SEPTIC FLESH - Ophidian Wheel (Holy) - 12/10/2013 @ 23h05
On y revient encore et toujours. Inévitablement. Passionnément. A ce fameux âge d'or où l'on usait jusqu'à la moelle des albums préalablement attendus de longs mois. Où l'on découvrait l'underground pas à pas, émerveillé par sa diversité et son inventivité. Trading/emprunts, compil/samplers, pubs et encarts 'extrême' dans la presse généraliste, Metallian, les VPC... nous n'étions jamais à court d'idées pour assouvir notre soif inextinguible de découvertes. Alors en plein développement, le metal se révélait semblable à une éponge, s'enrichissant sans cesse au contact d'autres influences et cultures. En combinant puissance et mélodies, en raffinant son instrumentation, notre genre de prédilection s'ouvrait à de nouvelles perspectives. Le metal restait vivace, ambitieux, excitant. L'un des albums les plus emblématiques de cette époque, c'est ce fameux Ophidian Wheel de Septic Flesh. Une oeuvre authentique, impressionnante de maitrise et de maturité, qui ne laisse personne indifférent. La sortie imminente de sa réédition me pousse à dépasser une certaine réserve pour en toucher un mot. Mais avant d'en venir aux faits, origine et contexte.

Fondé à Athènes en 1990, Septic Flesh se montre volontaire et productif dès le départ. Après une Demo assez brutale, Forgotten Path, influencée par le death metal US, le groupe trouve sa voie sur l'EP Temple of the Lost Race sorti chez Black Power (à qui on doit le split Necromantia/Varathron ou les débuts d'Horrified). Plusieurs fois réédité, cet enregistrement sera aussi réenregistré (sur A Fallen Temple). Le batteur Dimitris Valasopoulos quitte Septic Flesh fin 1991. Il n'est pas remplacé, les Grecs privilégiant l'emploi de musiciens de session. La signature de Nightfall chez Holy records en mars 1992 ne passe pas inaperçue. L'année suivante Septic Flesh séduit à son tour le label parisien grâce à un Promo: Morpheus Awakes. A sa sortie en 1994 leur 1er album Mystic Places of Dawn fait l'effet d'une bombe. Leur death metal atmosphérique conciliant brutalité et mélodies asseoit la réputation du groupe grâce notamment à des morceaux placés sur des compilations (Death ...Is Just The Beginning III par exemple). Digne d'une bande originale de film, l'instrumental Mythos confère à Septic Flesh une renommée amplement méritée (à l'échelle de l'underground). Mais approchons nous plus près, regardons de l'autre côté du miroir...

Bien plus qu'un groupe, l'entité Septic Flesh repose sur une association de talents hors-norme et complémentaires. Participant au processus créatif, le bassiste Spiros Antoniou possède l'une des voix les plus impressionnantes de la planète death metal (puissante, profonde et articulée). J'ai eu l'occasion de le vérifier en concert (Temple of Humiliations Tour en mai 1999). Artiste complet, Spiros est aussi en charge de l'identité visuelle de Septic Flesh, via la peinture. Son frère, le guitariste Chris Antoniou, représente la facette plus aventureuse et expérimentale du groupe. Il excelle dans la composition de pièces instrumentales à mi-chemin entre tradition classique et avant-gardisme. Ambitieux, il s'expatrie en Angleterre en 1994 pour suivre des études supérieures de musicologie. Last but not least, le dernier membre du trio n'est pas le moins important. Auteur des concepts, des textes et de la plupart des musiques de Septic Flesh, Sotiris Vayenas est un érudit doublé d'un musicien inspiré. Avant tout guitariste, il dispose lui aussi de plusieurs cordes à son arc, notamment un savoir-faire indéniable en matière d'arrangements et on va le voir, un chant clair d'excellente facture.

En l'absence de Chris, Sotiris Vayenas compose seul l'intégralité d'Esoptron qui parait en 1995. Avec ce 2ème opus, les Grecs développent mélodies et atmosphères. Chroniqué dans ses pages par Silenius, Esoptron remporte la palme de l'album le plus onirique et mystique de Septic Flesh. Ma découverte d'Holy records et de sa fantastique colonie grecque remonte à cette époque, où évolution, prise de risque et remise en question étaient monnaie courante. Une période cruciale où groupe et label ont connu un cheminement étrangement similaire. Sur la pente ascendante Holy records déménage dans de plus grands locaux. Exit Livry-Gargan (93) au profit de La Ferté sous Jouarre (77). C'est la raison qui explique leur baisse de productivité en 1996. Chez Septic Flesh l'époque est aussi à la restructuration. La fermeture du Storm (où leurs 2 albums ont été enregistré) pousse les Grecs vers un studio plus moderne et performant (le Praxis). L'inédit Woman of the Rings figurant sur le 1er volume de la Holy Bible (également chroniqué) est un test convaincant. Sotiris a emmagasiné de l'expérience en tant que guest (Raism et Varathron) et Chris trouve du temps à consacrer au groupe. Les Grecs ont une idée très précise de ce que sera leur 3ème opus. L'heure de la maturité a sonné pour Septic Flesh. Sotiris nous présente le concept:

"Ophidian Wheel se rapporte au symbole du serpent mangeant sa propre queue, une des illustrations les plus fortes du thème du changement. j'ai essayé de couvrir un large éventail de questions métaphysiques tout en utilisant des métaphores pour laisser le plus d'ouverture possible à l'interprétation. Cette idée de changement me paraît quelque chose de fondamental, en particulier à l'approche du nouveau millénaire."
(dans le n°32 de mars 1997 de Hard n'Heavy).

Ophidian Wheel est présenté dans un digipack (habituel chez Holy records) illustré par Spiros qui signe ici sa peinture la plus aboutie (avant de passer à l'infographie). A noter les montages photos où les membres du groupe ont un regard... reptilien. Sur la page de gauche, un poème explicite le concept. Le livret nous apprend que les cartes ont été redistribuées. En privilégiant une écriture plus directe, les Grecs ont ainsi pu accorder plus d'espace au chant qui prend une dimension encore jamais atteinte par Septic Flesh. Grâce à une production claire et puissante, on savoure les vocaux de Spiros dès l'entame de The Future Belongs to the Brave, mais surtout ceux de sa partenaire de charme. Comment qualifier la prestation de la chanteuse d'opéra Natalie Rassoulis? Epoustouflante? Extraordinaire? Magique? Débrouillez-vous avec les superlatifs, sachez seulement que personne n'a fait mieux dans le genre depuis. On n'oubliera pas non plus le travail de Sotiris, qui n'a pas à rougir de sa performance en chant clair (Phallic Litanies, On the Topmost Step of the Earth, Geometry in Static). Sur le plan musical, Ophidian Wheel synthétise autant qu'il surclasse ses prédécesseurs et met la misère à une scène underground à laquelle le groupe ne peut de toute façon plus prétendre après une telle démonstration de force.

Lorsqu'on découvre le travail abattu par la paire Sotiris Vayenas/Chris Antoniou, l'évidence saute aux oreilles, ils font partie des meilleurs: Mackintosh/Aedy, Tenkula/Lopakka, Sassi/Svatizky, Holopainen/Koivusaari... De l'impitoyable rigueur rythmique des passages death metal (Geometry in Static) aux innombrables mélodies parsemant l'album (Shamanic Rites, Heaven Below), en passant par les nombreux soli (qu'ils se partagent, voir livret), le tableau est complet, de quoi offrir de longues heures de plaisir aux apprenti-guitaristes. Quant aux claviers et aux samples, s'ils sont plus présents que jamais, leur emploi reste contrôlé et parfaitement dosé. Chris lâche la bride à son inspiration le temps de 2 instrumentaux, Microcosmos et Enchantment, mais surtout sur Tartarus, une composition expérimentale augurant de grandes choses dans un futur proche, à savoir la quadrilogie Underworld et son side-project Chaostar. L'idée directrice d'Ophidian Wheel était d'installer une atmosphère, de stimuler notre imagination par tous les moyens (images, textes, musique). Pari réussi haut la main.

La basse de Spiros a toujours été une composante à part entière de la musique de Septic Flesh (une qualité de plus à mettre à leur actif), on la retrouve notamment sur Razor Blades of Guilt, composition de Spiros à l'entame furieuse s'achevant par un decrescendo tout en harmonies. Concernant les parties de batterie, ça a toujours été un point litigieux. Pour beaucoup le 'Kostas (session)' que l'on retrouve sur les 4 premiers albums de Septic Flesh ne serait qu'un paravent masquant une BAR dont l'emploi serait tabou. Venant d'un collectif d'artistes indépendants employant déjà profusion de samples pour leurs orchestrations ça me parait curieux. En dépit du son et des parties en elles-même (d'une précision diabolique et à la dynamique inhumaine), je me suis toujours demandé si le fameux Kostas n'était pas Costas Savidis (de son vrai nom Kostas Savvidis) batteur de leurs voisins de palier et collègues de label, Nightfall, pour qui la question de la BAR se posait déjà pour Athenian Echoes (et se reposera bientôt). Voici ce qu'en dit Sotiris Vayenas: "Nous ne sommes jamais parvenus à trouver un batteur stable (...) nous avons recours à des musiciens de studio lorsque le besoin s'en fait sentir." Mix electro/acoustique ou pas?

Pour finir, je tiens à rendre hommage à Holy records pour son parti-pris de proposer d'astucieux montages que l'on découvrait via les samplers de mag. Par exemple sur le Metal Explosion Volume 3, l'intro de Tartarus enrichie Geometry in Static. La démarche s'était déjà produite pour Orphaned Land sur le Volume 1, et Stille Volk période Hantaoma en a aussi bénéficié. Voila on a fait le tour. Avec ce 3ème album, Septic Flesh s'est surpassé en accouchant d'une oeuvre d'une maitrise et d'une classe folle, un hybride parfait de death metal et de musique gothique/expérimentale. Ophidian Wheel? Le meilleur album du groupe, du label et du metal grec. Pas moins.


Rédigé par : forlorn | 1997 | Nb de lectures : 1948


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Commentaire
Joss
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2013 à 09h30 - (29977)
Superbe chronique ! (je m'étais attaqué à cet album aussi pour un autre webzine, mais elle n'est pas aussi bien documentée). Meilleur album du groupe OK. Meilleur du label... ça se joue entre ça, "El Norra Alila", "Les ténèbres du dehors" et "Athenian Echoes" (mais quelle époque bordel).



jean-francois
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2013 à 09h45 - (29978)
Très bonne chronique, je la partage également. Vu en 99 aussi moi c'était à Limoges avec misanthrope et natron

Moshimosher
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2013 à 11h17 - (29981)
Aaaaaaa... La voix de Natalie Rassoulis :) Très bon album mais, bon, c'est vrai que vu le nombre de grands albums sortis chez Holy Records, je dirais plutôt "l'un des meilleurs albums du label" :) Et qu'il est bon de le réécouter :) :) :)

Youpimatin
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2013 à 11h42 - (29982)
Superbe chro pour l'album le plus mélodique de Septic Flesh, le meilleur aussi je crois.
Disons qu'après celui là, on ne retrouvera plus jamais vraiment le même groupe, le même son.
Et oui, c'est bien une BAR utilisée sur cet album (tout comme le précédent) mais peut être programmée par le fameux Kostas...

TarGhost
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2013 à 11h48 - (29983)
Je ne peux m'empêcher de verser ma larmiche à l'évocation de cette période bénie "premiers Metallian / VPC Holy/Adipo"...combien d'albums achetés sur la foi d'un descriptif élogieux, recoupé dans la foulée avec une chro sur Metallian ou une découverte via les ces samplers.

Pas de web, peu d'informations, une attente fébrile couplée à une volonté de découverte : un vrai pari sur un disque sommes toutes.

Et cet album ne déroge pas à la sacrosainte règle de trois "Sampler/Metallian/Catalogue Vpc Holy"...une claque magistrale, une voix de déesse, des compos à couper le souffle.
Grand, très grand.



mydrin
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2013 à 13h33 - (29987)
bravo, superbe chronique, pour un superbe album, un "classique"



hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2013 à 14h20 - (29988)
Ta kro est bien détaillée et rappelle également de nombreux souvenirs. Par contre, j'avoue (pas taper) ne jamais avoir été un grand fan de la colonie grecque de Holy. Pour Septic, les compos étaient, c'est vrai au dessus de la moyenne, mais le tout était gâché par une production indigne et des artworks, heu comment dire, enfin chacun ses goûts. C'est dommage, maintenant ils ont le son et les moyens techniques de proposer des produits de qualité, mais les compos ne suivent pas. Mais bon, nostalgie, quand chaque arrivée de commande, chaque sortie du sampler Metallian, étaient l'objet de toutes les attentions et de débats enflammés...



raclettou
IP:82.226.143.173
Invité
Posté le: 13/10/2013 à 14h42 - (29989)
Pour moi il devient de plus en plus évident que derrière ce Mr Kostas se cache une toute bête boîte à ryhtmes... et dire que nous fantasmions à la sortie de ces albums (Mystic Places et Athenian surtout) sur les parties de batterie surhumaines en terme de vélocité et de régularité...snif, quelle naiveté!

gérard klein
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2013 à 15h06 - (29990)
Super kro, pour un album qui m'a ébahi depuis sa sortie, je ne m'en suis jamais lassé. Que de mélodies somptueuses.

hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2013 à 15h17 - (29991)
gérard klein@ je profite de votre contribution pour vous rendre hommage, vos participations pour la télévision et la publicité m'ont grandement marqué et surtout beaucoup influencé, un grand monsieur!

vincesnake
Membre enregistré
Posté le: 13/10/2013 à 20h40 - (29993)
Difficile de citer qu'un seul album de la très riche discographie de Septic Flesh mais même si j'ai été plus marqué par "A Fallen temple" pour l'effet découverte, on peut classer Ophidian Weel parmi les chef d'œuvres du groupe et d'Holy records par la même occasion !

Il y a vraiment quelque chose de spécial et magique qui s'en dégage et j'aime beaucoup le son aussi.



Strat
Membre enregistré
Posté le: 14/10/2013 à 10h10 - (29997)
Ça y es, le meilleur CD de la composition à été chroniqué, et quel chronique !
Forlon s'est dépassé, à usé de superlatifs pour décrire cet ovni, ce fabuleux album qui as changé ma vision de la musique.
Avant Ophidian Wheel le métal me semblait quelque peu plat, certes la scène de Gotenburg était déjà présente, mais le côté mystique, la force tranquille et la présence de Septic Flesh n'était pas là.

Cet album est si riche que chaque titre me transporte ailleurs.
Spiros à une voix et un charisme phénoménale, son frère est un protide d'une composition à la fois simple et mélodique mais tout cela ne suffit pas à rendre hommage à leurs titres, si subtiles.

Espace, puissance, ambiance, mélodie, voyage, voilà les mots qui me viennent à l'esprit lorsque je pense à cet album.

Holy Records à réellement mis en avant une perle du genre, dont j'ai eu la chance de voir trois fois en concert, trois moments géniaux.

Natalia nous transportes loin au delà lors de ses interprétations et même si le contexte est différent je ne peux pas faire l'impasse avec une comparaison à Marcela Buruiana, l'autre chanteuse géniale, d'un autre groupe grecque génial mis en avant par Holy Records, à savoir On Thorns I Lay.

Que dire de plus si cet album est un grand album, un monument de la scène métal, à classe avec d'autres albums géniaux sortie durant cet âge d'or si bien décrit par Forlorn et dont je pense beaucoup d'entre nous y repenses, et s'y replongent, avec nostalgie.

Merci à Septic Flesh, merci à Holy Records.




Sagal
Membre enregistré
Posté le: 14/10/2013 à 18h47 - (30002)
Chronique très plaisante à lire.
Pour ma part, j'ai découvert le groupe avec "Esoptron" puis "Mystic Places..." et, honnêtement, je me souviens même du temps qu'il faisait le jour où j'ai reçu celui-ci, tellement je l'attendais :-)
Mais il m'a un peu déçu. Plus de chants différents, plus d'orchestrations que sur les précédents, certes, mais des harmonies de guitare moins riches (où sont passées les leads harmonisées d'Esoptron ?), des accords moins fouillés... Les superbes mélodies caractéristiques du groupe à cette époque étaient toujours là mais, concernant Natalie, je n'ai jamais accroché à ce type de chant féminin.
Même la pochette me plaît moins, elle est sympa mais les dindons et les aliens me font moins frissonner que les visages froids et désincarnés de celle d'Esoptron.
Bref, un excellent album quoi qu'il en soit mais pas leur chef-d'oeuvre en ce qui me concerne.

forlorn
Membre enregistré
Posté le: 15/10/2013 à 07h29 - (30003)
@ Joss: Merci. Ecrivant sur le net depuis 2001, j'ai longtemps esquivé cette chronique, mais l'annonce de la réédition m'a décidé à tenter ma chance. Je n'en suis pas satisfait, mais vos commentaires sont là pour compléter ma prose.

@ Joss & Moshimosher: A cette époque (1995-1997) on pouvait acheter les yeux fermés la plupart des sorties du label... ce qu'on ne se privait pas de faire. C'est vrai que ma conclusion est un peu enflammée, mais parmi les classiques du label, Ophidian Wheel a ma préférence, juste devant El Norra Alila et un paquet d'autres solides clients. Sinon dans une interview de 2012, j'ai lu que la meilleure vente du label était Les Ténèbres du Dehors d'Elend avec environ 35 000 exemplaires vendus. Si je m'étais risqué à faire un pronostic, j'aurais plutôt misé sur des albums régulièrement sold-out comme Macabre Sunsets de Nightfall ou le first press de Mystic Places of Dawn justement. Comme quoi...

@ jean-françois: Moi c'était la date toulousaine, où j'ai eu le 'privilège' de me faire envoyer bouler par Jean-Jacques Moreac (Misanthrope) après le show. C'est pas évident de trouver le bon moment et la bonne approche, même pour poser une simple question sur Argile.

@ raclettou: C'est tout à fait ça. Je me souviens encore des regards ébahis qu'on s'échangeait avec un pote en écoutant les parties de batterie d'Iris (and the burning aureole), morceau de Nightfall extrait d'Athenian Echoes présent sur la compilation Hate Over Blood. C'était bon d'être naïf.

forlorn
Membre enregistré
Posté le: 15/10/2013 à 07h38 - (30004)
@ Youpimatin: Pour le titre d'album le plus mélodique, la semi-compilation A Fallen Temple et l'intrus Revolution DNA se défendent. A Fallen Temple est une sorte d'additif, d'extension à Ophidian Wheel, le testament du Septic Flesh 1ère époque. Revolution DNA se distingue tellement de ses prédécesseurs qu'il aurait presque du sortir sous un autre nom. C'est d'ailleurs le premier avec un batteur intégré au line-up. Il m'a fallu un temps d'adaptation mais c'est le dernier album de Septic Flesh que j'ai apprécié. Après avoir adulé le groupe pendant des années, achetant chaque enregistrement dès sa sortie (y compris le pack The Eldest Cosmonaut), ça m'a fait un drôle d'effet de constater en 2003 que j'avais décroché. Cela dit il faudra bien que je m'affranchisse de Sumerian Daemons et ses successeurs.

forlorn
Membre enregistré
Posté le: 15/10/2013 à 07h49 - (30005)
@ hammerbattalion:

- Les albums de cette fameuse colonie grecque (Nightfall, Septic Flesh, On Thorns I Lay ou encore Exhumation) font partie des meilleurs de l'époque, ils méritent que tu leur (re)donnes une chance, vraiment.

- Production indigne? Ophidian Wheel n'est pas concerné car c'est justement leur 1er album qui bénéficie d'une bonne production (voir le changement de studio évoqué dans ma kro). Si tu en as l'occasion, (ré)écoute le pressage originel. Tu verras.

- C'est aussi l'idée que je me fais de Septic Flesh depuis leur reformation (+ de moyens mais une inspiration moindre). A charge pour moi de faire tourner les 3 derniers albums pour confirmer ou infirmer cette impression.

forlorn
Membre enregistré
Posté le: 15/10/2013 à 08h04 - (30007)
@ Sagal: J'ai aussi découvert Septic Flesh à la sortie d'Esoptron et je vois où se situe ta gène. Il y a d'abord le parti-pris de l'efficacité, avec des structures plus fluides et épurées (Shamanic Rite est incroyable à ce niveau, ne pas l'avoir cité dans ma kro relève de la performance). Autre point. Sur Esoptron, même si les ambiances sont prononcées, la guitare règne en maitre. Sur Ophidian Wheel ce n'est plus le cas. Les Grecs ont progressé dans TOUS les domaines et sont parvenus à une vraie symbiose, tout coule de source. Résultat l'album regorge de détails, de passages marquants et les guitares doivent partager la vedette. Mais le boulot abattu par la paire Sotiris/Chris n'en est pas moins conséquent. Au contraire, ils associent la rigueur rythmique de Mystic et les mélodies d'Esoptron tout en poussant le bouchon beaucoup plus loin. Tente une écoute d'Ophidian Wheel en focalisant sur les guitares, ou au moins un morceau comme Heaven Below. Tu y trouveras tout ce qui faisait ton bonheur sur Esoptron et qui constitue la signature, la marque de fabrique de Sotiris: Super riff en entame, mélodies débordant de feeling, leads harmonisés et chorus à foison, super solo en conclusion.

Strat
Membre enregistré
Posté le: 15/10/2013 à 08h46 - (30008)
@Sagal : Au contraire, pour moi Esoptron n'est pas un album totalement aboutie.
Pourquoi ?
Ce dernier apparait comme étant bien composé mais mal assemblé, c'est à dire que les variations de rythmiques et d'ambiances ne sont pas aussi "fluide" que sur Ophidian Wheel.

Alors certes, Esoptron est différent, plus direct, et il ne manque pas de qualité, mais Ophidian Wheel permet à Septic Flesh de monter d'un cran, là ou Esoptron n'y arrive pas.
C'est ainsi pour beaucoup d'albums ou le groupe annonce un changement, l'avant dernier est bon, un poil différent, et le suivant est lui différent, en bien ou en mal.

Les passages mélodiques / solos sur Ophidian Wheel dégagent une chaleur et un feeling qui sont tout simplement génial,tellement que la suite aura du mal à égaler ce niveau.



hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 15/10/2013 à 13h04 - (30012)
forlorn@ je vais essayer de nouveau, avec l'âge je suis peut-être plus perméable et moins intransigeant. La rubrique remember tue mon pouvoir d'achat :)

Sagal
Membre enregistré
Posté le: 19/10/2013 à 21h37 - (30024)
@ Forlorn et Strat: Alors, pour moi, leur chef-d'oeuvre est "Mystic...". Des morceaux comme Crescent Moon ou Morpheus, par exemple, me transportent à une autre époque, un autre lieu...
Globalement, je suis d'accord avec ce que vous dites, vous donnez des explications tout à fait objectives. Mais le côté un peu plus sombre et violent des deux premiers me manque quelque peu sur celui-là. Ce que tu dis sur la place des guitares, Forlorn, est tout à fait vrai, je pense. Et tu tapes dans le mille avec Heaven Below qui est une de mes préférées sur celui-là (pas de chant lyrique !) avec On the Topmost Step of the Earth ! Là encore, j'attache ces morceaux à des moments de ma vie bien précis et ça ne doit pas le faire qu'à moi ;-)
Si j'essaye d'être aussi objectif que vous, je trouve justement que le côté que Strat qualifie de moins fluide d'Esoptron est une qualité. Nombre de groupes et de vieux albums considérés maintenant comme des classiques sont justement sortis du lot parce que les musiciens étaient plus jeunes, moins expérimentés, avec moins de théorie musicale et donc expérimentaient, innovaient sans même s'en rendre compte. Tout se faisait à l'instinct, à l'émotion, en observant moins les règles tacites qu'un musicien peut avoir à un moment donné.
Bref, plus de qualités objectives dans "Ophidian Wheel", je vous rejoins sur l'ensemble mais "le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas", c'est pourquoi je continuerai à préférer les deux précédents ;-)

forlorn
Membre enregistré
Posté le: 21/10/2013 à 07h49 - (30037)
@ Sagal: Tu décris parfaitement ce qu'était cette époque et on est effectivement quelques uns à partager ce vécu/point de vue. C'est justement pour ça que j'accorde un maximum d'attention aux Remembers.

Quant à Septic Flesh, c'est ce que les Grecs ont fait avec Ophidian Wheel: innover. Aucun précédent (pas même Therion), tout à l'instinct. Il ne s'agit pas d'une superposition clinique de styles. Ce qui fait d'Ophidian Wheel un album hors-norme, c'est que malgré sa richesse, tout coule de source, naturellement. Ça n'est qu'à partir du suivant, A Fallen Temple, que leur musique devient trop réfléchie, contrainte et formatée.

PS: De toute façon tous les premiers Septic Flesh sont incontournables.


Strat
Membre enregistré
Posté le: 21/10/2013 à 13h12 - (30038)
@Sagal : nous sommes tous différents, heureusement !
Ce côté primaire, bestial, et mystique de "Mystic.." est justement son point fort, et son point faible de mon point de vue.

Oui les membres du groupe étaient encore jeunes, oui ils essayaient des choses nouvelles et il y arrivent partiellement.

Partiellement car Septic Flesh n'est pas un groupe que j'aime à cataloguer, et là ou Ophidian Wheel est différent de son prédécesseur c'est que justement ils ont su aller de l'avant, retirer une once de violence pour polir leurs compositions, les rendant unique.

M'enfin tu as conclus bien en disant "le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas", et je suis heureux de constater que nous sommes encore quelques un ici à aimer ces vieux albums.

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