- DESERT FEST 2015 par MADRIGAL - 871 lectures




Londres, Berlin et depuis deux ans Anvers, le DesertFest, lieu de pèlerinage des afficionados des musiques stoner et doom en tous genres et surtout tous dérivés, a de fortes volontés d'expansion. Mais avant d'ajouter d'autres villes à la liste citée plus haut il y a besoin de confirmer. Autant les éditions Allemandes et Anglaises font quasiment le plein à chaque fois, autant la version belge a besoin de prouver qu'elle peut réussir à faire mieux qu'une première édition assez réussie. C'est pour cela qu'on est allé traîner nos vieilles carcasses les 9,10 et 11 octobre dernier au pays du bi-fi pour vérifier tout ça.



Vendredi 9 Octobre 2015
Première surprise en arrivant sur site, l'affluence très limitée. Il est vrai que la compagnie ferroviaire belge avait annoncé quelques jours avant le début du festival des grèves devant perturber énormément le trafic vers Anvers. Beaucoup de Parisiens que l'on connaissait avaient dû changer leurs plans pour pouvoir se rendre au festival. On imagine que les belges ont été confrontés au même problème. Et connaissant les légendaires bouchons du ring d'Anvers, on comprend que tous les festivaliers ne sont pas encore arrivés. Ceci étant dit, on reste un peu surpris qu'il n'y ait pas plus de monde.



Histoire de dépenser quelques Euros durement gagnés, on va faire un tour aux stands de merch pour constater que même les groupes semblent être en retard car seuls les disquaires et sérigraphes sont présents. On a la joie de constater que nos chouchous d'Arrache toi un Œil sont là (www.arrachetoiunoeil.com) et qu'ils ont réalisé différentes affiches spécialement pour le festival. Celle de Goatsnake nous fait de l'œil et on se la fait rapidement mettre de côté. On constate également que le disquaire en tous points détestable de Space Fuzz Records est également présent. Avoir une très bonne liste de vinyles ne fait pas de vous quelqu'un de bien…



Plutôt que d'en faire une sinécure, on file voir Monolord qui va commencer sur la scène principale baptisée Desert Stage. On avait eu la chance de voir les Suédois lors de leur précédente tournée Européenne avec Salem's Pot et à l'édition 2015 du Roadburn mais étions tout de même impatients d'ouvrir le festival avec leur Doom « sabbathien » classique et ultra efficace. Le groupe entame son set avec Cursing the One et on comprend à quel point ce morceau de leur deuxième album est déjà devenu un hymne imparable. Le son est massif, le groupe précis et le public rapidement en transe. Au fur et à mesure du set, on réalise qu'il manque un petit quelque chose. On saisit finalement assez rapidement que la scène principale est sûrement bien trop grande pour le trio qui a un peu mal à imposer son jeu. Un petit défaut de présence scénique, une attitude un tantinet en retrait, il n'en faut pas plus pour faire de ce concert une légère déception. Le groupe n'a pas démérité mais on était en droit d'espérer beaucoup mieux tout au long des 45 minutes de concert. Seule la version très étirée d'Empress Rising nous file la banane et sauve le tout et nous redonne tout de même le sourire.




On grimpe ensuite les quelques marches qui nous séparent du premier étage et de la Canyon Stage pour découvrir le groupe Néerlandais de Rotterdam The Machine. Avec pourtant 5 albums et un split avec Sungrazer à leur actif, on ne fait que découvrir le rock, stoner, hardcore du groupe. L'originalité des bataves se situe dans leur facilité à incorporer des rythmiques hardcore à la Helmet dans un rock psychédélique racé. Alors quand le groupe balance des morceaux calibrés de manière classique avec couplets et refrains, il s'en sort plutôt pas mal. Mais dès lors qu'il complexifie ses structures, on finit par s'ennuyer car beaucoup de solos sont approximatifs et reflètent un manque de maturité. De bons riffs, une bonne dynamique scénique mais un besoin certain de grandir ou de se focaliser seulement sur ce qu'il sait faire de mieux. Peut-être qu'en creusant la discographie du groupe, on constatera un peu moins ces disparités.

Set List
Gamma / Awe / Coda Sun / Off Course / Sphere / Come to Light



On file un peu avant la fin du concert pour se placer correctement devant la main stage afin de voir les américains de Moon Duo. Pour être honnête, nous n'avons jamais vraiment creusé la discographie de ce couple, dans la vie comme sur scène, mélangeant un peu tous les aspects du rock psychédélique façon dance floor. Les deux concerts auxquels nous avions déjà assisté nous avaient laissé un souvenir plaisant sans pour autant nous donner l'envie d'approfondir. Mais alors cette fois quelle catastrophe ! Entre le choix de la tenue spacialo-débile, les morceaux psychés rock pénibles et une attitude hypsterisée assez néfaste, on détourne vite les talons. On a quand même tenu 3 morceaux…



La suite est plus compliquée car il faut jongler entre les Allemands de Wucan et les Ukrainiens de Stoned Jesus sans compter un peu de taf à l'espace presse. Ok on a aussi un peu traîné à la table de ping-pong avec nos copains organisateurs des Stoned Gatherings à Paris. Et à vouloir tout faire, on ne fait rien correctement car on ne verra bien évidemment pas l'intégralité des deux concerts, c'était de toute façon impossible puisque les groupes jouaient en même temps. Le rock old-school à flutiau de Wucan influencé par Jethro Tull ou plus récemment Blood Ceremony nous aura bien emballé tant l'interprétation était précise et la voix de la chanteuse Francis Tobolsky (oui oui, vous avez bien lu) envoûtante à souhait. Comme en plus on adore le Thérémine et que le groupe l'emploi toujours à juste titre, nous ne pouvions qu'être emballés. On regarde ensuite rapidement les dernières minutes de Stoned Jesus qui nous font bien secouer la tête. On aurait bien aimé entendre leur reprise du morceau One Armed Scissor d'At the Drive In qu'on adore mais ce soir le groupe en a fait l'impasse.




La tête d'affiche du soir est représentée par les Suédois de Dozer. Un peu l'une des meilleures façons d'entamer la fin de soirée. Du gros rock, du gros stoner et surtout des refrains qui font mouche à chaque fois et ce depuis la fin des années 1990. Car clairement quand il s'agit de faire chanter le public, Dozer, un peu à l'instar de Greenleaf dont les deux groupes partagent le guitariste Tommi Holappa (Greenleaf est né pendant un long hiatus de Dozer entre 2009 et 2012)et la scène sur ce festival, sait faire vibrer une salle comme un seul homme. Et en parlant de refrains imparables, le groupe entame son set avec Drawing Dead et ses riffs mastocs, son esprit très Soundgarden et son refrain magique. Le groove est présent à chaque instant du set, les solos d'une précision incomparable et le public prend un pied sans commune mesure, à part surement le nombre de sourires présents sur les visages de chaque personne dans la salle. C'est quand le groupe entame Exoskeleton Part II qu'on regrette que son dernier album officiel date de 2008 tant les envolées qu'il contient nous collent des frissons à chaque fois. Le chant de Fredrik Nordin est parfait et nous fait instantanément décoller pour ne jamais retomber. Tous les tubes du groupe y passent (The Hills Have Eyes, Feelgood Formula, Big Sky Theory…) et Dozer termine son set avec les imparables Rings of Saturn et Supersoul. La première n'étant que la chanson la plus mythique du groupe, issue de son deuxième album Madre de Dios et la seconde le premier titre de leur premier album... Quelle claque ! Quel groupe ! Quel concert !

Set List
Drawing Dead / Exoskeleton Part II / The Hills Have Eyes / Feelgood Formula / Calamari Sidetrip / The Roof, The River, Revolver / Inside The Falcon / Until Man Exists no More / From Fire Hell / Big Sky Theory / Headed for the Sun / Rings of Saturn / Supersoul




Avant de finir la soirée avec Carlton Melton, on reprend difficilement notre souffle après une telle baffe. On échange, on discute, on débat mais globalement on a tous compris qu'on venait d'assister à un concert qu'on n'oublierait pas. Les prestations de Dozer étant tellement rares, on peut aisément dire qu'on vient de passer un excellent moment. On perd un peu de temps à reprendre nos esprits et quand on décide enfin à rejoindre la Vulture Stage, bar du complexe le Trix dans lequel existe une petite scène, Carlton Melton est déjà en train de jouer et le public s'y est rendu en masse. Nous n'arrivons pas à voir le groupe, il y a trop de monde devant mais on profite quand même du son à distance. Du coup difficile de rentrer dans les expérimentations psychédéliques et instrumentales du groupe américain. Quel dommage car ses albums nous plaisent bien mais la fatigue se faisant également sentir, on rentre tranquillement à l'hôtel…



Samedi 10 octobre
La journée du samedi débute pour nous avec Belzebong. Pendejo et Progerians, respectivement sur la Vulture et la Canyon Stage, ne nous motivant guerre à sortir de la piscine de l'hôtel Scandic qui jouxte le festival. On s'avance donc tranquillement vers la main stage pour le début du set à 16H00. Vous comprenez donc que le festival, dans tous les sens du terme, se fait à la cool. Le groupe arrive sur scène et commence avec un énorme larsen. C'est la troisième fois que nous voyons les Polonais live et la seule où leurs visages sont visibles puisqu'ils ne sont pas cachés derrière une épaisse fumée. Toutes les lights sont bien entendues vertes, à l'instar de toutes les pochettes du groupe mettant en avant leur passion pour une certaine « marie-jeanne ». Après avoir imposé sérieusement leurs présences sans bouger, les musiciens retournent tous leurs instruments et révèlent un SMOKE WEED NOW. Un mot par instrument écrit avec du scotch blanc. L'ambiance est posée et Belzebong peut tout naturellement lancer le premier morceau avec son désormais célèbre Bong Thrower issu de son premier album Sonic Scapes and Weedy Grooves. Le son est très bon, les musiciens précis et le public ravi. Ça groove, c'est lourd, ça retourne le goûter choco BN dans l'estomac avalé juste avant le début du concert. Enchaînement avec Diabolical Dopenosis et Names of the Devil. Le premier tiré du nouvel album du groupe à peine sorti quelques jours auparavant et le deuxième une nouvelle fois du premier album. Le groupe n'avait bien évidemment pas le temps de se frotter aux 14 minutes de Dungeon Vultures tiré de son EP du même nom. Efficace, peut-être un peu mal à l'aise sur une aussi grande scène, Belzebong s'en tire tout de même avec les honneurs et nous avec un excellent début de journée.

Set List
Bong Thrower / Diabolical Dopenosis / Names of the Devil




On se faufile rapidement vers la petite scène pour se faire matraquer les oreilles par les suédois de Deville. Leur nouvel album Make It Belong To Us nous ayant gentiment et récemment chatouillé les esgourdes, c'est avec une certaine impatience qu'on vient écouter les riffs bien mastoc du quartet. Nous n'avions plus vraiment suivi Deville depuis l'album Come Heavy Sleep sorti en 2008. Nous sommes donc clairement passés à côté d'Hydra et c'est pourtant avec un morceau issu de cet album que le groupe démarre son set. Ça nous permet de constater que le son est très propre, les musiciens très techniques comme on pouvait s'en douter et que le public n'a pas fait l'impasse sur ce concert alors que Banda de la Muerte joue en même temps. D'ailleurs d'après ce qu'on nous a dit de la prestation des Argentins, on a bien fait de les éviter tant leur set était quelconque. On revient à Deville pour préciser qu'on a bien évidemment tiqué sur Out The Black et son refrain imparable qui avait largement fait son effet à l'écoute de ce fameux dernier album. Mention spéciale au guitariste chanteur Andreas Bengtsson dont la voix était parfaite et la capacité incroyable à changer de corde en quelques secondes pendant l'intro du morceau titre du dernier album. Pro jusqu'au bout des ongles!

Set List
Burning Towers / Lava / Chief / Out of the Black / The Knife / Make it Belong to Me / Deserter / Over the Edge / Drive / What Remains



Ce n'est que par pure curiosité que nous nous rendons voir le set des Néerlandais de Monomyth. Un collègue de Pelecanus nous en ayant parlé en utilisant tous les superlatifs possibles. On le remercie ici publiquement tant on s'est pris une claque monumentale au rythme des sons rétro psych space kraut rock du groupe. Des envolées incroyables, un son dantesque, une envie de planer immédiate, un groupe délivrant une prestation impeccable aussi bien techniquement qu'émotionnellement. Une découverte à laquelle on ne s'attendait pas et qui nous a donc amené à se procurer immédiatement leurs deux LP.



Dire que nous attendions impatiemment le set de Greenleaf relève d'un doux euphémisme tant nous sommes sous le charme de ce groupe Suédois formé sur les « cendres » de Dozer. On l'a expliqué plus haut. On se retrouve donc bien évidemment au premier rang pour admirer le groove imparable du guitariste Tommi Holappa et le chant possédé d'Arvid Jonsson dont l'attitude scénique ne peut se décrire et nécessite d'être observée au moins une fois. Cet homme est fou et le prouve une nouvelle fois ce soir. Le groupe entame son set tambour battant, sans pause et faisant sonner le stoner blues comme jamais. Précis, juste, subtile et entraînant, le son de Greenleaf nous embarque pendant une heure sans jamais redescendre. On jubile d'entendre le tube Alishan Mountain interprété magistralement avec la sublime voix d'Arvid, la version studio ayant été enregistrée avec leur ancien chanteur. Arvid est clairement l'un des meilleurs chanteurs de cette édition 2015 du DesertFest d'Anvers. Cerise de la soirée, le groupe nous gratifie en avant-première de deux nouvelles chansons de son nouvel album qui sortira en février de cette année. A Million Fireflies et Golden Throne donc que l'on a apprécié du début à la fin, deux futurs tubes. On l'aime ce groupe putain !

A voir : https://www.youtube.com/watch?v=FfjzV0Q0Hp8

Set List
Going Down / Mother Ash / The Drum / Alishan Mountain / A Million Fireflies / Stray Bullet Woman / Electric Ryder / Golden Throne / With Eyes Wide Open / Trails & Passes




On avait beau avoir réellement apprécié Bathsheba sur The Sleeping Gods, son premier EP sorti chez Svart Records, on a sacrément déchanté devant leur prestation sur la Vulture Stage. Balances exécrables, chant bien trop en avant avec des effets assourdissants, gros problèmes de justesse vocale, on a pas compris l'écart phénoménal entre la prestation studio et la prestation live. Le groupe a bien besoin de progresser sur scène et sûrement de travailler avec un vrai ingé-son. A oublier, très vite…
21h00 pointe le bout de son nez et un dilemme nous attend. Voir une énième fois Orange Goblin qu'on adore et qui va commencer sur la scène principale ou découvrir live un de nos derniers coups de cœur, les canadiens de USA Out of Vietnam avec leur post doom rock progressif et apocalyptique que l'on pourrait qualifier de rencontre entre Godspeed You Black Emperor et Neurosis, quelque part. Notre choix se pose sur les seconds pour apporter un peu de variété et finalement beaucoup d'humour. Nous sommes déjà dans la salle depuis quinze minutes à scruter notre montre car le groupe est encore en train de faire ses balances alors qu'il aurait dû commencer depuis un moment. Semblerait-il que l'ingé-son qui s'occupait de Bathsheba a en plus perdu sa montre… Personne ne prévient les membres d'USA out of Vietnam qui continuent à s'afférer et à discuter tranquillement avec le public. On comprend alors que le relatif succès qu'ils rencontrent en Europe les surprend puisqu'ils se disent détestés au Canada. Ils finissent enfin par réaliser qu'ils devraient être déjà sur scène et décident finalement de décaler leur set de 15 minutes pour éviter qu'il ne soit trop écourté car Harsh Toke le groupe suivant ne joue que dans 2h30. De notre côté on comprend petit à petit qu'on est en train de louper Orange Goblin pour rien du tout. C'est pour le moins rageant. Le groupe se décide enfin à commencer à jouer et entame son set avec You Are a Comet, You Are on Fire, superbe pièce de 10 minutes tirée de son premier et excellent album Crashing Disease and Incurable Airplanes. Le son est très bon. En réalité très bon car on est devant car 5 mètres derrière, c'est une bouillie. Le groupe interprète ses morceaux comme possédé par l'événement. On ne peut s'empêcher de sourire en regardant son frontman perdre ses lunettes à chaque fois qu'il bouge un peu trop. Un certain amateurisme qui touche plus qu'il n'affole. Côté prestation, pas grand-chose à redire. Tous les musiciens sont précis et l'ambiance on se dit qu'on a bien fait de rester. Pour l'interprétation et pour le cadeau que nous fait le groupe à enchaîner avec un nouveau morceau absolument sublime après le non moins fabuleux Tonight, The Dead Walk. On termine transporté vers des contrées inconnues et on remercie les Canadiens de nous avoir fait voyager. Ce n'était pas gagné d'avance.





On termine la journée avec Earth et Harsh Toke. Pénible pour le premier et sympathique pour le second. On ne s'étendra pas plus tant la prestation d'Earth n'avait aucun intérêt. On hésite d'ailleurs, on ne sait plus trop bien, si c'est la deuxième ou la troisième note qui nous a le plus déplu. Dylan Carson apprend la guitare devant une salle comble, c'est un comble ! Harsh Toke a lui sauvé un peu plus l'affaire toujours sur la petite scène avec le son approximatif qui la caractérise. Une bonne énergie, de nouveaux morceaux, un public déchaîné et l'alcool qui coulait à flot, auprès des musiciens également. Le moyen idéal de terminer la journée, éreinté et les oreilles qui saignent…



Dimanche 11 Octobre 2015
On commence la journée éreinté des excès de la veille mais toujours décidé à profiter jusqu'à la fin. Surtout qu'aujourd'hui un rêve va se réaliser, voir sur scène pour la première fois les Américains de Bongzilla. Rien que pour ça, le festival valait le déplacement.



Glowsun est le premier à ouvrir les hostilités sur la scène principale. Le groupe débute avec le très hypnotique Death's Face. Le son est très propre, la performance millimétrée mais l'intérêt une nouvelle fois limité. On a pourtant essayé, on ne pourra au moins pas nous reprocher de critiquer sans savoir. Ça doit être le 5ème concert des Lillois auquel nous assistons, nous avons écouté en large et en travers les trois albums du groupe, on apprécie tout particulièrement le leader du groupe Johan Jaccob qui est d'une gentillesse à toute épreuve mais on a du mal à trouver sa musique réellement envoutante. Sur scène comme sur album, on apprécie ce qu'on entend mais on se tourne vite les pouces. Leur stoner psyché est racé mais un peu trop classique, trop propre et sans génie. On a pourtant envie d'être dithyrambique à leurs égards mais chez nous ça ne le fait pas. On tourne donc les talons après Dragon Witch pour se trouver un breuvage adapté à notre matinée tourmentée.

Set List
Death's Face / Dragon Witch / Lost Soul / The Thing



On change de registre avec le hard rock clownesque de Valient Thorr. Le groupe remporte haut la main la palme de la cool attitude la plus déjantée du festival. Spandex ou jeans trop serrés, santiags colorées, pogos à outrance, 2 nouveaux musiciens à la basse et à la batterie (en tout cas nous ne les connaissions pas avant ce soir), et une pêche d'enfer sont tous les ingrédients d'un concert d'anthologie qui a réveillé comme il le fallait un festival qui en avait grand besoin. Tous les tubes du groupe y passent, Double Crossed, Sleeper Awakes ou encore Torn Apart pour notre plus grand plaisir. Nous n'avions plus pogoté depuis une bonne dizaine d'années, Valient Thorr a réveillé le gamin qui dormait en nous. Excellent, en tout point !

On jette un œil rapide au concert de Papir et d'Ufomammut et on en conclue à nouveau, surtout pour le deuxième, que leur doom psychédélique et pesant n'est difficilement pas pour nous. Suivants…



Afin de ne rien rater des deux concerts les plus intéressants de la journée on file se placer bien devant la main stage afin d'assister, et il était temps, à la messe noire de Bongzilla. Pouvoir enfin apprécier une prestation live de ces rednecks du Wisconsin relève de l'exploit tant ils se font rares en Europe. Et que ce soit de la voix écorchée de Mike Makela, à l'énorme son de basse de Cooter Brown qui passera tout le concert à fumer joint sur joint, le chaos complet était au rendez-vous. Un sentiment de destruction massive, de noirceur absolue, de néant abyssal porté haut et fort par le break de Grim Reefer que Bongzilla fera tourner pendant de longues minutes afin de nous bruler totalement le cerveau. Une expérience unique, une longue descente aux enfers, on se répète mais c'est tellement vrai, qui nous empêchera de faire quoique ce soit d'autre avant la prestation de Goatsnake. Seule petite déception, aucun morceau d'Amerijuanican n'a été joué. Quoiqu'il en soit on a pris cher, très cher…






On récupère à peine nos esprits que Goatsnake arrive sur scène et entame son set avec le classique de chez classique Slippin the Stealth tiré de son premier album. La salle est plutôt bien remplie même si celle-ci se videra au fûr et à mesure du concert. Totalement incompréhensible vu la qualité du show auquel nous avons assisté. Le clou du festival, une claque monumentale notamment au regard du dernier show plutôt mou du genou auquel nous avions assisté à Courtrai en Belgique juste après la sortie du dernier album Black Age Blues. Goatsnake s'est clairement bien repris et on comprend vite que c'est lorsqu'il œuvre devant un public acquis à sa cause que le groupe donne le meilleur de lui-même. A l'image de son leader à la voix d'or Pete Stahl. A grandes gorgées de vin rouge, ce grand Monsieur délivre une prestation très juste, n'hésitant pas à faire participer la foule en prenant son lot de gros câlins. Certain lui reprocherait sûrement d'être un peu trop théâtral et donc d'en faire trop, de notre côté nous ne boudons pas notre plaisir d'être devant un frontman digne de ce nom. A notre l'apparition de Mario Lalli de Fatso Jetson sur le rappel avec le tube Elevated Man qu'il saccagera bien comme il faut. En même temps apprendre un morceau 5 minutes avant de monter sur scène n'est jamais très pratique.

Set List
Slippin the Stealth / Flower of Disease / The Orphan / Trower / House of the Moon / Black Age Blues / Graves / Easy Greasy / The Dealer / A Killing Blues / Elevated Man








En résumé nous avons assisté à un festival un peu particulier cette année. Une affluence assez limitée, une affiche un peu décalée mais quelques prestations assez incroyables qui valaient à elles seules le déplacement : Goatnake, Bongzilla, Dozer, USA Out of Vienam, Belzebong pour ne citer qu'elles. Les organisateurs savent dénicher bon nombre de petites perles ne foulant que trop rarement les planches Européennes. Rien que pour ça, on les remercie. Il serait temps maintenant, même si nous n'y croyons pas trop car on fréquente le Trix, anciennement l'Ho Ter Lo, depuis tellement longtemps, que ce superbe complexe soit à la hauteur de la qualité des bières du pays car boire de la Maes Pils relève de la torture. Pour le pays de la bière, c'est quand même une honte !


Auteur
Commentaire
sludge jm
Membre enregistré
Posté le: 22/02/2016 à 13h15 - (1156)
celui qui fera passer BONGZILLA sur Paname devra prévoir une grande salle à mon avis.........vivement ce jour !!



Trez
Membre enregistré
Posté le: 24/02/2016 à 17h55 - (1157)
Le concert de Earth était un des meilleurs du week-end selon moi et j'ai trouvé que celui de Bongzilla était chiant au possible.

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