- PAVILLON ROUGE - TRACK-BY-TRACK par ZESNAKE - 3157 lectures
PAVILLON ROUGE vous propose d'en savoir plus sur "Legio Axis Ka", son second album, via une interview track-by-track et une écoute intégrale.




Titre de l'album :

J'ai toujours aimé les titres d'album à la fois intrigants, et surpuissants, qui parviennent à forger des images sans les imposer. En guise d'exemple, je te donnerai « Diktat Omega », album d'un groupe de notre région. Ce titre ne veut rien dire si tu essaies de le traduire littéralement, mais il t'en met absolument plein la gueule si tu le prends avec tes tripes, loin de toute conception rationalisante. En gros, tout le contraire d'un titre de Rhapsody, qui va te poser une syntaxe hyper claire, avec des termes connus de tous, mais pour t'imposer un cadre tout de suite identifiable, à la fois rassurant et complètement chiant. « Power of the Dragon flame », par exemple, c'est très facile à traduire et à comprendre, mais qu'est-ce que c'est naze !
On voulait donc, pour cet album, un titre puissant, qui claque direct sans recourir à des images trop évidentes et stéréotypées. On voulait aussi qu'il évoque la discipline, la lumière et la fraternité, et qu'il soit composé de trois mots, car la trinité est symbole de perfection.


Artwork :

La statue que tu peux voir sur notre pochette, « L'Harmonie triomphant de la Discorde » symbolise à merveille notre démarche pour cet album. Elle apparaît dans un cadre un peu spatial, annonçant l'atmosphère générale de « Legio Axis Ka », et se trouve enrichie de couleurs qui évoquent l'aspect lumineux, rutilant et martial de nos chansons.
Elle est un peu plus classique que celle de notre premier album « Solmeth Pervitine », qui était vraiment originale et psyché, mais c'est tout à fait voulu : une image puissante, noble et conquérante, allant dans une seule et même direction. D'aucuns lui trouvent un petit côté « Star Wars », et c'est finalement une bonne chose puisque notre album pourrait être vu comme une conquête spatiale, mais sans l'ombre d'un Ewok ou d'un Ja-Jar machin.
L'artwork a été réalisé par les graphistes de AAAAA Atelier, avec qui nous avons toujours travaillé.



Production :

Comme pour l'artwork, nous avons décidé de garder la même équipe que sur notre précédent album. Nous avons donc enregistré, mixé et masterisé chez notre ami Arnaud Ménard au Hiroshima Studio, près d'Annecy. Nous lui avons demandé un son froid, puissant et percutant, et je pense que le résultat est là ! Les sons des kicks et de la caisse claire sont particulièrement hostiles, beaucoup plus que sur « Solmeth Pervitine » et les grattes ont ce côté légèrement froid et synthétique que nous affectionnons tant...
Comme d'habitude, les différentes sessions d'enregistrement ont été de super moments, surtout pour toutes les parties choeurs où l'on s'est vraiment marrés.


Musique, Cinéma/DVD, livre, jeux :

« Legio Axis Ka » a un côté très cinématographique, comme on nous l'a fait remarquer dans une autre interview, c'est sans doute lié à l'atmosphère un peu spatiale de l'album. Et pourtant, il n'a pas du tout été inspiré par des films ou des romans de science-fiction, mais plutôt par les expériences et les trips qu'on a eu ensemble, la fraternité qui s'est liée entre nous, et notre amour pour les étoiles.
D'ailleurs, si on avait été influencés par Star Wars, Star Trek ou je ne sais quelle odyssée de l'espace, l'album manquerait totalement de personnalité. En fait, je pense qu'avec cet album on a monté notre propre film ! Perso, j'ai été aussi inspiré par ma vie quotidienne, particulèrement lumineuse depuis quelques temps, ainsi que par des extases liées au sport ou à une formule chimique.

Après, c'est vrai qu'on a toujours casé pas mal de samples de films qu'on aime dans nos morceaux, notamment « American Psycho », « Valmont », « Point Break »... Sur cet album, tu peux notamment entendre la voix française du personnage de Rorschach dans « Watchmen ». Mais ces références sont surtout des private joke, des clins d'oeil faits à nos potes, avec qui on a pas mal de délires sur ces films. Il y a quand même une chanson sur « Legio Axis Ka », totalement inspirée d'une scène cosmique de « Watchmen », mais je t'en parlerai dans le « Track By Track »...

Pour ce qui est des bouquins, on cite ouvertement du Victor Hugo et Leconte de Lisle sur « Legio Axis Ka ». De manière générale, on est inspirés par les auteurs qui sont dans l'amour du Beau, et qui ont foi en l'Homme. Depuis l'avènement du Black, l'Humanisme est devenu un gros mot dans le milieu metal, et je trouve ça rafraîchissant et même très excitant quand je lis des textes exaltant la grandeur de l'Homme... Ce qui ne m'empêche pas d'être fan d'auteurs ayant un point de vue beaucoup plus nuancé, ou en apparence noir sur la question, comme Drieu La Rochelle, ou Lautréamont.

Et niveau musique, les groupes qui m'ont inspiré pour la compo de cet album sont surtout le Muse de « Origin of Symetry » et « Absolution », le Crystalium de « Diktat Omega » et Scooter période « Stadium Techno Experience ». « Legio Axis Ka », pour moi, c'est vraiment la rencontre de ces trois groupes, que j'imagine mal faire des soirées ensemble...
Après, les groupes qui m'ont vraiment donné envie de créer Pavillon Rouge sont Indochine (les vieux albums), Black Lodge, Emperor, Hanoi Rocks... Et les artistes qui vont très certainement influencer notre prochain album sont Dope DOD, Zardonic et Arckanum.



Track by Track

"Prisme vers l'Odyssée" :
Souvent, quand un groupe ne sait pas quoi mettre en morceau d'ouverture de l'album, les mecs choisissent juste le morceau le plus bourrin (c'est d'ailleurs ce qu'on avait fait sur « Solmeth Pervitine »)... On ne pouvait pas se permettre ce genre de facilité sur un album aussi cohérent que « Legio Axis Ka ». J'ai donc composé un morceau spécialement dédié à cette fonction, et Cillag, notre chanteur, est allé dans le même sens au niveau des textes. Tout n'est donc qu'ouverture dans ce morceau : synthés aériens, mélodies pleines d'espoir, textes qui annoncent l'aventure à venir, avec notamment beaucoup de verbes au futur...
Et cette chanson est très représentative de l'album, dans la mesure où elle marie des éléments que l'on pourrait penser inconciliables : riffs à la Arckanum, blasts electro mais groovy, leads presque typés Heavy Metal...

"L'enfer se souvient, l'enfer sait" :
Pour le coup on a vraiment affaire au morceau le plus bourrin de l'album... Et pourtant il ne comporte aucun blast beat, aucune rythmique de black traditionnelle au niveau de la gratte...
Si « Prisme vers l'Odyssée » retraçait un peu le projet conquérant et le trajet vers les étoiles, « L'enfer se souvient, l'enfer sait », est comme une première escale où les choses commencent vraiment à se mettre en place. Après une intro ultra martiale, le morceau t'emporte sur une espèce de dancefloor cosmique, martelé par des beats hardcore, et humanisé par des riffs punkoïdes.
En gros, on fait comprendre à l'auditeur qu'il n'est pas parti dans les étoiles pour glander ou se faire chier...
Les textes multiplient les références à « La Légende des Siècles » du père Hugo, un long poème pompeux et grandiloquent comme on les aime.

"Mars Stella Patria" :
Après la guerre sur le dancefloor vient le moment de l'extase contemplative. Je trouvais dommage que n'ayons aucune chanson lente et martiale dans notre répertoire, et j'avais donc commencé à bosser sur des rythmes indus bien lourds et lancinants. A la base je voulais juste en faire un truc purement rythmique et instrumental. Mais comme toujours, je n'ai pu m'empêcher d'y rajouter de jolis synthés et des mélodies quasi pop, rendant tout cela plus humain. Et lorsque le père Cillag a entendu le résultat, il n'a pu s'empêcher d'écrire un texte dessus. On se retrouve donc avec un morceau qui trahit sa vocation première, mais qui est l'un des meilleurs de l'album, chargé en émotion et en même temps hyper viril. On pourrait presque y voir la rencontre de la mélancolie cosmique d'un Muse (façon « Space Dementia ») et des couilles métallisées d'un Manowar.
Pour info, les chœurs ne gueulent pas « Soleil ! » au début de la chanson, comme la plupart des gens le pensent en écoutant la chanson, mais « Sole ! ».

"A l'Univers" :
Morceau le plus classiquement black metal de l'album, mais avec une ambiance très cosmique. L'intro t'emmène brièvement faire le con sur l'anneau de Saturne, et après t'es parti pour 5 minutes de blast, de grosse riffaille black metal et d'atmosphère un peu plus dark. L'idée étant bien sûr de proposer un morceau « dark » mais propre et ouvert sur le cosmos, et non enfermé dans une cave pourrie, comme ce qu'on trouve souvent chez les groupes de black metal.
Du coup, c'est un peu l'épisode triste de l'album, un moment un peu tendu à passer, mais qui rendra la suite d'autant plus jouissive.
Les voix que tu peux entendre sur les samples à la fin du morceau sont celles d'Albert Camus et de Klaus Kinski.

"Aurore et Nemesys" :
Première éclaircie après la période dark de l'album, même si celle-ci n'est pas encore tout à fait dissipée. Un second mid-tempo, toujours très ouvert, mais beaucoup plus dépouillé que les morceaux précédents, jusqu'à l'arrivée d'un bon gros blast comme je les aime : net, puissant et précis. Avec ce morceau on a comme une petite pause comme pour reprendre son souffle entre les deux saillies particulièrement hostiles que sont « A L'Univers » et « Droge Macht Frei ».



"Droge Macht Frei" :
LE putain de tube de l'album, sans doute mon titre préféré de tout ce qu'on a fait jusqu'à présent. Je vois ce morceau comme une majestueuse révérence au grand Scooter, maître incontesté du beat ultra puissant et de la punchline peu philosophique. L'histoire du morceau est d'ailleurs assez drôle. Je suis devenu fan de Scooter à force d'en passer à mes cours de fitness, et la chanson « Friends », à une époque, m'a fasciné au point que je pouvais l'écouter 40 fois dans la journée, parfois plusieurs fois de suite. La mélodie est certes kitchissime, mais il y a derrière une incroyable machinerie technoide, avec des sons au top, qui excusent absolument tout. Un soir d'insomnie je me suis donc amusé à reproduire la partie electro de la chanson, petit à petit, je m'en suis vraiment éloigné et au final je me suis retrouvé avec une chanson entière, totalement différente du modèle qui l'avait inspiré. Il reste toutefois ce côté « aerobic sous exta » qui fait tout la force de la chanson « Friends », et sur lequel repose toute la singularité de notre chanson.... Et l'hommage à Scooter ne pouvait pas être complet sans une punchline au top et d'un goût exquis. Notre chanteur a donc jugé le titre « Droge Macht Frei » particulièrement approprié.
A noter que cette chanson a été remixée par les mecs de Noisuf-X (dont vous pouvez écouter la version sur youtube) et de Temple of Nemesys, qui ont tout deux fait un super boulot. Ces versions seront bientôt accessibles.

"Kosmos Ethikos" :
Un morceau purement electro et quasi-instrumental puisque la voix que tu peux entendre dessus est un sample, c'est celle d'un vieux qui récite du Leconte de Lisle. Dans ce poème « Aux Modernes » sont pourfendues la mesquinerie, la médiocrité et la corruption d'une jeune génération mécréante, formée de « tueurs de dieu ». Le fond instrumental est totalement inspiré par une image de la BD Watchmen d'Alan Moore, où tu vois le Dr Manhattan, squattant sur Mars, créer un édifice métallique doré, formé d'engrenages et tournant sur lui-même. Moment purement merveilleux, qui ne pouvait qu'avoir sa place dans notre album.
« Kosmos Ethikos » n'est pas juste une plage instrumentale entre deux « vrais morceaux », pour moi c'est un élément essentiel de l'album, une chanson aussi importante que « Mar Stella Patria » par exemple.

"Notre Paradis" :
Second moment fun de l'album, mais toujours dans un trip cosmique, conquérant et viril. C'est au tour du fort peu metal Coolio d'être couvert de nos hommages... « Notre Paradis », n'est pas une véritable reprise de « Gangsta Paradise », nous avons juste gardé ce que nous trouvions le plus génial dans cette chanson, à savoir le thème principal, et le post refrain au niveau des voix, afin de les soumettre à l'esprit et au style Pavillon Rouge. Une reprise classique aurait évidemment été un massacre, non seulement pour la chanson originale, mais aussi pour notre album, qui aurait perdu toute sa force et sa cohérence à cause d'un écart ridicule... Nous adorons reprendre des morceaux et les défigurer en décuplant leur intensité, comme nous l'avions fait avec le sublime morceau de Cinema Strange « Sadist Sagitarius ». Et attention, nous n'avons jamais l'intention de faire des reprises insolites pour le fun ou la rigolade, comme les font le plus souvent les groupes de metal extrême, pour nous l'idée est vraiment de rendre hommage à la beauté d'une mélodie, quel qu'en soit le style ou l'auteur.

"Klux Santur" :
Déjà la fin de l'album...Et pour finir en beauté, on a ici un morceau totalement hybride, mais ultra puissant et catchy, avec une grosse rythmique qui ne s'arrête jamais, faisant la part belle aux loops drum n' bass et aux beats hardcore. Pour moi « Klux Santhur » donne vraiment dans le clair-obscur, à la manière d'un tableau de Georges de La Tour, car on a un couplet très sombre qui semble se répéter, faisant soudainement place à une sorte de renaissance avec un refrain puissant et fédérateur. L'album s'achève sur une renaissance avec la phrase « Je renais des abîmes, des constellations », la conquête ne fait donc que commencer !



Auteur
Commentaire
xOv
Membre enregistré
Posté le: 05/06/2015 à 15h45 - (1639)
Super album/interview !!!

Oui Lautréamont peut être Lumineux/Solaire: Lire Poésies et Lettres !



Hulk Besson
IP:82.237.110.228
Invité
Posté le: 05/06/2015 à 16h56 - (1640)
Interview intéressante. Je suis pas fan de la pochette, à part ça j'adhère totalement.

A.
IP:82.123.211.58
Invité
Posté le: 06/06/2015 à 00h42 - (1641)
Génial comme d'hab, pour une fois qu'on ne lit pas une sempiternelle interview chiante de groupe

Humungus
Membre enregistré
Posté le: 06/06/2015 à 08h32 - (1642)
Et ben je ne connaissais pas du tout ce groupe...
Je me lance donc dans l'interview afin d'en savoir un peu plus...
MUSE, SCOOTER, fitness, COOLIO, INDOCHINE... ... ...
Alors au début j'ai cru à un des fameux poissons de VS mais voyant que l'on était le 6 juin j'ai bien compris que c'était très sérieux toute cette histoire.
Incroyable mais vrai donc.
J'en reste quand même encore sur le cul.
Musicalement... Ben pas mon truc non plus.
En même temps avec ces références là...

PS : Le coup du logo "Never stop the fitness" est par contre juste fantastique !
J'en ris encore bon dieu de dieu !

Ginzu
Membre enregistré
Posté le: 06/06/2015 à 19h52 - (1643)
c'est une itw de qui ?

Toinou
IP:82.230.76.157
Invité
Posté le: 07/06/2015 à 20h55 - (1644)
Une tuerie cet album, et désolé si je semble troller, mais entre la pochette et certains rythmes et riffs, moi ça me rappelle Crystalium (et c'est un compliment)...

Diego
IP:90.44.253.51
Invité
Posté le: 08/06/2015 à 16h51 - (1651)
Je crois que c'est le chanteur de Crystalium justement !

ZeSnake
Membre enregistré
Posté le: 08/06/2015 à 19h51 - (1652)
oui c'est bien Kra Cillag au micro.

@Ginzu : ce doit être Mervyn (guitare et programmation)

Ajouter un commentaire

Pseudo :
Enregistrement Connexion







Proposez News | VS Story | F.A.Q. | Contact | Signaler un Bug | VS Recrute | Mentions Légales | VS-webzine.com

eXTReMe Tracker