SOLSTICE - Lamentations (Candlelight) - 18/03/2012 @ 12h54
Au début des 90's, l'adolescent que j'étais avait pour habitude d'acheter des compilations. C'était le moyen de l'époque pour aborder 'plus vite' des groupes 'références', découvrir de nouveaux styles ou sous-genres musicaux, et parfois des labels. C'est comme ça qu'un beau jour j'ai acheté celle d'un nouveau label anglais, Candlelight, présentant ses trouvailles underground, comme Emperor, Enslaved... Dès la 1ère écoute, 3 groupes m'ont fait forte impression: Opeth, Solstice et The Whores of Babylon. Avant d'en venir à ce fantastique album qu'est Lamentations, un mot sur celui qui mène la barque de Solstice depuis plus de 20 ans aujourd'hui: le guitariste Richard M. Walker. Au cours des années 80 cette figure de l'underground britannique va rouler sa bosse du heavy traditionnel jusqu'au grind/noise qu'il aurait contribué à lancer via son groupe Sore Throat (il aurait aussi hurlé dans le micro de Napalm Death le temps de quelques concerts). Après ses expériences bruitistes, ce guitariste va fonder Solstice en 1990, suivi quelques temps plus tard de son propre label: The Miskatonic Foundation.

Richard M. Walker est un homme de convictions, un puriste intransigeant, aussi perfectionniste et exigeant qu'il peut être dispersé et feignant. En clair il a les défauts de ses qualités, c'est quelque chose de flagrant quand on se penche sur son oeuvre. On le constate aussi bien en observant la discographie de Solstice (2 albums en 22 ans d'existence c'est trop peu), les bonus proposés relevant parfois du foutage de gueule, qu'en notant les mouvements de line-up perpétuels rythmant la vie du groupe ou en lisant ses déclarations dans les trop rares interviews disponibles. En 1993 Richard M. Walker remplace tout le monde. Le chanteur Mark Stoisavlevic s'en va fonder Seer's Tear en compagnie d'un certain Hamish Glencross (futur Solstice (!), My Dying Bride, Vallenfyre), tandis que le trio Lee Baines, Gary Riley, Brendan Dawson fonde Serenity. Leurs remplaçants? Le chanteur Simon Matravers (ex-Mourn), l'ex-guitariste Lennaert Roomer revient en tant que batteur et John Piras (aka Gian Pyres, futur Cradle of Filth et session-man) cède la basse à Lee 'Chaz' Netherwood pour reprendre les guitares à son compte... C'est le bordel hein? Ça sera presque toujours le cas chez Solstice.

Ce qui frappe d'entrée lorsqu'on découvre ce 1er album, c'est sa consistance et sa puissance évocatrice. Inutile d'être un expert pour constater l'incroyable atmosphère typiquement britannique qui règne sur cet album. L'autre point fort qui m'a conduit à l'acheter, c'est le chant de Simon Matravers, un chant medium dont l'apparente fragilité et le caractère profondément mélancolique s'accordent parfaitement avec la musique proposée, et lui apportent un supplément d'âme rendant Lamentations incontournable. Au temps le dire de suite, avec cet album, j'ai le sentiment rare d'avoir affaire à une oeuvre totalement cohérente et aboutie, où chaque chose est à sa place et où rien ne manque. La complémentarité des parties de guitare est l'une des grandes forces de Lamentations. Les riffs de Richard M. Walker sont des modèles de lourdeur et d'efficacité, quant aux leads de John Piras, ils achèvent d'affirmer la personnalité de cet opus. Des leads qui n'hésitent pas à se transformer en soli lorsque le tempo s'emballe. Côté rythmique, la basse tient son rôle avec sobriété mais n'est pas oubliée pour autant (intro des titres Absolution Extremis et The Man Who Lost the Sun). Quant au batteur c'est un autre motif de satisfaction, avec son jeu précis et puissant il occupe parfaitement l'espace. De plus les compositions lui laissent de nombreuses possiblités pour s'exprimer, généralement en fin de titre.


John Piras - Lee 'Chaz' Netherwood - Simon Matravers - Lennaert Roomer - Richard M. Walker

Avec Lamentations les Britanniques proposent un doom viscéralement heavy, authentiquement épique, dont les arrangements folk/médiéval ne sont pas un gimmick mais bel et bien un élément constitutif du son et de l'identité musicale de Solstice. Lamentation IV ouvre l'album avec ses samples d'orage et ses choeurs religieux. L'intermède Empty Lies the Oaken Throne fait la part belle aux parties de guitare électro-acoustique de John Piras dans une atmosphère de quiétude apportée par les claviers d'arrière-plan. Quant au titre Ragnorok, il conclut cet opus de façon écrasante, avec un doom puissant et l'inévitable glas d'une cloche annonçant la fin du monde. Pour finir, un mot sur les textes, inspirés par de grands auteurs de la littérature fantastique (notamment Lovecraft) ainsi que par les thèmes classiques à la sphère doom (les questions existentielles, la spiritualité et la mort...), et surtout sur la production, parfaite, qui achèvent de faire de Lamentations un album indispensable et intemporel, à ranger sans problème aux côtés des meilleurs Candlemass et Solitude Aeturnus.

Un mot également concernant les nombreuses rééditions ayant vu le jour par la suite. Il existe une variante à la cover que je propose. Celle-ci, de couleur noire, est parue sans l'accord du groupe. Ces dernières années des versions vinyles en édition limitée sont sorties, de même que des compilations proposant le contenu de Demos et des Live de l'époque. De quoi exciter les collectionneurs... En tout cas retenez bien ceci: SOLSTICE - Lamentations (1994) est un must-have qui ne s'adresse pas seulement aux fans de doom, mais bien aux fans de metal puissant, émotionnel et racé, un metal réalisé par des musiciens intègres et inspirés.




Rédigé par : forlorn | 1994 | Nb de lectures : 1613


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Commentaire
totoro
Membre enregistré
Posté le: 18/03/2012 à 16h40 - (27221)
Je ne connais pas, juste de nom, mais ta chro donne envie de se pencher dessus! Grand adepte de Metal gothique typé 90's, je suis assez attiré aujourd'hui, malgré une méconnaissance flagrante des pierres angulaires du genre, par des groupes du genre Solitude Aeternus, Candlemass etc. J'apprécie particulièrement, outre la mélancolie inhérente à ce style, le côté sobre et profondémént honnête de ces groupes toujours en dehors des modes et fidèle à un son épuré mettant la priorité sur la mélodie et l'émotion.

forlorn
Membre enregistré
Posté le: 18/03/2012 à 17h18 - (27224)
Héhé je me doutais que tu posterais un commentaire ici.
Solstice n'a rien à voir avec le metal gothique, il s'agit ici de heavy doom traditionnel et épique.
Cela dit je t'encourage à tester, la mélancolie du chant et le travail des guitaristes pourraient te plaire.

PS: Passe sur le forum, un mp t'attend depuis une semaine.

WhiteNoise
Membre enregistré
Posté le: 31/03/2012 à 04h05 - (27269)
Arghhh.... Il faut vraiment que je me le trouve celui-ci, car en effet ta chronique donne vraiment envie. De Solstice je ne possède que "New Dark Age" qui est vraiment pas mal non plus....

Fenrizgirl
Membre enregistré
Posté le: 09/11/2012 à 19h29 - (28358)
Tout est dit. Un très bon album fait avec conviction. Solstice n'a pas eu le nez creux et il me semble qu'ils sont tombés sur beaucoup de labels foireux ou du moins qui ont font fait vite banqueroute et ça les a pas aidés à les faire connaitre. Je les avais connu via le dvd du Wacken 2000 et leur très bonne prestation !



forlorn
Membre enregistré
Posté le: 25/02/2014 à 15h36 - (30607)
Ajout du bandcamp.

Je recommande l'écoute des morceaux suivants:
Empty Lies the Oaken Throne
Last Wish
The Man Who Lost the Sun

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