- PARTY SAN OPEN AIR 2013 par SKAY - 2690 lectures
08-10/08/2013, Flugplatz Obermehler Schlotheim, Allemagne de l'est



Aaah le mois d'août, les vacances, le soleil, les plages bondées et remplies de morues à l'huile… Les cocktails, les tongs et les shorts. Mais surtout, les festivals metal !! Bah oui, on n'est pas des touristes nous. Et à VS, on aime bien le début du mois d'août pour aller en villégiature à Schlotheim (toujours aussi chiant à écrire) pour couvrir et surtout profiter du PARTY.SAN OPEN AIR !

Le contingent est un peu modifié, mais l'équipe est sur-motivée pour une édition qui s'annonce alléchante. Comme d'habitude, l'affiche est orientée metal extrême dans tout ce que ça comporte : death, grind, black, doom, un soupçon de heavy pointu et surtout un public de passionné qui diffère des énormes festivals : ils vont voir les concerts. C'est donc un public plutôt nombreux qui se masse devant les scènes dès l'après-midi, et pas uniquement pour les têtes d'affiches. D'ailleurs, les têtes d'affiches ne sont pas forcément beaucoup plus grosses que les groupes de l'après-midi (exception faite de VENOM), c'est donc un line-up fort et homogène que les gentils organisateurs nous ont concocté.


TAG EINZ – 08/08/2013
WELCOME TO HELL



Etant arrivés plus tard que prévu, je bénis le dieu Quechua d'avoir inventé la tente Tortue Ninja. Grâce à ça, le camp de base est monté plus rapidement que le temps de boire une bière, et je ne loupe pas complètement BOMBS OF HADES. Les suédois ont la lourde tâche d'ouvrir le festival ce jeudi. Même si le line-up d'aujourd'hui est moins fourni que les autres jours (la journée débute à 16h30), le public a encore dans le crane les bières et cocktails ingurgités jusqu'à des heures indues, le camping et le metal disco étant ouverts depuis mardi soir. BOMBS OF HADES, c'est un groupe de vieux jouant de la musique de vieux. Leur death metal old school aux relents de crust est idéal pour débuter le festival, car il est particulièrement efficace et invite (oblige ?) au headbang. Même si je ne vois que les 10 dernières minutes, c'est suffisant pour me faire regretter d'avoir loupé le début, mais également remarquer qu'il y a du vent aujourd'hui, et que ce dernier fait beaucoup tourner le son. Ça n'entame pas la motivation du groupe qui, entre deux morceaux, invite le public à se bourrer la gueule, eux-mêmes étant déjà attaqués. Ni une, ni deux, j'obéis ! Du riff rugueux, un chant imbibé et gras, du headbang et du houblon, voilà une entame de festival qui me plait bien !


L'arrivée de FARSOT sur scène après cette décharge d'énergie m'a parue quelque peu bizarre. Le groupe a délaissé son maquillage sur scène pour une mise en scène très sobre. Le son est plutôt bon, et l'exécution du black metal atmosphérique des teutons est sans faille. Seul soucis, leur musique est taillée pour les ambiances intimistes, et jouer en plein après-midi n'aide pas à rentrer dans la performance. Le groupe est assez statique et l'ambiance peine à décoller réellement. Je lâche l'affaire après 2 morceaux sans avoir réussi à me plonger dans le set, ce qui est rageant car en salle le groupe est largement plus intéressant.


Les Danois de DENIAL OF GOD investissent ensuite la scène pour un rituel efficace. Accompagné d'un bassiste et d'un second guitariste live, le trio devenu quatuor a droit à ses 45 minutes de concert. De quoi rameuter un parterre conséquent qui soutient le groupe en opinant du chef. Les quatre musiciens sont tous maquillés, le chanteur est lui vêtu d'une redingote noire qui donne un effet très kitsch. Un peu à l'image du backdrop représentant la pochette du nouvel album sorti l'année dernière et de leur black metal basique. Attention, je dis basique, mais le concert était excellent. Ustumallagam s'est débarrassé de sa redingote au bout de 2 morceaux et a joué à la perfection son rôle de frontman, arpentant la scène et s'adressant au public en chantant. Le guitariste de session est lui aussi particulier, grimaçant tout le concert tout en jouant. Armés de morceaux efficaces, les Danois ont réveillé un peu plus le festival. Une bonne performance.


Si vous cherchez les Français de l'étape, vous trouverez ALCEST. Oui, je sais, ça me l'a fait aussi. ALCEST entre DENIAL OF GOD et DESTRÖYER 666, il fallait oser… Mais aussi surprenant que ça puisse être, le public est très nombreux devant nos compatriotes. Malheureusement pour tout le monde, le son ne sera pas top, notamment un manque de réverb sur le chant. Ce dernier est d'ailleurs assez approximatif (impression renforcée par le son médiocre), et le chanteur communique beaucoup avec l'ingé-son pendant le concert. Etant allergique à la musique du groupe depuis quelques années, c'est de très loin que j'ai suivi le concert, mais nombreux sont ceux qui ont apprécié ce concert.


Pour DESTRÖYER 666, par contre, on se précipite devant la scène. Les australo-teutons sont en forme et bénéficient d'un bon son. Même s'il manque d'un chouilla de patate, les guitares ont un son tranchant, ce qui est parfait pour profiter des morceaux du groupe. Cachés derrières leurs cheveux et une épaisse fumée, le quatuor enchaîne les classiques black/death pour le plus grand plaisir des cervicales du public. L'affluence a encore augmenté, et il ne fait aucun doute que DESTRÖYER 666 est une valeur sûre en Allemagne. Ils le sont également sur scène, proposant un set solide, sans temps morts. Les morceaux sont taillés pour le live et tranchent dans le vif. La reprise de SLAYER, "Black Magic", finira de mettre tout le monde d'accord, alors qu'ils ne la jouent qu'en milieu de set. Un sans faute du groupe. Seul manque au concert, les bidons cracheurs de feu qui auraient transformé ce très bon concert en concert d'exception.


Beaucoup attendent CARPATHIAN FOREST, dont votre serviteur. Les Norvégiens se sont fait rares ces derniers temps, et les apparitions live cette année se compte sur les doigts des mains. Le son est plutôt bon quand ils commencent le set, et notamment la basse particulièrement en avant. Les musiciens, eux, sont bien en place, corpsepaints et clous de rigueur. Mais quand on pense CARPATHIAN FOREST, on pense en premier lieu à NATTEFROST, le charismatique et taré frontman. Aujourd'hui il est en bonne forme physique, arpentant la scène de long en large, courant, et surtout jouant avec un « grand » crucifix, qu'il lance parfois en l'air (vraiment en l'air). C'est d'ailleurs un miracle impie qu'aucun de ses musiciens ne se l'ait pas pris sur le coin de la tronche. Il multiplie les poses « evil » et harangue le public sans cesse. Un vrai client pour les photographes. Par contre, son chant manque clairement de puissance, et on le sent plus d'une fois à la peine dans le chant black, qui se transforme en gargouillis aigu. Ce qui vous l'imaginez gâche un peu la prestation qui ne manquait que ça pour être parfaite.


Après ce bon show, la pression va très fortement retomber, la faute à LEGION OF THE DAMNED en premier. Pas que le groupe soit mauvais, au contraire. Le chanteur est bien présent, les musiciens occupent tout l'espace et les premières flammes font leur apparition pour donner un peu plus d'ambiance au concert. Malheureusement, le thrash/death des ricains n'est pas le plus original qui soit, leurs morceaux tournent en rond et se ressemblent trop, et on finit par s'ennuyer devant une prestation somme toute quelconque.

Mais avec HEAVEN SHALL BURN, on atteint le pompon. Ok, le PARTY.SAN est un gros festival, mais plutôt spécialisé. Voir les teutons habitués des salles et festivals plus généralistes en tête d'affiche est plutôt surprenant. Alors oui, c'est carré, c'est efficace, mais on s'en souvient autant que de sa première bière… Le public ne s'y trompe pas, car malgré un noyau dur de fans et jouant à domicile, le groupe n'arrive pas à le garder à sa cause, et il y aura moins de monde devant la scène que pour les groupes précédents.

Cette première journée s'achève donc doucement au Metaldisco, avec quelques verres, avant de regagner nos pénates pour un repos (approximatif) bien mérité. D'ailleurs, le stand Brutz & Brückel est un bon plan pour trouver des somnifères parfumés.


TAG ZWEI – 09/08/2013
WOMEN, LEATHER AND HELL


Comme d'habitude, le soleil qui tape, réveille le festivalier tôt dans sa tente, et impossible de se rendormir. Les douches étant prises d'assaut, direction Schlotheim pour prendre un solide mais civilisé petit-déjeuner, en évitant celui du festival un peu trop brutal. Le café est bon, les sandwichs efficaces, parfait pour attaquer tranquillement la journée.


Après une douche rapidement expédiée (forcément, quand tu as 5 teutons de 95 kilos qui t'attendent, tu ne fais pas ta coquette), direction le site pour voir la fin de GUTALAX. Habillés de combinaisons blanches de travaux maculées d'une substance marron dont on répugne à savoir la provenance, les 4 distillent leur grind gruik-gruik à un public peu nombreux mais motivé. Les cotillons ont volé, les guitares en plastique sont de sortie, le circle-pit a enclenché la seconde. Comme l'année dernière avec MALIGNANT TUMOUR, voilà un concert fun et brutal pour se réveiller du bon pied.


L'ambiance reste grind avec la suite et MAGRUDERGRIND. Si le groupe est mois fun sur scène, étant habillé de t-shirts/shorts ou jeans, il est encore plus brutal au niveau musique. MAGRUDERGRIND est une valeur sûre de la scène grind, et on en vient à regretter qu'ils jouent sur la grande scène et pas la tente, où l'ambiance aurait été plus dense et poisseuse. Le gros son dont ils bénéficient sert à merveille leur musique, et les rares qui n'étaient pas encore réveillés ont maintenant les yeux grand ouverts.


Petit changement de programme pour suivre, car c'est DR. LIVING DEAD qui enchaîne, changeant de place avec GRAVEYARD qui jouera après. Vous savez que j'aime beaucoup ce groupe, notamment en live, et encore une fois, les Suédois ne m'ont pas déçu. S'ils sont jeunes, ils pratiquent un thrash/crossover des plus efficaces, et avancent masqués. Les musiciens bougent beaucoup même s'ils respectent leurs places de prédilection, par contre le chanteur, lui, court dans tous les sens. Il assure la communication, présentant les titres et discutant avec le public (« vous aimez Jean-Claude Vandamme ? »). Musicalement, c'est forcément taillé pour la scène et les festivals, et le groupe est aidé par un bon son. Forcément, on est en Allemagne, donc le public reste plutôt calme mais les mouvements de nuques sont un signe favorable pour le groupe.


GRAVEYARD monte donc sur scène. Si vous avez lu ma chronique du dernier album, vous saurez donc que c'est un groupe que j'attendais. Bonne nouvelle, le chant est beaucoup moins fade sur scène que sur album, c'est donc un problème de mix. Autre bonne nouvelle, le son est excellent. On peut donc apprécier totalement le plus suédois des groupes espagnols. En plus, avec Hagrid à la basse, c'est la classe (merci Tonton pour la vanne). La prestation est sobre, le death old school du groupe passe bien l'épreuve de la scène. Malheureusement, il a tendance à s'essouffler sur la longueur. Un groupe à revoir en salle, pour réellement en profiter.


On continue dans l'exotique avec les nippons de COFFINS. Le groupe vient défendre son nouvel album en Europe, et sont déterminés à rendre poisseux un festival qui ne demande que ça. Accueilli par un public conquis à sa cause, le quatuor va nous montrer qu'ils n'assurent pas uniquement dans les petites salles sombres. Le grand vainqueur est Ryo, le chanteur (ex-bassiste du groupe), qui assure méchamment. Pourtant, le bonhomme semble avoir un sacré coup dans le nez, alimenté en continu pendant le concert par sa bouteille de Jack qu'il descend doucement mais sûrement entre chaque growl. D'ailleurs, il assure grave le chant, alors qu'il titube et menace de s'écrouler à chaque instant. Imperturbable derrière ses lunettes de soleil, Uchino nous assène de riffs gras et tranchants dans la plus pure tradition d'ASPHYX ou AUTOPSY. Le bassiste parait tout gentil, mais assure grave et le batteur cogne comme un sourd. Le groupe jouera un morceau de plus, ayant fini son set un peu plus tôt que prévu. Le son énorme couplé à l'assurance branlante du chanteur ont fait de ce set l'un des meilleurs de la journée voire du festival. Comme le disait Tom G. Warrior : « Ouh ! »


Dur de passer après ça, et c'est une pointure qui s'y colle : SHINING from Sweden. Ne m'intéressant pas aux frasques de Niklas et sa bande, je reste quelques instants pour voir de quoi il retourne. Le groupe jouera principalement des morceaux récents (à priori), et le jeu de provocation de Niklas est maintenant bien rôdé mais plutôt stérile. Faire des doigts d'honneur aux photographes et insulter les premiers rangs n'est plus très effrayant. N'étant que moyennement passionné par la musique comme par ce qu'il se passe sur scène, c'est le nez dans les bacs que je passerais le concert.


J'attendais par contre beaucoup GRAND SUPREME BLOOD COURT, le nouveau projet de la bande à ASPHYX/HAIL OF BULLETS. Vu le line-up, j'espérais du lourd (je n'avais pas encore écouté). Résultat, ce concert a fait autant de bruit qu'un claque-doigt dans un entrepôt désaffecté. Malgré un groupe content d'être là, un Martin van Drunen très communicatif (il parle allemand couramment) et un bon son correct, force est de constater que le death old school des bataves bande mou. C'est quasiment que du mid-tempo, les parties « doom/death » sont cheap et les parties plus rapides boiteuses. Le son manque en plus d'un peu de patate, mais même ça n'aurait pas pu sauver des compos insipides. Visiblement le groupe de trop, les musiciens assurant déjà grave avec HAIL OF BULLETS et ASPHYX.

Je me place donc rapidement sous la tente pour WOUND. Les allemands sont dotés d'un gros son (que quasiment tous les groupes auront) et visiblement sont contents d'être sur scène au Party.San. Le chanteur notamment montre sa bonne humeur, tout en assurant son chant hargneux. Car si WOUND c'est du old school, ils sont plutôt du côté des énervés que des doomsters. Le death des teutons est velu, gras, méchant. La prestation est plutôt sobre mais le groupe envoie le bois, ce qui suffit au public présent pour se défouler un peu les cervicales.


Des cervicales qui n'ont pas le temps de se reposer avec VOMITORY. Je découvre les vétérans suédois ce soir (oui honte, joues rouges, tout ça), et je me rends compte que béh, ça blast. J'ai du mal à rentrer dans ce concert, car les subtilités du groupe m'échappent, mais clairement je sens qu'ils manquent à ma culture. A creuser, mais pour l'heure, je me rabats plutôt sur la brune locale, largement meilleure que la blonde (on parle bière, bande de vicelards).

Dernier groupe de la journée pour moi sous la tente, ALCHEMYST distille son death metal occulte à une assistance fournie. Il faut dire que le premier album des teutons est excellent. Planqués derrière leurs cheveux et surtout une épaisse fumée, le groupe est carré mais plutôt statique. La musique prime avant tout. Le son est plutôt bon, ce qui permet de profiter des ambiances glauques et rampantes des morceaux. C'est heureux qu'ils aient joué sous la tente, car en plein jour, leur musique aurait perdu beaucoup d'impact. Une bonne performance qui plombe sacrément l'ambiance.


En tant que fanboy de PRIMORDIAL, je m'approche le plus possible de la scène. Une bien mauvaise stratégie puisque le son était relativement mauvais d'où je me trouvais (à 5/10 mètres de la scène), on m'a rapporté un meilleur son plus loin. PRIMORDIAL et le Party.San, c'est une histoire d'amour puisque c'est la quatrième fois qu'ils sont invités sur l'affiche. Autant dire que le public les connait bien et que le groupe arrive en terrain conquis. A. Nemtheanga l'a d'ailleurs bien compris et communique beaucoup avec le public. En véritable bête de scène, il mène du bout du doigt le public, qui obéit le sourire aux lèvres en reprenant les morceaux. Côté set-list, le dernier album a eu la primeur, mais les classiques ont été joués. C'est assez simple, les 45 minutes sont passées trop rapidement, et tout le public en aurait bien repris le double (au moins). Encore un putain de show des irlandais, de quoi se précipiter boire une Guinness à la fin du concert !


La suite est forcément moins aguichante. UNLEASHED fait le boulot efficacement. Alors oui, on a l'impression d'entendre le même morceau pendant 45 minutes, mais les suédois ont un son énorme et leur death mid-tempo ultra répétitif est quand même une sacrée invitation au headbang. Grosse affluence devant le groupe.

Pendant DYING FETUS, je n'ai pas compris grand-chose… Le trio joue méchamment, c'est technique, le batteur est une vraie brute derrière ses fûts. Mais c'est tellement technique que les mecs ne bougent pas d'un iota et sans connaitre les morceaux, on finit par s'ennuyer. Les fans ont du apprécier, car le son était encore une fois excellent.


Quand HYPOCRISY monte sur scène, la fin de soirée de la veille commence à se rappeler à mon bon souvenir. Résultat, je ne tiens qu'une trentaine de minute. Le groupe enchaîne les morceaux sans temps morts, Peter ne parle que très peu au public. Les flammes sont de sortie, pour mettre encore un peu plus d'ambiance. Je sens que je ne suis pas le seul à décrocher, puisque le public a déjà commencé à regagner sa tente, déjà depuis DYING FETUS. Pas que le concert soit mauvais, mais il manque un truc pour accrocher vraiment. Mon manque de connaissance du groupe et la fatigue ont donc raison de moi, la journée s'achève au milieu de leur concert.

Je m'aperçois que mon titre est un brin mensonger, et qu'il manque une photo d'une demoiselle, voilà de quoi me faire pardonner :



Tag Drei – 10/08/2013
IN LEAGUE WITH SATAN


Etant réveillés tôt à cause du soleil, on rentre du petit déjeuner quand BONSAI KITTEN est encore sous la tente en train de jouer. Ce groupe de psycho/rockabilly essaie de mettre l'ambiance à un maigre public venu en curieux. La chanteuse est survoltée et saute partout, mais peine à réveiller le public encore embrumé de la veille.

Une tâche qu'essaiera d'accomplir SKELETAL REMAINS, avec un peu plus de succès. Les chicanos débarquent tôt ce matin avec leur death metal déterré de la fin des années 80. Fortement inspirés par les premiers DEATH, les californiens mettent tout de suite l'ambiance. Car si leur musique n'est pas originale pour un sou, on sent qu'elle est exécutée avec passion. Tout respire les 80's chez ce groupe, qui auront rameuté pas mal de monde pour ce premier concert de la journée.


Toujours en « mission pour réinjecter le metal dans le doom », PROCESSION débarque ensuite sur la mainstage. Malgré un air fatigué, Felipe (chant/guitare) rappelle au public qu'il n'aime pas la mode actuelle du stoner et des hippies qui polluent. Et comme arme de combat, il brandit le doom trad' de son groupe. Il est toujours secondé sur scène de Jonas Pedersen à la guitare (STRYCHNOS, VEIN) et du batteur Uno Bruniusson (IN SOLITUDE, VEIN), et bien sur du bassiste Claudio Botarro Neira. L'alchimie est parfaite entre les deux membres historiques et les deux musiciens live. Compte-tenu de la longueur des morceaux, les musiciens n'auront le temps d'en jouer que trois, dont deux extraits de l'excellent nouvel album, "To Reap Heavens Apart" (dont le morceau-titre), et un du premier album du groupe, le titre "Chants to the Nameless". Si le chant de Felipe est comme d'habitude plus ou moins approximatif (mais c'est ce qui fait son charme), le son est écrasant, et les nuques oscillent lentement en rythme. Le doom pachydermique de l'école CANDLEMASS fait mouche et PROCESSION prouve qu'il faut compter sur ces nouveaux Croisés du doom à l'avenir.


On reste dans le doom avec HOODED MENACE. Les finlandais sont sortis de leur grotte et écument les festivals cet été. Ce n'est donc pas étonnant de les retrouver à Schlotheim. Forcément, le quatuor avance encapuchonné sur scène. Dommage, il s'agit de leurs sweats, et non de réels capuchons. Le décorum en prend un coup. Le gros problème de HOODED MENACE est leur attitude sur scène, qui crie « je me fais chier ici !! ». Chaque musicien reste dans son coin, le headbang est timide (forcément, avec la capuche…), on regarde ses pieds, bref, ils ont vraiment l'air de s'emmerder sur scène. Pourtant, l'exécution est bonne, le son grassouillet comme il faut et le chant convainquant. Mais en deux prestations, j'ai fait mon deuil : HOODED MENACE est un groupe de salon, pas de live. Et ça fait chier.

Je regarde de loin DEMONICAL, qui m'a un peu découragé tant leur death suédois mélodique manquait d'éléments accrocheurs. Séance de rattrapage à Paris.


Par contre, TSJUDER est une valeur sûre en live, et comme bon nombre de festivaliers, je les attendais avec impatience. Il faut dire qu'à trois, ils assurent autant voire plus que bon nombre de combos à quatre ou cinq sur scène. Nag hypnotise le public avec son chant hargneux et sa basse, tandis que Draugluin assène ses riffs assassins. Comme d'habitude, derrière son kit AntiChristian maltraite ses fûts. C'est brutal, carré, c'est Norvégien. Forcément, aucune surprise, aucune prise de risque, la set-list est classique (on a d'ailleurs droit à la reprise de "Sacrifice" de BATHORY). TSJUDER en live, c'est comme un coup de latte dans les couilles, sauf que là, tu les acclames entre chaque titre et tu en redemande. 45 minutes de pur black metal Norvégien, à apprécier en famille et entre amis. Dommage qu'ils soient aussi tôt sur l'affiche.

OBSCURA en live, ça m'ennuie et m'endors. Une faille spatio-temporelle m'a fait me réveiller dans ma tente, incroyable. Oui, ça joue grave, mais quand il y a autant de notes dans un riff d'OBSCURA que dans tout un concert de doom, j'arrive plus à suivre. Je privilégie donc le repos, puis la tente avec ERAZOR. Œuvrant dans un thrash old school et bas du front, les teutons vont incendier la Partytent à coup de riffs tranchants et de vocaux écorchés. Ne cherchez pas l'originalité, ERAZOR, c'est le culte du cuir, des cartouchières, des baskets à languettes et du vieux thrash à la SODOM/old KREATOR. De l'ultra efficace pour décrocher les nuques des guerriers présents. De quoi te réveiller de ta sieste, jeune padawan !


On change totalement d'atmosphère avec HELRUNAR. Les teutons montent sur scène devant un parterre acquis à leur cause. Il faut dire que le groupe est une valeur sûre du pagan black metal. Dépourvue de sandales ou autre pipeau désagréable, la musique des locaux est sombre, prenante et à la fois guerrière. Le jeu de scène est sobre, mais Skald Draugir, le chanteur arpente la scène et est très proche du public. L'interprétation est sans faille, appuyée par un son encore une fois excellent. La seule faille à la prestation étant le temps, HELRUNAR prend réellement toute sa dimension en salle où règne une atmosphère plus intimiste. Les morceaux joués sont heureusement majoritairement rentre-dedans (pour le groupe), ce qui permet de pallier plus ou moins au manque d'ambiance sombre de la météo.


Lorsque DESASTER monte sur scène, c'est une foule très nombreuse qui les acclame. Le groupe est à domicile, et un habitué du festival. Ce groupe est un vrai bonheur pour les photographes et le public, car tous les musiciens sont des posers professionnels. Difficile d'ignorer leurs tatouages, le cuir et leurs clous tant ils les montrent dans tous les sens à l'assistance. Mais attention, DESASTER, ce n'est pas que des poses pour draguer les minettes. C'est également un putain de black/thrash dévastateur. Armés d'un bon son, le combo assène ses riffs tranchants à un public assoiffé. Le chanteur, affable, discute beaucoup en teuton avec ce dernier, et le groupe leur offre une reprise de SLAYER, "Black Magic" (oui, encore).

Sous la tente, les Grands Anciens ont mis une ambiance poisseuse. Et leurs disciples, SULPHUR AEON, ont instillé ténèbres et folie dans les âmes damnées présentes. Fortement influencés par l'œuvre de Lovecraft, les teutons proposent un death metal occulte et rampant. Les tentacules de Cthulhu ne sont pas loin des amplis du combo, tant leur musique est remplie d'ambiances abyssales et impies. Découvrant le groupe, c'est une baffe que les bouffeurs de choucroute de la mer m'infligent ici. A creuser impérativement, tant la musique de SULPHUR AEON est dense, unique et sombre.

Forcément, après une telle claque, j'attendais moins IMPALED NAZARENE. Tant mieux, car ils ne sont pas à l'heure. Des problèmes ont fortement retardé le groupe (on apprendra par la suite que c'est un problème de navette qui en est la cause).

Résultat, les finnois débarquent sur scène en même temps que ATTIC. Même si les Allemands font un copier/coller de MERCYFUL FATE/KING DIAMOND, force est de constater que c'est peut-être le clone le plus crédible et honnête du moment. Le chanteur assure vraiment énormément dans sa copie du KING, et c'est d'autant plus impressionnant qu'il chante principalement en chant aigu. On donne donc dans le heavy occulte et sombre, servi par un très bon son sous la tente. Le public est plus nombreux que pour les groupes précédents, et malgré un manque de communication, ATTIC captive son public. Certes, certains sont gênés voire trouvent abusé un tel niveau de copie d'une figure mythique, mais la majorité présente prend le groupe pour ce qu'il est : un hommage génial qui pousse le mimétisme jusqu'au bout. Et quand c'est réussi (car le pari était plus que périlleux), ça vaut vraiment le coup.


Direction la Mainstage pour voir un peu ce que donne IMPALED NAZARENE. L'organisation a décidé de décaler son planning pour permettre aux finnois de faire leur set comme prévu. On approche quasiment de l'heure de retard au niveau planning. Le groupe joue déjà depuis presque une demi-heure quand je m'approche de la scène, et c'est un bourdonnement/son de tronçonneuse qui m'agresse les cages à miel. Ah non, c'est IN qui ne sait pas se régler et qui a un son pourri. Ça plus le pauvre Mika qui essaie de hurler dans son micro pour avoir un semblant de voix, et je n'ai pas besoin de 3 morceaux pour me rendre compte que la prestation des finlandais n'est pas convaincante. Alors certes, ils ont démarré le concert juste après avoir sauté du taxi qui les a déposés au pied de la scène, mais la prestation manque de puissance.


Place à DESTRUCTION pour la suite. Si les finnois manquaient de puissance, les teutons, eux, ont sorti les armes de destruction massive. Une preuve qu'à trois on peut faire plus de bruit qu'un combo de cinq. Mike est en forme et arpente la scène comme son manche. Mais celui qui retient toute l'attention, c'est Schmier. Le chanteur/bassiste est déjà naturellement physiquement impressionnant, et c'est encore plus flagrant sur scène, tant Mike semble petit et rabougri. Cette différence de style est gommée par tout le cuir et les clous portés par les deux compères. Très en voix, Schmier fait ce qu'il veut du public, complètement acquis à sa cause. Les refrains des classiques sont tous passés en revue par l'assistance, qui headbang et se lâche. DESTRUCTION en Allemagne, c'est quelque chose.


J'assiste ensuite de loin à la prestation de KORPIKLAANI. Atchoum à la basse, un mec à chapeau et des instruments peu communs (violon et accordéon), voilà ce qu'on peut voir. Pour ce qui est de la musique, j'en étais resté à KORPIKLAANI = musique pour picoler. C'est ce qu'on a effectivement en début de concert. Un folk metal dansant sentant la taverne. On aime ou pas, mais c'est efficace et fédérateur. Jusqu'à un moment où ils ralentissent tout, assombrissent les lights et surtout l'ambiance. On me souffle que le dernier album est assez plombant. Eh bien pour plomber, il plombe. Le rythme est ralenti, l'ambiance pesante et triste. Clairement le groupe a mis de côté sa facette de bardes de tavernes pour conter des histoires poignantes. Sauf qu'à priori je ne suis pas le seul a être surpris, et le public commence à s'ennuyer un brin. Même leur hymne, "Beer, Beer", n'arrivera pas à réveiller l'audience, d'autant plus que le groupe n'a pas l'air d'y croire, l'esprit encore dans les nouveaux titres.


Pendant que CARCASS prépare sa scène, le public se masse devant la Mainstage. En plus d'être sorti de son sommeil en 2007, le groupe venait aussi défendre son nouvel album "Surgical Steel". Lorsque les rosbifs montent sur scène, c'est tout d'abord la surprise du bon son qui me saisit. Les anglais bénéficient d'un son précis, gras et puissant, idéal pour profiter de leur musique au mieux. Alors qu'ils sont souvent massacrés niveau son, ce soir, c'est nickel. Une récurrence sur le Party.San, mais qu'il faut vraiment saluer. Par contre, n'étant pas fan du groupe, j'ai quand même du mal à rentrer dans le concert. Jeff Walker est vraiment en forme, surtout vocalement, tandis que Bill Steer fait son autiste sur sa guitare, en assurant dans tous les cas. Ben Ash, le dernier arrivé, semble assurer ses parties, comme Daniel Wilding derrière les fûts. De l'aveu de fans, ce concert était énorme. Je les crois sur parole.


Il est près de 1h du matin quand LA tête d'affiche, les affreux de VENOM montent sur scène. Forcément, seul Cronos est le survivant du line-up d'origine. Mais il est accompagné de deux excellents musiciens, Rage à la guitare et Danté derrière les fûts. Première bonne surprise, le son est excellent. J'avais très très peur suite au Hellfest 2008 où le son était absolument exécrable (au point de ne pas reconnaître les morceaux). Deuxième surprise, même si on s'y attendait un peu, la set-list. Cronos annonce dès le départ que le set sera old school. C'est simple, à part le dernier titre, on aura droit à que des morceaux des années 80, je crois même ne pas prendre trop de risque à dire qu'il n'y avait qu'un seul titre d'après 85, "Pedal to the Metal", tiré du dernier album en date, et joué en dernier (un peu pour dire : « rentrez chez vous, il n'y a plus rien à voir ! »). La part belle est faite à "Black Metal", forcément, mais "Welcome to Hell" et dans une (très) moindre mesure "At War with Satan" ont droit de cité. Cronos est en bonne forme dans son maillot rikiki et retient toute l'attention. Aidé par les flammes de l'enfer, le trio clôt une excellente cuvée 2013 du Party.San.


C'est donc fourbu qu'on regagne nos pénates ce samedi soir. Encore une fois, le Party.San nous a régalé. On a eu droit à des concerts excellents : PRIMORDIAL, VENOM, COFFINS, DESTRÖYER 666, ALCHEMYST, PROCESSION, SULPHUR AEON, d'ailleurs on ne retiendra que les bons concerts.
Niveau houblon, si la blonde ressemble à de l'urine brassée, la brune est excellente et désaltérante. Pour les affamés, la Guinness était également disponible. On n'oubliera pas les cocktails du Brutz & Brackel, ainsi que les Cuba Libre frais. En cas de mal de gorge, n'oublions pas le classique d'Allemagne : le met (vin au miel). Niveau gastronomie, les classiques ont la dent dure : currywurst, ½ poulet, schweinaxe (jarret de porc braisé) ou le knoblauchbrot (que j'ai oublié de goûter, aaargh).
L'ambiance était également excellente, pas de prise de tête en règle générale (malgré quelques échauffourées, dues à des degrés d'alcool un poil élevé). Avec une affluence en progression il me semble par rapport à l'année dernière, le Party.San reste tout a fait praticable, loin des mastodontes allemands ou français. Avec une affiche orientée metal extrême de qualité misant sur les têtes d'affiche mais aussi sur les jeunes loups aux dents longues, le PSOA reste une valeur sûre des destinations d'été. Peuplé de passionnés qui se déplacent pour un maximum de groupe, c'est « en famille » qu'on s'y déplace. On est à des années-lumière du carnaval de juin de Clisson, et l'ambiance s'en ressent, beaucoup moins pipi-caca, sans être trop sérieuse pour autant.



Vous l'aurez compris, le Party.San Open Air cuvée 2013 est encore une fois un succès, et le festival de Schlotheim est une valeur sûre. N'hésitez pas à réserver votre week-end du 7 au 9 août 2013, le PSOA fête ses 20 ans, autant dire que ses organisateurs vont certainement plancher sur du très lourd !


Un grand merci à Koalita et Tonton pour les photos et les bons moments passés sur le festival (et après) !



Auteur
Commentaire
senior canardo
IP:94.199.125.58
Invité
Posté le: 24/09/2013 à 15h18 - (548)
report sympa !encore un bon cru cette année ! j'ai carrement zappé les groupes sous la tente quel con !

hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 24/09/2013 à 15h26 - (549)
Bon report, par contre y sont pas bataves les Legion Of The Damned?

GabinEastwood
Membre enregistré
Posté le: 24/09/2013 à 15h41 - (550)
hammerbattalion < si si je confirme, ils sont néerlandais.

En tout cas excellent report qui donne grave envie ! Bravo Skay



grozeil
Membre enregistré
Posté le: 24/09/2013 à 16h07 - (551)
Jaloux je suis, j'aurai voulu voir Atchoum à la basse.



Charly
IP:95.81.162.61
Invité
Posté le: 24/09/2013 à 16h18 - (552)
100% ok avec ton report !

TyrannyForYou
Membre enregistré
Posté le: 24/09/2013 à 16h38 - (553)
Un excellent fest', j'y retourne l'an prochain !!
Les tueries 2013 : Venom, Dying Fetus, Carcass et Gutulax (pas moyen de mettre la main sur un cd, les stands ont été dévalisés !)
Shining, c'était incroyablement mauvais, pire que le concert de la Rumeur il y a quelques années, et ça tient de la performance à ce niveau !



djabtrash
Membre enregistré
Posté le: 24/09/2013 à 16h56 - (554)
@tyrannyforyou : La rumeur a joué au Party San ??? :)

TyrannyForYou
Membre enregistré
Posté le: 24/09/2013 à 18h40 - (555)
Je parle d'un concert à Lille dans un petit bar appelé "La Rumeur", c'était franchement à chier lol !

Pivot
IP:90.33.179.82
Invité
Posté le: 24/09/2013 à 19h16 - (556)
Les habitants de la Finlande sont des finlandais. Le finnois c'est leur langue :)

Skay
Membre enregistré
Posté le: 24/09/2013 à 21h05 - (557)
@ hammerbattalion : merci de la rectification, comme quoi c'était vraiment pas fou leur concert.
@ Bernard Pivot : d'après mon Larousse, finnois définit à la fois les habitants de la Finlande et leur langue. Par contre, je te l'accorde, j'aurais du mettre un F majuscule pour qu'on évite la confusion.

dantes
IP:89.160.144.9
Invité
Posté le: 24/09/2013 à 21h56 - (558)
Pivot dit vrai: Finnois: Langue, Finlandais peuple. N'oublions pas qu'il y a deux langues officielles en Finlande.

Skay
Membre enregistré
Posté le: 24/09/2013 à 22h38 - (559)
De toute manière, ce n'est pas le débat.

LDP
IP:81.64.73.158
Invité
Posté le: 25/09/2013 à 00h09 - (560)
Mais si c'est le débat monsieur, mais si !

buru
Membre enregistré
Posté le: 25/09/2013 à 10h41 - (561)
Cool le report!

Strat
Membre enregistré
Posté le: 25/09/2013 à 10h59 - (562)
Merci pour ce reportage, c'est bien écrit et les photos rendent hommage aux groupes !
Décidément j'aurai du faire l'effort de me déplacer car le festival valait vraiment le coup.

Nekrofage
Membre enregistré
Posté le: 26/09/2013 à 15h38 - (563)
Mais c'est quoi cette manie de se bourré la gueule ?? O_o
Et la qualité de la bière Allemande, c'est pas çà qui me fait allé à fest...

Nekrofage
Membre enregistré
Posté le: 26/09/2013 à 15h56 - (564)
Vous auriez pu trouver une autre photo pour Carcass. Et ne pas apprécié Alcest...

Tonton
Membre enregistré
Posté le: 02/10/2013 à 21h13 - (579)
Big up à Skay et Koalita.
Petit bonus avec le setlist de VENOM (pour ceux que ça intéresse)

Witching hour
Welcome to Hell
One thousand days in Sodom
Leave my in hell
Don't burn the witch
Buried alive
Countess Bathory
7th gates of hell
Warhead

Rappel 1
Black Metal
In league with Satan

Rappel 2
Pedal to the metal




Skay
Membre enregistré
Posté le: 02/10/2013 à 21h18 - (580)
Gros bisou à toi mon lapin surtout !! Moi je l'ai eu en direct du concert, cette set-list !



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