Patrice Guers - PATRICE GUERS par PAMALACH - 3382 lectures
Au regard du pedigree des musiciens avec lequel Patrice à joué, on comprend qu'il soit un des bassiste metal les plus réputé de notre pays.Rencontre avec un quatre cordiste aussi calme que son jeu est volubile.


Salut ! A quel âge tu as commencé la musique ?
A 17 ans, j'ai acheté ma 1ère basse d'occase, pris mon 1er cours, et je n'ai jamais arrêté depuis…


Tu as beaucoup travaillé ton instrument avant d'en arriver au niveau qu'on te connaît aujourd'hui. Qu'est-ce qui t'a demandé le plus d'effort dans ton apprentissage ?
Tout le travail technique et scolaire des 1ères années. Un métronome qui tourne toute la journée pour bosser les gammes, le slap, le rythme, etc… Mais ça me plaisait à l'époque, même si je ne pourrais plus refaire ce boulot aujourd'hui :-):-)


Quel type de matos utilise tu ?
Je joue sur des basses Vigier depuis 15 ans, sur un modèle Excess depuis plus de 10 ans. Pour les amplis c'est Trace Elliot, et j'utilise des cordes Ernie Ball.


On peut pas vraiment dire que tu as joué avec des manchots. Tu as joué avec Rondat et dans Consortium Project (avec des membres de Vanden Plas et d'Elegy) notamment. Maintenant tu es dans Rhapsody of fire (NDLR : Interview réalisée il y a plusieurs mois...) dont les musiciens ont aussi un bon niveau technique. Rondat disait que dans la pratique d'un instrument on progressait au départ très vite et puis qu'après quelques années les progrès étaient plus ténus. Qu'est-ce que tu en penses ?
Oui, pour le début de ta question on peut aussi rajouter Jon Lord (Deep Purple) en live, puis des albums enregistrés avec Tommy Aldridge (batteur de Pat Travers, Ozzy Osbourne, Thin Lizzy, Whitesnake, Ted Nugent…), Michel Petrucciani, Didier Lockwood,… Pour la pratique de l'instrument, c'est vrai que l'on progresse beaucoup au début mais il ne s'agit que de technique. Pour ma part, je n'ai jamais autant progressé que ces dernières années. Ma passion pour la basse n'a jamais été aussi forte qu'aujourd'hui. Je joue des heures chaque jour à l'aide de ma loopstation. Je crée des boucles, des grooves que je fais évoluer pendant des heures, puis j'improvise dessus. Il s'agit d'un travail beaucoup plus instinctif et musical que le travail scolaire de mes débuts. En fait maintenant je ne travaille plus, je joue ! Et la progression s'en ressent d'autant plus.


Tu es un bassiste qui joue au doigt. Que penses-tu de la technique au médiator ?
Vraiment je n'ai rien contre le médiator, mais je n'y arrive pas :-):-) Avec du recul je pense que c'est le fait de jouer aux doigts qui m'a attiré vers la basse. Si je jouais de la guitare, ce serait certainement de la guitare sèche aux doigts, façon Jack Johnson que j'apprécie beaucoup. Et j'aurais aussi choisi les percus plutôt que la batterie avec des baguettes. Il y a pour moi un vrai lien physique par le fait de toucher directement l'instrument pour le jouer. J'aime cette sensation.


Tu es un musicien français qui a travaillé et travaille encore avec des musiciens internationaux. Comment s'est passée l'adaptation ?
Assez naturellement. Lorsque Patrick Rondat m'a contacté pour jouer avec lui en 1994, j'étais installé à Londres pour faire une école de musique où se côtoyaient des musiciens brésiliens, turcs, belges, danois, suédois, etc… et je jouais dans les clubs avec des groupes anglais. Cette même année nous avons enregistré l'album « Amphibia » avec le batteur américain Tommy Aldridge, que j'écoutais sur les albums de Whitesnake et Ozzy quand j'avais 14 ans. Après dans le groupe Consortium Project il y avait les Allemands de Vanden Plas, le chanteur anglais Ian Parry, le batteur hollandais Dirk Bruinenberg (actuel batteur de Rondat). Puis j'ai rejoint ensuite les Italiens de Rhapsody. Je joue également dans un groupe anglais qui s'appelle HEDNOKA. Tout ça pour dire qu'en musique il n'y a ni couleurs ni frontières, et c'est très bien ainsi.


Qu'est-ce que tu penses des gri-gri à la basse type distorsion, wha-wha, accordage super grave etc. ?
Tout me plaît si c'est bien utilisé. Et tout ce que je ne fais pas m'impressionne toujours. Après, moi, je suis plutôt du genre basse branchée directement dans l'ampli, et pour le studio je laisse l'ingé-son bidouiller avec les effets. Je suis très basique à ce niveau, et c'est directement sur l'instrument avec les différentes techniques qu'il offre comme le jeu aux doigts, au pouce, le slap ou le tapping, que je vais rechercher des sons différents.


Tu as jamais eu envie de dire lors des mix "Mettez-nous la basse plus fort !" ?
Si ! :-):-) Mais je reste au service de la musique. Si je pense objectivement que la basse va manquer sur un titre, je peux penser la même chose aussi pour un autre instrument. Je ne me laisse pas guider par mon ego et ce n'est pas dans le but que l'on m'entende plus que les autres. A l'inverse je ne trouve pas ça bien si la basse est trop forte. Et s'il s'agit d'un album que j'enregistre pour quelqu'un, c'est juste dommage pour le son de son album, et je n'ai qu'à faire le mien si je veux choisir le mix :-):-)


Peux-tu nous dire quelle ligne de basse "hors metal et Rock n'roll" tu trouves absolument imparable ?
Les lignes de basse de reggae, et notamment avec Bob Marley. C'est du délire, et je travaille énormément dessus. Le placement et les grooves minimalistes sont d'une efficacité imparable. Une vraie leçon pour beaucoup d'autres styles musicaux. Je travaille aussi beaucoup sur les rythmes africains et latins. Tout m'influence et une fois digéré, tout cela devient ma personnalité. Je peux penser au placement reggae sur une ligne de basse de Rhapsody et penser à l'énergie rock lors d'une jam reggae ou cubaine.


Quels sont tes influences musicales ?
A l'adolescence, le choc est venu d'AC/DC, puis des groupes metal comme Motörhead, Mercyful Fate, Kiss, Maiden, Thin Lizzy, etc… Quand j'ai commencé la basse je ne voulais pas être uniquement bassiste de metal, car c'est la basse qui est devenue ma passion, au sens musical large. Avec mon prof je bossais du Pastorius, Alain Caron, Marcus Miller et tous les bassistes de Jazz-rock ou funk. Ensuite ce sont des groupes de fusion tels que les Red Hot, FFF ou Rage Against The Machine qui me plaisaient car ils mélangeaient la basse/batterie groovy-funk aux guitares puissantes du rock. Maintenant mes influences sont très diverses et je peux écouter du Dave Matthews, John Mayer, des musiques africaines, indiennes, etc… Si c'est bon, bien joué, et avec passion, un mec sur un trottoir avec sa gratte peut me toucher beaucoup plus qu'un concert dans une grande salle avec des mecs qui jouent ensemble mais se détestent et n'attendent que leur chèque de fin de tournée.


Peux-tu nous donner ton avis sur ces différents bassistes ?

- Lauri Pora : Bonne technique et en place. Rien à dire.

- Roger Glover : Un vrai musicien, complet et passionné. Excellent ! Il joue aussi sur une Vigier Excess.

- Shane Embury : Connais pas, désolé...

- Mike Inez : Très bon. Il sait s'adapter aux différents groupes pour lesquels il a joué et se met au service de la musique.

- Michael Anthony : Il joue ce qu'il faut quand il faut. Basique et parfait.


Le mot de la fin est pour toi !
Merci à toi et aux lecteurs. Longue vie à VS webzine, et que la passion soit avec vous tous. Je vous retrouve très bientôt sur les routes.


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