VISION OF DISORDER - Imprint (Roadrunner) - 01/11/2014 @ 21h08
Tout bon mélomane a connu ce cas de figure: celui de se faire latter la tronche par un groupe dont on n'attendait pas grand chose. Je parle de ce groupe attachant, mais aucunement fondamental, qu'on écoute de temps en temps sans en faire une maladie. Et, alors que la routine et une certaine lassitude commençait à s'installer, ce groupe vous colle par surprise une bonne grosse mandale dans la carafe ! Oh le fourbe ! Vous ne l'aviez pas vu venir celle là, hein ?
Voilà exactement ce que j'ai ressenti à la sortie de Imprint, deuxième album des New Yorkais de Vision Of Disorder.
Je découvre le groupe en 97, en première partie de Sick Of It All, ce qui permet de me procurer sur leur stand de merch' le Ep Still (1995), leur premier album éponyme (1997) ainsi qu'un énorme sticker frappé du logo N.Y.H.C, que j'arborerai fièrement sur mon cahier de texte, convaincu de devenir, par cette action, l'incarnation du cool absolu ! (l'ado est con ! Je me tue à vous le dire dans toutes mes chroniques ! J'en sais quelque chose, j'en ai un spécimen vautré tous les jours sur mon canapé !)

V.O.D se forme en 1992, à New York, autour des guitaristes Matt Baumbach et Mike Kennedy, du batteur Brendon Cohen, du bassiste Mike Fleishmann et du chanteur Tim Williams. Un line-up qui restera identique jusqu'à aujourd'hui : fait suffisamment rare pour être signalé !
Grâce à l'intensité de ses concerts, dû en grande partie à l'implication totale de leur charismatique chanteur, le groupe fait rapidement parler de lui sur la scène Hardcore New-Yorkaise.
Un premier Ep, Still, sort en 1995, mais c'est surtout la participation du groupe au mythique documentaire N.Y.H.C Documentary (que je vous recommande au passage ! Visible sur YouTube !)
qui fait circuler leur nom. Au milieu de Madball, 25 Ta Life ou Crown Of Thornz... V.O.D détone par des influences métal bien plus marquées que chez ses petits camarades et par le chant de Tim Williams qui, sur certains passages, ose poser des voix claires et mélodiques.
En 1996, V.O.D sort son premier album chez Roadrunner: un efficace disque de Hardcore Métal, typique de l'époque, mais dont les quelques tentatives de sortir des sentiers battus tombent un peu à plat, la production de Jaime Locke étant franchement ratée et le chant clair de Williams manquant encore d'assurance.
Traitez moi de vieux con mais le fait est qu'à l'époque, les groupes singuliers étaient légions, et ce même dans le carcan à priori restrictif du Hardcore. Pour moi, l'affaire était entendue : V.O.D est un très bon groupe de Hardcore Métal... mais pas de quoi se relever la nuit !

La claque n'en sera que plus forte ! Pourtant, pas de changement de style radical sur Imprint, V.O.D reste un groupe de Métalcore. Que s'est il passé alors ?
Déjà, le groupe et le label ont cassé leurs tirelires pour s'offrir les services de Dave Sardy, producteur réputé au CV impressionnant (RATM, Nine Inch Nails, Slayer, Oasis...). Il s'adaptera parfaitement au style de V.O.D en leur concoctant la production vivante, chaleureuse et organique qui faisait cruellement défaut sur les autres productions du groupe.
Ensuite, la voix de Tim Williams est fabuleuse. Toujours impeccable sur les voix hurlées, il a prit une toute autre dimension sur les voix mélodiques, tant sur la justesse que sur le grain... on pense à Layne Staley (Alice In Chains) plus d'une fois !
Et le plus important, les compos sont bétons ! Le Hardcore labellisé New-York s'estompe pour des influences métal encore plus marquées, rapprochant le groupe des autres poids lourds de la scène de l'époque: Machine Head, Sepultura ou Pantera...
V.O.D finit d'assoir sa personnalité par l'utilisation d'effets et de quelques dissonances pour créer des ambiances troubles proches de la noise ou du grunge. Sans parler des structures peu communes et des breaks surprenants qui trahissent d'une évidente volonté de se démarquer.

Dès What You Are, on est frappé par la crudité de la production, la complexité rythmique et la structure alambiquée du morceau.
Sur Twelve Steps To Nothing et Landslide, le groupe déploie un arsenal d'effets peu communs dans le style (trémolo, delay...), le chant clair de Williams évoque plus que jamais la scène de Seattle. Ça part dans tous les sens via des dissonances noisy et des breaks improbables... mais jamais au détriment de l'efficacité.
Beaucoup plus direct, By The River, dans le jeu des guitares, rappelle fortement Pantera. Et ça tombe bien car c'est justement sur ce morceau que Phil Anselmo vient faire un featuring particulièrement efficace: preuve supplémentaire de l'adoubement de V.O.D au sein de la scène métal. Ah, et juste pour votre information...la fin de ce morceau contient la mosh-part la plus efficace de tout les temps ! Le genre de passage qui donne envie de coller un coup de boule au passant qui venait gentiment vous demander l'heure... vous voyez le genre?
On reste dans l'efficacité avec Imprint, le morceau titre et premier single de l'album. La porte d'entrée idéale pour l'album, car moins tordu que les autres titres.
Tout le contraire de Colorblind, morceau fleuve de 6mn aux multiples ambiances. Un titre éthéré et mélodique au feeling Post-Hardcore voir Néo Métal.
Rebirth Of Tragedy et Locust Of The Death Earth reviennent en territoire Hardcore plus classique, mais là encore, au détour d'un break, V.O.D nous prend à rebours et sait nous surprendre.
Le reste de l'album est moins immédiat et nécessitera quelques écoutes avant de pouvoir en profiter pleinement.

Grâce à la sortie de Imprint, acclamé à raison par les fans et la critique, V.O.D tournera énormément, se retrouvera même sur les scènes de grands festivals (Ozzfest...) à la grande déception des puristes Hardcore (évidemment!). Ces derniers n'auront pas finis d'être désappointés puisque l'album suivant (From Bliss To Devastation) épousera totalement l'aspect mélodique et catchy du groupe.
Cet album sous influence Black Sab', Soundgarden, Alice In Chains ne rencontrera pas vraiment le succès escompté : le public sera visiblement perturbé par le changement de cap d'un groupe déjà difficile à classer en temps normal !

Vision Of Disorder se séparera en 2002 avant de revenir pour des concerts en 2008 puis de sortir The Cursed Remain Cursed en 2012, un album dans la continuité de... Imprint... Pas fous les mecs !




Rédigé par : DaleNixon | 1998 | Nb de lectures : 1114


Auteur
Commentaire
Gates
Membre enregistré
Posté le: 02/11/2014 à 09h37 - (31386)
Mon préféré de VOD. Une tuerie intégrale. La prod m'a beaucoup marquée aussi



ennemi juré
IP:93.14.83.72
Invité
Posté le: 02/11/2014 à 10h01 - (31387)
C'est clair un putain d'album, avec Phil Anselmo en feat en plus.

CDMRecords
Membre enregistré
Posté le: 02/11/2014 à 11h20 - (31389)
Un album qui m'a marqué à l'époque et je le ressors toujours régulièrement... Cette production a fait beaucoup pour l'univers de Imprint...

fedaykyn
IP:109.29.31.96
Invité
Posté le: 02/11/2014 à 15h00 - (31391)
1 de mes albums de chevet. le son est mortel, les compos sont mortels, la rythmique tue, et on a rarement vu plus vénère et agressif. l'impression de se prendre un coup de boule effectivement ...

Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 03/11/2014 à 11h01 - (31398)
Mais... C'est vraiment pas mal du tout ! Et puis la voix claire est de fort bonne qualité... Un exemple que devrais suivre les groupes de metalcore, deathcore, ou je ne sais quoi, qui mettent des chants clairs insipides pour pourrir leur musique ! Un chant clair, soit, mais de cette qualité alors ! :)

RBD
Membre enregistré
Posté le: 15/11/2014 à 23h59 - (31437)
J'ai un ami ultrafan, et cet album nous a beaucoup marqué naguère, il évoque des souvenirs de vacances précis. Il était venu après un premier album qui avait un peu déçu après un mini de débutant fracassant.

Je suis en complet accord avec la chronique, qui pourrait peut-être souligner encore plus l'énergie déjantée qui se dégage de tout ça, qui annonçait l'arrivée d'autres groupes cherchant aussi cette direction mais avec un bagage plus emo...



Blind
Membre enregistré
Posté le: 10/10/2016 à 11h01 - (31955)
Le seul album du groupe que je possède et il tue, tout simplement.



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