- THROATRUINER FEST MMXV par SEB ON FIRE - 1300 lectures
Le 14/05/2015 - Le Glazart - Paris



Ca fait déjà cinq ans, le temps passe vite, que Throatruiner nous surine les oreilles avec ses sorties régulières et de qualités pour la grande majorité. Cinq ans et cinquante disques, ça se fête, le label, enfin Matthias, a mis sur pieds une petite sauterie en trois temps. Nous, on était à la fête inaugurale, à Paris, durant laquelle huit groupes issus du roster Throatruiner se sont succédés sur la scène du Glazart.

En bon chef d'entreprise, c'est le patron lui-même qui Montre l'exemple et ouvre le bal avec ses camardes de l'orchestre CALVAIIRE. Le groupe ouvre tôt, 16h30 tapantes, devant un public bien maigrichon. Qu'à cela ne tienne, CALVAIIRE a prévu un équarrissage en règle aux quelques courageux qui ont bravé la pluie par amour de la violence. Tel un Henry Rollins breton, Matthias arpente la scène vêtu d'un simple short et d'une paire de petite basket afin de cracher ses lyrics à la face de qui voudra bien les écouter. A la face des autres aussi d'ailleurs. Le hardcore sombre et chaotique du groupe gagne encore en férocité lorsqu'il est joué sur scène. Lourd, brutal et direct, les morceaux du groupe s'enchaînent comme autant de coups de boutoir. Malheureusement le set sera entaché d'un son un peu brouillon et d'un bris de corde qui cassera l'intensité d'un set jusque là porté par une débauche d'agressivité presque animale. Le groupe reprendra après cinq longues minutes de silence mais, comme la corde de guitare, la dynamique du concert s'est cassée net. Pas grave on se sera tout de même pris quinze grosses minutes de violence dans le visage.



Place aux basques de THE RODEO IDIOT ENGINE qui envoie un hardcore très Convergien dans l'esprit de Trap Them, Pulling Teeth et consort : sombre, lourd et très tranchants avec quelques relents chaotiques tirés de leurs débuts très Dillingerien. Le groupe assure sur scène et enquille les structures alambiquées, les breaks brise nuque et les riffs déstructurés. Ca bourrine mais ça reste propre et maîtrisé malgré un jeu de scène énergique. TRIE fait moins dans l'agression directe que Clavaire mais envoie tout autant de tartes, de manière un peu différente, plus dans l'alternance des tempos et l'empilement des riffs. Le vocaliste, lui, semble souffrir à chaque note éructée. Faut dire que la voix est très en retrait dans le mix, ce qui n'aide pas. Une bon set quoiqu'un poil long, sur la longueur, l'intensité faiblit un poil et si on ne s'ennuie pas, on ne trouve pas la même excitation qu'en début de set. Le hardcore, même très sombre et alambiqué se déguste sur des courtes durées.



Changement d'atmosphère et de décor avec COMITY, les vétérans parisiens offrent une musique qui sort un peu du moule « Throatruinercore ». Les musiciens se place sur le devant de la scène, à 3 de front, avec sur la droite un petit clavier électronique qui sert à balancer quelques samples et autres atmosphères sonores. D'emblée, on sent que les gars en ont vu d'autres et ont roulé leur bosse. Tout est dans la maitrise, dans la retenue. Certes, Comity bouge moins que les jeunes zazous qui les ont précédés sur scène mais musicalement, ils n'ont rien a leur envier. Les parisiens envoient des morceaux long, alambiqués, tortueux, sinueux, à cheval entre le post hardcore, le sludge et le metal, le tout avec quelques petites saillies expérimentales ou noise. Les trois voix différentes apportent beaucoup de variations et de dynamisme à des morceaux longs et puissants. La section rythmique assure un excellent boulot et maintient le groupe sur les rails. COMITY terminera par un nouveau morceau qui ne dépareille pas dans leur set. Là, pour une fois les trente minutes paraissent un peu courtes, la musique de COMITY s'apprécie sur la longueur et demande du temps pour dérouler toutes ses méandres.



DEATH ENGINE, on ne va pas se mentir, est un groupe auquel je n'ai jamais vraiment accroché dans l'écurie du label. Sur scène, ce sera un peu pareil. Les gars font une musique correcte et tienne leur scène mais il me manque un truc, quelque chose qui fait que je ne rentre pas dedans. Pourtant les parisiens auront le meilleur son de la soirée, une voix bien dans le mix, chaque instrument sonne proprement et ça fait plaisir. Maintenant, il ne me reste pas grand-chose du set si ce n'est quelques ambiances pesantes et gros riffs post hardcore qui tachent mais c'est tout. Là aussi, le set me semble un peu longuet vers la fin. Un groupe qui ne démérite pas mais qui ne me convainc pas plus sur scène que sur disque. Du coup je vais boire un coup au bar parce que bon, hein, on vient tout de même de s'enquiller quatre groupes et il y en a encore autant à venir.



Des parisiens laissent la place à d'autres parisiens. Death Engine s'efface pour laisse toute la place à COWARDS, un des groupes que j'attendais le plus et qui m'a convaincu à moitié ce soir. Sur disque ce groupe balance des gifles et « Rise To Infamy » est un des gros albums de cette première moitié d'année. Ce soir, ils seront clairement handicapé par un problème de micros et une voix absente, tellement mangé »e par la basse et les guitares qu'elle est parfois inaudibles malgré tous les efforts du vocaliste qui crache pourtant son fiel comme si sa vie en dépendait. L'affluence grossi peu à peu et COWARDS a visiblement ramené du monde Les morceaux hyper hargneux du groupe prennent tout leur sens sur scène avec l'attitude des musiciens. D'un des deux guitariste surtout qui n'aurait pas dépareillé aux côtés de Pascal Pastore. Les titres suintent la haine et la violence, le hardcore agressif du groupe est tempéré par de grosses parties sludge qui rappellent les vétérans d'Es La Guerilla sur certains passages. Les extraits du nouvel album s'insèrent parfaitement dans le set et gagnent encore en violence, le côté hardcore est accentué sur scène. A noter que COWARDS officie avec un batteur intérimaire, issu de Death Mercedes, qui aura parfaitement rempli son job même si, bien sur, le feeling n'est pas le même qu'avec l'habituel titulaire du poste. Les musiciens quittent la scène un après les autres pour laisser le bassiste et le batteur terminer dans un jam hypnotique à deux histoire de faire retomber la pression d'un set sans concessions. Dommage pour ce putain de micro et ce mixage de voix foiré mais le groupe repasse début juin avec Suburban Scum.



Maintenant, place au Black Metal, au Mal, à Satan. Enfin, je plaisante un peu même si les toulousains de PLEBEIAN GRANDSTAND s'inspire énormément du black metal tendance orthodoxe pour balancer sa sauce à la face du monde. Les gars vont tout simplement balancer le meilleur set de la soirée. La scène est plongée dans le rouge pour créer une atmosphère propice au black/core/post/crust des toulousains. Le concert commence par un blast infernal suivi de petit riffs à la Mayhem. PLEBEIAN crée un déluge de notes, une tornade de violence/ La violence, la haine suinte mais la maîtrise des morceaux hyper techniques et chaotique est malgré tout présente. Sans maîtrise, la puissance n'est rien, ils l'ont bien compris. On va avoir droit à 35 minutes de vraie violence, on va être emporté dans un maelström de rythme, de larsens, de notes, de riffs, de blasts, etc etc… PLEBEIAN GRANDSTAND parvient à mettre sur pied une musique d'une grande richesse et d'une violence sans nom et qui, qui plus est, est vraiment bien retranscrite sur scène. Le set de la soirée, sans aucun doute. On aurait pu rentrer chez soi, on ne verra pas mieux. Difficile de passer derrière ça.



C'est pourtant BIRDS IN ROW qui s'y colle, la tête de gondole de l'écurie Throatruiner désormais signée chez Deathwish. Les lavallois vont tout donner et faire honneur à leur réputation en livrant une bonne prestation. Très punk/hardcore dans l'esprit, BIRDS IN ROW ne perds pas de temps et optimise chaque seconde de sa présence sur scène. Le son est bon, les voix présentes et le jeu de lumières bleutées très correct sied tout à fait au groupe qui égraine les morceaux de son répertoire tout en prenant le temps de remercier les copains. Là aussi, les deux voix assure une belle dynamique au concert. Pas besoin d'être douze pour faire du bruit, du côté de Laval on préfère la formule du power trio guitare, basse, batterie et voila, pas d'autres chichis. Les trois gars prouvent qu'ils n'ont pas volé leur place aux States même si, le concert est trop sage, il manque un peu de folie, de hargne, de rage. Tout ceci est très, trop propre et trop carré mais on sent vraiment qu'ils prennent du bon temps, content d'être là et nous aussi. Finalement, c'est là le principal.



Si c'est le groupe du patron qui avait ouvert les hostilités, c'est à AS WE DRAW que revient l'honneur de conclure en beauté. Un choix logique pour un groupe qui opère dans un créneau un peu plus atmosphériques que ses comparses, ce qui est bien choisi pour terminer la soirée dans une relative douceur. Relative parce qu'AS WE DRAW envoie tout de même du gras avec son post hardcore tout en ambiances, en atmosphères et pleines de spleen. Ca fait du bien de terminer comme ça, surtout que le groupe joue avec un gros son, plein de basse et avec une voix audible. Le groupe est fidèle à son statut et se fait plaisir, nous fait plaisir, avec ses titres longs, tortueux et d'une grande richesse. Les lavallois livrent un concert tout en classe et et en rage contenue. Malheureusement je dois partir à mi parcours parce qu'il se fait tard et tout le monde ne fait pas le pont.

Le bilan est plus que positif donc pour ce premier Throatruiner fest. Les groupes étaient au rendez-vous, malgré une certaine uniformité musicale et on fait honneur au label. Personnellement, j'aurais bien aimé voir Nesseria et Vuyvr mais bon, on ne peut pas tout avoir. Le point noir de la soirée sera une assistance plutôt clairsemée et quelques problèmes de son sur plusieurs groupes. Mais pour une première c'était une belle démonstration du savoir faire made in France.



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Commentaire
Chara
Membre enregistré
Posté le: 24/05/2015 à 10h38 - (1052)
Bien d'accord avec toi pour dire que Plebeian a fait le meilleur concert.
Ce fest était vraiment bon. Merci à l'orga et aux groupes.

Chara
Membre enregistré
Posté le: 24/05/2015 à 10h39 - (1053)
Bien d'accord avec toi pour dire que Plebeian a fait le meilleur concert.
Ce fest était vraiment bon. Merci à l'orga et aux groupes.

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