- HELLFEST 2008 (VERSION 2.0) par COBRA COMMANDER - 5140 lectures
les 20, 21 et 22 juin 2008 - Clisson















Second volet de nos report du Hellfest, c'est au tour de Cobra Commander de nous offrir sa vision de l'édition 2008 du festival. Outre le fait de traîner dans son sillage un parfum de guiche à la mûre (encore heureux que personne n'est tombé sur mon bain-douche « Fleurs de fraisiers »), le Commandeur des Cobra sous ses airs de percheron / brute épaisse (rayer les mots inutiles) se veut être un personnage affable, serviable et, en définitive presque fréquentable pour les plus désœuvrés d'entre nous. Même si les riffs gerbouleux se sont fait rares en 2008, cela n'a pas entamé pour autant le verbe aiguisé de notre Cobra en chef toujours prêt à débiter tout ce qui passe, à passer à la moulinette les prestations du week-end.
(Tonton)


VENDREDI

Ha... Clisson, les petits nuages qui moutonnent guillerets dans un ciel d'azur chargé des senteurs atlantiques mêlées aux parfums des fleurs qui courent le long des ruelles de cette jolie ville bretonne. Le badaud y serpente la joue caressée par un doux soleil de juin, à son oreille bourdonnent les abeilles...
Tableau idyllique qui s'agrémente le temps d'un week-end d'une nouvelle couleur: le noir. Clisson devient un lieu de pèlerinage pour des centaines de milliers de gens, la terre sainte dédiée au Metal. Bien entendu, les bigotes gigotent et crachent leur venin sur les archanges du Diable et le spectre puant de Bernard Gui ressurgit des tréfonds de leurs cervelles anémiées... Il faut vous dire monsieur, que chez ces gens-là, on ne pense pas monsieur, on ne pense pas, on prie.

Ceux qui ont survécu au bourbier de 2007 étaient, jusqu'à la dernière seconde, sceptiques quant à l'édition 2008. Sceptiques au point de consulter les prévisions météo plus régulièrement que les annonces officielles du festoche. On s'attendait au pire, nous avons eu le meilleur.

Arrivés sur place, force est de constater que l'organisation a mis le paquet. On remarque la chose dès le parking situé à quelques minutes de marche de l'entrée de la Mecque du Metal. Le sol est dur, pas d'enlisement! Tout ce qui a merdé en 2007 est, en 2008, absolument irréprochable. Ne comptez pas sur moi pour m'éterniser là-dessus, je n'y reviendrai pas. Mais une bonne fois pour toute:
2007 était un naufrage, 2008 est un accomplissement.
Saluons l'organisation qui a réalisé un travail d'excellence grâce à une équipe de bénévoles exemplaires.



Le site est magnifique. Avec Papy, nous arrivons à la bourre à cause de Simone - le GPS de Tonton - qui confond sa gauche et sa droite... On se pointe sur les notes de pipo de ELUVEITIE. Oui, mais non. En attendant SEPTIC FLESH qui m'intrigue je me balade sur le site, croise des gens que je n'avais pas vu depuis des lustres, un tour de repérage au Metal Market où siège Bones Brigade et un vieux pote: le Martin de SANATORIUM... Au loin, j'entends du riff bien coolos, j'apprends que c'est DANKO JONES. C'est sympa, enjoué, léger et dégoulinant d'un bon feeling Punk Rock, le genre de groupe qui colle parfaitement au climat du jour: ciel bleu, soleil généreux, poussière et odeur de graisse à frire des stands de graille dispatchés aux quatre coins du site.

Direction, le chapiteau où tonnent les premières notes de SEPTIC FLESH. Moi qui pensais qu'ils seraient incapables de retranscrire live leurs albums studio, et bien j'en suis ressorti épaté! Sur scène, les Grecs sont impressionnants, le son est phénoménal et contribue grandement à l'aspect "grandiloquent" de la musique jouée. Les titres tirés de "Sumerian Daemons" prennent une dimension plus intense, quasi mystique. D'autant plus que le public est en osmose parfaite avec le groupe et son charismatique frontman qui s'applique à écraser ses ouailles sous des grunts implacables jalonnant des riffs massifs surboostés par des lignes de synthés qui m'évoquent une BO de film épique... Note pour plus tard : m'offrir le dernier stuff de SEPTIC FLESH.
On ne ressort pas indemne de ce show... chaud. La température sous la tente atteint au bas mot les 40°. L'Enfer a bel et bien ouvert ses portes! Coooool !



Succédant à SEPTIC FLESH, les très surestimés JOB FOR A COWBOY entrent dans la danse... Mouais... C'est carré, ça bourre gentiment, ça moshe platement, mais bon rien de réellement excitant. Un show très, trop propre. Du Death Metal sans grande envergure qui doit sa gloire au buzz créé grâce à Myspace et Youtube...
Vive Bob l'Eponge...

Annulé l'année précédente, les légendes du Black Metal débarquent sur la "petite" scène... MAYHEM!!!
Après les avoir vus en décembre par un froid tout norvégien dans une petite salle, ça fait tout bizarre de voir ces loustics jouer sous un cagnard de porcs avec pour toile de fond un ciel sans nuage... Qu'importe, on va pas cracher dans la soupe! "Deathcrush" à fond les ballons et un Attila qui tarde à pointer sa fraise pour montrer... aucun déguisement! A part un brassard très "louche". Ca y ressemble, ça fait tout pour faire comme si, mais non, juste un bout de tissu anodin! Necrobutcher et sa basse Les Paul de 19 kilos a l'air éveillé et étale l'entendue de son talent sur son solo de "Freezing Moon" qui rafraîchit quelque peu l'atmosphère tropicale du fest. MAYHEM est grand, et même si tout le spectacle se base sur le charisme de Mister Attila, on est conquis. Vocalises impressionnantes, un son aigre et une ambiance "spéciale". Je persiste à croire que les titres de "Ordo Ad Chao Bon Dimanche" auraient eu plus d'ampleur s'ils avaient été drapés par la nuit de pleine Lune de ce 20 juin. Un spectacle troublant qui s'achève sur la version amputée de "Pure Fucking Armageddon". Une belle baffe!

Il est 18h30, les prochains groupes qui me plaisent joueront en fin de soirée, ça me laisse quelques heures pour flâner sur le site et de faire bronzette et surtout de voir des trognes que j'avais pas vu depuis bien longtemps! Dans le carré VIP, je me sens autant à ma place qu'un poisson dans un pot de farine, autant aller prendre l'air et tester ma grande popularité.
Arborant fièrement mon T-shirt VS, un gadjo m'interpelle tout content:
- "Hééé! T'es un gars de VS ?!? C'est quoi ton pseudo?" demande-il enthousiaste.
-"Cobra Commander." Réponds-je non sans fierté
- "Ha."
- "Hum..."
Bref, après ce camouflet amusant, je file à la graille et constate que la bectance est bien meilleure que l'an dernier (difficile de faire plus dégueu')



Les festivaliers ont visiblement la patate, tout le monde est ici à la cool. Ambiance bon enfant qui ne sera pas gâchée… Un mec déguisé en guiche, des trues warriors of Black Metal qui bouffent une glace vanille fraise, des Thrashers-à-patches qui poireautent au stand Haribo, une démonstration de skate dans un bateau de pirates, des gothopoufs qui se tartinent la tronche de crème solaire tout ça dans une odeur d'andouillette grillée, de frites et de churros… Sans déconner, si c'est ça le satanisme; amenez-moi un pacte avec Lucifer sur-le-champ!

Bref, ce festival sent bon!

Je me ballade... Tiens, c'est l'occasion de découvrir un groupe que je ne connais aps du tout: DIMMU BORGIR. Ok, c'est propret, c'est gentillet, le son est bon. C'est guimauve, tape-à-l'oeil et ne présente aucun intérêt. Hop, je file plus loin voir si l'herbe y est plus verte.

Je me mets en condition avant de m'attaquer à ce qui me semble être le "main event" du HELLFEST. Ils joueront à 22h, ils vont foutre le feu au HELLFEST, ils vont tout ratatiner sous une artillerie de blast beats, ils vont étriper leurs grattes... qui donc ? KRISIUN, of corpse!
Prêt à déchaîner les Enfers, KRISIUN fait ses balances et est accueilli à bras ouvert par un public hystérique à l'idée de se farcir la crème de la crème! Je vais danser un peu dans ce pit qui sent le castor. Ça y est : on y est! Dans la rôtissoire de la Discovery Stage, la chaleur est insoutenable, et putain, c'est ça qui est bon! Un pit de tarés où jambes, bras, têtes volent en rythme sur les morceaux de "AssassiNation", "Conquerors Of Armageddon" et autres chefs-d'œuvre des Brésiliens qui, visiblement, prennent leur pied à envoyer la purée! Les titres du prochain album présagent une merveille. "Combustion Inferno" ratatine velu et le pit se transforme rapidos en illustration du Darwinisme: la survie du plus fort! HAHAHA! Désolé, KRISIUN est le seul groupe qui me rende "métalleux"! Neuf fois que j'assiste à la grand-messe de KRISIUN, je ne m'en lasserai jamais! Un concert de KRISIUN, ça s'explique pas, ça se vit, ça se ressent au plus profond de ses boyaux! C'est du bon! Aucune concession, pas de temps mort, juste du BRUTAL DEATH FUCKING METAL. KRISIUN a prouvé une fois de plus qu'il était le patron de la bestialité. Du Blast, de la haine, de la furie, de la baffe et du molard! J'aime.
Sans aucun doute possible, l'un des meilleurs shows du HELLFEST... Seule petite déception, ils n'ont pas joué le titre "Conquerors Of Armageddon"... Dommage, 40 minutes de set, c'est trop court!
Si ça ne tenait qu'à moi, je les foutrais en tête d'affiche...
Mention spéciale au crado qui s'est lâché dans le pit. Je sais ; bouffer du kebab ça fout la tripaille en débâcle, mais ça, cette odeur de fosse à purin, c'était immonde!

Trop lessivé après la prestation excellente de KRISIUN, je me pose et essore mon T-shirt détrempé de sueur de sang et de bile du coup je zappe MARDUK... Les boules.

On s'attaque maintenant à la pire déception musicale de ma vie... CARCASS. Les Gods Of Grind, les créateurs du Goregrind, la légende qui a bercé plus de la moitié de mon existence. J'espérais assister au plus grand show de tous les temps, à une apothéose, un triomphe total... Hélas... Même CARCASS ne fait pas exception dans la triste et longue histoire des reformations. Le HELLFEST tremble sous l'intro de "Inpropagation", tout le monde affûte ses scalpels, et PAF! Ça commence!

Et là, c'est le drame…

Le son est assez médiocre et tourne vite à la bouillasse... tant mieux, ça donne un côté gerboulade au set qui glisse vite dans un ennui certain... Les CARCASS sont statiques, ne mettent pas l'ambiance et communiquent que trop peu avec un public conquis d'avance... J'aurais tant voulu assister à une grande fête, une communion entre un Dieu et son peuple qui se retrouvent après une longue absence... Non, juste des instrumentistes qui exécutent leurs partitions sans panache… Ils sont sur scène, comme on va au boulot : en faisant la gueule, uniquement pour se faire des sous…
CARCA$$.
Amertume très difficile à faire passer. Franchement, j'ai les boules. CARCASS passe en revue ses hits of putrefaction: "Corporal Jigsore Quandary", "Heartwork" etc... deux trois titres de l'époque Goregrind qui se battent en duel... Je préfère me retirer tant la déception est grande. Sans doute que j'attendais trop, beaucoup trop. J'espérais un évènement grandiose, ce ne fut qu'un concert assez médiocre... J'ai mal aux doigts d'écrire cela.
Le Roi est mort. Vive le Roi... il est Espagnol!



J'essuie mes larmes pour aller voir le groupe le plus IVOL du HELLFEST, les papys du Thrash / Black / Speed / Punk / Heavy Metal: VENOM! Bon, bah, je vais pas y aller par quatre chemins, c'était merdeux.

Un son parfaitement pourrav' qui fout en vrac tous les titres de VENOM... Je m'attendais à tout ce que j'aime chez VENOM: du beauf, du ringard, du groovy, du gras et du fun, avec un son MONSTRUEUX! Au finale, ce fut effectivement beauf, ringard, groovy, gras et fun mais avec un son purement grotesque. Une batterie en mousse qui fait "plof-plof", une guitare inaudible, une basse aux fraises... seule la voix de Cronos-la-calvitie est bien amplifiée. Le son est tellement horrible que l'on a du mal à discerner les titres. Je puise tout mon amour pour VENOM, mais non... je me barre au bout que quatre chansons... et beaucoup de gens en ont fait autant...
Désappointement.

Retour à la réalité, une courte nuit de sommeil avant de remettre le couvert. A l'hôtel, un palace 5 étoiles payé avec les pots-de-vin des labels, on découvre l'envers du décor des gens de VS. C'est flippant…



SAMEDI

Aux côtés de Papy-la-Ronflette et Crown-Me-Rouflaquettes-de-feu, on trépigne avant à l'arrivée du Messie, le Christ du Metal, le chantre du bon goût, l'ayatollah des soupeurs : TONTON! Il débarquera ce samedi sous les hurlements orgasmiques de gourgandines et jouvencelles libidineuses! (comment ça, c'est pas crédible?)

Retour sur un site qui a fait peau neuve durant la nuit, toutes les dégueulasseries ont été effacées, coup de baguette magique orchestré par les bénévoles qui méritent une fois de plus d'être salués.

En se pointant à la bourre le temps d'ingurgiter un peu de verdure, bah oui: se remplir la panse de viande pendant trois jours, c'est gavant... S'il y avait des végétariens, ils ont pas dû trouver leur bonheur dans les stands du HELLFEST... bref!

Donc, j'arrive en retard et rate le début du show de BENIGHTED. Le Soleil est toujours là, et tape dur, presque autant que le batteur de BENIGHTED qui transforme le chapiteau en un joyeux bordel, ça moshe, ça danse, ça cuit et histoire d'augmenter le plaisir, le vocaliste (en grande forme) jette de l'huile sur le feu pour créer une ambiance brutale et cool. Y a pas à tortiller, BENIGHTED prend une toute autre dimension en live, et les morceaux de "I.C.P.", "Identisick" et "Icon" claquent sévère lorsqu'on les voit en vrai. Un bulldozer, rien d'autre à dire sur cette prestation qui annonçait bien d'autres merveilles...





On change de trip(es), on quitte la sphère "psychiatrique" pour s'étaler dans la bouillie Crust'n'Picole de DISFEAR. OK, autant, je trouve le dernier vraiment gentillet et trop manucuré autant en live, ça m'a laissé baba. Du Crust, sans fioriture ni vaseline. Du Crust dans toute sa splendeur... qui ne va pas arranger l'odeur de castor moisi qui envahit la salle! Un batteur fou rivé dans un D-beat jouissif, des riffs huileux au ras des chrysanthèmes, une basse baveuse et des braillements avinés d'un vilain barbu qui se retrousse l'œsophage à chaque hurlements! Moment magique et poussiéreux!
Et le son... au poil! Bonne surprise!

Il aura fallu attendre 18h pour enfin assister au premier et dernier concert de Goregrind grâce aux chirurgiens de HAEMORRHAGE qui transforment le chapiteau surchauffé par un soleil de plomb en un hôpital de campagne approvisionné non-stop en chair plus ou moins fraîche rougie et barbouillée de biafine.
Lugubrious dégoulinant de sang "farces et attrape" ouvre le bal, ça groove, ça bave, ça gerboulise à tout va, la fête des zombies a commencé, un pit joyeux, bon enfant où tout le monde se bidonne! Un torrent de tubes (digestifs) s'abat sur la piste aux étoiles! "Grume", "Apology For Pathology", "Morgue Sweet Home", "Anatomical Inferno", presque tous les albums des Dr. Obnoxious et Corpsegrinder sont passés à la moulinette. Gratteux sapé en chirurgien, bassiste déguisée en infirmière offrent un spectacle assez statique, mais le héros du jour n'est autre que Lugubrious qui de temps à autres va chercher dans son coffre à jouets quelques ustensiles... une guibole en plastique, une cervelle dans son bocal et enfin une muselière juste avant le "hit" absolu: "Decom-posers"
HAEMORRHAGE a définitivement enterré la dépouille froide de CARCA$$
I'm a Pathologist! And you?

Voilà, voilà... la journée pour moi s'achève puisque le reste de l'affiche est essentiellement Heavy... un petit œil sur SHINING. Sur album j'aime beaucoup, mais là, il faisait trop beau, trop chaud, les gens étaient trop nombreux et le ciel était trop bleu pour se mettre vraiment dans l'ambiance macabre de ce groupe lunaire... Tant pis! J'ai raté la séance d'automutilation du chanteur... Hôôôôôôô... quel dommaaaaaaaaaage...!



Découverte des éboueurs de WATAIN dont on m'avait dit grand bien... On m'affirme que c'est passablement bestial... Mouais... c'est popo... pis merde! J'ai pas envie de me creuser la soupière... Z'avaient qu'à être evil! Héhé!

A cause d'un couac, je ne peux réaliser l'interview avec IMPALED NAZARENE... un peu dégoûté sur le coup... je me rattrape devant leur set impeccable, un set carré, hargneux, vicelard, on a l'impression d'écouter une version écourtée de "Death Cornes In 26 Carefully Selected Pieces"; c'est dire la qualité effroyable du son qui fait trembler le sol. Quatre titres du nouvel album, pour le reste les valeurs sûres de IMPALED NAZARENE : "Satan Generation" et bien évidement, un final sur "Total War" repris en chœur par la foule...

Un petit break...

Hop, direction la Main Stage pour voir la dépouille décharnée de ce qui fut le groupe phare de mon adolescence: SEPULTURA. Bien que sachant pertinemment à quoi m'attendre, j'avoue qu'un espoir luisait dans ce scepticisme.
Peut-être que CAVALERA CONSPIRACY saura y faire !
Traversée de la foule agglutinée devant la Main Stage, il faut enjamber les poivrasses roulées en boule pour se frayer un chemin…

Max Cavalera – putain! MAX CAVALERA ! – entre sur scène!!! Toute ma vie de métalleux me passe sous les yeux, un grand sourire! Et le petit espoir explose en apercevant Igor Cavalera. CAVALERA CONSPIRACY entame son set, avec des titres issus de leur album. Il faudra boire le calice jusqu'à la lie: quatre titres de ce pseudo groupe qui base tout son succès sur la notoriété passée des deux frangins. Une sorte de Neo Thrash qui fait des pieds et des mains pour singer SEPULTURA ou NAILBOMB… Quatre titres au cours desquels on constate le talent de frontman du gros Max. Ensuite, ils entament ce pour quoi ils sont présents sur les gros fests européens : ils jouent du SEPULTURA. "Arise", "Dead Embryonic Cells", "Territory", "Roots Bloody Roots", "Troops of Doom" etc. Mais bon, je n'adhère pas à cette pantalonnade. Ceci n'est PAS SEPULTURA. Et si ce groupe ne comptait pas en son sein des stars, tout le monde s'en contrefoutrait. Paillettes et poudre aux yeux. Groupe fantoche, groupe artificiel, groupe fantôme… SEPULTURA est bel et bien mort ; j'en ai fait mon deuil il y a bien longtemps. Je glisse agacé vers le chapiteau où joue BELPHEGOR. Là, au moins, je verrai des musiciens qui ont la foi et qui doivent leur présence au HELLFEST à leur talent et pas au nombre de couverture de Kerrang ou Metal Hebdo.
"Pro". Le mot sied à merveille au set des Autrichiens, imposant, massif, brutal. Du BELPHEGOR des grands jours, mais vu que je ne connais pas les nouveaux titres, je me contente de découvrir, plus lent, plus martial, heureusement qu'ils piochent dans l'ancien répertoire…

Plic… Ploc… Plic… Ploc… Tiens, il pleut! "Meeeeerde! Un petite averse de trois fois rien qui ravive le cauchemar boueux de 2007 : "Oh, non, pas la flotte! Pas la flotte!"

BELPHEGOR dit au revoir au HELLFEST, les festivaliers quittent le site en traînant la patte… le marchand de sable est passé...

L'unique regret de cette journée sera le rendez-vous VS qui n'a pas rassemblé grand monde… Un léger décalage fit que ça tombait pile pendant DISFEAR. Néanmoins, quelques-uns sont venus: Reblo, Nikro, Emeraldas, Metal Mélita (private joke, désolé) et quelques autres…



DIMANCHE

Dimanche, c'est le jour du seigneur! Sous des cieux menaçants ("Threatening Skies"), troisième et dernier jour en la cathédral Notre Dame du Blast… Rien que pour esgourder l'homélie du cureton de Clisson, j'irai volontiers en l'église – fort jolie – de Clisson. Mais bon, j'ai autre chose de prévu!

Tout le monde a l'air vanné, sauf Papy qui reste frais comme un gardon grâce à son programme de siestes intensives. L'affiche du jour ne m'excite guère… J'irai me balader sur l'avenue le cœur ouvert à l'inconnu... J'avais envie de dire bonjour à n'importe qui… Qui sait, c'est l'occasion de faire de bonnes découvertes?! Effectivement, ce fut le cas! YEAR OF NO LIGHT et sa musique puissante et envoûtante m'a captivé. Une attitude scénique située à des années lumières de ma sphère de prédilection mais qui révèle et souligne une densité éblouissante! Bravissimo!!!

ORIGIN entame son set… pffff… c'est technique, ça break dans tous les sens… c'est excellemment exécuté mais non, j'aime pas. Ce genre de Death-là ne m'évoque rien. Bon, je file m'hydrater un peu. Sur le tas je croise l'éminence grise de Prince de Lu; Kryde, le kronikeur masqué me dit grand bien de PRIMORDIAL… OK, pourquoi pas! PRIMORDIAL m'impressionne, un Metal d'apparence "soft" mais qui cache une puissance indéniable, une attitude posée et un vocaliste serein malgré ses warpaints qui dégoulinent sur son T-shirt… Classieux!
Une baffe!

Sur album, le Grind des Finlandais de ROTTEN SOUND me gave au plus haut point, c'est donc sans conviction aucune que je rentre sous la tente… Et là, je suis scié. En live, ROTTEN SOUND n'a quasiment rien à voir avec la version studio! Grind Core classique mais viscéralement efficace et violent, ça blaste dans tous les sens! Et le concert offert en cette fin d'après-midi est particulièrement réussi. Le son crado des disques est métamorphosé en un son incisif, tranchant et la batterie pâteuse est, en live, brutale, sans concession et ratatine tout… par certains moments, on songe même à du BRODEQUIN! L'ambiance est moins électrique que celle du vendredi et du samedi mais malgré la fatigue, le public est là. Un bon moment, et surtout une pure démonstration de savoir faire Grind Core!



Une fois encore, le HELLFEST 2008 permet de renouer avec son passé puisque c'est OBITUARY qui entre en scène. Le show s'ouvre sur "Find The Arise" qui précède tout un tas de tubes incontournables de ce vétéran du Death Made In Tampa… "Chopped In Half", des titres de "World Demise", et d'autres tirées de leurs récents opus. L'attitude sur scène est décontractée, la touche floridienne! Le père Tardy et sa voix de crécelle semblent avoir un peu de mal à pousser la chansonnette, mais bon, les riffs font mouche, et tout le monde se rappelle ses tendres années à essayer de décalquer le logo de OBITUARY sur ses cahiers de maths! Seule chose agaçante, les solos pompeux de Santolla… qui – à mon humble – avis ne colle pas du tout au style empâté et lourd d'OBITUARY. S'il tartinait moins de solos démonstratifs, l'ensemble du concert aurait gagné en cohérence. Quoi qu'il en soit, ce p'tit OBITUARY fut plaisant! Un groupe qui vieillit bien.

Encore une madeleine de Proust: NOFX… quand j'étais gamin, j'écoutais ça à fond les ballons, mais au fil des années, j'ai quitté la musique sucrée du Punk à roulettes pour me diriger dans les couloirs hantés du Metôôôl.
NOFX, le seul groupe non-Metal du fest se pointe sur la Main Stage pour défendre son steak dans la bonne humeur! Sans doute conscients qu'ils faisaient vraiment tache dans le décor, NOFX joue la carte de la déconnade et se moque ouvertement du Metal du Diable, des métalleux, de lui-même. Grosses vannes et vacheries en tous genres. Ambiance no complex qui séduit tous ceux qui ont donné sa chance à ce groupe californien. Excellent, et vraiment poilant, une reprise de Joe Dassin "Champs Elysées", pas mal de chansons fraîches et sympatoches tirées de "Punk In Drublic", et un son énorme! Ils se foutent ouvertement du Metal, et c'est bien ce qui manquait au HELLFEST: un peu de second degré et pas de prise de melon! NOFX, c'est l'antithèse de groupes comme WATAIN ou MY DYING BRIDE (un juvamine offert à chaque fans)! Trompette, accordéon, un morceau de ska (reprise de RANCID "Radio") et beaucoup, beaucoup de vannes et de piques lancées à la face du public. Alors que les gros groupes sérieux exhibent leur immenses drapeaux, NOFX lui, étend son linge, une pauvre serviette marquée "NOFX" au feutre qui flotte au milieu de l'immense Main Stage… Gros décalage, tout le monde se marre! Jusqu'à ce que le chanteur/bassiste balance une vanne qui titille le chauvinisme légendaire des Français: "This is not HELLFEST, this is SMELLFEST 'cause you people really stink! But we know it's cultural" HAHAHA!!!
Sans doute le concert le plus Rock'n'Roll de ces trois jours et l'un des meilleurs de cette journée.



La journée tire sur sa fin et promet du lourd... la bande à Lemmy déboule sur scène pour déchausser les dents des fans du premier rang, n'ayant jamais vu le groupe mais connaissant les problèmes de surdité de l'Ancien, je me scotche assez loin, là où le son est idéal. MOTÖRHEAD Pas besoin de présenter le truc. Ca pète, ça rock, ça tue! Ce qui est magique avec ce groupe c'est qu'on a l'impression qu'il fait partie de la famille, et qu'on connaît ses titres depuis toujours... c'est un peu le cas. Pas besoin de dresser la playlist, puisque Lemmy a sélectionné la crème de son répertoire! Moment de surprise, un extrait du prochain album "Motörizer"... Quid de cette chanson? Bah, c'est du MOTÖRHEAD pur jus! Des lights en veux-tu en voilà, fumigènes, solo de batterie impressionnant, y a tout ce qu'il faut! Et sur "Killed By Death", ça a dû frétiller dans plus d'un falsard, cinq ou six nanas aux courbes intéressantes débarquent sur scène secouer la croupe! Sex Drug & Rock'n'Roll!!! Lemmy leur fait un p'tit bisou au moment où les bougresses quittent la scène. Quelques vannes graveleuses, Lemmy est en forme! Quand on pense que le bonhomme à plus de 60 piges! C'est un peu la Jeannie Longo du Metal... en moins défoncé! Une heure et des brouettes de show, et on a pas envie que ça s'arrête! Mais bon, chaque bonne chose a une fin et MOTÖRHEAD repart pour de nouvelles aventures... Hâte de les revoir!



La dernière heure a sonné pour moi... SLAYER, ça m'intéresse pas le moins du monde. C'est donc MORBID ANGEL qui va clôturer "mon" HELLFEST. Chose étonnante puisque le groupe ne semble plus avoir d'actu... je serai plus tard contredit par David Vincent (il les a vu!!!) qui annonce un titre du prochain album. Quoi qu'il en soit, leur set débute et met tout le monde d'accord grâce à un spectacle son et lumière épatant... un peu trop d'ailleurs! Imaginez le Puy du Fou version Death Metal! MORBID ANGEL explore tous ses albums (tous sauf "Blessed Are The Sick") C'est la 4° fois que je vois MORBID mais la première avec David Vincent, et je me dis qu'il bouffe Tucker tout cru en matière de charisme! Les titres s'enchaînent sans discontinuer, mais la surprise vient du fait qu'ils jouent des chansons de "Domination": "Where The Slime Lives", "Dawn Of The Angry" et je sais plus laquelle, un titre de "FFF" résonne, "Bil Ur-Sag" écrabouillent le public qui découvre juste après un nouveau titre: "Nevermore" (ou un truc dans le genre). L'album "J" s'annonce très bien... trrrrès bien! Dominante de rouge et noir pour ce concert "evil". Malheureusement, je suis trop loin pour bien voir les zicos... David Vincent harangue la foule da sa voix de Guy Marchand et tartine des speeches un poil démago sur la "grande famille Metal"... Mouais... m'enfin... Si ces grosses ficelles fonctionnent. Pis on ne va pas cracher dans le bénitier de Pazuzu!
Une grosse machine de guerre appuyée par un déferlement de lumières. Musicalement c'est irréprochable, scéniquement ça en fout plein la gueule, malgré tout, je préfère l'ambiance plus feutrée des petites salles...

Hop, le festival est terminé. MORBID ANGEL remballe le matos, SLAYER s'échauffe... je suis claqué et ai hâte de rejoindre mes pénates...

L'édition 2008 du HELLFEST fut grandiose et s'est déroulé sans un nuage. Franchement, c'est sans doute le meilleur festoche que j'ai vu. Rien à ajouter!

Cobra Commander pour VS Régional.


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