SEPULTURA - Against (Roadrunner) - 01/06/2008 @ 12h39
Non, non, rassurez-vous, je ne vais pas essayer de vous faire avaler des choses invraisemblables au sujet de cet album. Mais l'esprit de "Remember", c'est de faire revivre des moments de l'Histoire du Metal, et pas seulement le prétexte pour chroniquer les grands albums sortis avant la naissance de votre webzine favori. Inutile de raconter une fois de plus par le menu l'exclusion de Max Cavalera, alors que le groupe était au sommet du succès. Chacun s'est fait sa version du drame.

Dans la suite immédiate de ce choc, les premiers albums des deux parties en conflit étaient attendus comme jamais par tous les très nombreux ex-fans de la veille. Max Cavalera avait dégainé le premier avec Soulfly. Son nouveau projet s'inscrivait très clairement dans la continuité de "Roots" en bien des points ; se rapprochant tout de même beaucoup plus encore par l'attitude du Néo-Metal qui était une véritable déferlante à l'époque (remember ! remember !). Sur le moment, Soulfly fut plutôt bien accueilli et pendant ce temps, on se demandait ce que fichaient les autres. Pour ce qu'on en sait, le trio était resté dans l'expectative au vu du choc provoqué par leur décision. Après une pause assez longue, ils décidèrent de refaire quelques répétitions pour voir où ils en étaient, s'ils se sentaient de repartir ensemble et dans quelles conditions. Dès la première fois, il ne faisait plus de doute qu'ils continueraient et qu'ils étaient toujours Sepultura (ce qui était la seule bonne décision à prendre d'un point de vue juridico-financier). Restait à recruter un nouveau chanteur, bien que l'éventualité que ce soit Andreas Kisser qui s'en charge ait paru très crédible auprès de certains fans. Encore aujourd'hui, peu de choses ont filtré quant à la manière dont ils s'y prirent pour choisir, tandis qu'ils se mettaient simultanément à écrire et mettre en boîte un nouvel album. En fait, ils ne communiquèrent vraiment qu'au moment de présenter l'heureux élu parmi de nombreux candidats spontanés : Derrick Green, Américain implanté dans la scène HC new-yorkaise (mais originaire de Cleveland, Ohio, dont surgira quelques années plus tard Chimaira), parfaitement inconnu du grand public. L'aspect humain avait été privilégié, le groupe déclara que le contact avait été excellent avec le nouveau chanteur, amateur de football, qui acceptait de s'installer au Brésil. On apprenait également que le nouvel album serait produit par Howard Benson, qui avait déjà collaboré avec Motörhead ou Body Count. Naturellement, les interviewers ne manquaient pas de leur parler de l'album de Soulfly… Ils le balayèrent avec condescendance : un disque enregistré dans l'urgence, là où Sepultura avait préféré prendre le temps nécessaire, se permettant au passage de rompre enfin avec une imagerie métallique traditionnelle devenue trop pesante. Igor en profitait pour confesser qu'il s'était toujours senti plus proche de l'esprit HC que de celui du Metal.

Précédé d'un peu de promo, le "nouveau Sepultura mais sans Max" fleurissait enfin chez les disquaires, et quelques jours après il était glissé dans les platines…
Les deux premiers titres de l'album sont agressifs : "Against" est un titre totalement Punk-HardCore à l'ancienne, puis s'ensuit "Choke" qui est beaucoup plus Metal, avec son break central à la guitare sèche. Mais le problème majeur de l'album était déjà constaté à ce stade de la découverte : la production. Le Sepultura de 1998 se présentait avec des guitares beaucoup, beaucoup moins lourdes que jamais. Plus rien à voir avec le plomb fondu sous la houlette de Scott Burns ou le vrombissement concocté par Ross Robinson pour "Roots". Le point fort majeur habituel de Sepultura était mis au placard, au profit d'un son complètement NYHC.
Ensuite s'enchaînent des titres mid-tempo, voire à la cadence bien posée. La basse de ce cher Paulo, d'habitude si discrète, devenait plus audible. Surtout, beaucoup d'autres instruments étaient utilisés pour chercher des sonorités un peu nouvelles. De même la guitare électrique était aussi mise à profit dans ce sens : par exemple, le solo de "Floaters in Mud" est proche de ceux de "Chaos AD", mais il sonne complètement différemment avec l'orchestration globale de ce passage ; il vient annoncer un autre plan à la guitare sèche qui suit un peu plus tard ; enfin le morceau se termine sur un effet bancal avec une petite boucle coupée puis reprise en fading plusieurs fois. Une grande partie de l'album passe ainsi. Les instruments exotiques défilent (percus, djembe, cithare, etc, etc) avec quelques réussites parfois, laissant plus dubitatif à d'autres occasions. Les moyens du studio sont aussi mis en œuvre. Toutes ces expérimentations justifient un bon nombre d'invitations, cette habitude au moins étant conservée. La participation la plus notable est à l'honneur de Jason Newsted, qui fait à lui seul la moitié des choses à faire pour l'avant-dernier morceau.
Un instrumental un peu bâclé comme "Tribus", au milieu de l'album, illustre bien les frustrations que laisse cet album, après un "Boycott" pas mal bâti mais interprété sans pêche. Plus tard, "F.O.E." se base à son tour sur des nuances sonores en montée qui confirmaient qu'Andreas Kisser avait des ambitions musicales pour sa guitare, mais ne se préoccupait pas d'efficacité. D'autres titres comme "Unconscious" mêlent Metal et expérimentations sur des structures un peu plus longues, avec un résultat plus abouti. Hélas, on regrette alors une fois de plus la minceur et la sécheresse des couches de guitares… D'ailleurs, cette impression devient criante quand arrive un nouveau titre totalement Punk HC, "Reza", qui sonne aussi aigrement qu'une démo de Black Flag.
En fait, le meilleur essai de mélange entre Metal et musiques traditionnelles est réalisé vers la fin de l'album avec le morceau "Kamaitachi", conçu avec les Japonais de Kodo. L'osmose entre les flûtes, les tambours nippons et une orchestration Metal est une vraie réussite. Viennent enfin deux titres plus Punk-HC, un ultime instrumental (à défaut d'être le morceau instrumental ultime) et basta. Pour être complet, signalons que l'édition brésilienne propose deux titres de plus en bonus (allez la chercher maintenant…)

Dix ans plus tard, il est évident que les fans auraient été rassurés par un disque lourd et direct, un disque de continuité, même un disque expédié, primaire et simplement bourrin, dépourvu de tout ce qui fait à jamais l'intérêt musical des chefs-d'œuvre précédents. Pour se changer les idées, les trois survivants ont préféré faire autre chose et amener le projet Sepultura vers de nouveaux terrains. Psychologiquement cela pouvait se comprendre, mais cela ne correspondait pas aux attentes. Sur le moment, ce choix artistique ambitieux et assez osé n'a fait que compliquer le problème. Depuis, cette démarche expérimentale a donné des résultats mieux acceptables, Andreas Kisser a pu ainsi développer un talent de guitariste compositeur expérimental insoupçonné auparavant. Mais cette trajectoire a éloigné le groupe d'une très large majorité des fans de l'ancienne époque, ceux qui aimaient tout simplement en prendre plein la tronche. Cela n'avait tout de même pas empêché la tournée de drainer un large public. Votre humble serviteur avait d'ailleurs assisté au passage au Rockstore de Montpellier, plein à bloc pour l'occasion. Derrick Greene était encore mal à l'aise et laissait Andreas faire toutes les annonces. Lorsqu'on lui donnait une seconde guitare pour pousser sur quelques vieux titres des années 80, il était clair que le "petit" nouveau n'était pas habitué à jouer de cet étrange instrument… Mais tout le monde dans l'assistance estimait qu'il reprenait très bien le répertoire de Max au chant et que les grands classiques n'y perdaient rien ; si bien que ce passage reste dans les mémoires locales comme une nette réussite. Toutefois, au fil des années, Sepultura fit comme MetallicA en continuant à privilégier largement les anciens titres sur scène. Si ce choix constant garantit une bonne part de succès d'audience, il fut de plus en plus interprété comme un manque de confiance dans les choix artistiques fièrement affirmés par ailleurs. Cette position malaisée entacha progressivement la crédibilité du second Sepultura, sentiment corroboré plus tard par un album beaucoup plus direct et fade entre deux autres originaux, conformes au nouvel esprit revendiqué et somme toute réussis.


Rédigé par : RBD | 1998 | Nb de lectures : 1097


Auteur
Commentaire
djabtrash
Membre enregistré
Posté le: 01/06/2008 à 13h25 - (26084)
Assez d'accord avec certains points de la chronique sauf avec ça :

"Mais le problème majeur de l'album était déjà constaté à ce stade de la découverte : la production. Le Sepultura de 1998 se présentait avec des guitares beaucoup, beaucoup moins lourdes que jamais. Plus rien à voir avec le plomb fondu sous la houlette de Scott Burns ou le vrombissement concocté par Ross Robinson pour "Roots". Le point fort majeur habituel de Sepultura était mis au placard, au profit d'un son complètement NYHC."

Je trouve au contraire que la prod', bien que différente de ce qu'ils avaient fait avant (même si la prod de "arise" n'a rien à voir avec celle de"chaos ad" qui n'a rien à voir avec celle dde "roots"), est énorme et colle bien aux morceaux. Le son de guitare est très gros et heavy je trouve.

claudin71
Invité
Posté le: 01/06/2008 à 13h32 - (26085)
Excellente Kro!
Against reste un de mes albums préféré de Sepultura, mon préféré de la seconde époque.
Derek n'a certes pas la puissance de Max, mais offre une voix avec plus de possibilités. Je trouve que l'album a beaucoup de relief avec des titres HxC, des instrus, des compos un peu limites aussi (Reza et son trip old school)et surtout une recherche de nouvelles sonorités avec l'ensemble Kodo, l'apparition de la flute, le violon tzigane...
Sepultura prouve qu'il ne fait pas que du métal tribal aux sonorités néo, mais s'ouvre à un truc plus world.

Krakatau
Membre enregistré
Posté le: 01/06/2008 à 14h35 - (26086)
Que fait cette bouse dans les remember ??
Mais ou va t on ? lol

Anti-krakatau
Invité
Posté le: 01/06/2008 à 19h01 - (26088)
@ Krakatau : le meilleur moyen pour que t'arrêtes de dire des conneries, c'est encore que tu fermes ta gueules !!!

niKKaï
Invité
Posté le: 01/06/2008 à 21h26 - (26089)
@Krakatau : relis le premier paragraphe de la chro...
Pardon !! LIS le premier paragraphe (car as-tu seulement fait l'effort de lire la chronique ?)

djabtrash
Membre enregistré
Posté le: 02/06/2008 à 10h36 - (26090)
@anti-krakatau: pareil (et vive albert dupontel :) )

Anti-Krakatau
Invité
Posté le: 02/06/2008 à 16h57 - (26092)
@ djabtrash : je vois que monsieur avait 2 jours à tuer :-)

pamalach 77
Invité
Posté le: 02/06/2008 à 17h48 - (26093)
Je suis assez d'accord avec la chro de l'ami RBD. J'aime plusieurs titres de l'album mais j'avoue qu'il atterrit rarement sur ma platine. J'avais vu aussi Sepultura à l'époque au Bikini et malgré un coté très sympathique, la nostalgie d'un maxou aviné et dreadlocké subsistait...

alex666i
Membre enregistré
Posté le: 02/06/2008 à 21h39 - (26094)
moisi cet album!!!

jad wio
Membre enregistré
Posté le: 03/06/2008 à 03h16 - (26095)
vraiment l'album qui m'a fait decrocher définitivement Sepul


DARKFACHOR
Invité
Posté le: 03/06/2008 à 18h15 - (26097)
Pareil ! Une merde totale !!!! Mais pourquoi parle-t-on de cette chiotte ici ???
Remenber ou pas, ce disque est une merde.

F.
Invité
Posté le: 04/06/2008 à 18h33 - (26101)
Ce disque n'est pas une merde.

RBD
Membre enregistré
Posté le: 05/06/2008 à 18h46 - (26103)
Pour ceux qui n'auraient pas compris, je n'ai pas chroniqué cet album en prétendant que c'est l'un des meilleurs albums de la décennie. C'est justement parce que c'était un album hyper attendu après l'affaire du départ de Max, qu'il fut très controversé et qu'on en a énormément parlé à sa sortie. Chroniquer "Against" dix ans après, cela permet une plongée dans le passé et de comprendre une partie du débat qui dure encore (et durera pour l'éternité sans doute) autour de Sepultura. Rien à voir avec "la discothèque Metal idéale".
D'ailleurs, je vois que c'est l'occasion de se manifester pour les quelques-uns qui apprécient cet album. En tout cas, n'hésitez pas à en discuter et ne vous croyez pas obligé d'être d'accord avec moi, au contraire.


DARKFACHOR
Invité
Posté le: 07/06/2008 à 13h49 - (26104)
Je me souviens avoir échangé cet album à un de mes bons potes, ainsi que le t-shirt longues manches qui allait avec contre une tasse de café... J'en pouvais plus d'avoir cette merde chez moi.
J'ai refait l'effort dernièrement : y'a pas moyen, c'est chiant et mauvais. Pour ma part je ne retiens que le dernier album de la période Derrick Green. Là c'est vraiment pas possible.

Jumbo Maatch
Invité
Posté le: 28/06/2008 à 05h38 - (26126)
Ce groupe n'est plus Sepultura a partir de ce disque.

A l'inverse, Soulfly ne cesse de ce bonifier avec le temps.

Thrashdeathblack
Membre enregistré
Posté le: 18/08/2008 à 23h54 - (26209)
Soulfly, ça sent fort des sphincters....mais ça n'est un avis qui n'engage que moi hein ;) (ha non, on me sussure dans l'oreillette que certains commentaires ici vont dans mon sens....au miracle!)

nicko
Invité
Posté le: 06/09/2008 à 12h16 - (26283)
a partir de la sepultura est un groupe fini si musicalment il avait atin la sauvageri d'un chaos ad j'aurait dit pas de problème mais la je dirais trés moyen faite la comparaison( refuse and resist térritory et aguainst no comment)en plus le dernier clous du cercueille le départ d'igor d'accord avec vous vs moment tristement historic moi je vais plutot mécouter krisiun

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