Infestuus - GLORIOR BELLI par PAMALACH - 3735 lectures
C'est à la toute dernière minute que Infestuus a pu participer à notre dossier. Il a eu la gentillesse de répondre très rapidement à notre interview... si tout le monde pouvait être comme lui, cela faciliterait drôlement notre travail (qui n'en est pas un d'ailleurs). Place maintenant au maître d'oeuvre des incroyables sonorités de GLORIOR BELLI...


Salut et merci de répondre aux questions de VS pour ce dossier spécial Guitariste ! Comment en es-tu venu à t'intéresser à la guitare ?
J'ai attrapé la fièvre un peu par hasard en rendant visite à mon cousin de 10 ans mon cadet qui jouait du Hendrix et d'autres classiques Rock/Blues à fond dans sa chambre, faisant vibrer les murs de la maison. Je ne connaissais absolument rien à la guitare étant trop jeune, mais en l'écoutant faire ses reprises j'ai ressenti une terrible envie de l'imiter.


Est-ce que tu te souviens de ta première guitare et de ton premier ampli ?
Ma première guitare était une guitare classique 3/4 que je conserve encore aujourd'hui en espérant la transmettre un jour... Je suis passé à l'électrique avec une Fender Squier Mexico. Ampli: Yamaha 25 Watts - Une daube infâme mais utile en son temps.


Quand as-tu commencé à jouer de la guitare et comment as-tu fait pour travailler ? Es-tu autodidacte ou as-tu pris des cours ?
J'ai commencé la guitare à l'âge de 9 ans au conservatoire municipal sur les conseils de mes parents mais j'ai mis plus de temps avant de m'y intéresser vraiment sérieusement. J'ai réellement progressé d'avantage en autodidacte qu'avec les cours, j'allais travailler le soir chez des potes plus âgés, j'ai monté un groupe de reprises au lycée qui existe encore aujourd'hui même si la formation a changé depuis. Ce n'est qu'en ayant la volonté de progresser que l'on peut y parvenir. Pratiquer son instrument tous les jours ou régulièrement doit relever du plaisir avant tout.


Votre son de gratte est épais et massif et il semble que le travail que vous avez effectué à ce niveau-là vous a demandé beaucoup d'efforts et de recherches. Trouver le bon est-il aussi difficile qu'il y paraît ?
C'est assez compliqué si l'on a tendance à être trop perfectionniste, c'est pourquoi je préfère trouver le bon équilibre et conserver une part de spontanéité dans la recherche DU son. Sans oublier qu'avec l'aide de la technologie disponible en studio de nos jours, on peut tout améliorer et corriger... Et je ne suis pas du genre réfractaire militant old school pour ce genre de pratiques. En ce qui concerne Glorior Belli, j'utilise toujours la même méthode d'enregistrement car celle-ci me convient et j'y suis habitué, mais avec l'expérience j'y apporte de nouveaux éléments afin de l'enrichir et la développer et rendre le tout plus intéressant.


Vos riffs amènent des atmosphères très sombres et inquiétantes. Ils demeurent pourtant assez mélodiques dans l'ensemble. Comment appréhendes-tu la composition pour en arriver à ces riffs disharmoniques vomissant la rage et la noirceur tout en restant facilement mémorisable? Utilises-tu tes connaissances théoriques ou joues-tu à l'instinct ?
C'est à l'instinct, ça vient comme ça vient, une guitare à la main, au réveil avec une mélodie en tête, dans les bouchons, avec un verre de vin... J'ai toujours connu et apprécié les morceaux dont la structure est relativement simple, la recette Stoner/Rock à l'Américaine en sorte, parfois je la complique un peu mais pour obtenir satisfaction dans la composition j'y reviens toujours d'une façon ou d'une autre.


La musique extrême demande une certaine endurance. Comment as-tu travaillé pour la développer ?
Juste de la pratique, pas vraiment d'exercices en particulier. Le tout c'est d'y passer du temps, on ne compte pas les heures derrière son instrument. Le corps s'adapte à tout et assez rapidement, à condition de s'entraîner sérieusement et avec régularité.


Quel est le matos que tu utilises ?
Au jour d'aujourd'hui je joue exclusivement sur Gibson, Les Paul, j'ai attendu tellement longtemps avant de pouvoir m'en offrir une que depuis je ne la quitte plus. C'est pour moi la guitare la plus confortable et la plus agréable à jouer tout simplement depuis que j'ai commencé la musique. Ampli Marshall JCM 800, Orange Dark Terror.


Jouer chez soi assis est une chose. En live, debout avec la guitare en bandoulière et avec l'adrénaline et le headbanging c'est autre chose. Comment fais-tu pour gérer ce passage et continuer à jouer propre ?
A vrai dire en plus de tout ça je dois également gérer un masque/voile noir et une capuche qui me couvre la tête. La seule façon d'y parvenir c'est de connaître son manche par coeur et encore pour cela pratiquer les morceaux pendant de nombreuses heures.


On a pu lire dans certaines de vos interviews à quel point la spiritualité était quelque chose d'essentiel pour votre combo. Est-ce que tu as une approche un peu mystique de l'instrument dont tu joues ou finalement c'est tout l'art de la composition qui sert à créer la « magie » ?
La seule chose qui est mystique c'est l'association de l'homme et de l'instrument qui vibrant à l'unisson offrent une vision divine l'espace d'un moment.


Vous superposez souvent plusieurs couches de guitares dans vos chansons ainsi que des samples. Est-ce que vous avez dès le départ une idée précise dont les choses vont sonner ou tout s'assemble au fur et à mesure ?
J'ai en gros 80% du morceau en tête dès le départ, les arrangements y compris même s'il m'arrive de compléter par la suite.


Il vous arrive de jouer des passages sans distorsion. C'est uniquement pour les chansons ou c'est aussi un peu pour tordre le cou aux idées reçues et envoyer bouler un certain conservatisme de la scène Black ?
Pour moi ce sont simplement des passages qui relancent la dynamique d'un morceau mais c'est loin d'être une technique révolutionnaire même pour la scène Black Metal.


Quel guitariste hors metal t'impressionne ?
David Eugene Edward


Qu'est-ce que tu penses du Shred ?
J'avoue que je ne suis même pas certain de pouvoir y donner une définition... Jamais pratiqué et ce ne serait sûrement pas par plaisir.


La vitesse est un sujet récurrent chez les musiciens qui jouent du Black ou du Death. Comment as-tu fais pour travailler ta rapidité ?
J'aime mieux pratiquer la vitesse sur une autre manche.


Utilises-tu beaucoup d'effets ?
Non pas vraiment, j'ai un Tuner Boss Tu-3, un compresseur/sustainer, et un noise/gate.


Peux-tu nous dire ce que tu penses de ces guitaristes ? 

- Abbath ?

Il est réputé pour faire beaucoup de pains, je n'ai pas d'avis à son sujet n'étant pas un connaisseur d'Immortal en dehors de "Pure Holocaust".

- Les frères Hoffman?

Là encore j'ai dû faire une recherche google pour savoir de qui il s'agissait donc pas d'avis.

-Chuck Schuldiner?

Jamais été intéressé, ni par lui ni par Death.

- Kerry King et Jeff Hanneman?

Laurel et Hardi.

- Mantas?

Google.

- Van Halen ?

Pas mon truc.


Le mot de la fin est pour toi.
La différence entre un bon guitariste et un mauvais guitariste, c'est que le bon guitariste il prend sa guitare et il joue. Le mauvais guitariste il prend sa guitare, il joue... Mais c'est pas pareil.


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