I.L. - ENDE par RAZIEL - 6201 lectures
Révélation BM de l'année 2015, The Rebirth of I marque un retour aux sources classieux, aux racines sinistres du BM. Cette pépite méritait que l'un de ses auteurs s'exprime sur son album et sur la scène en général.


Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas encore, peux-tu nous présenter brièvement ENDE ?
I.L : Ende est un projet qui a sommeillé presque 10 ans. Les premiers titres étaient acoustiques et ont été enregistrés en 2004 mais ne sont parus pour la première fois que 8 ans plus tard par l'intermédiaire du premier album « Whispers of a dying Earth » en 2012, sorti sur OAP. Il s'agissait alors de la première réalisation officielle d'Ende.
Une poigné de titres ont suivi en 2008, ils ont attendu 7 ans pour voir le jour, soit en 2015 sous la forme d'une TAPE (via Cold Dark Matter records) intitulé « The god's rejects ». Cette TAPE a matérialisé ces reliques cachées sous la forme de la première réelle démo.
Le projet a été baptisé Ende qu'en 2010, mettant à la lumière un égrégore qui s'est développé durant toutes ces années, prenant ainsi sa forme définitive. Ende est devenu un duo la même année avec l'arrivée de T.Njodr (Batterie).
Le 31 octobre 2015, notre second album « The rebirth of I » est sorti comme pour le premier sur Obscure Abhorrence Prod. Avec les années les choses ont évoluées : les motivations, la façon de faire, certains buts, certaines visions. Nous avons aussi commencé cette année à jouer live pour présenter cette nouvelle œuvre et faire grandir Ende.
Ce que je retiens de tout ça, c'est que l'essence même de ce projet m'a toujours habité, même à mon insu durant tout ce temps, en attendant le bon moment pour surgir définitivement.
Des premiers titres jusqu'au premier album inclus, tous ont été fait par besoin uniquement, par pulsion. J'entends par là qu'il n'y avait aucuns souhaits particuliers de les voir sortir un jour ou de les partager avec qui que ce soit, tout a été fait dans une démarche réellement personnelle. C'est bien plus tard que je me suis dit que cela pourrait être enrichissant de lever le voile sur ces travaux.


A l'heure où le BM s'émancipe, se développe en branches toujours plus complexes, se mélange à d'autres genres, qu'est-ce qui t'a donné envie de pratiquer ce type de BM originel ?
I.L : J'ai toujours gardé un pied dans les racines du Black Metal et si j'ai été très sélectif durant ces années, je ne me suis jamais interdit d'en rejouer un jour si j'en ressentais le besoin, d'où les enregistrements temporellement anarchique décrit à la question précédente.
Le Black Metal est intemporel, il dégage des émotions très fortes, cachées et très personnelles, intimes. Il est impossible de s'en émanciper quand ses racines ont trop profondément ancré la personnalité.
Pour certains il ne s'agit que de musique, pour d'autres c'est un art de vivre mais dans tous les cas le BM suggère des sentiments singuliers. C'est une culture bien trop introspective pour être réduit à une seule définition, c'est en tout cas ma vision.
Il y a un temps pour tout, il faut prendre le temps de faire les choses, qu'elles soient vraiment à la hauteur de l'image que l'on s'en fait pour en tirer le meilleur.


Votre univers musical et visuel est très marqué, selon moi, par une certaine atmosphère héritée du Moyen-Age. D'autres groupes partagent cet aspect (Sühnopfer ou Aorlhac par exemple) mais chez vous, il constitue un support aussi discret qu'intéressant de votre musique, comme une sorte de fil rouge malsain de tout l'album. Est-ce un hasard ou un véritable attachement à cette période ?
I.L : Je pense que les sons d'ambiances y sont pour quelque chose, ils plongent notre imagination dans des temps plus anciens, plus obscures, sauvages et à nos connaissances sur cette période réelles ou fantasmées. Les thèmes sont également en lien puisqu'ils traitent de la sorcellerie, de l'isolement (les accusations et les maux de cette époque engendraient l'isolement social, sanitaire et religieux, sous couvert de bien d'autres encore) mais aussi de certaines déviances et faits perçus avec tantôt un regard d'observation, tantôt traités à la première personne. Les textes sont écrits en anglais et français.
Le lien que tu fais avec le moyen-âge est à sa façon surprenant car il n'y a aucun rappel folklorique explicite avec des instruments traditionnels ou de chant, seuls les textes y font le lien clairement, le fait que tu l'as perçu est synonyme que nous avons atteint un de nos objectifs.


J'ai été très séduit par les ambiances développées dans vos titres, notamment sur un titre comme « Den Glemte skogen », où l’emphase est forte alors que ne figure aucun clavier, ni sample à cet effet. Votre son, grésillant et très adapté selon moi à votre musique, est un atout en ce sens. Est-ce un aspect que vous avez particulièrement travaillé ? Ou avez-vous plutôt joué sur la spontanéité ?
I.L : Un peu des deux à la fois je crois. Nous avions une idée précise du son mais ne voulions pas perdre trop de temps à peaufiner sous peine de perdre ce fil conducteur si rugueux et caractéristique de ce nouvel album. Il fallait impérativement garder ce côté brut, austère et spontané pour mettre les titres à profit, que cela forme un ensemble cohérent.
Hormis les prises de son batterie avec l'aide et les moyens d'un proche (et bassiste d'Ende pour les prestations live), tout a été enregistré et mixé à mon home-studio. La démarche d'Ende est intimiste et c'est ça qui fait que ce groupe est ce qu'il est. Nous continuerons sur cette voie, à faire les choses par nous-même et en autonomie.
Prendre le temps, simplement, honnêtement, tels sont les mots d'ordre qui régissent Ende.


Dans le même ordre d'idée, vos arrangements sont nombreux (pluie, hurlement de loup, cloche...). Si le tout reste classique, je trouve que l'effet en est toujours saisissant lorsqu'il est - comme chez Ende - à propos. Là encore, est-ce un aspect auquel vous avez songé de suite, sans craindre de vous fondre dans la masse ?
I.L : Classique ne signifie pas être utilisé à bon escient et tout le problème est là, certains banalisent maladroitement une façon de faire qui pourtant a toute sa place. Cela doit servir l'œuvre et non pas être utilisé parce qu'il est un des codes du genre.
Dans le cas de cet album, c'est devenu une évidence et ce, dès la composition. Ces sons d'ambiances sont devenus des instruments à part entière. Ils sont l'horizon et les titres les reliefs qui s'en émergent.


Bien qu'apparentée au true BM, la musique de Ende m'apparaît plus riche, vos structures n'étant jamais répétitives. Comment composez-vous ? Chacun dans votre coin, ensemble ? Où puisez-vous votre inspiration ?
I.L : Je compose la musique puis nous retravaillons les arrangements ensemble, essayons des choses pour finaliser les titres sans perdre de vue le côté naturel et musical si cher à Ende.
Nous avons la chance de ne pas vivre trop éloigné l'un de l'autre, ce qui nous permet de travailler avec facilité et d'échanger régulièrement, chose fondamentale pour le bon déroulement des choses.
La littérature est devenue au fil du temps une des principales sources d'inspiration d'Ende, notamment l'histoire de la sorcellerie, l'historique comme la fantasmée ainsi que tout ce qui allait de pair avec elle à cette époque : maladie, famine, principes de vie, superstitions. Aussi, les questions spirituelles, le rejet du monde et de s'en préserver, le fait de rester loin de l'Homme… La liste est longue.


Il sera sans doute délicat de reproduire cette ambiance sur scène. Vous avez songé à faire des concerts et/ou à la façon de procéder ?
I.L : Nous avons eu la possibilité de nous produire à plusieurs reprises depuis cet été. La première date d'Ende était en juillet dernier en Suisse au Forest Festival et l'expérience a pu être renouvelée depuis en diverses villes. Ende fonctionnant sous forme de duo, nous sommes accompagnés par des proches qui tiennent les rôles de musiciens de session pour nos dates.
L'ambiance intimiste d'Ende sur CD se fait naturellement plus discrète sur scène mais occultée, elle révèle une autre facette toute aussi intéressante pour nous, plus énergique. Les titres se prêtent réellement bien à cette dynamique, ne trahissant finalement en rien l'Aura d'Ende et apportant même clairement son lot de qualités.
Ces premières dates ont définitivement été un test pour nous mais les retombées et les résultats ont dépassés nos attentes dans le bon sens. Notre prochaine date est en février à Nantes et nous espérons pouvoir nous produire sur scène un maximum.


Vos deux derniers artwork sont de toute beauté. Ils illustrent parfaitement votre musique. Qui travaille dessus ? Est-ce vous qui donnez le thème ou vous propose-t-on quelque chose ?
I.L : Comme pour la réalisation des albums, le souhait est de rester dans cette autarcie propre à Ende, sans influences extérieures, sans concessions. J'ai réalisé tous les visuels et continuerai à les faire.
Ils sont en lien direct avec les thèmes et les ambiances générales des albums. Un album est un tout : musique, texte, son et visuel, il est indispensable que tous aillent dans le même sens. Les images permettent aussi une immersion plus fine et plus profonde et précise durant l'écoute, de visualiser l'univers que l'on offre, de le fouiller, de faire marcher son imagination.
Le but avec « The rebirth of I » était d'immortaliser une vision sombre, morbide, poisseuse et tout a été fait en ce sens.


Pourquoi Obscure Abhorrence ? Vous n'avez pas trouvé mieux pour sortir et distribuer votre album ? Sans manquer de respect au label, c'est loin d'être celui qui a le plus de visibilité pour ce type de musique. Vous n'aviez pas envie de changement pour passer sur une écurie plus pointue ou au contraire à plus large dimension ?
I.L : L'image que tu as d'OAP est surprenant car s'il est clairement un label UG, il est à l'origine de pas mal d'excellentes réalisations et a pied dans la scène depuis bien longtemps. Quoi qu'il en soit, son travail sur notre 1er album nous avait plu, c'était alors naturel de retravailler avec eux pour ce second album. AOP tient ses engagements, c'est un label ouvert au dialogue et qui reste à l'écoute.
Nous avons des souhaits qu'AOP n'est pas en mesure de satisfaire mais Ende grandit au fur et à mesure, nous aurons nous l'espérons, l'occasion de réaliser certains projets dans les temps à venir, avec AOP ou une autre écurie. Nous ne sommes pas pressés et préférons prendre le temps pour que tout soit à la hauteur.
L'avantage est que nous sommes libres de notre merchandising et que nous pouvons collaborer avec d'autres labels si nous le souhaitons. Pour « The rebirth of I » nous avons pu travailler également avec les américains de Dread Records qui en ont sorti la version TAPE. Au printemps prochain, ils vont ressortir notre premier album sorti initialement chez AOP en 2012 en TAPE là aussi.
Nous aimons beaucoup les supports comme la TAPE et le vinyle. Soignés, les rendus sont magnifiques et le son a toujours ce « petit truc en plus » qui fait que malgré tous les déboires des supports physiques, ceux-ci continuent encore de respirer, de susciter l'intérêt.
Pour la rentrée 2016, OAP sortira le split CD intitulé « Le puits des morts » réunissant les québécois de Sorcier des Glaces et Ende.
Au final, notre relation avec OAP est plutôt libertine. Nous n'excluons pas de travailler avec un autre label pour un prochain album, ce qui compte en premier lieu est la motivation du label à vouloir/accepter de travailler avec Ende, nous sommes ouvert aux propositions, nous souhaitons simplement une collaboration saine et sincère.


En tant qu'acteur de la scène BM précisément, comment juges-tu les labels hexagonaux qui assurent essentiellement la promotion de ce type de musique ? Drakkar, Blasphemous Underground, Debemur Morti, Eisiger Mond, Forgotten Wisdom, Those Opposed, Mortis Humanae ou encore Les acteurs de l'ombre ? Vous semblent-ils réceptifs, à l'heure de la mort de la musique physique, à l'envoi de demos, pour autant que vous puissiez le savoir ?
I.L : Ceux que tu cites (et bien d'autres encore) sont là depuis très longtemps maintenant et ont contribué à ce qu'est la scène Black Metal aujourd'hui. Ils sont de ces maillons qui ont permis et permettent encore d'avoir des albums entre les mains quel qu'en soit le format. Pour certains d'entre eux malheureusement, s'ils finissent à retrouver leur investissement de départ sur une production ils peuvent s'estimer heureux. C'est l'heure du numérique et d'une nouvelle forme de consommation (internet), jamais l'industrie n'avait autant souffert d'une nouvelle technologie.
Je me rappelle l'arrivée du CD-R, il avait été perçu comme l'ennemi n°1 par les labels pour finalement ne pas causer tant de peine que ça, tout du moins le problème restait à taille humaine car c'était un support physique. Le MP3 quant à lui draine d'une façon plus agressive et virtuelle le commerce de ces structures, engendrant ce sujet sans fond.
Il n'est pourtant pas une mauvaise chose en soit, c'est la manière qu'il est utilisé et perçu qui est désastreuse.
Le Black Metal est un milieu très passionnel, je pense que si certains labels, fanzines ou groupes sont toujours actifs, c'est grâce à cette essence uniquement.
Quant à l'envoi de démo aux labels, je crois que s'ils suivent un peu la mouvance, bon gré mal gré, du numérique, recevoir un vrai support physique envoyé par des mecs qui se sont emmerdé à faire quelque chose de propre et de soigné doit faire plaisir, c'est une certaine reconnaissance ! Toujours plus qu'un MP3 sur une boite mail avec 3 lignes.



Quelle est ton opinion sur le mélange des styles dans le BM ? Par exemple, que penses-tu du développement du cascadian BM (Wolves in the throne room...) ? Vois-tu cela comme un enrichissement ou comme un dévoiement du BM originel ?
I.L : Je ne connais ni le terme ni le groupe que tu cites, je reste plutôt ancré sur mes vieilleries. J'essaie cependant de rester à l'écoute des groupes plus récents, j'aime beaucoup découvrir de nouveaux projets ou d'autres que je n'ai pas eu la chance de connaître avant.


J'avoue, sans chauvinisme, une réelle passion pour la scène BM française. Il me semble qu'à des titres divers, des groupes comme Peste Noire, Seigneur Voland, Blessed in Sin, Kristallnacht, Pensées Nocturnes, Mortifera, Celestia, Osculum Infame, Sühnopfer ou Aorlhac pour ne citer qu'eux, développent une originalité à nulle autre pareille. Qu'en pensez-vous ? Avez-vous des contacts avec cette scène ?
I.L : On pourrait citer également les Légions Noires, Nehëmah, Himinbjorg, Darvulia, Supplicium, Malkhebre et encore d'autres. La France est fertile depuis pas mal d'années maintenant, Je trouve un peu dommage que le public ne soit pas plus chauvin par moment car il y a vraiment un grand potentiel.
En ce qui nous concerne, les contacts se tissent au fur et à mesure que nous avançons et avons la chance d'avoir autour de nous des acteurs investis dans la scène black et avec qui nous avons divers projets, nous espérons pouvoir tout mener à bien.


Question bonus ! Avez-vous senti des jalousies au sein de la scène par suite de votre "succès" UG ? Ce ne serait pas une première dans le milieu...
I.L : Nous n'avons rien relevé de tel et pour être honnête, ça ne nous intéresse pas de savoir, ce genre de chose ne fait pas partie de notre bulle.
D'une manière plus générale, ce que nous faisons, nous le faisons pour nous, par passion et par besoin, l'art est une grande contribution sur le plan émotionnel et personnel avant tout. Si certains ressentent de la jalousie envers d'autres, c'est peut-être qu'ils n'ont tout simplement pas trouvé la bonne façon de s'exprimer, de se réaliser.
Il ne faut pas oublier que chaque jour qui passe est un jour en moins, chaque moment passé à cracher son venin est un moment en moins pour atteindre ce qui surement, rendrait moins envieux et moins con.


Une dernière question en forme de tribune libre. Un dernier mot ?
I.L : Merci à toi et à VS pour l'intérêt à notre travail. Pour nous contacter : ende-official@outlook.fr
+ Support your scene +


Auteur
Commentaire
Funky Globe
Membre enregistré
Posté le: 16/02/2016 à 15h44 - (1888)
Un peu limite le jugement de valeur d'AOP non?

Funky Globe
Membre enregistré
Posté le: 16/02/2016 à 16h20 - (1889)
Un peu limite le jugement de valeur d'AOP non?

;;;
IP:109.214.11.194
Invité
Posté le: 16/02/2016 à 20h00 - (1890)
Cascadian BM ?

raziel
Membre enregistré
Posté le: 17/02/2016 à 08h31 - (1891)
Jugement de valeur sans mauvais esprit. Juste un constat. On peut encore dire ce qu'on pense, non ? Et changer d'avis si on vous démontre le contraire ?

Cascadian BM : WITTR, Earth and pillars...

Funky Globe
Membre enregistré
Posté le: 17/02/2016 à 09h21 - (1892)
Tu peux dire ce que tu penses sans porter un jugement de valeur. Ta question est plus mal tournée qu'autre chose je pense. Je serai un mec d'AOP je sais pas comment je l'aurais pris par contre...




Funky Globe
Membre enregistré
Posté le: 17/02/2016 à 09h27 - (1893)
Hormis ce petit détail (en fait je commande souvent chez AOP, c'est sûrement pour ça que je pinaille!), merci à toi pour cette interview! Ce groupe est vraiment excellent.

Fredark
IP:81.50.58.166
Invité
Posté le: 17/02/2016 à 13h28 - (1894)
Une version LP de l'album doit sortir aussi chez casa nostra au printemps j'imagine puisqu'il est maintenant annoncé, gros potentiel en tout cas le groupe

Fredark
IP:81.50.58.166
Invité
Posté le: 17/02/2016 à 13h41 - (1895)
Une version LP de l'album doit sortir aussi chez casa nostra au printemps j'imagine puisqu'il est maintenant annoncé, gros potentiel en tout cas le groupe

Ennemie
IP:46.218.45.157
Invité
Posté le: 18/02/2016 à 09h34 - (1897)
Super interview !
Et pour ceux qui pensent qu'il y a un "mauvais sens" à ce qui a été dit/compris sur OAP, ce n'est pas le cas du tout. Les güs s'entendent comme cul et chemise! Et tout à l'air d'être parfait dans leur relation label/groupe. C'est d'ailleurs un super label, je trouve. Pleins de bons groupes, et de bonnes galettes!

excelwhite
Membre enregistré
Posté le: 21/02/2016 à 13h23 - (1898)
Connait pas Wolves in the throne room, dit ça pour faire son trve, le moindrement que tu connais la scène BM c'est pratiquement impossible de jamais avoir entendu parler de ce groupe ou même écouté...

Frédark
Membre enregistré
Posté le: 29/03/2016 à 17h24 - (1946)
J'aimerais bien savoir qui s'est fait passer pour moi.

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