groupe pour l’année prochaine ? Vous allez tourner pour promouvoir l’album ?
Tim : On a donné quelques concerts : le 28 janvier à Paris, à la Miroiterie avec notamment les fameux John Makay et (Platane), le 11 février à Creil avec Lofofora. En mars on sera dans le Nord, et y'aura d'autres dates pour la saison printemps/été... Et on continue à composer pour un prochain disque...

Aurélien : On a la ferme intention de défendre cet album, chose que l'on a commencé à faire en Angleterre l'année dernière et qui nous a donné beaucoup d'appétit pour continuer sur notre lancée cette année !


Vous venez de Picardie, parlez-nous un peu de la scène locale, car vu d’ici (de Paris) on ne la connaît pas trop...
Tim : Actuellement, y'a des groupes sympas – dans la famille rock'n'roll au sens très large - comme Headwar, John Makay, Oniromancie, The Sativa League, Les Suces-Pendus (qui viennent de splitter, sniff), Red Fish Dub Syndrom, Quasiment Neuf, Don't You Dare ou encore Sleeping Village Orchestra. Y'avait DSK aussi, un putain de groupe grindcore-death, qui, à chaque fois, nous mettait une grosse claque en live. Sinon sur Amiens y'a des lieux cool comme le Grand Wazoo, la Lune des Pirates, la Briqueterie ou plus récemment encore l'Accueil Froid qui permettent à la ville d'être plutôt vivante.


Un petit récapitulatifs des albums que vous avez aimés en 2011 vu que c’est la tradition en ce début d’année 2012...
Aurélien : Mon top 5 de 2011, ce ne sont pas des albums sortis en 2011 mais que j'ai fortement apprécié d'écouter. Je mettrais les albums "Wonder" de Knut, "Orgasmatron" de Motörhead, "I Don't Care Where I Go When I Die" de Gaza, "No Surender" de Kickback et "City" de Strapping Young Lad.

Nicolas : En hardcore/metal, les derniers Ken Mode, Touché Amoré, Engineer, et Khann. Je mettrai le dernier Kickback un peu à part, car je le trouve très bon, mais un poil en dessous de "No Surrender", donc un peu décevant du fait des attentes démesurées que j'avais… Sinon, parce que je ne suis pas qu'une brute, les nouveaux Timber Timbre et Civil Civic dans des styles bien différent.

Tim : Yo, j'avoue que des fois je suis un peu largué niveau actualité... Tiens, si, récemment, comme truc récent, j'ai bien apprécié le dernier Kickback et le dernier Today Is The Day. Voilà c'est tout, désolé...


Pas trop flippés par la Fin du Monde qui se précise ? Vous ferez quoi le 20/12/2012 ?
Aurélien : La fin du monde, ce sera la fin du monde économique et politique tel qu'on le connaît aujourd'hui. Il n'y aura plus de monnaie d'échange, on reviendra à un bon vieux troc et pis voilà! Le 20/12/12 je dépenserai les sous qu'il me restera car le 21 il y aura un crash boursier mondial et irréversible !

Tim : Pas le moins du monde. Le 20 décembre 2012, venez assistez à Systematoc... C'est un projet que je fais avec Aurélien. C'est du théâtre sonore, trash et burlesque. On va sans doute faire une date sur Amiens pour fêter ça.


Merci à vous. Un dernier mot, une blague, un commentaire ? N’importe quoi à ajouter ?
Tim : Kamoulox !
Nicolas : L'album est en téléchargement libre à cette adresse : (http://anorak.bandcamp.com/), allez-y, faut juste filer une adresse mail et s'engager à ne rien nous donner.
Aurélien : Et merci pour l'interview !


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