SLIPKNOT - Slipknot (Roadrunner) - 31/03/2012 @ 17h54
Il est certain qu’avant le « nœud coulant », l'Iowa ne nous avait pas vraiment habitué à nous fournir en musique métallique. Mais en cette année 1999, tous les regards se braquaient vers Des Moines, berceau d’un groupe qui débarquait à grands renforts de battage en tout genre, auréolé par dessus le marché d'une aura de mystère. Slipknot donc, arrivait avec l'écume aux lèvres et une furieuse envie de tout casser. Comme beaucoup, j'ai découvert le groupe au travers d'interviews et notamment à travers celles que donnait à l'époque le clown, Shawn de son prénom. A grands renforts de provocation et de déclarations dignes d'un chasseur bourré au mélange Ricard/Pernault, le bougre a réussi à attirer l'attention sur son groupe. Quand on lisait que le gonze était capable de foncer dans un mur tête baissée pour montrer « qu'il n'en avait rien à foutre de rien » on pouvait croire à du bluff. Mais quand le journaliste racontait que le cinglé avait joint le geste à la parole en laissant dans le mur en question un trou béant de 10 cm de profondeur, on restait impressionné par tant de « motivation » et de connerie.
Le mec demandait aussi à se faire taper dessus pour montrer qu'il avait la tête dure et menaçait régulièrement ses interlocuteurs en leur disant « d'éviter de poser des questions stupides sinon il allait leur mettre une bouffe ».
Pro de la communication et véritable hyperactif, ces premières entrevues du Clown ne laissaient personne indifférent. Slipknot s'est très rapidement créé une fan base ainsi qu'une bonne dose de détracteurs.

Les autres membres n’étaient pas en reste, à l'image de Mick Thomson qui impressionnait tout autant avec son physique et son regard, qu'avec sa BC.Rich et son masque à la « Vendredi 13 ». Moins bourrin que le Clown, l'ancien prof de guitare menaçait lui aussi régulièrement ses interlocuteurs « de leur péter une jambe » ou de « les tuer » tout simplement. Surnommé « Log » (le tronc) cet amateur de Grind et de Death dégageait une aura singulière (particulièrement au début) qui n’était pas franchement engageante.
L'autre guitariste au masque diabolique était moins spectaculaire au niveau visuel, mais son jeu de guitare, très technique et véloce, ne le reléguait pas à un second rôle musicalement.
Le p'tit gars Joey Jordisson avec son jeu de batterie puissant et technique montrait que Slipknot n'était définitivement pas un combo d'arrivistes. Il y avait aussi le chanteur, véritable « leatherface » en puissance, qui hurlait comme un taré et sautait comme un cabri. A cette époque Mr Corey Taylor ne minaudait pas comme il peut le faire maintenant mais braillait des lyrics vindicatifs de sa voix rocailleuse avec son timbre si particulier.
Les deux percussionnistes (même si on se demandait à quoi ils servaient musicalement) apportaient un gros plus au côté visuel et avec leurs attitudes provocatrices, ils donnaient au show un caractère sulfureux.
Le bassiste et le machiniste étaient plus calmes au regard de leurs collègues, mais si on en croit les gonzes, c’est véritablement « Pinehead » qui était le plus étrange, arrivant même à foutre les chocottes à ses collègues tant sa personnalité était particulière.
Et pour finir bien sûr, Sid, le Dj’s, véritable cinglé qui aimait mettre le feu (au sens littéral du terme) et slammer avant que le show ne commence.

Ajoutez à cela les costumes de condamnés à mort, les codes barres, le nombre important de musiciens et bien sûr, les masques, et vous obtenez une équipée bariolée calibrée pour cartonner. Avec un tel package, tout portait donc à croire que le groupe était un ramassis de rigolos. Rapidement, des doutes furent émis par la communauté métallique, la frange extrême n'appréciant pas trop qu’un groupe de « néo brutal » viennent jouer sur leur terrain de jeu.
Mais contrairement aux cadors du genre, Slipknot n'était pas composés de passionnés de Hip-Hop. Malgré quelques phrasés rap, il prédominait une ambiance très métallique autant dans les riffs qu’au niveau de la batterie. Voix gutturale et virages carrément Death metal, on était loin de Limp Bizkit et de Korn même si le groupe s'accordait quasiment comme eux et usait de "Jump da Fuck up" et de disharmonies gallopantes.

A ce propos, les « cadors » de l'époque qui auront la mauvaise idée de les inviter en tournée en garderont un souvenir « particulier ». Même s'ils étaient parfois inégaux en live, les nœuds coulants enterraient quasi tous les soirs les groupes qui les avaient invités en première partie. Coal Chamber, System Of A Down et même Machine Head ont dû parfois regretter de les avoir embarqués avec eux, même si évidemment, ils disaient le contraire. C'est sûr que face à « Big Truck », « Sway », « Eyeless » et « Eyesore » laissaient peu de survivants. Leurs shows étaient alors courts, abrasifs, brutaux et malsains... très loin de ce qu'est devenu le groupe aujourd'hui.
Ross Robinson (qui avait encore le vent en poupe) disait d'eux « Ils sont en feu. C'est la prochaine grosse sensation. Ils ont un grand cœur et beaucoup d’envies. On a pleuré et rigolé mais on a fait un grand disque. »
Les rumeurs les plus folles couraient d'ailleurs à leurs sujet. Il faut se rappeler qu'à l'époque on ne savait pas grand-chose des neuf et on ne connaissait pas encore leurs vrais visages.
On disait que le groupe était constitué d'anciens taulards, de communistes (véridique), des membres de Korn désireux de proposer une musique plus violente ou encore de death metalleux reconvertis dans le néo.
Aujourd’hui ces rumeurs font bien rire mais à l'époque au vu de la musique proposée et de l'image du groupe on pouvait s'attendre à tout. Personne ne se privait d'ailleurs de donner son avis et son analyse sur le phénomène.

Comme les fins observateurs ont toujours pu le souligner, c'est lorsque ce sont des journalistes hors métal qui donnent leur avis sur notre musique qu'on a souvent droit aux papiers les plus rigolos. En ce qui me concerne, j'apprécie particulièrement quand ce sont des gars venus du rock « classique » qui écrivent des théories sur un milieu dont ils croient connaître tous les rouages.
On a donc eu droit à des commentaires particulièrement savoureux des Inrocks, de Tracks, de Rock n’Folk, j'en passe des meilleures. On pouvait donc voir le groupe se faire encenser d’une manière carrément abusive ou enfoncer comme si le groupe était constitué des pires connards de l'univers.
Et pendant que tous se demandaient pourquoi ils étaient si bêtes et méchants, les neuf réussissaient à recycler le vieux mythe du « shock rock » en jouant le même jeu que Kiss et Alice Cooper à l'époque. A ce niveau-là, le groupe a drôlement bien mené sa barque. Le « Fuck it all » lancé à la face du monde a rapidement fait des émules et de farouche détracteurs.
J’ai vu le groupe à Toulouse à cette période. L'ambiance était électrique et le groupe coincé sur la petite scène du Bikini, complètement taré. L'agressivité était palpable à tel point qu’à la fin du show et après une petite heure du show, une partie du public s’est mise à hurler (avec des Grillons dans la voix) « Slipknot Enculés ! Slipknot remboursez ! ». Le show était court c'est vrai, mais le groupe avait été bon. J'ai surtout eu l'impression à ce moment-là que le groupe voyait le nihilisme qu’il projetait se retourner contre lui et que à l'image des crachats qu’avait reçus Corey Taylor, ils ne semblaient pas en avoir grand-chose à foutre. Certains groupes toulousains (les pauvres) s'était déplacés ce soir-là et tous s’accordaient à dire que le groupe n'était pas bon, ne savait pas gérer une scène et ne savait pas jouer (ça, c'était quand même le must). Mais la vérité, c'était que ce soir-là, il s'était passé quelque chose (et dans tant de shows des "stars toulousaines", il ne se passait toujours pas grand-chose). Cela n'avait laissé personne indifférent en tout cas. J'ai vu le groupe plusieurs fois mais je n'oublierai jamais ce premier show tant l'impact était puissant.

Sur le disque, l'enchaînement impitoyable des premiers morceaux était vraiment irrésistible. Après une intro inquiétante désormais mythique, le groupe débarquait avec ses gros sabots et toutes lames dehors avec "(SIC)". Premier morceau très rythmé aux relents à la fois néo et death, il était difficile de ne pas se laisser entraîner.
« Eyeless » continuait dans la foulée avec son énergie incroyable et un refrain dantesque. « Wait and bleed », plus tempéré, donnait déjà un aspect de l'évolution future du groupe. Mais muni d'une ligne de chant sur le couplet vraiment excellente et d’un refrain mémorisable, le groupe prenait une respiration en ne laissant pas retomber la sauce. « Surfacing » arrivait ensuite avec le leitmotiv du groupe « Fuck it all. Fuck this world. Fuck Everything what you stand for. Don’t Belong. Don’t exist. Don't give a shit. Don't ever juge me. »
Lyrics au caractère primaire et riffs musclés étaient au programme de ce qui deviendrait un des hits du groupe. Le célèbre « Spit it out » montrait l'attachement du groupe au phrasé hip hop, le clip parodiait « Shinning » et confirmait que le groupe aimait s’amuser. Je ne vais pas vous refaire la track list, on passe de six morceaux absolument mortels à une suite moins folle mais qui reste quand même de très bon niveau. "Liberate" et "No Life" était des morceaux plus typés néo mais qui gardaient un impact certain en live. Le groupe s'autorisait aussi quelques ambiances morbides comme "Purity" (qui disparaitra vite de l'album à cause d'un sample non autorisé) et "Scissors" où le groupe noircissait sa musique presque comme un groupe indus. La version digipack offrait quelques morceaux franchement dispensables sauf pour "Get This", chanson furieuse et puissante, dont je n'ai jamais compris l'absence sur le pressage original (pourquoi se priver d'une telle bombe ??).
Aujourd'hui, Slipknot n'est plus ce groupe à l'énergie quasi démoniaque qui dévorait tout sur son passage. A force de foutre des coups dans les murs, les mecs ont fini par se faire mal et les idéaux du groupe se sont abîmés au fil des années. Excès, tensions et tragédies ont fatigué lentement mais sûrement, ce groupe qui au départ a filé une putain de trique à de nombreux metal heads.
Reste les disques et bien entendu ce deuxième opus, qui témoigne si fidèlement de la volonté d'un groupe qui n'avais pas forcément envie de faire comme tous les autres.
"Insane... Am I the only Motherfucker with a Brain ?"


Rédigé par : pamalach | 1999 | Nb de lectures : 1313


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Commentaire
Blind
Membre enregistré
Posté le: 31/03/2012 à 11h51 - (27270)
Comme beaucoup j'ai découvert Slipknot par hasard en lisant un (très) court live report d'un de leurs premiers concerts parisiens, c'était dans un Rock Sound en 1999. Sur le moment je me souviens m'être dit "c'est quoi ce groupe à la con?" puis j'ai découvert leur musique via la bo de "Scream 3" avec une version remixée de "Wait and Bleed". Mais ce qui fut déterminant dans l'adoration que je portais au groupe à cette époque fut leur passage à NPA. Je me souviens de ces gars qui faisaient un peu n'importe quoi sur la minuscule scène de l'émission de Canal, ils sautaient partout, se cognaient etc. Par la suite je fut impressionné par cet album éponyme, moi qui commençais à me mettre sérieusement au metal, qui reste après plus de dix ans comme l'un de mes albums cultes. Par la suite Iowa m'impressionna beaucoup également et ce n'est qu'à partir de 2004 que Slipknot devint quelque peu secondaire dans mes écoutes vu le ramollissement de leur musique, mes découvertes de plus en plus nombreuses du côté du metal extrême et puis faut dire qu'il y avait un peu un ras-le-bol vu qu'entre 2001 et 2004 on avait eu droit à du Slipknot un peu à toutes les sauces.

Plus de 10 ans après sa découverte, cet album garde une place spéciale parce que c'est l'un des premiers albums à m'avoir réellement fasciné et qu'il m'a permis de découvrir ce que j'écoute aujourd'hui. Je suis d'accord aussi avec Pamalach, le groupe s'est un peu gâté ces dernières années et n'a plus l'air de vraiment croire à ce qu'il faisait au départ et c'est un peu dommage.

Pour terminer, encore une excellente chronique du sieu Pamalach.



axellica
Membre enregistré
Posté le: 31/03/2012 à 13h55 - (27278)
Moi j'ai découvert Slipknot printemps 99'en lisant une interview de Ross Robinson a qui on demandait quels groupes prometteurs il produisant en ce moment. Il avait répondu texto "Slipknot, c'est du Korn en version Death Metal... avec 3 batteurs". Inutile de dire que ca m'avait intrigué! ^_^



Funerales
Membre enregistré
Posté le: 31/03/2012 à 18h25 - (27289)
Slipknot, pas à dire prend des mecs avec des masques tirés de films d'horreurs fout leur des combinaisons de taulards et paf rien que ça j'adorais, c'est grâce à un pote que je les ai découvert et c'est aussi le groupe qui m'a fait découvrir un mouvement nommé metal, sans eux pas de Cannibal Corpse et encore moins de black metal, j'irais même pas au hellfest p'tain d'ailleurs j'écoute assez souvent le 1 et je vois pas pourquoi j'en aurais honte, moi j'entends SIC je deviens tarée ;)



Resh
Membre enregistré
Posté le: 31/03/2012 à 18h45 - (27291)
Le seul rapport avec le neo-metal c'était le public...
C'est le genre de groupe qui divise parce qu'ils misent sur le visuel et la communication pour se créer une personnalité, pour certains ca apporte un supplément d'âme rafraichissant, pour d'autres c'est juste du marketing...

Nekobibu
Membre enregistré
Posté le: 31/03/2012 à 19h03 - (27293)
Très belle chronique.
Par contre, l'album... je dirai poliment que ce n'est pas ma tasse de thé. ;)

djabtrash
Membre enregistré
Posté le: 31/03/2012 à 20h49 - (27295)
@Resh : "Le seul rapport avec le neo-metal c'était le public...
C'est le genre de groupe qui divise parce qu'ils misent sur le visuel et la communication pour se créer une personnalité, pour certains ca apporte un supplément d'âme rafraichissant, pour d'autres c'est juste du marketing.... "

-> euh il y a un ENORME côté neo metal dans la zik : riffs jumpy, scratchs, chant rappé, voix semi murmurée suivie de voix hurlée "attention chuis possédé comme Johnathan Davis", effets à la con sur certains riffs de gratte

et musicalement malgré des influences flagrantes le groupe a sa personnalité, on sait reconnaître une chanson de Slipknot

djabtrash
Membre enregistré
Posté le: 31/03/2012 à 20h53 - (27296)
@axellica : "Moi j'ai découvert Slipknot printemps 99'en lisant une interview de Ross Robinson a qui on demandait quels groupes prometteurs il produisant en ce moment. Il avait répondu texto "Slipknot, c'est du Korn en version Death Metal... avec 3 batteurs". Inutile de dire que ca m'avait intrigué! ^_^."

Pareil ! Interview dans rock sound je crois, suivie peu longtemps après d'un sampler avce le morceau Eyeless qui défonçait tout !
Je me souviens à l'époque avoir passé des heures sur leur site à écouter les mini extraits de chansons et à mater les vidéos studio (qui sont toujours mythiques aujourd'hui).

La chro' est excellente, comme l'album, et perso à l'époque ce mélange de neo et de metal brutal (thrash, groove, brutal death) plus traditionnel m'avait mis une méga-claque.
Plus tard le côté "cirque"/marketing m'avait un peu éloigné du groupe maus avec le recul je dirais que ce groupe m'a accompagné dans ma découverte du metal extrême (immolation, morbid angel, cannibal corpse, deicide, etc...), et musicalement leurs 4 albums (je parle pas de l'album avec anders qui est à part) sont géniaux.

Un de mes groupes préférés.

18/20 (je lui préfère Iowa par contre)

et prod de fou de Ross Robinson, qui a enchaîné des trucs magiques à l'époque : Korn, Sepultura, Slipknot, GlassJaw, At The Drive In...



djabtrash
Membre enregistré
Posté le: 31/03/2012 à 20h58 - (27297)
Et c'est marrant de capter/reconnaître les influs du groupe surtout sur cet album...

Grosse influ gros thrash à la Testament (cf le riff/beat principal de Surfacing), Korn bien sûr, Sepultura pour le côté tribal, Pantera pour la lourdeur et le groove, Morbid Angel et le grind/death pour les parties qui blastent, Meshuggah pour certains riffs "tricky" (riff de fin de "liberate") et Nirvana pour les parties de chant clair...

Pour moi un morceau comme "Liberate" est le meilleur exemple de fusion réussie du neo et du death (riff principal jumpy, couplet qui groove avec riff deathisé et scratchs derrière).

Et Corey Taylor a vraiment une voix magique, aussi bien en hurlé qu'en clair ou crunché.

Destroyer
Membre enregistré
Posté le: 01/04/2012 à 00h21 - (27302)
Pareil que djabtrash,groupe découvert en 99, premier concert en 2000, dédicaces Fnac de Lyon et 50 personnes a tout péter, génial...

L'album épo reste pour moi mon album préféré tout groupe confondus (y'a peut être de la nostalgie aussi, mais il faut avouer que les chansons déboitent) et les 3 autres albums sont excellents aussi

Destroyer
Membre enregistré
Posté le: 01/04/2012 à 00h23 - (27303)
Et pareil que Funerales, quand j'écoute SIC et Eyeless ça me fait toujours le même effet !!



Destroyer
Membre enregistré
Posté le: 01/04/2012 à 00h27 - (27304)
@ djabtrash : t'as oublié Amen dans les prods Robinson !!!

(raaahh putain 3ème post, quand est ce qu'on aura droit a la touche edit !!)

hammerbattalion
Membre enregistré
Posté le: 01/04/2012 à 14h42 - (27308)
Jamais réussi à écouter cet album en entier, ni le deuxième d'ailleurs, par contre j'adore vol.3, peut-être plus varié. Mais alors par contre, je vais me faire lyncher mais je hais la plupart des prods du Ross, à part peut-être Crimson Idol de W.A.S.P. mais çà n'a rien à voir.



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