- MOUNTAINS OF DEATH 2007 par LA MYXINE - 2077 lectures
Les 17 et 18 août 2007 - Muotathal (SUISSE)



Pour les thrasheurs du monde entier, l'été correspond plus à la saison des festivals qu'à une occasion d'exhiber ses tatouages en suant la bière sur une plage de Méditerranée.
D'ordinaire, les grands rendez-vous estivaux donnent tout de même l'occasion de rôtir sous le soleil, mais cette année, ''El Nino'' en a souvent décidé autrement. Suivant les prévisions du mal informé Tonton, je m'attendais donc à ruisseler sous la pluie au cours de ce Mountains of Death Festival sans que cela ne modère pour autant mon enthousiasme: le MOD faisant en effet partie de mes festivals préférés.
Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d'abord le site est sublime. Situé au creux d'une vallée encaissée, dans les Alpes suisses, le MOD est entouré de prairies grasses et vertes ponctuées de chalets typiques. A proximité du camping court un torrent de montagne et la scène se trouve à l'aplomb d'une falaise de 30m. Une véritable carte postale: le thrasheur se fait bucolique (en demeurant alcoolique).
L'organisation ensuite, familiale, sympathique et efficace. On est loin des prises de tête des grosses machines, le MOD demeure un festival à taille humaine (et c'est du coup plus facile, aussi).
La programmation, enfin, me convient toujours; entre Brutal Death et Brutal Death Grind: on ne s'éparpille pas.



JOUR 1 :

Après avoir parqué mon carrosse dans ce cadre enchanteur parmi des charrettes de toute l'Europe, je suis passé aux choses sérieuses: récupération du badge presse et joie d'y découvrir quelques tickets boisson gratuits (merci l'orga) puis direction la scène où EMBALMING THEATRE s'apprête à se produire (j'ai déjà raté BLOODY BUTCHERY et ETERNAL BLEEDING, ça commence fort).

Lorsque EMBALMING THEATRE débarque sur scène, c'est en slip, chaussettes colorées et affublés d'un déguisement tigré du plus bel effet. Ca grinde sec, gras et dur. La bande transforme rapidement son set en un joyeux bordel: stage diving à tout va, guitariste travesti etc... Le groupe est là pour le plaisir et ça se sent. Le show est à l'image de la musique du groupe: énergique, rapide et décousu. Grind quoi!





GORYPTIC va coller une toute autre ambiance. Les Valenciennois ont passé une bonne partie de l'été à tourner pour promouvoir la sortie de leur album ''From Blast To Collapse''. Ils sont donc bien rodés et l'interprétation de leur Brutal Death à la fois puissant et technique s'en ressent. C'est carré, net et bourrin. La grosse claque de cette fin d'après-midi. Le mosh pit se déchire les genoux sur les graviers et voilà 45 minutes de concert qui passent très vite. GORYPTIC a insufflé une bonne dose d'énergie au MOD et ce n'est pas Fred, encore tout ému ( ;) ) de leur reprise d'INHUMATE, qui me démentira. Ce groupe monte vite et fort. Une petite mousse est bienvenue pour se remettre de ces émotions.




Le temps de digérer les quelques bulles fermentées de la bière suisse, JIG-AI a fait sa balance et s'apprête à balancer la purée. Une bonne dose de grind velu délivré par un trio tchèque débordant d'enthousiasme. N'étant pas grand fan du style, j'ai été surpris par la puissance du groupe... et par la brièveté du set. Une sensation sans doute due à l'intensité du gig de JIG-AI: ça bourre et ça bondit non stop (mention spéciale à leur ninj-ai de guitariste aux sauts dignes d'un Van Halen).




Après les traditionnelles 30 minutes de pause, temps nécessaire au changement de matos et à la balance, ce sont les Suédois de DEGRADE qui s'emparent de la scène. Première charnière entre premières parties et têtes d'affiche, DEGRADE pratique un Brutal Death qui ne m'a pas franchement convaincu. Bien sûr, le groupe a du métier, une expérience forgée sur les scènes de tous les festivals du genre, et en cela, leur interprétation est sans faille: carrée, précise et massive. Si leur présence scénique est indiscutable, le Brutal Death des Suédois est un peu trop basique à mon goût. Les compositions manquent de relief, de changements de rythme, et on assiste à un set un peu monotone. Au vu des qualités scéniques du groupe, il va falloir que je me penche sur leur discographie, par exemple leur récent ''Lost Torso Found'', histoire de voir s'il n'y a pas quelques subtilités qui m'auraient échappé...



SEVERE TORTURE a la lourde tâche d'ouvrir pour IMMOLATION. D'autant plus lourde que les Hollandais pratiquent un Brutal Death qui m'ennuie: bien fait mais fortement influencé par CANNIBAL CORPSE, et donc pas très original. Cet a priori étant à nuancer puisque j'ai déjà vu SEVERE TORTURE à plusieurs reprises et que leur musique se montre bien plus efficace en live.
Et une fois encore, la sauce prend. L'ingé a titillé sa console pour parvenir à un son extrêmement percutant et compact. Le groupe livre un set sans faille, piochant les titres les plus redoutables dans toute la disco du groupe. Le mosh pit s'embrase, les lights s'affolent... Emballé c'est pesé, emmené par leur chanteur aussi chauve et rabougri que dynamique, SEVERE TORTURE est un groupe scénique à ne pas manquer.



IMMOLATION. Les vétérans américains alors en fin de tournée européenne sont une grosse tête d'affiche pour ce genre de festival, signe que celui-ci gagne en notoriété et importance. Après deux titres de réglage où la voix était sous-mixée, IMMOLATION démolit la baraque à würst et donne une leçon de Death Metal: comment après autant de dates le groupe peut-il être toujours aussi impliqué? Les New-Yorkais irradient un nihilisme, une noirceur et une puissance inhumaine. Robert Vigna est littéralement possédé par ses riffs dissonants et malsains. La voix de Ross Dolan roule comme le tonnerre dans la vallée.. mais je m'emporte, je m'emporte. La set list est essentiellement axée sur les derniers albums mais le groupe offre quelques morceaux plus rares comme ''Christ's Cage''. Le bonheur. IMMOLATION laisse le public exsangue et pantelant.





Il est désormais plus d'une heure du matin et dans les Alpes, c'est synonyme de ''je me les pèle''. Les facteurs ''je suis naze'' et ''j'ai la dalle'' combinés au froid sont à l'origine d'un moment d'égarement: je zappe BLOCKHEADS avec pour seule pauvre excuse de les avoir déjà vu de nombreuses fois et file restaurer mes fonctions vitales. Blackout de quelques heures.
On soulignera au passage l'intelligence de la programmation qui, consciente de l'état de fatigue et/ou d'ébriété du public en fin de soirée, ne place pas la tête d'affiche en dernier mais un groupe qui va apporter furie et énergie afin d'achever les survivants. Connaissant les BLOCKHEADS, nul doute qu'ils auront su jouer ce rôle à la perfection, et à voir les tronches défaites le samedi matin, je ne dois pas me tromper.





JOUR 2 :

Après quelques heures de quasi repos, plié en quatre dans ma boîte à chaussures, c'est fourbu mais impatient que j'attaque la journée du samedi. Journée qui devait débuter à 13h30 mais qui commencera finalement à 14h30, CLITEATER ayant annulé (et moi qui comptais sur eux pour faire une p'tite pause...)
Le temps de faire le plein de würst et de bière, les Suisses de MIASMA sont en train de terminer leur set et je me rends compte que je viens de sombrer dans la première faille spatio-temporelle de la journée. Etrange. Le groupe faisant partie des régionaux de l'étape, il a suscité un large enthousiasme de la part du public pour leur Brutal Death à la fois technique et swinggy. Un jeune groupe à suivre s'il est possible de trouver journaliste plus consciencieux.

CREPITATION est un groupe de Brutal Death Grind anglais qui porte bien son nom. Emmenés par une hydre à deux têtes: un grogneur et un chanteur, pardon un bruiteur dont les vocalises tiennent autant du porc coincé dans un égout que du vibromasseur, CREPITATION se montre hyper-efficace. Entre blasts et mosh-parts, la scène se transforme rapidement en plongeoir. Pour ma part, je préfère largement les vocaux plus classiques au wee-wee beep-beeps, je me réserve donc pour plus tard.



AMAGORTIS, groupe local (entendre suisse), a visiblement, plein de potes dans l'assistance. On passera assez rapidement sur leur musique: un Brutal Death assez conventionnel et plutôt pas mal ficelé mais approximatif en live, et on conservera leur performance scénique. Le public, déjà enthousiaste à la vue de la bassiste (qui a dit Cro-magnon?) est en plein délire lorsque le groupe balance toute une cargaison de bières dans le mosh-pit (Néanderthal?). Avec une ambiance aussi sympathique et un vocaliste plus que compétent (il se fera d'ailleurs inviter par GORGASM à un petit duo), AMAGORTIS malgré quelques ratés aura tout de même réussi à mettre une putain d'ambiance. Mission réussie.





INGESTED est un groupe de Brutal Death anglais... Attendez, j'ai pas déjà dit ça?? Mais si, et d'ailleurs ce n'est pas le batteur et le guitariste de CREPITATION que je vois débarquer? Mais si. Donc on prend les mêmes... ok, presque les mêmes et on recommence. A ceci près qu' INGESTED n'a pas de vocaux aussi ''particuliers'' et se montre à mon sens plus efficace que CREPITATION. Les parties techniques alternent avec des mosh parts voire des passages pachydermiques du meilleur effet. C'est carré, efficace et le public ne s'y trompe pas puisque la sueur coule à flot.



S'il y a un groupe que je ne voulais pas manquer, c'est DEFEATED SANITY. Ayant chroniqué ''Psalms of the Moribund'' dans ces pages, disque qui pour moi est l'un des meilleurs albums de Brutal Death de 2007 (et peut-être même LE meilleur?), j'attendais les Allemands avec impatience histoire de voir s'ils réaliseraient la performance de transmettre en live à la fois toute la technicité et toute la brutalité qu'ils avaient capturées en studio. DEFEATED SANITY n'a pas déçu. Le groupe a joué l'intégralité de ''POTM'' puis ''Liquefying Cerebral Hemisphere'' du premier album, et chacun a pu se rendre compte de la difficulté technique et des qualités de mise en place des musiciens. Du grand art. Malgré la complexité des morceaux, le public constitué de connaisseurs a apprécié religieusement l'interprétation, certes assez statique (comment faire autrement?), mais sans failles du groupe. Le son écrasant qui sortait des enceintes aura tout de même motivé une tribu de pawnees pour danser sans succès la danse de la pluie.





Emu et encore sous le choc, il se fait malgré tout l'heure d'aller se siffler un godet tout en grignotant une würst, ce qui donne juste le temps aux vétérans d'AVULSED de se chauffer.
Même si l'on n'est pas fan de leur Death Brutal qui oscille entre old-school et Death mélodique, on ne peut que s'incliner devant une telle maîtrise de la scène. Dave Rotten en particulier possède un sens du contact avec le public (et un humour) que l'on ne retrouve chez aucun groupe de l'affiche. Le groupe pioche allègrement dans sa large discographie des titres parfois mélodiques, parfois franchement brutaux. C'est simple (parfois trop à mon goût) mais en concert, ça va droit au but. La nuit tombe et les lights prodiguent à la scène une ambiance dantesque qui faisait un peu défaut en plein jour. Tout contribue à faire du concert d'AVULSED, une réussite digne d'une tête d'affiche. Pour moi, les outsiders de la soirée.





Fumée, lights rouge sombre: l'atmosphère est glauque à souhaits. Après quelques samples d'introduction qui achèvent de planter un décor déjà malsain, GORGASM entre en scène, le visage fermé. Le trio de l'Illinois va clouer le public à son slip avec une heure de Brutal Death technique et hyper rapide. Même si le rapport avec les fans semble plutôt distant, le moins que l'on puisse dire des Américains c'est qu'entre deux ''fuck, motherfuck etc...'' leur set est sérieux et professionnel. Avec seulement trois musiciens sur scène, les vocaux étant partagés entre Leski et le bassiste, le rendu est carrément impressionnant.
GORGASM axe autant son set sur les brûlots de ''Masticate to Dominate'' et de ''Bleeding Profusely'' que sur le nouvel album à venir. C'est donc l'occasion de découvrir des compositions aux titres fleuris tels que: ''KuntKiller'', ''Destinate to Violate'', ''Visceral Discharge''. Si les paroles me semblent toutes plus crétines les unes que les autres, il en va tout autrement de la musique qui exhale une hargne, une technicité et même une mélodie que seul GORGASM parvient à combiner pour parvenir à un mélange aussi détonnant. Peu de surprises à venir pour le nouvel opus, ce sera du GORGASM pur jus, tant mieux.





Il n'est pas nécessaire de présenter DYING FETUS. Le bombardier américain est connu pour être implacable en live, et une fois encore, le groupe ne faillit pas à sa réputation. Même si je n'écoute plus vraiment DYING FETUS, il est impossible de ne pas taper du pied ni secouer sa panse devant les rythmiques puissantes, les folles envolées guitaristiques, les breaksdowns, les drum breaks, les voix gutturales que le groupe envoie inlassablement dans la fosse durant près d'une heure et demie. Tous les titres les plus efficaces sont joués avec précision et puissance. DYING FETUS m'a tueR.



MALIGNANT TUMOUR est chargé, comme BLOCKHEADS la veille, d'achever les blessés. Après trois chansons de punk, grind, heavy rock, il me semble évident que je ne parviendrai pas à apprécier le style des Tchèques, pourtant énergique. Le Mountains of Death se termine donc pour moi, dans le froid, la sueur et les collines. Epuisé et heureux.



Il me reste à gratifier le lecteur de quelques réflexions profondes. La première paraîtra sûrement décalée et politiquement correcte mais peu importe. On vous bassine à juste titre, chers fans de métal, depuis des mois sur la pollution, le réchauffement climatique, etc... Pourtant à voir l'état du site à la fin du fest, on se dit que ce forcing médiatique est plutôt vain. Dommage, surtout dans un environnement aussi magnifique que les Alpes suisses. Bref, il n'est sûrement pas trop difficile de jeter les gobelets, canettes, packs, emballages divers dans une poubelle. Si vous ne le faites pas pour l'environnement, l'organisation, elle, appréciera, je pense.
Un petit mot sur l'organisation, justement. Le MOD, est un festival sympathique et bien géré. C'est un travail suffisamment difficile et parfois ingrat pour que, lorsque tout se passe bien, cela soit souligné.
Je terminerai en saluant tous les potes que j'ai croisé et avec lesquels il fut agréable d'échanger bières et conversations. Cheers et à l'année prochaine!!!

La Myxine

Un grand merci à Paparizzo Tom alias Thomas Werr de MEtal Die Hard Front

Lien relatif
http://www.mountainsofdeath.ch/
http://www.metaldiehardfront.com/




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