- CARCASS - OBITUARY - NAPALM DEATH - VOIVOD - HEROD par SEB ON FIRE - 2036 lectures
DEATHCRUSHER TOUR - Le 23/11/2015 - La Cigale - Paris



Pour beaucoup de monde, ce Deathcrusher était « le concert d'après ». Le premier concert après les évènements du Bataclan que l'on a encore tous en tête, ce qui lui donne une saveur particulière. Maintenant, comme les groupes, on est d'abord venu là pour écouter de la musique et pas « Imagine » ou « Allelujah ». On y pense quand on se fait fouiller à l'entrée, beaucoup plus en profondeur que d'habitude et basta. Une fois dans la salle, on oublie et on se fait plaisir. Pour citer The Dude : « Can't be worry about that shit, man. Life goes on.''

N'ayant pas la chance d'avoir des horaires fixes de fonctionnaire, je loupe le set d'Herod, qui débutait son concert à l'heure du goûter, et arrive juste pour le début de VOIVOD, un groupe que, finalement, je connais encore très mal. Je les avais aperçus de loin au Hellfest et ce que j'ai entendu d'eux, surtout les albums « Killing Technology », « Nothingface » et « Negatron » m'avait bien plu, c'est l'occasion de m'imprégner de l'univers du groupe plus en profondeur grâce au live. Bon, pas de bol pour moi, un seul morceau tiré de ces albums sera joué ce soir « Overreaction », pour le reste c'est pratiquement que de l'inconnu et c'est tant mieux, ça permet de découvrir le groupe. C'est la première fois que je venais à La Cigale et c'est une fort belle salle, classe, élégante, une sorte de Divan du Monde mais en plus grand. Le son est très bon de là où je suis placé, tout en haut, sur les sièges, tranquillou, bien posé avec une vue imprenable sur la scène où Snake se démène et conduit le groupe avec son accent si chantant qu'il nous fera partager entre chaque morceau. Le set sera bien équilibré et le groupe déroule son thrash original et si particulier. Moment sympa, l'invitation de Jeff Walker à venir jouer The Prow » avec le groupe. Jeff déboule en tongues, tranquille et jam avec VOIVOD histoire de montrer que, sur cette tournée, tout le monde est pote et se fait plaisir. Une petite quarantaine de minutes plus tard, le set se termine sur une bonne impression générale pour tout le monde : groupe, public et moi, bien content d'avoir le groupe préféré du patron et si important pour notre webzine.



A peine le temps de serrer quelques pinces que NAPALM arrive sur scène. Avec NAPALM, je suis en terrain connu et surtout on est rarement déçu avec la bande à Barney. D'ailleurs Barney sera bien présent sur cette date, lui qui avait du s'absenter et louper quelques concerts de la tournée. Barney présent mais Mitch Harris absent remplacé par j'ai oublié qui, ne m'en voulez pas. Cette date, outre la traditionnelle puissance de feu déployée par le groupe, sera marquée par le grand écart effectué par NAPALM. Six morceaux du dernier album, six issus de Scum. Les vieux et les jeunes seront contents. Le groupe arrive sur « Apex Predator » rejoint par Barney qui enchaine sur « Silence Is Defeaning » d'une résonance toute particulière en ces temps troublés. Barney est plus fit que jamais depuis qu'il a embrassé le régime végétarien. D'emblée, NAPALM DEATH frappe vite, frappe fort, frappe juste avec une entrée de concert centrée sur Apex Predator dont les morceaux sont aussi puissants sur scène que sur disque. « Smash A Single Digit », « Timeless Flogging » et « How The Years Condemn » qui s'enchainent, ça fait mal. Danny Herrera est monstrueux, dans tous les sens du terme, derrière sa batterie, envoie du gros bois et donne l'impression de le faire avec une facilité déconcertante. Limite, il se fait chier le mec. Après la période « Apex Predator », place à « Scum » avec une suite de cinq titres terminée par un « You Suffer » de derrière les fagots. Juste avant, Shane et Barney invite Bill Steer à venir gratouiller un peu sur « Deceiver » et ça fait plaisir. Le temps passe super vite devant ce concert en forme de tornade et déjà « Nazi Punks Fuck Off », précédé d'un petit speech bien comme il faut, déboule comme attendu avant de finir sur « Suffer The Children » et « Siege Of Power ». Voilà, une fois de plus NAPALM est venu, NAPALM a vu, NAPALM a vaincu. Bim Bam Boum, on peut rentrer à la maison.



Enfin pas tout de suite parce qu'avant on va se prendre une bonne dose d'OBITUARY. J'avoue qu'en priorité je suis venu pour eux, et pour NAPALM. Les anglais m'ont convaincu, qu'en est-il des floridiens ? Déjà, je bouge de mon siège, vers la fosse histoire de suer un peu de headbanger comme un dératé sur les premières notes de « Redneck Stomp ». Ce riff me rend ouf à chaque fois. OBITUARY pourrait se pointer, le jouer pendant une heure que je serais le plus heureux des hommes. Après un piétinement redneck bien lourd arrive un « Century Of Lies » encore tout chaud et porté par un très bon son. Décidément La Cigale s'impose comme une superbe salle de concerts que les groupes de Metal doivent investir plus souvent. Comme toujours avec les floridiens, l'heure est à la musique et pas aux blablas. Le père Tardy n'étant pas du genre loquace, faut pas compter sur lui pour envoyer de longs discours, on n'est pas face à Mike Muir ici. Dans la fosse, ça se frotte, ça se fritte et ça se laisse porter gentiment. Par contre pour la millième fois: les gars ce n'est pas la peine de poser votre main sur votre bière quand vous traversez le pit avec, ce n'est pas hermétique. Oui vous allez perdre votre bière. Oui votre bière sera vide en arrivant donc si vous avez 6 balles à perdre, filez-les moi j'en ferai un très bon usage. Oui vous allez vous faire insulter par quelqu'un Le niveau de headbanging est passé en alerte maximum tant les nuques brisées se ramassent à la pelle. « Intoxicated » et « Bloodsoaked » s'enchainent pour une petite leçon de death old school à la cool. Parce que oui OBITUARY est venu à la cool pour envoyer son death boueux et marécageux parsemés de breaks et de moshparts à faire pâlir n'importe groupe de deathcore/beatdwon. Il multiplie les mandales sans avoir l'air d'y toucher, presque sans forcer mais quelle efficacité malgré tout. Le reste est du death floridien pur jus. La fosse est bien chaude et réserve un bon accueil au gang des frères Tardy qui n'en demandait pas tant et enverra les deux redoutables « Don't Care » et « Slowly We Rot » en guise de dernières mandales. Inutile de dire que finir sur ça, c'est l'assurance de mettre le public dans sa poche, surtout que les deux « tubes » du groupe seront parfaitement exécutés. C'est en sueur et fourbu, l'âge se fait sentir, que je retourne m'asseoir pour le dessert de ce festin : CARCASS.



Comme souvent, c'est 1985 qui ouvre le set, porté par un Jeff Walker petit par la taille mais imposant par le talent et l'influence, suivi d'un « Unfit For Human Consumption » qui bien que tiré du dernier album du groupe, annonce la couleur : son lourd et excellente exécution de la part d'un groupe qui ne m'avait jamais vraiment convaincu en live et dont j'avais encore l'horrible concert au Hellfest 2010 ( ?) en tête. Rien que ce premier morceau annihile l'intégralité de ce funeste set. Alors, oui on pourra trouver que « Surgical Steel » occupe une place trop importante dans ce set, alors que pas un seul morceau de « Reek Of Putrefaction » ne sera joué ce soir. C'est un peu dommage, un petit « Genital Grinder » aurait été bien sympa. Le set est rôdé, ça file droit mais on sent que Jeff Walker prend du plaisir à mener sa barque et à jouer les morceaux les plus récents, le public le lui rend bien malgré la fatigue qui s'installe. Le light show est au poil, meilleur que pour les précédents groupes et le son, toujours aussi précis, fait honneur à la complexité des compositions. Je trouve que globalement, le groupe manque un peu de pêche et le concert finit par ronronner tranquillement, à l'américaine. A la décharge de CARCASS, c'était pas évident, ce soir, de passer derrière la Tornade Napalm Death et le rouleau compresseur Obituary. Attention, tout ça est très professionnel et on ne va pas apprendre à Jeff Walker et Bill Steer à faire la grimance mais ça manque un peu de lâcher prise et de folie. De violence aussi. « Exhume To Consule » fera parti des meilleurs moments du concert avec le final sur « Land Of Steel », reprise d'Absolute Power avec plein de musiciens et roadie, dont un étonnant sosie de Rob Halford, sur scène. Une belle façon de clore une belle soirée marquée par les passages dévastateurs de NAPALM et OBITUARY.


Auteur
Commentaire
grinder92
Membre enregistré
Posté le: 01/12/2015 à 13h35 - (1152)
C'est vrai que Napalm est arrivé et a tout arraché ! Impressionnant de puissance ! Mais y'a pas de place à la fioriture dans leur morceaux, c'est "in your face" et basta ! Et Barney qui fait le pantin désarticulé pendant tout le show, ça matche avec le gros son envoyé ! Un "Suffer the Children" d'anthologie !

Carcass c'est plus léché, plus technique et Walker a une grosse basse entre les pattes qui lui donne pas autant de liberté ! Mais c'était excellent tout de même ! Très bien joué, très bon son (j'étais tout en haut). Les mecs ont pris plaisir ça s'est vu !

Et puis Bilou qui va jouer avec Napalm, Walker qui rejoint Voivod, le jam de la fin, ça a donné un côté "on se prend pas la tête" permettant d'alléger l'ambiance très particulière (et lourde) qui planait dans la salle.

Excellente date ! (Content de sortir de la salle vivant aussi ! C'est con comme réflexion, mais malgré tout j'y ai pensé...)

Pilsner
IP:46.218.116.124
Invité
Posté le: 01/12/2015 à 14h07 - (1153)
Concert avec une ambiance très particulière, dans cette salle qui ressemble à un mini bataclan.
Son parfait, Obituary et Napalm death, puis Voivod ont été généreux et exceptionnels. Un peu déçu par un set de carcass dans folie que j'avais pourtant adoré au motocultor.

Du métal à la cigale, on en redemande!

pj666
Membre enregistré
Posté le: 02/12/2015 à 01h10 - (1154)
Ambiance particulière effectivement... J'ai adoré les 4 groupes qui sont pour moi 4 têtes d'affiche. Par contre j'ai trouvé que Carcass défonçait tout en headliner, ils ont été super impressionnants.



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