- BLOOD MUSIC (LABEL - VERSION FRANçAISE) par MADRIGAL - 5879 lectures
Si vous suivez un tantinet l'actualité électro, vous avez du tomber sur le phénomène retro-synth. Courant musical mené de main de maître par Perturbator ou autre Carpenter Brut. Pourquoi de l'électro sur Vs ? Tout simplement car l'univers de ces deux artistes baigne dans les cultures alternatives et metal qui nous sont chères. Et derrière l’éclatant succès de Perturbator il y aussi J, le patron du « one man label » Blood Music. Un autodidacte passionné de musique qui a flairé le bon filon au bon moment. Produire des vinyles d’excellents groupes ou albums de metal extrême tombés aux oubliettes en éditions limitées. La recette marchant, il y a ajouté les discographies complètes de quelques groupes cultes (Emperor, Strapping Young Lad, Moonsorrow) avant d’étendre son répertoire à l’électro et l’ambient (Peturbator donc ou encore GosT et Carbon Based Lifeforms). C’est après l’avoir harcelé pendant des mois sur le net, nos demandes étaient perdues entre tous les mails de relances et d’insultes concernant les délais de production et de réception des commandes, qu’il a enfin réalisé notre intérêt et a décidé de nous raconter les raisons de son succès. Nous n’avons pas été déçus…


Je sais que 2015 a été une année pleine pour Blood Music. Première question très simple, comment te sens-tu ?

Bien fatigué ! Le label m'occupe à temps plein et il ne cesse de prendre de l'ampleur. Je suppose que d'autres auraient déjà embauché vu la masse de travail mais je préfère effectuer les choses lentement et continuer à faire en sorte que tous les sujets soient traités avec précision. Une mauvaise embauche pourrait renverser sa croissance et me forcer à faire des choix inefficaces ou mal-appropriés. Trouver les bonnes solutions prend du temps donc je continue pour l'instant à m'occuper d'à peu près tout. Mais j'aimerais beaucoup ne plus être fatigué, un jour peut-être (Rires).


Comment en es-tu venu à créer le label ?
J'étais pigiste pour différents médias et mes opportunités se sont réduites comme peau de chagrin en 2009 en raison de la crise économique. Je n'ai eu aucun boulot pendant un an et j'ai tout simplement abandonné. Ma carrière ne prenait de toute façon pas la bonne direction ce qui m'a donné le courage d'admettre qu'il valait mieux arrêter. C'était flippant à l'époque mais avec le recul c'était une opportunité. Je me suis débarrassé de tous mes biens et je suis parti en voyage en auto-stop pour me vider la tête. Je me suis retrouvé dans un grenier à Tampere en Finlande avec une platine portable et une poignée de mes vinyles préférés. Alors que ma recherche d'emploi ne donnait rien, je me suis mis à nouveau à collectionner de manière effrénée les vinyles. C'était un passe-temps si intense que j'ai fini par être agacé de ne pas trouver les albums que je cherchais, pour la plupart obscures certes mais fondamentalement géniaux. Je ne trouvais au mieux que des éditions ratées ou très abîmées. J'ai donc décidé de m'essayer à la production. On m'avait prévenu que je risquais d'attraper le virus et je l'ai quelque part un peu cherché. Ça n'a pas loupé car il m'a pris rapidement et fortement. Ma première sortie fût une box comprenant les 4 LP de Maudlin Of The Well avec un 7'inch (NDR : Groupe de metal progressif de Boston) dont tout les exemplaires ont été vendus, ça m'a rendu fou cette histoire (Rires).


On parle un peu statistiques ? Nombre de sorties, vinyles, paquets que tu as pu faire depuis la création du label en 2011 ?
La première précommande a été réalisé fin 2011 et j'ai reçu les éléments aux alentours de mars de l'année suivante. A l'époque je vivais au quatrième étage d'un immeuble sans ascenseur. Le pauvre livreur en a eu pour trente minutes afin de tout monter chez moi. J'ai cru qu'il allait s'effondrer. Le label en est à ce stade depuis plus de quatre ans. L'histoire est encore récente. Je pense que la plupart des gens estiment que le label existe depuis plus de 10 ans car il paraît bien établi. Si je devais tout compter, CD, vinyle, cassette, sans oublier les rééditions, on doit être pas loin de 175 sorties maintenant. Sans oublier 15 tee-shirts, 7 sweats à capuche, 5 feutrines, 3 livres, 1 DVD, des posters, patches et pins…Il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton pour que ce soit fait. Il faut trouver un fournisseur fiable et préparer toutes les spécialités d'impressions par type d'objet. Globalement je pense que j'ai fait presser au moins 50,000 vinyles et à peu près 100 à 150,000 pièces pour tout le reste. Je dois en être entre 25 et 35,000 colis depuis quatre ans. C'est fou quand tu y penses, où est passée ma vie ? (Rires).


D’où viennent la plupart de tes clients ?
Dans le top dix tu trouves les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, la France, l'Allemagne, la Finlande, l'Australie, la Suède, la Norvège et les Pays-Bas. Mais j'en ai également pas mal de Belgique, d'Italie, d'Espagne, de Russie, de Nouvelle-Zélande et même du Japon…Il m'est arrivé également d'envoyer des colis au Brunei, en Azerbaïdjan, en Thaïlande, au Groenland, en Afrique du Sud et d'autres supers endroits. Je suis toujours heureux de voir comment la musique peut très largement se propager.


De quelle sortie es-tu le plus fier ?
C'est difficile à dire car ça change très souvent. Jusqu'à très récemment ça aurait été le coffret Strapping Young Lad comprenant 7LP et un EP 7 pouces. C'était la plus grosse sortie du label et ça m'a forcé à repousser mes limites. L'investissement était total. Il y a eu également Dangerous Days de Perturbator qui fût le premier gros succès du label. J'ai pu me servir de tout ce que j'ai appris pour l'appliquer à de plus grands projets et je pense que la sortie du coffret comprenant toutes les productions d'Emperor, 24 LP et 7 EP 7 pouces, est devenue ma plus grande fierté. Le nouvel album de Perturbator The Uncanny Valley et le deuxième album de GosT le deviendront sûrement aussi. La somme de travail déployée aussi bien en coordination qu'en habileté pure aurait même rendu fou n'importe quelle équipe de professionnel chevronnés et j'espère qu'elles finiront par devenir des pièces d'histoire pour le label. Et en plus j'ai pu rencontrer tous les membres d'Emperor qui n'est autre que mon groupe préféré depuis que je suis jeune sans parler de toute l'énergie que ça me procure de participer à l'éclosion de la carrière de Perturbator.


A quoi ressemble une journée au bureau chez Blood Music ?
Aucune journée ne se ressemble. Par exemple demain (Ndr : interview réalisée le 13 mars 2016) je suis censé passer la journée à calculer les royalties de mes groupes. Le surlendemain je dois remplir les fiches de taxes et relevés mensuels comptables de la société pour les déclarations fiscales annuelles.
Cette semaine je dois aussi finaliser les schémas des pochettes de plusieurs albums, valider les bons à tirer pour les usines de pressages, compiler différents masters pour quelques sorties CD, écrire le texte qui sera sur les pochettes plastiques de certains albums, rencontrer mon banquier, aller à l'entrepôt pour gérer l'envoi de 500 disques à mon distributeur anglais, écrire des feuilles de ventes pour que mon distributeur américain les adresse en magasins, valider des bons à tirer pour des feutrines et des tee-shirts pour le nouvel album de Perturbator, donner les instructions d'expéditions au fabricant des prochaines sorties de Perturbator, établir le matériel promo pour la presse de mes prochaines sorties et enfin répondre aux demandes de licences concernant Perturbator et GosT…

Tu vois je n'ai jamais le temps de m'ennuyer et je ne sais jamais comment va commencer et se terminer ma semaine. Ça demande des compétences, certaines très stimulantes d'autres chiantes comme la pluie.


A quoi ressemble une journée au bureau chez Blood Music ?
Aucune journée ne se ressemble. Par exemple demain (Ndr : interview réalisée le 13 mars 2016) je suis censé passer la journée à calculer les royalties de mes groupes. Le surlendemain je dois remplir les fiches de taxes et relevés mensuels comptables de la société pour les déclarations fiscales annuelles.
Cette semaine je dois aussi finaliser les schémas des pochettes de plusieurs albums, valider les bons à tirer pour les usines de pressages, compiler différents masters pour quelques sorties CD, écrire le texte qui sera sur les pochettes plastiques de certains albums, rencontrer mon banquier, aller à l'entrepôt pour gérer l'envoi de 500 disques à mon distributeur anglais, écrire des feuilles de ventes pour que mon distributeur américain les adresse en magasins, valider des bons à tirer pour des feutrines et des tee-shirts pour le nouvel album de Perturbator, donner les instructions d'expéditions au fabricant des prochaines sorties de Perturbator, établir le matériel promo pour la presse de mes prochaines sorties et enfin répondre aux demandes de licences concernant Perturbator et GosT…

Tu vois je n'ai jamais le temps de m'ennuyer et je ne sais jamais comment va commencer et se terminer ma semaine. Ça demande des compétences, certaines très stimulantes d'autres chiantes comme la pluie.


Le coffret Emperor va bientôt prendre vie et était très attendu. Peux-tu nous en dire plus ?
Quand j'ai eu fini de travailler sur le coffret Strapping Young Lad et que j'ai pu constater que le label n'avait pas couru à sa perte, je me suis mis à la recherche d'un nouveau projet. J'étais déjà profondément investi dans le coffret Moonsorrow comprenant 14 LP et je savais que chaque coffret demandait beaucoup de temps de préparation.
J'ai alors créé une short-list et Emperor était dessus. De mémoire j'ai contacté Candlelight Records (Ndr : label historique d'Emperor) en premier et ils ont dit oui tout de suite.

Je peux t'assurer que trouver et obtenir les droits de chaque sorties d'un groupe et s'assurer qu'il est possible d'en obtenir une licence est tout sauf simple.
Il m'est arrivé plusieurs fois pour d'autres coffrets de chercher très loin pour obtenir des contacts et bon nombre de mes emails sont restés sans réponse. Je n'avais pas tout le concept en tête quand j'ai commencé à contacter tout le monde mais bien l'envie que ce coffret se réalise et que toute la musique du groupe soit dessus.

Après avoir signé l'accord aussi bien avec Candlelight que le groupe lui même, j'ai commencé à travailler avec eux sur ce concept. Le processus est extrêmement long. Le tout a pris trois ans alors que je pensais que ça prendrait deux fois moins de temps.


Quelle a été la première réaction du groupe quand tu l’as contacté ?
Ils ont immédiatement dit oui. Je n'y avais d'ailleurs pas trop prêté attention à l'époque. J'ai eu la chance de les rencontrer en Norvège où j'ai pu constater qu'ils étaient tous très cool. Cools et en plus très excités par cette idée de coffret, bien plus que tous les autres groupes avec lesquels j'ai pu travailler sur un projet similaire. Ce fût une grosse surprise et un honneur. C'est en discutant avec eux que j'ai pu réaliser la chance que j'ai eu. Le tout s'est passé si simplement. J'ai pu comprendre qu'ils refusaient et refusent encore, puisqu'ils en reçoivent toujours un paquet, de nombreuses propositions. J'avais déjà travaillé avec Ihsahn sur son premier album The Adversary et sur The Sad Realms of the Stars d'Odium sorti pour la première fois sur le label de Samoth, Nocturnal Art Productions. Je pense que la qualité de mon travail et de nos échanges m'a beaucoup aidé, ils me faisaient confiance et savaient que je n'allais pas tout faire foirer. Ils étaient motivés par une vraie rétrospective de leur carrière. Je suppose également qu'aucun autre label n'avait eu l'énergie avant moi de mettre ça en place et les précédentes rééditions de Back on Black n'étaient pas parfaites. C'était donc une idée étrange et très bonne à la fois.


Quel anecdote peux-tu nous raconter sur la sortie de ce coffret ? Un événement un peu fou ?
Ce qui m'est arrivé de plus fou c'est la sortie du coffret en lui-même. Sinon sache aussi que j'avais contacté un très très bon ingénieur du son pour faire le mastering du coffret et qu'il a vigoureusement accepté ce projet. Sauf que les masters qu'il m'avait envoyés n'étaient pas bons du tout. Je lui ai dit et il a insisté sur l'absence de défaut de son travail. J'ai donc envoyé un album au pressage juste pour tester et j'ai tout de suite trouvé que ça sonnait très mal. Manquant de temps je l'ai alors débarqué du projet pour recommencer à zéro et très étroitement avec quelqu'un d'autre. Tout en ne récupérant aucun des fonds investis avec le premier. Sans compter que j'ai travaillé avec à peu près 10 artistes différents pour dessiner de nouveaux artworks et tous ont été rejetés par le groupe ou moi-même. A un moment donné, après le deuxième mastering et les pressages tests validés, j'ai perdu toute énergie. J'étais persuadé que le projet était à 75% terminé mais que je n'arriverais pas à finir le reste. Je ne pouvais l'admettre publiquement alors je restais positif. Je trouve toujours que c'était une folie d'aller au bout de ce projet, il n'est d'ailleurs pas terminé car les albums sont en train d'être pressés actuellement. J'ai dû plonger dans mes réserves d'énergie les plus profondes pour le finaliser. Je ne pense pas que quelqu'un d'autre fera un projet de cette taille dans le metal. Je ne souhaite ce que j'ai vécu à personne. Pour autant, je suis heureux d'avoir eu le courage de le terminer avec attention.


Pourquoi choisis-tu de produire tous les vinyles en 45 tours ?
Tous ne sortent pas en 45 tours. Mais si la durée de l'album le permet, je fonce. Pour le coffret d'Emperor, je voulais seulement sortir tous les albums avec le meilleur son et le meilleur rendu possible, quelque chose qui n'avait jamais été fait dans le metal. Les 45 tours sonnent mieux mais il faut qu'ils aient été masterisés et coupés en fonction. Ils permettent un groove plus large et une meilleur dynamique. Et comme les plages sont plus longues, ça minimise la distorsion au fur et à mesure du passage du diamant.


Pourquoi as-tu décidé de produire des groupes d’electro alors que Blood Music est label très orienté metal extrême ?
J'ai pris cette décision au bout de dix secondes d'écoute de l'EP Nocturne City de Perturbator. Quelqu'un l'avait posté sur le forum privé du label, qui pour information devrait être ouvert au public très récemment. Je n'écoute pas forcément tout ce qui s'y trouve posté mais c'est arrivé avec Perturbator je suis tombé instantanément amoureux de sa musique. J'écrivais justement de la musique similaire vers la fin des années 90 et le début des années 2000 et je me suis tout de suite dit qu'il arrivait brillement à réaliser ce que j'ai toujours cherché à faire sans y parvenir. J'ai harcelé James Kent jusqu'à ce qu'il me parle. Travailler avec Carbon Based Lifeforms est une extension tout à fait logique. J'écoute de l'ambient depuis dix ans, un style de musique que je n'imaginais pas être apprécié par les fans de metal. Mais en raison du succès de Perturbator ou GosT, je me suis dit qu'il serait profitable d'agrandir le répertoire du label selon mes propres goûts musicaux et de voir si ça suit…


Pensais-tu que Perturbator allait devenir aussi important ?
Je me doutais que les retours seraient très vifs sans pour autant savoir si ce serait positif ou négatif. Une grande partie de moi-même pensait que ce serait la mort du label. Que c'était trop osé d'ajouter de l'électronique pure à un label résolument metal. Mais une autre partie, celle qui écoute des musiques de films d'horreur et de science fiction depuis des années, savaient que les fans de metal adorent également ça. Je pensais vendre un pressage et demi de vinyles de Dangerous Days et j'en suis maintenant à quatre. C'est juste incroyable. Je ne pouvais prévoir une telle ampleur.


Quelle était l’idée première quand tu as créé l’adhésion payante et pourquoi as-tu arrêté en 2016 ?
Il y a eu beaucoup de confusion sur ça et je peux comprendre car je n'ai jamais tenté de m'expliquer. Blood Music a commencé un peu comme une association à but non lucratif. Le label grossissant un peu trop, il devait évoluer en société plus classique sans pourtant en changer la philosophie. Quoiqu'il en soit, à l'époque avoir des membres était une partie essentielle du mode associatif. J'ai donc eu l'idée de créer un programme d'adhésion. J'ai eu du mal par la suite à l'arrêter car il y avait une demande très forte et le label n'avait pas atteint d'équilibre économique. C'était une opportunité pour les adhérents d'avoir un accès plus simple aux sorties et pour le label de pouvoir vivre. Je l'ai maintenant arrêté car ça me donnait beaucoup trop de travail lors des pré-commandes et ça causait trop de confusion sur ce que pensaient obtenir les adhérents. Je préfère faire moins d'argent et avoir plus de temps pour peaufiner mon travail. C'est perturbant pour certain mais ça leur passera.


Le label te permet-il de vivre de ton travail ?
Oui mais je garde la majeure partie des gains pour travailler sur de nouveaux projets. Je peux enfin me verser un salaire annuel raisonnable. Je pense gagner à peu près la même chose qu'un salarié moyen.


As-tu déjà pensé à tout arrêter ?
Bien évidemment mais comme pour toutes personnes gérant des projets très stressants. Ce qui m'a fait continuer c'est le développement de nouveaux projets ayant pris des directions que je n'imaginais même pas. Aider un artiste à se construire son public est très motivant également. Tant que ça me plait, je continuerai à le faire. Recevoir toutes les réactions positives des gens m'aide beaucoup. C'est comme un groupe sur scène, quand on l'encourage il donne le meilleur de lui-même. Je ne me sentirai pas à l'aise de mettre autant d'argent et d'énergie dans des productions si je n'imaginais pas qu'elles puissent être rentables.


Quels sont la plus grosse erreur et le meilleur choix que tu ais fait depuis la création du label ? Changerais-tu quelque chose si tu le pouvais ?
Ca va sûrement te paraître ridicule mais je ne pense pas avoir fait d'erreur grossière à part être réellement emballé par beaucoup de groupes talentueux car ça me donne trop de travail. Depuis un an je me calme sur les productions pour justement arriver un peu plus à un rythme de travail normal. On va dire que je testais mes limites pour voir la différence entre ce qui est et doit être fait par rapport aux possibilité qui s'offraient à moi. Ok quelques unes de mes sorties n'ont pas eu le rendement escompté mais je ne peux pas faire un carton à chaque fois. Je ne vois sincèrement pas ce que je ferai différemment. Et puis le gros problème avec les vinyles c'est le temps de pressage. Tu peux conclure un deal à un moment mais n'en voir que les effets un ou deux ans après. Même pour un label comme le mien c'est très frustrant.


Quel est ton premier souvenir musical ?
Tenir les pochettes de disques pendant que mes parents écoutaient les vinyles. Et également prendre mon pied en écoutant les thèmes musicaux des dessins animés à la télévision. Je pourrais aussi ajouter être forcé à prendre des leçons de piano alors que je détestais ça tout en regrettant plus tard de ne pas avoir continué.


Quelles ont été selon toi les meilleures sorties de 2015 ? Pour le label et en général…

Je suis fier de tout ce que j'ai sorti mais j'avoue avoir un coup de cœur pour Behemoth, le premier album de GosT et The Wrath of Code de Dan Terminus. Cela fait deux supers artistes étiquetés « Retrosynth » de plus et mis en lumière alors qu'ils restaient plutôt confidentiels. Je suis également ravi d'avoir vu Kauan percé avec Sorni Nai, notre 5ème ou 6ème sortie ensemble. La manière dont s'écoule les rééditions du fond de catalogue de Perturbator est assez incroyable car ça m'a demandé un énorme travail pour que le tout voit le jour. La sortie du coffret Thy Catafalque m'a également beaucoup occupé surtout qu'il été prévu depuis un long moment. J'ai été également surpris de voir les excellents retours concernant Corpo-Mente et Irreversible Mechanism dont, pour ce dernier, le nombre de fans sur Facebook est passé de 200 à 7000 avec un seul album. Enfin pour ce qui est des productions en dehors de mon label, j'ai beaucoup aimé The Dreaming I d'Akhlys, The Accuser d'Abigail Williamns, Graveward de Sigh, Children of the Night de Tribulation, Gateway to the Antisphere de Sulphur Aeon, Pathway de Secrets of the Sky et enfin The Monotony Fields de Shape of Despair.



Quelles sont les sorties à venir en 2016 pour Blood Music ?
Clairement la sortie de The Uncanny Valley, le nouvel album de Perturbator, représente beaucoup pour moi comme pour James. Il y a également le second album de GosT Non Paradisi qui sera une super sortie. Côté rééditions il y aura pour la première fois en vinyle tous les albums de Carbon Based Lifeforms, le légendaire groupe d'ambient, idem pour Sleepytime Gorilla Museum, Irreversible Mechanism et Dan Terminus. Je vais aussi m'occuper de sortir les premiers albums d'Astronoid, Grey Aura, Rïcïnn. Et pour finir, sortira pour la première fois un album de SCUM (Ndr : groupe Finlandais de death metal des années 90) qui était tombé aux oubliettes depuis vingt ans.


Dernière question, DIY pour toujours ?

Je n'envisage pas le DIY comme une fin en soi. Ce n'est pas la meilleure méthode pour tout le monde. Mais si tu veux un contrôle total sur tes sorties, c'est le seul moyen d'y arriver. Je suis convaincu que plupart de ceux qui réussissent dans leur métier, ceux qui veulent préserver leur intégrité, sont ceux qui gardent leur cercle de confiance d'amis ou de collègues de manière restreinte. Une fois que le cercle devient trop important, le risque de compris grandit proportionnellement. Il n'y a rien de fondamentalement mauvais à vouloir faire grandir ta boîte, ton public, ton art et de suivre un chemin plus conventionnel. Mais quand tu vois le nombre d'albums devenus platinum et dont les musiciens sont fauchés ou les maisons de disques faisant faillites, je suis persuadé que seuls ceux qui avancent selon leurs propres règles sont ceux qui survivront et tireront le plus de satisfactions d'eux-mêmes et de leur travail. Donc pour résumer, DIY jusqu'à ce qu'une meilleure manière de faire existe, comme une solution clé en main avec un financement total et le même niveau d'autonomie. Sauf qu'à mon avis ça n'arrivera jamais. A nous de tracer notre propre route.


Auteur
Commentaire
sauveur
Membre enregistré
Posté le: 18/05/2016 à 11h34 - (1987)
Superbe interview d'un très grand Monsieur !

Mais relisez vos articles avant de les publier, c'est bourré de coquilles, et vous mettez la même question deux fois...

Madrigal
Membre enregistré
Posté le: 18/05/2016 à 11h53 - (1988)
on le sait pour la question en double mais rien à faire, beug du site, impossible de la supprimer

Argh
IP:80.9.66.240
Invité
Posté le: 18/05/2016 à 14h27 - (1989)
Interview intéressante, un mec passionné qui fait passé la qualité du travail avant le pognon, moi je dis respect.

Jotun35
Membre enregistré
Posté le: 18/05/2016 à 19h07 - (1990)
Super interview! Et merci de l'avoir publiée en anglais!



Funky Globe
Membre enregistré
Posté le: 19/05/2016 à 16h51 - (1991)
Super interview!!



Humungus
Membre enregistré
Posté le: 19/05/2016 à 20h14 - (1992)
Intéressante cette interview.
Par contre :
"Alors que ma recherche d'emploi ne donnait rien, je me suis mis à nouveau à collectionner de manière effrénée les vinyles"...
Faudra vraiment qu'il m'explique comment il fait pour s'acheter des albums sans un rond hein... Car moi, déjà avec un salaire j'ai du mal... ... ...

grozeil
Membre enregistré
Posté le: 19/05/2016 à 20h18 - (1993)
Merci pour l'itw, c'est vraiment du beau boulot

Krucyator
Membre enregistré
Posté le: 20/05/2016 à 12h44 - (1994)
Toujours interessant de voir comment chaque label gere son "business"



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