- MOTOCULTOR par SKAY - 1773 lectures
14 au 16 août - Saint Nolff



MOTOCULTOR 2015



Et voilà, troisième Motocultor pour votre serviteur. Après une expérience moyennement heureuse (2012), où on voyait un certain potentiel malgré de graves manquements (sécurité, nourriture), une expérience top (2013), où on a vu un sacré pas en avant de la part de l'organisation, place à 2015, où on a… éh bien un peu des deux.
Voyons d'abord les choses du bon côté. Pour la partie musicale, l'équipe du Motocultor a vu les choses en grand, avec l'ajout d'une troisième scène, située dans le prolongement de la Supositor Stage. De la même taille (à vue de pif) que la Dave Mustage, la Massey Ferguscene a permit à de gros groupes de jouer, et ainsi de rameuter plus de monde. Le deuxième bar situé devant, permet de se rincer le gosier rapidement et de désengorger le bar principal. Niveau son, c'est globalement excellent, parfois bon, et rarement mauvais. Plutôt top pour un festival de musique. Le site de Saint Nolff est toujours aussi agréable, puisqu'on peut profiter de n'importe quel concert quelle que soit la distance où on se trouve de la scène. On peut même se faire la Supositor et la Massey en même temps si on veut, cool ! Notons également l'extrême bonne humeur des bénévoles, quelle que soit la situation. Et ça, je vais y revenir.

Passons aux côtés négatifs, car il y en a. Tout d'abord, l'organisation des tickets. Je ne sais pas ce qui coinçait (communication insuffisante sur les 2 types de tickets, bénévoles au ralenti), mais il y avait constamment une queue hallucinante pour récupérer ses tickets. Le premier jour, un pote à attendu 2 ( !!) heures avant d'être servi. Du jamais vu sur aucun autre festival…
De même, il serait intéressant pour le Motocultor de laisser aux professionnels certains aspects du festival, notamment la bouffe. Comme pour les tickets, il fallait être extrêmement patient pour se faire servir un sandwich ou une crêpe, quelle que soit l'heure (alors oui, à 11h, il y avait peut-être moins la queue). Sans parler des tarifs, prohibitifs : 5€ la baguette et sa paire de saucisse, sans frites, 7€50 la galette jambon, fromage, œuf (même à Paris on n'ose pas).
Enfin, le plus gros problème de ce festival, c'est le festivalier en lui-même. Oui, on est là pour écouter de la musique et s'amuser. Sauf que s'amuser, c'est pas se bourrer la gueule et se défoncer à en faire chier les voisins. Quand un débile commence à draguer lourdement une copine jusqu'à l'insulter. Quand un mec défoncé et fauché commence à mendier 1 euro dans les files d'attentes. Quand un déchet est tellement bourré qu'il baisse son fute et pisse au beau milieu du festival, je dis stop, on est pas en free party. Et je parle même pas de l'insécurité, puisque le Motocultor est le premier festival que je fréquente où un mec de l'organisation doit prendre le micro pour qu'on fasse attention aux pickpockets. C'est ça le metal ? Un week-end de défonce où aucune loi ni aucun respect n'a sa place ? Depuis quand 1 seul mec suffit à faire ma fouille à l'entrée ? Depuis quand un festival interdit aux chiens laisse les clébards dans le camping ? On sent malheureusement un flottement sur les postes sécurité et accueil du public, au dépend d'une affiche ambitieuse. Mais avant de remplir le site, il faut veiller à la sécurité du public, pour lui donner envie de revenir. Aujourd'hui, le Motocultor ressemble plus à une fête à la saucisse, où l'affiche est pourtant très alléchante.

Mais maintenant, place à la musique.


VENDREDI 14 AOUT 2015

Vu rapidos :
ALL OUT WAR : gros hardcore avec des riffs metal. C'est mid tempo, c'est violent, ça mosh. Ca suffit à opiner de la tête de loin, histoire de prendre la température du festival.
RISE OF THE NORTHSTAR : bon, le racaille metal/hardcore, c'est pas ma came. Alors chapeau au chanteur qui se pointe sur scène avec sa béquille (en avait-il réellement besoin ?), et qui tient le public avec brio. Mais non, sans façon, merci.

STICKY BOYS : hard rock à papa, influencé fortement par AC/DC. L'humour en plus. Bon moment, avec un trio qui joue bien, qui a des putains de riffs, et sait manier l'humour avec parcimonie pour ne pas tomber dans la parodie.



SOLSTAFIR
Les Islandais bénéficient d'une grosse affluence en ce début de soirée. Il faut dire que le groupe n'arrête pas de grossir à force d'albums magnifiques et de tournées incessantes. Après avoir évincé leur batteur historique Gummi (20 ans de loyaux services), c'est aujourd'hui Ari Steinarsson qui occupe les fûts. Alors certes, il cogne carré, mais il manque le groove et le charisme de Gummi, un beau gâchis que voilà. Sur l'avant de scène, comme à leur habitude, le bassiste pose timidement dans son coin, le guitariste Sæþór pose souvent le pied sur le retour, et Aðalbjörnt (chant/guitare) fait un concours de pose pendant tout le set. Ce champion toutes catégories prend un malin plaisir à se la jouer, d'abord pour les photographes, mais après 3 morceaux et la désertion du pit photo, par pure habitude. Heureusement qu'il assure au chant, car quand on a pris l'habitude comme moi de voir SOLSTAFIR régulièrement, ça devient lassant. Tout comme la set-list, sans surprise. Alors oui, les morceaux sont des tubes (Svartir Sandar, Otta, Fjara, Goddess of the Ages) et le temps est limité, mais je reste sur ma faim de nouveautés/raretés. Le concert n'en est pas moins excellent et efficace, servi par un son exemplaire. Mais les habitués risquent de remarquer que c'est un concert réchauffé.




Vu rapidos :
FINNTROLL : affluence énorme devant, et bizarrement, tout le monde devient fou sur Trollhammaren. Mais rien de bien passionnant.



PENTAGRAM
Depuis son retour sur l'avant de la scène, PENTAGRAM, c'est un peu comme un bon vin. Assez moyen voir ridicule (annulation au Hellfest car Bobby loupe son avion, WTF ?), le groupe, et surtout son leader, se sont clairement bonifiés avec le temps. Point de départ notable, l'album Last Rites avec un Bobby Liebling au sommet de sa forme. Forcément, les performances en live dépendent principalement de sa forme, le reste du groupe étant particulièrement en place. Mais passons au concert d'aujourd'hui. Tiens, il est sympa le roadie guitare, mais faudrait peut-être laisser la place à Victor Griffin. Bon, après le premier morceau, les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Ah ben non, il est pas là le Victor. Passé la déception, il faut avouer que le remplaçant, Matt Goldsborough, assure méchamment. Bon, il a pas le même feeling, il massacre quelques solos au début. Mais il a une présence sympa qui colle parfaitement au style du groupe. Avec Greg Turley à la basse, ils assurent bien. Mais forcément, l'attraction, c'est Bobby Liebling. Sorte de croisement entre la mère de Sim et Benny Hill, il illumine la scène de son chant, mais aussi de sa présence. Une fois passé le choc de son tricot bordeaux (qu'il troquera contre un t-shirt aux couleurs du dernier album, ouf), il faut aussi profiter/subir (rayez la mention hein, bon, vous connaissez) ses poses lascives, ses mimiques scabreuses. Le point d'orgue étant quand il chope la jambe de son guitariste en tirant la langue. Sauf que Bobby, il fait le con sur scène, mais il assure surtout au chant comme jamais. Pendant les cinquante minutes accordées, c'est une bête de scène qui déclame tous les classiques (Sign of the Wolf, All Your Sins, Relentless) comme les titres plus récents. En parlant de ça, les morceaux du dernier album passent parfaitement l'épreuve de la scène. Malgré un public calme, mais curieux et attentif, les américains assurent à la fois le show et la musique. Avec plus de 40 ans de carrière, voilà une leçon donnée aux jeunes groupes de l'affiche !



Vu rapidos :
ELUVEITIE : encore plus de monde que sur FINNTROLL. Le folk/metal des suisses fait mouche en Bretagne, avec leurs airs celtes, et leur reprise de Tri Martolod, tellement facile pour faire un carton dans ces terres. Mais leur musique est toujours aussi inintéressante et bateau. Heureusement qu'ils ont ce côté celte qui leur assure ce succès.


TRIPTYKON
Alors que leurs compatriotes viennent juste de finir de jouer, place aux vétérans du metal extrême : TRIPTYKON. Juste après l'intro, la bande à Tom G. Warriow écrase tout le monde avec un Procreation of the Wicked de CELTIC FROST ralenti et alourdi. Le son est énorme, les riffs poisseux, on va passer un bon moment ! Avec deux titres du premier TRIPTYKON, deux titres de Melana Chasmata, les Suisses savent comment plomber l'ambiance. Le public est hypnotisé par la présence sobre de Tom Warrior, secondé par V. Santura qui assure certains leads, tout comme certains chants, glaçants. La ténébreuse Vanja Šlajh, maltraite toujours autant sa basse en headbangant, à tel point qu'elle doit en changer à un moment. Ce petit incident ne semble perturber aucun des protagonistes. Au rang des cadeaux bonux des projets pré-TRIPTYKON, nos helvètes nous gratifient également d'un Circle of the Tyrant de derrière les fagots, evil ! Mais quand Warrior annonce un titre de HELLHAMMER, Messiah, le public reste coi. Bordel, HELLHAMMER !! Bon c'est vrai que les trois-quarts de l'audience étaient encore dans les couilles de leurs pères, mais bon sang de bois, on étudie l'histoire ! Mais le concert était sous de bonnes augures, puisque plus tôt, Warrior présente TRIPTYKON comme venant de Suisse, et étant ici pour redorer l'honneur de leur pays après ce qui s'est passé sur l'autre scène (en parlant de ELUVEITIE), ambiance. En tout cas, Warrior aime l'humour comme son metal : noir. Mais de la part d'une telle figure, on ne peut qu'être d'accord ! TRIPTYKON est venu, a vu et a vaincu le Motocultor en ce vendredi soir !



Vu rapidos :
LITTLE BIG : sérieusement ? Ah oui, effectivement, vu le comportement de certains festivaliers, on est bien en free party. Groupe ridicule, autant que certains débiles du public. Au lit !


SAMEDI 15 AOÛT 2015

Vu rapidos :
KRONOS : toujours aussi brutal, toujours aussi carré. Leur son est énorme, ça joue grave. Mais ça a toujours aussi peu de charisme et d'efficacité.


GLORIOR BELLI
Le black metal sudiste de nos compatriotes aiguisait ma curiosité. Gros fan des débuts, j'ai progressivement lâché le groupe au fur et à mesure de l'ampleur du trip BM des marais. Mais un festival est l'occasion de donner une chance à un groupe oublié ou d'assumer sa curiosité. C'est donc sans à priori que je me pose devant la Massey Ferguscène. Boue et sang marquent les bras et visages des musiciens, l'ambiance est mise. Sauf que ça retombe assez vite. Déjà, la voix est surmixée, donnant l'impression que le chanteur et les musiciens font des morceaux différents, bizarre. Ensuite, à part le bassiste habité par son instrument, les autres sont concentrés mais semblent peu concernés par l'évènement. Les deux guitaristes semblent concentrés lors de certains leads et solos, mais le reste du temps se contentent de jouer proprement les riffs. Billy Bayou, au chant, souffre du même mal. Par moment possédé et haranguant le public, par d'autres perdu sur la grande scène et ne sachant pas quoi faire lors de parties plus instrumentales. Alors qu'on pourrait s'attendre à un concert poisseux, c'est plutôt un set propret auquel on assiste, dommage. Heureusement, la prestation a été capturée par la GoPro sur le manche de la guitare du chanteur.



TANKARD
Blitzkrieg, première partie. Premier groupe de thrash teuton de la journée, TANKARD '''ouvre'' pour leurs compatriotes de SODOM. Mené par un Gerre en très grande forme, les allemands mettent tout le public d'accord dès le premier titre : Zombie Attack. Pas de tour de chauffe, on envoie le bois direct. Armé d'un son en titane, TANKARD enchaine les tubes et fait danser le public à grand renfort de riffs entrainants. The Morning After, Rest in Beer, Chemical Invasion, A Girl Called Cerveza, autant d'hymne à la bière mais également à la nuque svelte et agile, qui s'agite d'avant en arrière. La bonne humeur est de mise, le headbang furieux et les slams à gogo sont les seuls comportements admis. L'annexion de la Bretagne a bien commencé !




SODOM
Blitzkrieg, seconde partie. Après avoir été diverti par TANKARD, place à la machine de guerre SODOM pour la seconde leçon de thrash allemand. Alors là, on rigole moins. Là encore, aucun préliminaire. Boum, Agent Orange dans ta gueule ! Pas de chance par contre, le son est assez moyen. Un fléau qui gâchera tout le concert. Parce que le son de scie circulaire, oui, mais rouillée, non. Dommage car Angelripper, Bernemann et Makka sont en grande forme, et le public est très nombreux devant la Dave Mustage. Malgré le son, c'est quand même jouissif de se faire maltraiter les tympans à coup de Outbreak of Evil, The Saw is the Law, Sodomy and Lust, Blasphemer. Et puis le final sur Ausgebombt, de quoi aimer se faire rouler sur le pied par un Panzer. Même blessé, SODOM reste intouchable !




BÖMBERS
« On est BÖMBERS, et on fait aussi du rock'n roll ». Pas de doute, on est en présence du plus grand groupe de reprise de MOTÖRHEAD. Clope au bec, Killminister (aussi connu sous le sobriquet d'Abbath) monte sur scène, et pique les lunettes de soleil d'un photographe dans la fosse. Et c'est parti pour cinquante minutes de MOTÖRHEAD à fond les ballons. Abbath a réellement des faux airs de Lemmy derrière son micro, la tête renversée en arrière, et le chant imitant au plus prêt son idole. Tatouage TWISTED SISTER apparent, Fast Tore (STUDFAUST) est le pendant Norvégien de Phil Campbell, et assure aussi bien riffs que solos endiablés. Quant à Party Animal Taylor, c'est simplement le deuxième meilleur batteur du monde. Alors que les tubes s'enchainent, mon a(l)colyte et moi-même nous rendons compte d'un truc : le public est complètement amorphe, et ne semble pas connaitre les morceaux. Même sur les titres les plus connus (Overkill, Iron Fist, Orgasmatron (aaaaargh), No Class), une huitre aurait plus headbangé ce soir. Mais bordel, c'est MOTÖRHEAD joué avec une putain d'énergie, comme il y a trente ans !! Quand Abbath demande au public de se retourner pour Shoot You in the Back, seuls les connaisseurs ( ?) comprennent l'allusion et le suivent. On devait être 10. Il a fallu attendre la toute fin du concert, et Ace of Spades, pour qu'enfin le public ignare se réveille un peu. BÖMBERS a fait un putain de show, mais c'était donner de la confiture à des cochons. Par contre, je vous rassure, les lunettes de soleil ont été rendues à leur propriétaire, sans dommage.




Vu rapidos :
ULTRA VOMIT : énorme affluence. Pas autre chose à dire.
DEATH DTA : putain ça joue. Di Giorgio est un dieu à la basse. Le son est énorme, toutes les périodes de DEATH y passent. Mais je n'arrive pas à comprendre où veulent en venir les mecs, et à part les débuts, le DEATH ultra technique me laisse indifférent. Grosse ambiance dans le public qui jubile de voir cette incarnation de DEATH. Aller, on va dire que c'est pour la bonne cause, jusqu'à preuve du contraire.

BRUJERIA : mais bordel, il y a tout là dedans pour passer un bon moment : Jeff Walker et Shane Embury incognitos, de l'accent mexicain, des machettes aux couleurs du Mexique. Il y a même un travelo dégueulasse qui chante avec les deux frontmen. Et la reprise de la Macarena renommé « Marijuana ». Parfait hombre !



GOD SEED
A peine arrivés devant la scène, voilà qu'on apprend qu'il s'agit du dernier concert de GOD SEED. Quoi ?! Depuis, pas trop de news. Mais ce qui est clair, c'est que cette annonce a hanté tout le concert. On se surprend à chercher tous les indices de dissension dans le groupe. Déjà, et c'est le plus évident, la différence d'attitude entre Gaahl et le reste du groupe. Gaahl, comme à son habitude, grimé, blouson en cuir, attitude inquiétante, fait les cent pas en toisant le public. Son regard froid rend mal à l'aise plus d'un photographe et métalleux. Les autres membres sont au contraire en mode « rien à foutre ». Notamment King, qui n'a pas pris la peine de se maquiller. Forcément, sans maquillage, avec son pantalon patte d'eph' et ses santiags, ressemble plus à un hippie qu'à une star du black metal. Il se met toujours autant en avant, brandissant sa basse et multipliant les moues. Comme la première fois que je les avais vus, j'ai toujours cette fâcheuse impression que GOD SEED est une somme d'individualités, sans cohésion scénique. Par contre, musicalement, c'est mieux. Armés d'un gros son, les Norvégiens assurent avec leur black metal froid rappelant forcément GORGOROTH. Gaahl est toujours aussi glaçant avec son chant désincarné, tandis que les riffs sont tranchants. Au final, GOD SEED nous gratifie d'un dernier concert assez particulier, entre un résultat musical à la hauteur, mais une prestation scénique passable, certainement le fruit de cette rupture entre les musiciens. Affaire à suivre en tout cas.





DIMANCHE 16 AOÛT 2016

Vu rapidos :
GUTALAX : des musiciens avec du caca sur les vêtements, du PQ qui vole dans le public, du grindcore. Parfait !
ALCEST : non merci (mais le chant était moins faux que la dernière fois que je les avais vu).


DOPETHRONE
Ça fait un peu bizarre de voir les DOPETHRONE sur une grande scène, en pleine journée. Il faut dire que leur doom/sludge est plus adapté aux salles surchauffées. Heureusement, Vincent (chant/guitare), est en forme et réchauffe le public breton de son accent québécois chantant. Les mecs sont déjà bien imbibés, et continueront à s'hydrater tout au long du set. Complètement possédé par sa musique, Vincent gratifie l'assistance de ces grimaces en chantant, avec son timbre écorché. Les riffs enfumés des cousins font dodeliner les têtes présentes devant la Massey Ferguscène. Derrière ses fûts, l'imposant Big Borman martyrise sa batterie, difficile de croire qu'un tel grizzly est banquier dans la vraie vie. Ce dernier se fait d'ailleurs chambrer par Vincent. Histoire de faire local, le trio appelle un fier représentant du doom breton, Ronan, chanteur et leader de HUATA. Armé de son habituelle bouteille de chouchen, qu'il fait allègrement tourner sur scène avec ses camarades, il prend le micro pour un titre du dernier album, Scum Fuck Blues. Les quarante-cinq minutes de set passent ironiquement rapidement, mais donnent sévèrement soif. On croisera d'ailleurs les québécois régulièrement sur le site toute la journée, armés à chaque fois d'une bière.



ANTROPOMORPHIA
Confirmés en dernière minute, afin de remplacer l'un des groupes qui s'est désisté, ANTROPOMORPHIA n'est pas le groupe néerlandais le plus connu dans nos contrées. Le public particulièrement clairsemé ne dément pas cet état de fait. Bon, il faut avouer que le death metal des bataves est assez classique et basique. Assez mid-tempo, il fait hocher de la tête. Certains se risquent dans un pogo à deux ou trois, rapidement avorté. Le groupe est particulièrement statique, notamment l'imposant bassiste. Le chanteur/guitariste a également un talent de regarder droit en face de lui, sans dévier, assez impressionnant. Malgré tout, le son est massif, et si le set manque de communication et d'ambiance, sur scène comme dans le public, on passe un bon moment. Leur death metal est efficace à défaut d'être original ou personnel, et est calibré pour éviter la purge NE OBLIVISCARIS (qui ramène beaucoup plus de monde, étonnement).



Vu rapidos :
KATAKLYSM : concert qu'on peut résumer par « ohé ça va les cousins ? ». Sinon, death metal classique et basique, prestation similaire aux Xemes fois précédentes (remplace X par le nombre de fois où tu as vu KATAKLYSM).

KRISIUN : brutal, efficace, Satan, samba. Le trio a tout ravagé sur son passage, avec un son un poil moyen, mais compensé par une efficacité à toute épreuve !



AGALLOCH
La nuit est maintenant tombée, l'ambiance est parfaite pour AGALLOCH et son folk metal contemplatif. La subtilité de la musique des américains requiert un son impeccable, pour en capter tous les détails. Par chance, c'est le cas ce soir, le son est parfait, le mix est idéal. Etant en configuration festival, la set-list est raccourcie pour respecter les timings (lors de la tournée, les dates en salle voient le temps de jeu multiplié par 2, voire plus). Sur les cinq albums du groupe, seuls trois sont représentés, avec la part belle au dernier, The Serpent & The Sphere, qui a droit à 3 extraits. Suit Ashes Against the Grain avec deux titres, et Pale Folklore qui a droit à un titre. Il faut dire que les morceaux sont longs, et le temps de jeu court en comparaison. La prestation est toute en sobriété, notamment de la part de John Haughm (guitare, chant), timide et réservé, qui n'adresse la parole au public que pour annoncer certains morceaux. Don Anderson (guitare) et Jason William Walton (basse), sont plus démonstratifs, mais sans exagération. La prestation plonge le public dans une catatonie, certains étant possédés par la musique d'AGALLOCH, les autres découvrant religieusement le groupe. Une bien belle prestation, même s'il manquait des morceaux de The Mantle, à mon goût.



ORANGE GOBLIN
Quoi de mieux pour terminer un festival qu'une louche de gros hard rock bien velu sous les bras. Et quoi de mieux pour interpréter ça que les anglais d'ORANGE GOBLIN. Tu veux du riff qui déboite les cervicales, et bien profite ! Dans une ambiance chauffée à blanc, les rosbifs assènent gifles sur gifles. On ne peut pas dire qu'ils sont perfides, les mecs. Les riffs sont directs, le son gras comme un fish&chips, et l'imposant Ben Ward tient de main de maitre le public avec son charisme. Morceau après morceau, le public devient de plus en plus fou, slammant et headbanguant à qui mieux mieux. Et l'interlude pour fêter l'anniversaire de Joe Hoare n'a que renforcé cette alchimie. Yann, l'organisateur est même monté sur scène à ce moment pour lui apporter un gâteau d'anniversaire. Cinquante minutes de headbang plus tard, il est temps de se désaltérer le gosier, d'autant que les mecs d'ORANGE GOBLIN m'ont encore plus donné soif à les voir descendre cannettes sur cannettes sur scène.




Vu rapidos :
OPETH : la fin, après avoir fait la queue pendant près d'une heure pour une crêpe au saucisson. Oui, c'est bizarre. OPETH ? Ca avait l'air pas mal.


Après trois jours de festival, le constat est simple. Il y avait des putains de concerts, servis par un son excellent. Malheureusement, un week-end gâché par quelques soucis d'organisation (attente, sécurité), et un public dégénéré qui empêche les amateurs de musique d'assouvir leur passion. Rien n'est perdu pour le Motocultor, mais il faudra faire des changements drastiques l'année prochaine, avant qu'un drame arrive.


Auteur
Commentaire
big brother
Membre enregistré
Posté le: 02/10/2015 à 18h05 - (1148)
A mon avis, le côté "grand n'importe quoi" du public et de l'orga est la marque de fabrique du Motocultor. L'orga est dépassée car elle ne fait appel qu'à des bénévoles (sauf la sécu), ce qui permet d'avoir un telle affiche avec un pass pas trop cher.
Pour ce qui concerne le public je trouve que ça s'est calmé depuis un ou deux ans, mais l'orga base une grande partie de sa com' sur le côté déconne de ce fest, et l'assume totalement (même s'il y a moins de groupes uniquement pour faire la fête qu'auparavant, du style Naheulband ou MC Circulaire). Le pire (ou le meilleur, ça dépend du point de vue) reste tout de même le camping.
Quand à l'annulation de Pentagram il y a quelques années au Hellfest, le chanteur avait bien pris l'avion, mais avait oublié chez lui ... son dentier (véridique).



david110869
Membre enregistré
Posté le: 02/10/2015 à 19h19 - (1149)
Le souci du Motocultor, c'est que malgré de nombreuses années d'existence, il y a beaucoup de laisser allers. Les changements de passage de groupes ne sont annoncés nulle part et quand il n'y a plus un plat de disponible à manger, on n'en sait fichtre rien, ce qui provoque attentes et engueulades stériles...
L'idée d'interdire toutes bouteilles de verre au camping ralentit le passage pour y entrer! On se croirait prendre l'avion dans un aéroport...



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