Richard Loudin (voix/guitare) - BRAN BARR - NYDVIND par PRINCE DE LU - 2057 lectures
Il a fallu braver des tempêtes numériques, survivre à l'effondrement d'un PC, supporter d'interminables attentes entre les missives. Mais cela a fini par arriver au bout d'un an. Un an après la sortie simultanée de Sidh de BRAN BARR et de Sworn to the Elders de NYDVIND, VS peut enfin vous proposer l'interview de Richard Loudin, respectivement hurleur et hurleur/guitariste des projets franciliens. Et pour notre plus grande joie, il a été bavard le roi Richard...


Comment dois-je te nommer pour cette interview? Richard, Hingard ou Yoltar?
Déjà, Hingard c'est fini. Ce n'est pas que Nydvind c'est fini, hein. Mais en fait entre le premier et le deuxième album, j'ai suggéré à mes collègues de reprendre nos vrais noms. Parce que Nydvind a été créé dans un esprit très nordique, donc on voulait jouer le jeu jusqu'au bout avec des pseudos assez nordiques. Et puis, je me suis rapidement rendu compte que ça ne me correspondait pas complètement. Donc nous avons repris nos vrais noms, sauf Nesh (gratteux dans Bran Barr et bassiste dans Nydvind). Donc appelle-moi comme tu veux (rire).


Ça signifiait quelque chose ou c'était simplement un jeu sur les pseudonymes?
Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est une différence de personnes, mais ce n'était pas du tout la même façon d'aborder les choses. Je ne vais pas te dire que je suis schizophrène, je n'ai pas plusieurs personnalités. Mais les groupes sont quand même très différents et n'ont pas la même façon de s'exprimer. Yoltar de Bran Barr est tout de même assez guerrier, avec la cotte de mailles. Alors que le personnage de Nydvind, moi en l'occurrence, est beaucoup plus calme, un peu dans l'esprit de ce qu'on vient d'entendre (NDR: il évoque le set de Dordeduh qui s'est terminé juste avant l'interview). Plus contemplatif, plus zen.


Dans Bran Barr, tu donnes un côté plus festif, tu veux que le public bouge.
Oui, j'ai toujours été comme ça et je trouve que ça colle très bien à l'esprit de Bran Barr. On s'appelle "celtic war metal", donc il y a beaucoup d'énergie et puis la musique celtique est une musique très positive et assez gaie à la base. Dans les concerts de metal, les concerts pagan, il n'y a aucune raison qu'on soit immobiles à se faire la gueule. Ça ne colle pas à l'esprit du pagan. Donc dans Bran Barr je donne beaucoup d'énergie et puis c'est tout simplement un moyen de mettre de l'ambiance.


Avec le recul, penses-tu que tout ce temps entre les premiers albums de Bran Barr/Nydvind et les seconds est dû à la motivation au sein des projets ou aux difficultés rencontrées qui ont été insurmontables par moments? Est-ce votre volonté de choisir le bon label qui a retardé la sortie des albums?
Le long délai entre nos albums respectifs est la résultante de plusieurs facteurs dont effectivement des difficultés à trouver le label adéquat mais également la multiplication de nos différents projets qui, une fois ajoutés les uns aux autres, ont considérablement ralenti leur propre productivité. Il faut aussi souligner le fait que nous sommes pour le moins dilettantes de nature, ce qui n'a forcément pas aidé les choses!


De quand date la composition réelle des deux albums? Avec tous les changements, est-ce le line-up qui a travaillé sur la composition qui a finalement enregistré?
La composition des albums s'est effectuée longtemps avant notre entrée en studio et le line-up qui a enregistré n'a pas forcément participé à l'ensemble des compositions. Cela vaut pour les deux groupes. Cependant, chaque nouveau musicien a pu apporter sa contribution personnelle aux compositions, que ce soit les guitaristes Llyr (Bran Barr) et Loïc Courtete (Nydvind).


Comment expliquer plus généralement les changements de line-up que les deux formations ont connus?
Il n'y a pas d'explication particulière à donner à nos différents changements de line-up. J'imagine que cela fait partie de la vie d'un groupe que d'avoir un jour ou l'autre à changer de musiciens. C'est arrivé de nombreuses fois pour Bran Barr, un peu moins pour Nydvind. Disons que les uns et les autres ont participé à l'histoire des groupes et que le temps faisant, certains ont souhaité prendre de la distance. La plupart des anciens membres de Bran Barr ont quitté le groupe essentiellement pour se consacrer à leurs projets principaux (Aes Dana, Temple of Baal, Heol Telwen…) mais tous ont fortement contribué à la progression du groupe et nous leur en sommes grandement reconnaissants.


Te souviens-tu comment s'est déroulé l'enregistrement de "Sidh" en 2005?
En fait, on est rentré au Hybreed studio d'Andrew Guillotin. Il fait pas mal de groupes de death et de black. On a connu Andrew parce qu'il a fait le premier album de Heol Telwen. Les mecs de Heol nous ont dit qu'il y avait une bonne ambiance, que c'était pas cher. Donc on s'est rendus là-bas. Le nom d'Andrew a pas mal circulé. Il a fait 7th Nemesis, Glorior Belli et d'autres groupes de la région parisienne. On est vraiment content de son boulot. Et puis l'avantage de ce genre de plans, comme c'est un indépendant il s'organise un peu comme il veut. Tu n'es pas obligé de réserver le studio, comme cela s'est passé avec Nydvind. Pour Nydvind, on a enregistré en Belgique et on avait réservé douze jours dans un studio assez connu là-bas (NDR: il s'agit du CCR studio où sont passées, entre autres, Aborted, Hyadningar ou In-Quest). Dans ces moments-là, tu es vraiment stressé parce que tu dois à tout prix rentrer dans le planning. Avec Andrew, on pouvait s'organiser à la dernière minute.


Mais tu as le risque de trop étaler l'enregistrement.
Du coup, c'est un peu le problème, au final. Mais bon, on avait fini l'album de Nydvind plus de deux ans avant que l'album sorte, donc ça n'a pas changé grand-chose. Mais c'est vrai que, si je fais la comparaison entre les deux albums, on a manqué d'organisation. C'est un gros défaut qu'on voudrait arrêter. On aurait dû sortir les albums beaucoup plus tôt. Les deux CD ont été masterisés il y a deux ans et demi et les sortir début 2010 étaient tardifs.


Vous avez quand même réussi à profiter de la fin de la vague pagan. Vous avez failli rater l'énorme explosion du style.
Ouais, en même temps, quand on voit ce que c'est devenu, c'est la fin. Cette mode nous a fait pas mal marrer. Surtout avec Patrick, le batteur, car nous avons créé Bran Barr en 1995 à une époque où le pagan était inexistant. Même le terme pagan n'existait pas à l'époque. Les rares groupes qui jouaient du pagan étaient plutôt les groupes d'Osmose, comme Absu ou Enslaved. C'était des groupes de black ou de black/thrash qui ne faisaient pas du folk en soi mais qui abordaient des sujets de mythologie. Avec Nydvind, on était aussi beaucoup inspirés par Satyricon. Je ne les écoute plus du tout aujourd'hui, mais ils nous ont beaucoup influencés il y a dix-quinze ans. Quand on a sorti le premier album de Bran Barr, on avait un seul équivalent en Europe: c'était Cruachan. C'est un groupe irlandais qui a sorti le premier album de celtic black en 1995 sur un label indépendant (NDR: bonne mémoire, notre ami Richard, l'album "Tuatha Na Gael" est effectivement sorti en 1995 chez Nazgul's Eyrie. Hammerheart a réédité la bestiole en 2001, soit cinq ans trop tôt pour profiter de la mode. A noter que quand Richard parle du groupe, il prononce "Croakann", ne soyez pas surpris s'il vous en cause). Notre premier album ressemble beaucoup à ce qu'ils faisaient à savoir du black avec de la flûte. Il faut savoir qu'à l'époque on n'était pas un groupe de pagan. On était apparentés "celtic", ce qui faisait un peu marrer tout le monde. Mais, et là je vais faire mon vieux con, on pouvait jouer avec des groupes de black, de death ou de thrash, ce n'était pas compartimenté. C'est pour ça que je trouve que c'est bien ce qu'on voit aujourd'hui (NDR: il évoque le Cernunnos Fest) parce que finalement il y a un peu tous les styles. Et à l'époque, c'était aussi ça, on pouvait vraiment se mélanger. Et le problème et l'avantage de la scène pagan, c'est que c'est devenu une scène à part entière. Au final, dans un sens, cela nous a profité parce qu'il y a eu un appel d'air et que les gens se sont intéressés de plus en plus au pagan, surtout grâce à un groupe comme Finntroll. On a pu surfer sur cette tendance-là, mais en même temps cela nous a enfermés dans un style particulier et cela nous a du coup fermé pas mal de portes en termes de concerts. A l'époque, on faisait plus de concerts qu'aujourd'hui, on faisait plus de festivals. Comme le Motocultor cet été en Bretagne, où on a joué avec des groupes de thrash, de heavy. Mais depuis quelques années, c'est quasiment impossible. Aujourd'hui, Bran Barr ne peut jouer que dans des affiches assez pagan.


Avec dix ans de recul, penses-tu que le premier album de Bran Barr a eu une influence?
Non, je ne pense pas. Le premier album de Bran Barr a été très confidentiel, autoproduit. Même si on en a vendu beaucoup. Ce qui est drôle est qu'on en a vendu trois fois plus que le nouveau. Le marché est comme ça. On a vendu plus de deux mille exemplaires des Chroniques de Naerg et moins de mille exemplaires de Sidh. On avait donc eu des bonnes ventes du premier album, mais je n'ai pas le sentiment qu'on ait influencé des groupes. Par contre, à l'époque il n'y avait donc qu'une seule formation qui faisait ce genre de musique, c'était des Irlandais et ils étaient donc légitimes. Et puis on est arrivés derrière, et notre grande fierté est de nous être faits un nom à cette époque-là. On a tourné un peu partout. Bran Barr a eu une longue période de silence, liée aussi à notre organisation interne. Mais sans cette période de silence, je pense que Bran Barr serait monté beaucoup plus haut, parce qu'on avait ce son, cette façon de faire de la musique très spécifique en mélangeant du metal avec de la flûte, spécificité que nous n'avons plus aujourd'hui. Cela fait quelques années que nous n'avons plus de flûte, c'est normal (rire). Avec le recul, les gens se souviennent pas mal du groupe et cela a été une bonne surprise quand on est revenus au devant de la scène il y a quelques années; on s'est rendus compte que les gens ne nous avaient pas oubliés et ça fait plaisir.


Tu penses que vous n'avez pas eu d'influence, mais il y a quand même une scène francilienne, avec Aes Dana ou Heol Telwen...
Ouais, mais je ne pourrais pas prétendre qu'on ait eu une influence sur ces gens-là. D'autant qu'Aes Dana a grandi en même temps que nous. Avec Bran Barr, on est cousins. Tout le monde se connaissait, il y avait des membres communs. Aes Dana a quasiment été fondé en même temps que Bran Barr. Donc il n'y a pas eu d'influence, mais il y a eu une émulation réciproque.


Beaucoup d'échangisme et d'émulation.
Oui, voilà. Un peu moins aujourd'hui, puisqu'Aes Dana n'existe plus.


Et des nouvelles de Heol Telwen?
Oui, puisque notre bassiste est flûtiste dans Heol. Et notre ancien flûtiste de Bran Barr est le leader de Heol. Donc, on a un peu de nouvelles d'eux. C'est un groupe un peu comme nous, des gens qui prennent beaucoup leur temps. Ils sont toujours actifs, ils travaillent sur un nouvel album qu'on peut espérer voir sortir en 2011 si tout va bien. J'en sais pas plus (NDR: Et ils seront en concert à Paris le 19 mars prochain).


Bran Barr a une thématique celtique pour laquelle vous semblez légitime sans être Irlandais. Je suis plus surpris par la thématique viking de Nydvind.
Hé ben, non justement! Je te coupe!


Coupe-moi, vas-y!
Je te coupe! J'ai reçu énormément de questions à ce sujet, un peu comme la tienne. C'est légitime, parce que moi je suis Lorrain à la base. Je ne suis pas du tout Normand. Les Normands pourraient parler viking puisqu'ils ont l'héritage. Mais je n'ai jamais écrit, ni jamais dit dans aucune interview que Nydvind faisait du viking. Nydvind fait du nordique! La nuance est importante. Régulièrement on m'a posé la question, même les Allemands me posaient la question. Donc, j'explique à tout le monde le concept de Nydvind. Je ne sais pas si tu sais que j'avais un groupe de doom qui s'appelait Despond. C'est comme ça que j'ai commencé le metal, dans le doom. Après j'avais Bran Barr, qui est quand même vachement pêchu. Et puis j'avais envie de mélanger tout ça et de faire un espèce de doom/pagan. C'est pour ça que j'adore ce que je viens d'entendre tout à l'heure (NDR: il évoque toujours Dordeduh). J'avais envie de calmer le tempo et d'aller plus dans une démarche zen, nature. Et puis j'ai réfléchi sur ce que je pouvais construire comme concept. Et comme j'étais fan de Bathory, fan d'Enslaved et de toute cette époque nordique. Eux sont légitimes, mais j'aimais beaucoup cette scène-là. Ce côté épique et froid. Et même un groupe comme Immortal, on peut en rire mais le concept d'Immortal me plaisait beaucoup à l'époque. Battles in the North et compagnie. Et du coup, j'ai joué la carte du Nord, du froid, mais jamais je ne parle de Viking. D'ailleurs, ça s'appelle "nordic heathen metal". J'aime bien donner des étiquettes (rire). Nordique, je me suis renseigné, je te raconte un peu le truc. "Nordic" en anglais, ça veut dire scandinave. Le mot anglais a une connotation géographique qu'il n'y a pas en France. Quand j'ai appris ça plus tard, j'étais un peu gêné pour le coup. Au final, mon trip avec Nydvind est "nordisant", ça se ressent jusqu'au nom du groupe. Mais mes influences sont aussi Primordial, que j'adore, et pourtant Primordial n'a rien de nordique.


Côté Nydvind, comment s'est passé ta collaboration avec Loïc Courtete (le leader de Heol Telwen évoqué plus haut)?
Loïc Courtete nous a quittés, on est malheureux. Il était à la fois dans Bran Barr et dans Nydvind. Dans Bran Barr, il était flûtiste, et gratteux dans Nydvind. Et en fait, il a souhaité se recentrer sur Heol Telwen, qui est le projet qu'il a créé. J'ai créé Nydvind en 2000-2001 et en l'espace de trois ans j'avais écrit trente titres. Je ne sais pas ce qui m'est arrivé. Évidemment, dans les trente, il y avait à boire et à manger. Sur l'ensemble, j'en ai gardé un peu plus de vingt. Du coup, j'ai dit aux autres "les gars, désolé, mais il y a quasiment trois albums écrits". Le premier album, j'ai tout écrit. Le deuxième, on a vraiment voulu que Loïc apporte sa touche, parce qu'il est vraiment bien meilleur musicien que moi. Il nous avait proposé deux titres quelques mois avant qu'on rentre en studio, qui sont les deux titres les plus longs de l'album. Ils sont très bons, et dans beaucoup de chroniques ils ressortent du lot. Loïc a apporté une touche beaucoup plus rapide, beaucoup plus technique au groupe. Malheureusement, il nous a quittés. C'est à moi de donner une nouvelle direction au groupe, et celle que j'aimerais donner serait une direction vraiment beaucoup plus lente. Limite ambient. Du coup, le deuxième compositeur du groupe, c'est Nesh qui est bassiste mais également guitariste. Et en ce moment, on travaille sur le nouvel album, qui est déjà quasiment écrit. Nous sommes en pleine phase de composition.


Il sortira chez Trollzorn aussi?
Ah, c'est une question intéressante. Trollzorn est quasiment en faillite. Tu faisais partie de ceux qui disaient que Trollzorn était un label de merde. C'est pas le cas, je pense.


A part Bran Barr et Nydvind, ils ont Menhir et Odroerir, mais le reste du catalogue c'est une catastrophe.
Ils viennent de signer Menhir là. Le problème, c'est que Trollzorn est un peu comme notre fameux label qui nous a lâchés: Det Germanske Folket. Tous ces labels-là se sont complètement engouffrés dans la vague pagan il y a 5-6 ans et ils ont signé peut-être quinze groupes. Quand tu es une petite organisation, tu ne peux pas assurer. Il est arrivé à Trollzorn ce qui est arrivé à Det Germanske Folket il y a deux ans, c'est-à-dire qu'ils se sont vus trop grands, trop gros. Et en même temps, on ne peut pas trop leur en vouloir. Nous, on ne leur en veut pas plus que ça, parce que le marché s'effondre.


Comme le premier Nydvind est sorti chez Sacral, je me dis que tu fais fossoyeurs de labels.
(rire) Oui, oui. Du coup, pour les prochaines sorties, on ne sait pas du tout. En fait, là on en vient à se poser des questions, savoir si ça vaut le coup de continuer à chercher un label. Là, c'est tout récent, on a appris il y a quinze jours que Trollzorn avait mis la clé sous la porte. En fait, ils n'ont pas mis la clé sous la porte, mais ils sont dans un tel déficit qu'ils ont abandonné la moitié de leur catalogue. Ils sont hyper-blindés en stock et n'arrivent pas à l'écouler. Ils ont beaucoup de difficultés. Du coup, maintenant on est assez pessimistes. On se dit qu'eux ou un autre... Je n'exclus pas l'hypothèse de repartir en autoprod.


Cette fois, tu pourras utiliser internet.
Oui, tout à fait. Internet, j'y crois, mais je n'ai pas encore pris le temps de m'intéresser à son aspect commercial. Mais ouais, le prochain album on jouera la carte internet. Et puis on gardera les CD physiques pour vendre aux concerts essentiellement. On essaiera de trouver une distro, voir si Season peut nous distribuer en France par exemple. Mais quand on a plus de label, le problème est qu'il faut tout faire soi-même, comme ça a été le cas avec le premier Bran Barr. Et il faut vraiment beaucoup de temps disponible. Le premier Bran Barr, j'ai fait le VRP auprès de toutes les FNAC de France il y a dix ans. La plupart des magasins FNAC prenait tout en dépôt-vente, ils n'étaient pas saturés comme aujourd'hui. Le mec écoutait, et forcément ça marchait parce que du flûtiau c'était original. Il t'en prenait une dizaine et te rappelait au bout de quinze jours. Et j'en ai vendu des tonnes en France par la FNAC, mais au prix d'heures et d'heures de travail.


Il y a dix ans, j'achetais encore à la FNAC, mais maintenant avec les petites distros, c'est fini.
Ouais, je continue à y aller de temps en temps, mais je me rends compte qu'il n'y a plus grand-chose. Et puis ils sont complètement décalés en termes de prix. J'étais au Virgin il y a pas longtemps, je voyais des CD à 18-20 euros. C'est complètement absurde.


Quels retours as-tu eu par rapport aux deux albums?
Excellents, dans l'ensemble. En vente, ça ne va pas du tout, mais au niveau qualitatif c'est vraiment très bien. Je m'attendais à ce que Bran Barr plaise un peu plus que Nydvind qui est pour le coup un peu moins original. Et en fait, avec Nesh, on s'est amusés à faire une synthèse de toutes nos chroniques et on a quasiment la même note, autour de 8/10 en moyenne. On est vraiment très contents.


En terme de composition, comment vous fonctionnez dans Bran Barr, entre le metal et les éléments traditionnels?
Ce sont essentiellement les guitares qui ont toujours produit la musique dans Bran Barr, même à l'époque où les instrus folk étaient beaucoup plus présents.
Certains groupes de pagan pouet-pouet, qui ne sont d'ailleurs pas des groupes de pagan mais des fakes, ne sont pas construits autour de la guitare. Aujourd'hui, j'ai écouté le dernier Eluveitie. Pour moi, ce n'est plus un groupe de rock. Les gratteux ne font rien, c'est juste un espèce de tapis de guitares. En même temps, c'est efficace parce que la vielle, le pipeau portent la musique. Mais contrairement à ces groupes, Bran Barr a toujours été un groupe de guitaristes à la base. Le principal compositeur de Bran Barr, c'est Olivier de Temple of Baal, qui lui est un VRAI musicien à la base. Il a composé le premier album et 90% du deuxième même s'il n'était plus dans le groupe au moment de la sortie. Et cela a toujours été un groupe qui a été construit avant tout sur les riffs, il y a beaucoup beaucoup de riffs. Et donc notre flûtiste de l'époque, comme son successeur, s'est toujours calé sur les riffs de guitare. Il arrive rarement que ce soit le folk qui prenne l'initiative des compos, sauf dans les interludes ou les intros d'album.


Pour toi, un groupe comme Odroerir qui fait l'inverse et qui utilise les guitares pour le fond derrière, ça ne t'intéresse pas?
C'est une autre approche. Pour moi, ça n'a pas d'intérêt et je n'aime pas du tout. Mais je comprends, c'est une vraie démarche de leur part. Ils ont pris des instrus folk et ils ont mis des guitares en dessous. Je respecte, mais je n'aime pas.


Peux-tu évoquer la véritable saga qui sert de textes à l'album de Bran Barr? Le héros a changé mais le voyage dans le passé est à nouveau de mise.
Les textes du nouvel album, Sidh, ont une fois de plus été inspirés d'une nouvelle écrite par notre batteur, Aed. Cet album relate l'épopée d'un héros nommé Fearg, de sa prime enfance jusqu'à son apogée finale. Il s'agit effectivement d'une saga qui se déroule dans une époque antérieure aux événements racontés dans notre premier album et le lien entre les deux histoires se fait de façon indirecte à la fin de Sidh. Cet album est conçu comme un concept cohérent et enchaîné, où chaque chanson relate un chapitre de l'épopée de Fearg. Cet homme, qui se voit banni de sa cité au début de l'histoire, se verra plongé malgré lui dans un monde solitaire et mystérieux (le Sidh) au sein duquel il connaitra une profonde mutation de sa condition, aussi bien physique que psychologique. Une grande partie de l'album raconte sa longue et pénible errance dans ce monde sombre et inquiétant. La seconde partie de l'album relate sa renaissance et sa montée au pouvoir avant une bataille finale magistrale qui lui offrira un statut de guerrier héroïque.


Certains groupes ont une démarche engagée, que ce soit sur le thème de la nature ou autre, et on sent au niveau des concerts qu'ils sont porteurs de leurs idées et qu'ils veulent faire passer leurs messages.
Je ne vais pas jusque-là. J'ai une démarche personnelle par rapport à la nature. Mais les textes de Bran Barr ou Nydvind sont des textes vachement empiriques et très imaginaires. Mes valeurs, c'est avant tout "aimer ce qu'on fait et faire ce qu'on aime". C'est ça, vraiment. J'aime beaucoup la musique que je fais depuis près de vingt ans. Que je vende des CD ou pas, que je fasse des concerts ou pas, malgré les emmerdes et les galères qu'on a rencontrées, notre histoire montre bien qu'on a toujours pris du plaisir à faire ce qu'on faisait. C'est un peu comme ces groupes des années 80 qui se sont reformés et qui sont contents d'être ensemble et de faire de la musique. Jouer quelque chose qui nous corresponde, sans forcément aller au bout de la démarche et ne pas manger de viande ou autre. C'est pas notre truc, on arrive à faire la part des choses. Il y a une grande part de folklore dans ce qu'on fait, dans le bon sens du terme. L'objectif est de se séparer de son quotidien. On a tous des boulots de folie, mais quand on fait notre musique, quand on part en tournée, quand on rentre en studio, l'objectif est de prendre du plaisir. C'est la seule chose qui nous intéresse. C'est ça nos valeurs, en fait.


Ça se voit sur scène. Tu as envie de communiquer avec le public.
J'adore ça. J'ai toujours énormément communié avec mon public. On va essayer de faire plus de concerts cette année.


Pour Nydvind, tu as dit que vous êtes en pleine composition et que l'album est bien avancé. Pour Bran Barr, on attend encore dix ans?
Les projets pour l'instant sont un peu flous. On ne sait pas trop où on va. C'est un peu une remise en question aussi, quand on apprend qu'on n'a plus de label. Nous avions en effet prévu de sortir une nouvelle version de notre premier album, totalement réenregistrée mais notre fin de collaboration avec Trollzorn a remis en question ce projet. Le groupe est en pleine période de réflexion sur son avenir.


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