A.K. (guitare) - VORKREIST par PRINCE DE LU - 6407 lectures
Profitant de la sortie du nouvel album de Vorkreist chez Agonia, votre serviteur biscuité a séquestré le guitariste A.K. pour lui soutirer des infos sous la torture. Et le coquin a aimé ça!


Tu es multi-instrumentiste (guitare, clavier). Comment as-tu démarré la musique et le metal ?
Le premier contact avec des instruments, c'était gamin quand j'ai fait un peu de piano. J'en ai fait de huit à dix ans, et j'ai détesté ça. C'était une lubie de mon père, et du coup j'ai lâché. J'ai commencé à écouter du metal quand j'avais douze-treize ans. C'était la première fois que je m'intéressais à une musique. Avant, j'écoutais de la musique comme ça, je ne suivais pas spécialement un groupe. A cet âge-là, on écoute un peu ce qui passe à la radio, à la télé, etc. Et puis il y a eu "You Could Be Mine" sur la BO de Terminator 2, qui tournait un peu partout. Et je me suis dit "mais c'est quoi ce groupe ?" et j'ai commencé à m'intéresser à Guns n'Roses. Au lycée, il y avait deux-trois metalleux, dont un mec que je connaissais et avec qui j'étais assez pote. C'est lui qui m'a copié Appetite for Destruction, Fear of the Dark, des trucs comme ça.

Metallica ?
Alors, moi justement non. Je ne suis pas du tout de l'école Metallica. J'étais tellement fan de Guns, que pour moi c'était impensable, vu que c'était pile à l'époque de la guerre. Et après, je me suis dit que je n'allais pas non plus rester bloqué, à faire ma groupie. Du coup, je me suis mis un peu à écouter Metallica mais je ne suis jamais vraiment rentré dedans plus que ça. Disons qu'il y a les classiques que je reconnais. Mais pour moi, un album comme Kill'em All, je trouve ça juste giga-ringard. "Jump in the Fire" est pour moi un des titres les plus ridicules du monde. Et clairement, je ne suis jamais passé par la case thrash, à part Slayer et un peu Megadeth. J'ai écouté un peu de Sepultura, un peu de heavy, du Maiden, et très très vite je suis passé au death. Quand j'ai écouté la première fois Death ou Morbid Angel, je me suis dit que c'était clairement ça qui me branchait. Et assez vite, j'ai aussi découvert le black.


Tu découvres aussi par des potes ou par des magazines ?
Je n'avais pas trop de potes deatheux ou black metalleux. J'y suis vraiment allé un peu tout seul. C'était l'époque où Euronymous s'était fait tuer, et il y avait une petite brève avec la photo. C'était dans Hard'n'Heavy ou un truc comme ça [NDR : j'aurais dit Hard Rock Magazine. Qui confirme?]. Même s'ils étaient un peu ironiques dans leur brève, on avait l'impression que c'était de la musique qui était un peu plus que de la musique. J'avais quatorze ans, je crois, et à ce moment-là tu es plus attiré par les idéologies fortes. Dans la vie en général, tu as l'impression que la vie ne suffit pas et tu cherches à trouver des strates un peu cachées. Spontanément quand tu es ado, tu te passionnes pour les trucs un peu underground. Tu as l'impression que tu découvres une nouvelle strate de l'existence et j'avais l'impression que le black metal était une strate dans le metal, qui me semblait plus authentique. Les mecs se tuent entre eux, c'est quoi ces tarés ?


news dans Hard Rock Magazine d'octobre 1993


J'avais compris que c'était des mecs maquillés, mais j'étais au niveau zéro. Alors je suis allé au Virgin. Je ne connaissais aucun nom à part Mayhem et Burzum, mais je n'ai trouvé aucun des deux ce jour-là. En regardant les pochettes, j'en trouve une qui semble un peu le même genre, avec le logo, les mecs maquillés qui crachent des flammes. Et complètement par hasard, j'ai acheté le premier Immortal. J'ai écouté et je sentais direct que la musique n'était pas faite pareille et que ce n'était pas des accords qu'on jouait d'habitude. Je jouais déjà de la guitare, je faisais des reprises des Guns et de Nirvana. Et là, ce n'était pas des power chords, qui sont puissants mais qui manquent un peu d'âme. Pour être un peu technique, le début de Diabolical..., ce ne sont que des accords renversés avec la tierce prédominante, où tu sens une vraie ambiance dans les riffs. Et je me suis dit tout de suite " il y a un quelque chose qui se passe ". Très peu de temps après, j'ai réussi à dégoter De Mysteriis... et là je me suis dit " OK, j'ai trouvé mon truc ". C'était à l'été 1994, je me souviens très bien. Pour le coup, je n'avais aucun pote qui écoutait ça et je ne voulais pas passer mon temps à acheter des albums au hasard. Alors j'ai été sur 36 15 Hard Rock où il y avait pas mal de gens, même de la scène encore de maintenant. J'avais mis une petite annonce pour chercher des mecs pour me copier des albums contre des cassettes vierges. Et un mec me répond, son pseudo c'était Impaired et en fait c'était MkM (Antaeus, Aosoth) que j'ai rencontré au Virgin à la rentrée 1994. Il m'a copié Burzum, les démos d'Emperor ou les démos d'Abigor. Et c'est par le même biais que j'ai rencontré après celui qui allait devenir Torturer Persecutor (rire) (Arkhon Infaustus). On est devenu très potes et j'ai commencé mon premier groupe de black avec TTR. Il connaissait déjà pas mal de monde et c'est par lui que j'ai commencé à rencontrer début 1995 les gens de la scène black metal parisienne.


On n'est pas loin du début d'Epic, là.
Oui. J'ai commencé avec lui un groupe qui s'appelait Chorozon à l'époque, qui est devenu Arkilae. On a sorti quelques démos par la suite. Bien longtemps après, c'est devenu Neo Inferno. Ça a beaucoup mué. J'avais déjà commencé par ailleurs mon projet solo Love Lies Bleeding. Du black sympho avec beaucoup de claviers. Et c'est là où le fait d'avoir fait du piano quand j'avais huit ans m'a un peu servi, mine de rien. Et je faisais un peu tout tout seul avec mon Korg, dans ma chambre. TTR, à l'époque jouait dans Epic. Et tout simplement, ils n'étaient plus contents de leur claviériste et ils m'ont proposé. Ça me branchait bien.

Tu rencontre le line-up de l'époque, qui est déjà celui qu'on connaît ?
Voilà. (NDR : il réfléchit pour remettre les pseudos en face des prénoms) Silmaeth, LSK, etc.
Ça fait plus de quinze ans tout ça, ça commence à dater.
Ouais, je sais bien.


Tu as parlé tout à l'heure de biiip [NDR : désolé, même si ce sont des secrets de polichinelle la plupart du temps, je ne file pas les noms des gens qui se cachent derrière les pseudos. Ça fait partie du spectacle, non ?]. Tu sais que ton prénom est dans les fiches musiciens sur Metal Archives. Ça te fait chier ?
Avant j'avais carrément un pseudo différent pour chaque projet. Et j'ai unifié autour de A.K. qui est le plus simple possible. Je garde toujours un peu ce truc dont je te parlais tout à l'heure, quand tu vois la photo de Euronymous. Ce n'est pas juste " tu prends ta gratte et tu fais de la musique ". Je ne critique pas, mais c'est ce supplément d'âme que je trouve dans le black metal. L'idée du pseudo est dans le même esprit. Ce n'est pas juste Judicaël qui va payer ses factures. C'est A.K., l'entité que je me suis forgée au fil des années au fil des différents groupes, des différentes expériences, des albums, des concerts, etc. C'est pour ça que je suis sous pseudo. J'ai commencé sans, d'ailleurs. La première démo de Love Lies Bleeding était sous mon nom.


Ces pseudos différents selon les projets, cela avait une signification ?
Plus ou moins. Quand tu te choisis un pseudo quand tu as quinze ans, tu ne peux pas avoir autant de recul.
Lord Korgan ?
Voilà, moi j'ai commencé par Lord Korgan. Pour la petite anecdote, cela n'avait rien à voir mais je jouais sur un Korg. Donc c'était complètement con (rires). On aurait pu m'appeler Lord Yamahan.
Ça vient d'où d'ailleurs ?
On a tous des histoires à la con. Je me demande si ce n'était pas un méchant dans un film. Je trouvais que ça sonnait bien. C'était la mode des K. Très clairement, je pense qu'il n'y a pas grand monde qui a choisi son pseudo à quatorze-quinze ans et qui peut arriver avec un truc plus évolué. Tous les mecs en -aoth, en -oth, c'est pareil. Mais il y avait tout ce décorum que j'aimais bien quand je suis rentré là-dedans. Le côté traditionnel me plaisait et je n'avais pas envie d'arriver en me disant " les gens font comme ça, je vais faire l'inverse ". Quand tu commences à rentrer dans un milieu, ton premier réflexe n'est pas de le renier. Tu essayes de voir comment il fonctionne, et moi j'y suis allé à fond. Sans le côté sataniste par contre, je n'en me suis jamais revendiqué.


Les textes de Vorkreist sont quand même assez marqués à ce niveau-là.
Oui, bien sûr. Bon, déjà ce n'est pas moi qui écris les textes. Dans les gens que je fréquente, il y en a qui sont à fond dans le satanisme et je respecte leur truc. Il y en a d'autres qui ne savaient pas trop quoi faire et qui se sentent un peu plus virils avec un pentagramme autour du cou, en insultant le plus possible notre créateur si tant est qu'il existe. Il y a un côté symbole, avec le manque du père. Ce sont très souvent des enfants de divorcés, d'ailleurs (rires). C'était Satan ou Hitler, ça dépendait. Donc voilà, j'ai toujours respecté certains où je sentais qu'il y avait un vrai rapport du côté de l'Adversaire ou un attrait pour l'occulte. Par probité, n'ayant jamais exploré ce chemin-là plus que ça, je ne voulais pas faire semblant. Neuf dixièmes des gens qui se revendiquent satanistes sont juste allés aux puces s'acheter un pentagramme et ont lu Aleister Crowley. Je ne trouve pas ça honnête et authentique. Je n'ai jamais fait la démarche, donc je ne serai jamais auto-proclamé.

Tu as plutôt envie de proposer de la musique plutôt que de porter le concept.
Voilà, même si ce n'est pas que de la musique. C'est juste que rentrer dans une terminologie presque dogmatique, ça me branche moins. En fait, je crois vraiment en rien. Mais je trouve que c'est dans la musique qu'on réhabilite quelque chose de métaphysique, que c'est là qu'on a l'impression de ressentir des mondes qui ne sont pas le monde et de renouer avec quelque chose qui nous dépasse. C'est un peu ce qui est étudié dans le nouveau Merrimack, les limites gnostiques sur les outre-mondes. Le Plérôme qui est le vrai monde et qui désigne le monde dans lequel nous vivons comme l'enfer. Nous avons été chassés d'un paradis qui n'a rien à voir avec le paradis chrétien et son bon dieu. Pour moi, j'ai choisi la musique pour dépasser la vie-même. Disons, dépasser son incarnation courante dans la vie de tous les jours et créer une bulle qui me dépasse moi tout du moins. C'est le seul moment où je ressens un peu de transcendance.


On voit des gens qui se disent satanistes ou lucifériens et qui portent des prénoms marqués comme Christian, Christophe. Un peu comme si c'était en réaction à une éducation portée sur la religion.
Pour le coup, je n'ai pas du tout eu une éducation religieuse. Je n'ai même pas eu quelque chose de base contre lequel m'inscrire contre, je n'ai pas eu ce problème-là. Mes parents étaient athées et m'ont toujours élevé dans la liberté de choix. Je n'ai pas eu ce réflexe qu'on pu avoir les mecs d'Eternal Majesty qui étaient profondément antichrétiens parce qu'ils venaient d'une famille catho tradi. Pour eux, il y avait un vrai acte de rébellion et de construction de soi. Je trouvais leur démarche personnelle cohérente. Moi, je ne me serais pas inventé ça en fait.


Epic devient Vorkreist en 99. Comment se gère cette transition ?
Avec Epic, on a sorti le mini-album Of Tears and Blood... en 96 ou 97 (NDR : mes tablettes disent 98, c'est un détail mais qui a presque quinze ans!!). Après, on a vivoté car tout le monde à l'époque avait cinq groupes et demi minimum. On s'est un peu dispersés mais on continuait à répéter avec Epic. On continuait presque par habitude, mais il n'y avait plus l'inspiration d'avant. D'ailleurs, il y a eu des changements de line-up.

Vous avez fait du live ?
Un peu. Ils en ont fait avant que je rejoigne le groupe et j'en ai fait trois avec eux. On était tous impliqués un peu ailleurs et quasiment à l'arrêt officiellement. On sentait qu'on avait toujours envie de jouer ensemble mais on ne trouvait plus trop la bonne ligne. Et ce qui a précipité un peu la mue, c'est que Torturer et Deviant, qui étaient dans Arkhon, ont signé chez Osmose. Là pour eux, c'était le gros truc et ils ont quitté Epic. Et on s'est dit que c'était là le moment de tout réorganiser. Dans la musique qu'on faisait, il y avait de moins en moins de claviers. J'étais au clavier mais je commençais à proposer de plus en plus de riffs de guitare. Et comme on a perdu un guitariste, je me suis mis naturellement à la guitare. Et très facilement, on a recruté Sohr-Khasm, qui était le chanteur de Olc Sinnsir et dont le batteur jouait déjà avec nous. Et là, il y a vraiment eu un élan. C'est le truc assez dingue et excitant que tout le monde a envie de vivre où tu arrives à la bonne alchimie. Alors qu'on mettait six mois pour faire un demi-morceau potable avec Epic, on a dû composer cinq-six morceaux en trois-quatre mois. Il ne manquait plus que ce ré-agencement pour que tout paraisse fluide et tout le monde composait à bloc. Le premier album a été écrit en à peu près un an.


Mais pourtant l'album n'est sorti qu'en 2003.
Oui, la durée n'est jamais lié uniquement à l'artistique. OK on a des compos, maintenant il faut les enregistrer, il faut trouver un label, il faut que le label le sorte. On a d'abord sorti une démo quatre titres en 2000 ou 2001. On a enregistré le premier album à nos frais. Il a un son absolument dégueulasse, dû à de grosses erreurs de l'ingénieur du son, qui a notamment fait une sorte d'export de guitare sur une piste de batterie. Du coup, on a toute la batterie et une guitare qui sont sur la même piste. Et si on voulait monter la batterie, ça mettait une guitare à burne et tout saturait à mort. On s'est dit que ça allait nous faire un promo, mais après on n'a pas trouvé de label intéressant qui mettait le budget nécessaire pour qu'on réenregistre l'album. On a fait un mastering qui a un peu limité les dégâts et l'album est sorti comme ça. C'est un peu dommage, je pense qu'il y a des compos vraiment pas mal mais je n'écoute jamais cet album à cause du son. Des fois, j'ai envie de reprendre un ou deux morceaux, parce qu'il y a des riffs qui sonnent vraiment pas mal.


Tu n'as pas envie de le réenregistrer ?
Peut-être pas quand même. C'était vraiment une époque et je n'ai pas envie de faire de redite. Mais peut-être qu'il n'est pas exclus d'en reprendre un morceau ou deux, ou quelques riffs. Cet album fait partie de notre bagage aussi et disons ça fait un peu une impression de départ manqué. On a eu très vite notre style. Une alternance entre le black et le death comme si c'était vraiment un style en soi et pas juste deux styles accolés. C'est toujours comme ça que j'ai vu Vorkreist. On ne se dit pas " tiens, je vais mettre un peu de black, un peu de death ". Pour moi, c'est une sorte de musique totale où c'est à la fois agressif et en même temps atmosphérique. C'est un peu le leitmotiv qu'on a trouvé avec le dernier album, on est vraiment dans la restitution du corps et de l'esprit. Le death metal s'adresse au ventre, aux entrailles et aux nerfs. Et il y a ce côté plus spirituel, au sens large, du black metal. Ce n'est pas que tu " penses " en écoutant du black metal. Mais cela va plus séduire ton " âme ", si tant est que cela veuille dire quelque chose, plutôt que directement ton corps. C'est une sorte de réunification et il faudrait trouver autre chose que black/death qui fait un peu con. Ça fait juste une sorte de compile de deux styles.


Oui, mais les deux styles permettent aussi de jouer avec l'étiquette d'un album à l'autre, entre black/death ou death/black.
On s'est rendu compte qu'on peut jouer avec ça. Le premier et le second sont clairement death/black. Le troisième est black/death, et le quatrième est vraiment entre les deux. Pour le dernier album, ma ligne de conduite en composant était de faire une synthèse entre le deuxième album Sublimation... et du troisième album Sickness Sovereign. Je pense qu'il manque dans Sickness... les riffs bien catchy. On avait un peu délaissé les headbangers allemands, en fait (rire). C'est un peu comme dans les pornos, faut jamais perdre le public des routiers. On n'a jamais voulu être avant-gardistes avec Vorkreist, mais représenter un style qu'on connaît bien. C'est vraiment le groupe que j'ai envie d'écouter. Donc quand je fais des riffs, je veux vraiment faire des riffs catchy qui te restent dans la tête et évincer tout riff un peu bof, pour vraiment avoir cette avalanche de riffs. C'est clair que ce n'est pas à la mode Deathspell Omega ou Blut Aus Nord, alors qu'évidemment ce sont ces groupes-là le rayonnement du black français. Forcément, les mecs qui recherchent des trucs plus évolués vont être un peu déçus. Et dans beaucoup de chroniques, les bonnes comme les rares plus mauvaises, c'est un reproche qu'on a eu. Mais ce n'est pas pour nous un reproche, car ce n'est pas ça qu'on a essayé de faire. L'album contient des passages plus atmosphériques, mais on n'a jamais cherché à faire de la surenchère de dissonances car ce n'est pas notre but. On est vraiment revenus à des riffs catchy comme dans Sublimation... en gardant le côté malade et malsain qu'il y avait dans Sickness..., notamment grâce à la voix de Saint Vincent qui est bien plus qu'un simple chanteur de black.


Pour en revenir au premier, Sabbathical Flesh Possession, j'ai donc compris qu'il est sorti en 2003 pour des problèmes finalement administratifs.
Là, c'est un peu le " behind the scene ". Très simplement, à l'époque, j'étais étudiant. Donc j'avais vachement de temps et je composais à mort. Quand je repense maintenant à la cadence de Loves Lie Bleeding, j'ai sorti cinq albums entre 1999 et 2006. Et à coté de ça et Vorkreist, on a commencé Neo Inferno en 2001 et il y avait des trucs de-ci de-là. Donc, oui les compos sont venues très très vite et on peut dire que c'était des problèmes administratifs.


Il y a des musiciens qui ont du mal à se dissocier entre leurs groupes. Quand ils composent et qu'ils jouent, ils sont entiers et proposent à peu près la même chose (dans des groupes de styles proches). Tu arrives à te dissocier et à donner une coloration black/death ou death/black, ou à porter quelque chose de plus atmosphérique avec Loves Lie Bleeding. C'est un fonctionnement qui te paraît naturel.
Ouais, carrément. Et il y a quantité de trucs que j'enregistre et que je ne cherche pas à sortir. Je fais aussi pas mal d'electro de mon côté, du drum'n'bass et de l'electro clash, ou même des trucs un peu folk. Le fil directeur ne va pas être au niveau d'un style musical. Comme certains écrivains peuvent produire des romans, des pamphlets ou des poèmes, je ne peux pas du tout me contenter d'un seul style. Sauf dans des histoires de planning très serrés du genre " on enregistre dans deux mois ", en général je ne me dis pas " aujourd'hui je compose du Vorkreist ". Je prends ma guitare et assez naturellement je vais sentir pour quel projet cela va être. Je ne vais pas te mentir, il y a évidemment des riffs mineurs ou de transition qui peuvent convenir à plusieurs projets, soit Vorkreist ou Merrimack par exemple. Mais dans 90% du temps, très naturellement, je sens à quel projet le riff est destiné parce que ce sont des atmosphères très marquées. Et le fait que j'ai fait un peu de clavier et que je compose pas mal avec des machines, cela me permet de cloisonner. Si je commence à explorer et à faire de l'expérimentation, ça ne sera pas pour Vorkreist ni Merrimack. Donc, je cloisonne et cela me permet de garder pour chacun une identité propre plutôt que de faire un truc un peu schizophrénique au fil de mes influences du moment. Certaines choses ne vont pas pour Vorkreist mais vont convenir pour Decline of the I. Très naturellement, j'arrive à savoir quel groupe je suis en train de faire avant même de me le dire, en fait.


Tu es chez toi, avec ta guitare, et tu t'enregistres ?
Oui, directement. J'ai des heures et des heures de riffs et d'arrangements. Ces pistes-là sont par groupe. Je sais déjà au moment d'enregistrer une idée ou un arrangement pour une seconde guitare, à quel groupe cela convient. Il y a des trucs tout cons, comme des histoires d'accordages, qui donnent aussi une couleur. Dans Vorkreist, on est accordés en ré. Dans Merrimack en mi et dans Decline of the I, je suis en drop C. Du coup, l'approche est différente et cela teinte déjà la musique. Il y a des riffs qui vont sonner dans un certain accordage et pas du tout dans un autre. C'est aussi un élément de plus qui fait que j'arrive très bien à dissocier.


Plusieurs accordages, donc plusieurs guitares. Donc, tu prends la guitare Merrimack ?
Le pire, c'est que des fois je change de guitare parce que je me rends compte que je ne suis pas en train de jouer un riff qui correspond à la bonne guitare. Et je suis clairement en train de me dire " là il y a un truc qui sonne black mais je le sens trop grave dans cet accordage " et je passe à la guitare Merrimack. Ou je me dis qu'il faut quelque chose de plus écrasant, avec une teinte un peu Neurosienne, et je prends la guitare Decline of the I. Ça m'est arrivé de faire des transpositions, mais presque à dessein. Je me dis que j'ai envie de faire une petite intrusion, un petit défaut presque volontaire d'étanchéité, de faire glisser par exemple un truc très légèrement post-hardcore dans Vorkreist. Mais cela va être une pointe, un début de cheminement, qui ne deviendra pas du tout du post-hardcore dans Vorkreist, pour reprendre l'exemple. Il suffit d'écouter le dernier album, il y a des riffs qui sont venus d'une idée qui venait d'ailleurs, mais remis à la sauce Vorkreist. Mais dans l'ensemble, je cloisonne.


Niveau projets, Love Lies Bleeding, c'est fini ?
C'est fini. J'ai choisi de terminer après le cinquième album qui est sorti en 2006. En fait, très vite, j'ai commencé à composer pour Decline of the I. Ça m'a fait un peu comme pour les débuts de Vorkreist. J'ai senti le truc et j'ai composé tout seul en moins d'un an un album complet d'une heure. Donc j'ai fini de le composer début 2008. J'ai commencé à l'enregistrer début 2008 et j'ai fini en 2010, et il n'est toujours pas sorti. J'ai eu un deal mi-2010 avec Agonia et la sortie est sans cesse repoussée. Aux dernières nouvelles, ça devrait être en septembre. J'ai signé pour trois albums parce que j'ai une idée de trilogie. Bon, c'est un label qui a un milliard de groupes. Dès qu'il y a un ou deux groupes qui sont en retard, ça fait effet domino. Et je pense clairement que Decline of the I est une signature coup de cœur pour lui et il se doute bien que c'est pas le groupe qui va le rendre milliardaire. C'est un projet solo, je ne peux pas faire de concert. C'est pas facile de signer avec un projet solo et il a été OK pour partir dans mon délire de trois albums. Si tout va bien, j'en ferai un par an. Là, j'ai déjà composé la moitié du deuxième. Au final, c'est un album qui sortira, si tout va bien, plus de quatre ans après avoir été fini de composer. Mais en même temps, c'est un bon test, parce que je pense que c'est toujours valable. Je me dis que la composition a été absolument fluide, et j'avais l'impression de découvrir un nouveau champ d'expression. Donc, j'ai hâte de voir comment cela va être perçu.


En préparant l'interview, j'ai découvert un truc qui a failli me faire mourir. Tu es dans Eros Nécropsique ?
Ouais, j'étais chez eux il y a trois jours. J'ai découvert Eros Nécropsique comme beaucoup : dans les compilations Metallian. J'avais bien aimé ce côté barré, un peu ailleurs. J'avais 17 piges et c'est l'âge où tu es beaucoup plus facilement premier degré. Donc tu encaisses les choses lourdes avec l'esprit de sérieux. C'était le cas d'Eros Nécropsique, que j'avais vu en concert à l'époque et que j'avais complètement adoré niveau performance. Tu es habitué à voir quatre mecs maquillés qui gueulent dans tous les sens. Et là, tu as un gars qui arrive, qui n'en a rien à foutre, qui se fait pisser dessus et qui se jette dans la foule, qui vide la moitié d'une salle qui part en courant, etc. Qui se scarifie sur scène, mais pas chirurgicalement. Il fait tomber sa bière, il ramasse les tessons et il s'ouvre le bras au milieu du concert, et après il doit aller dare-dare aux urgences pour se faire recoudre. Donc là, je me suis dit il y a un truc. Mais en fait, ce qui s'est passé, c'est qu'à l'époque de Love Lies Bleeding, je cherchais une chanteuse. Et j'avais vu Tragos Adein en concert, le projet de celle qui est devenue plus tard la chanteuse d'Eros Nécropsique. Pour la petite histoire, si je ne me trompe pas, Tragos Adein est le premier projet acoustique du mec qui a fondé Antaeus, et qui devait s'appeler Antaeus d'ailleurs. Donc, j'avais vu ce groupe-là en première partie d'Eros Nécropsique. C'était une musique acoustique un peu folk. Mais pas avec ce côté celto- qui me fait chier, ça jouait vraiment sur des ambiances tarabiscotées.



Et je trouvais cette chanteuse complètement géniale, pas du tout du genre " petit filet de voix " à la Theater of Tragedy. Et je l'ai eu au téléphone par hasard, ma meuf était dans sa classe à la fac (rire). Je lui avais demandé si ça lui disait de chanter sur Love Lies Bleeding et elle m'a répondu non, que ça ne la branchait pas. On avait discuté, mais fin. Et à une soirée goth, à l'époque où tous les metalleux qui ne savaient pas quoi foutre allaient dans les soirées goth sur les péniches (NDR : diantre, on a dû se croiser sans le savoir). Juste pour boire de la bière et draguer des meufs qu'ils ne vont pas serrer. Ou alors les grosses et moches plus bourrées qu'eux. Et je la rencontre à une soirée avec son compagnon Olivier, qui était le mec d'Eros Nécropsique. On a vraiment sympathisé ce soir-là, à boire du ricard chez eux jusque dix heures du mat' et on est devenus très potes. Au bout d'un moment, elle m'a dit qu'elle faisait Love Lies Bleeding. Elle a été la chanteuse sur les deuxième, troisième et quatrième albums. A côté de ça, Eros était complètement en sommeil à ce moment-là. Et Olivier m'a dit " si je le remonte tu es de la partie ". J'étais plutôt assez fan quand j'avais dix-sept ans et j'ai donc beaucoup apprécié la situation, à me retrouver avec eux pour pas grand chose. J'ai fait mon premier concert avec eux en 2004 à la Loco pour un festival. J'alternais guitare acoustique, guitare électrique et synthé. Pour le coup, ça réclamait toutes mes compétences. Après, expérience vraiment géniale, on a fait trois jours au festival d'Avignon en 2004. Dans un théâtre, uniquement acoustique, percus etc. C'était vraiment une autre expérience. En fin de compte, c'est vraiment là que j'ai connu le trac. Là, tu es tout seul avec ta guitare acoustique, tu attaques mal ta corde et ça fait " crinc ". Après on a fait deux autres concerts. Bref, on a pas fait grand chose. S'il y a bien un mec authentique et honnête, c'est bien Olivier d'Eros Nécropsique. Et limite, des fois, j'aurais bien voulu que ce soit moins le cas, que ce soit un peu plus théâtral. Mais en fait non, il a vraiment vécu tout ça et ça ne va pas. Donc c'est vraiment très difficile pour avoir des impulsions. Il n'y a que lui qui peut relancer le groupe. J'attends le jour où il va le faire. J'avais bien aimé, c'est vraiment une autre approche musicale.


Et vous n'avez pas sorti d'album depuis 2004 ?
Non, mais on a commencé à enregistrer un album en 2006. La moitié est faite, sur un total d'une heure et quart. Mais pour diverses raisons, c'est resté en stand-by. On reste potes, je les ai vus cette semaine. Mais voilà.


Quels sont tes projets encore actifs en ce moment ? On a parlé de Eros, Merrimack, Vorkreist et Neo Inferno.
Et Decline of the I. Et aussi Malhkebre. Et jusqu'à peu, plus ou moins Diapsiquir. J'ai bossé sur le deuxième album ; j'ai fait les machines, les samples et le synthé avec Toxik. Je n'ai pas bossé sur le troisième. Mais pour la mouture live qui a commencé au mois d'avril, je bosse depuis un an et demi sur les boucles, les arrangements, les transpositions sur scène du dernier album et des morceaux complètement refaits pour le live. Sauf que je ne suis pas disponible pour les lives cette année. Donc il y a quelqu'un d'autre qui fait très bien le job. J'aimerais bien, pour marquer le coup, faire une date ou deux avec eux, mais pour moi c'est un peu entre parenthèses. Ce qui compte dans tous les projets, c'est le projet lui-même. Donc je suis très content, surtout que j'ai toujours été fan de Diapsiquir. Mais je ne peux même pas allé les voir, car j'ai un concert ailleurs le jour de tous leurs concerts. Là, vendredi il y a Diapsiquir à Paris et je joue en Ukraine avec Malhkebre.


Tu as un planning très chargé.
En tout dans une année, je dois en faire quinze concerts et pas cinquante. Je fais beaucoup de petites tournées. Mais cette année, il y a eu des enregistrements ; plus de deux semaines avec Vorkreist, quasiment trois avec Merrimack. Malhkebre l'été dernier.

Pour toi le metal, ça se vit en live ? Pourtant, tu as des projets studio.
C'est un peu compliqué. Pour moi, c'est les deux. Un projet comme Love Lies Bleeding ou Decline of the I, je n'ai jamais voulu qu'il y ait de l'expression live, parce que c'est plus une expérience individuelle. Même pour l'auditeur. Un trip, quelque chose qui n'est pas à faire ressentir dans une atmosphère de bière et d'animal. Alors que c'est beaucoup plus le cas pour Vorkreist qui a ce coté bestial. C'est un peu comme pour les histoires de guitares et d'atmosphères, un groupe c'est un territoire. C'est pas seulement un logo et quatre mecs maquillés. Qu'est-ce qui jalonne ce territoire ? Ça va être de la scène, ça va être du maquillage ou pas, ça va être ces histoire de pseudos, de références, d'idéologies, de concepts. Et j'aime beaucoup tout ça. Il y a même une double territorialité, si on ajoute la géographie. J'ai joué pendant un an avec Corpus Christii, et pour le coup j'ai joué avec un groupe qui était au Portugal. Je jouais avec un Belge, un Portugais qui habitait à Londres et deux autres qui n'habitaient même pas dans la même ville. C'est doublement un voyage, ça m'a apporté énormément de choses de rentrer dans l'univers d'autres musiciens. Et j'ai justement les deux côtés : les groupes où je compose beaucoup et dont je fais vraiment partie intégrante (comme Vorkreist, Merrimack de plus en plus), et ceux où je me greffe à un noyau vraiment fort déjà existant (notamment dans Malhkebre, Diapsiquir ou Corpus Christii). Chaque fois, c'est vraiment une expérience différente. Même si on me demande pourquoi j'ai autant de projets, je n'ai vraiment pas cette impression de redondance.


Comme tu l'as expliqué, à chaque projet correspond une identité visuelle. Vorkreist, ça restera sans corpse paint ?
Vorkreist, oui. Il y a ce côté beaucoup plus franc, presque bas du front. On a jamais trop joué sur une idéologie complexe. Et c'est ce qu'on met en avant sur le dernier album ; la pochette c'est le logo. Voilà, c'est nous. Il y a même des niveaux de lecture des paroles où j'ai reconnu des moments de la vie de Saint Vincent. Il faut le savoir, mais cela montre que c'est vraiment nous. A la base, le challenge était que les paroles parlent de nos expériences, mais c'était un peu trop difficile. Pas du " j'ai fait une répèt mardi ", mais du vécu assez fort qu'on a eu avec le groupe. On donne vraiment tout, c'est aussi pour ça qu'on fait des concerts et que ça se ressent. Et puis tu as les projets qui sont vraiment plus dans l'imagerie, par exemple Malhkebre, où c'est vraiment une cérémonie avec du prêche et tout un décorum. Il y a cinquante bougies sur scène et Berzerk fait vraiment la messe. Spontanément, je n'aurais pas amené ça mais je pense m'y greffer plutôt bien. Et même bien m'y sentir, sans me dire que je suis là pour exprimer exactement les mêmes idées que lui. Mais je parviens à me glisser dans ce flot.


On va revenir à Vorkreist. Avec le précédent album, il y a eu un micmac avec le départ de SRK au moment de l'enregistrement. On peut revenir là-dessus ?
C'est très simple. Là où on a fait une erreur, c'est qu'on sentait qu'il était de moins en moins impliqué. Après, il avait pas mal de problèmes perso et c'était un pote de longue date, donc on ne l'a pas viré du jour au lendemain. Mais un mois avant l'enregistrement, il nous dit qu'il n'est pas trop disponible au niveau des dates, alors qu'on demandait deux jours de son temps pour enregistrer à Paris. C'était n'importe quel taf, il pouvait dire qu'il était malade et voilà. Ça montrait déjà le niveau d'implication, parce que ça paraissait impensable pour nous autres de ne pas se démerder. Et là, on l'a envoyé chier. Ma grosse erreur, ça a été de commencer à enregistrer Decline of the I avec lui. Il m'a fait miroiter qu'il allait finir, jusqu'à plus donner de nouvelles. Et là, je n'ai plus de contact depuis des années maintenant, je ne sais pas ce qu'il devient. On était très proches de Blacklodge, surtout depuis la tournée qu'on avait fait en commun en 2007. Du coup, on a demandé à Saint Vincent, avec le challenge pas facile d'arriver sur des morceaux qui sont complètement faits. Surtout qu'on était pas mal pressés pour les délais, qu'il a enregistré de son côté et qu'on n'a jamais répété ensemble avant. Il enregistrait et on faisait des ping-pong " un peu plus comme ci, comme ça ". Mais forcément, tu n'as pas du tout la même direction artistique que quand tu es face-à-face. D'où ce style qui donne son charme à l'album, mais ce côté un peu déstructuré qui va trop loin parfois. On a voulu arriver à un peu plus de maîtrise sur le dernier album. Le chant part moins dans tous les sens, et il n'y a plus cinq voix en dix secondes, même si je trouve que ça donnait un rendu très original sur Sickness Sovereign. On voulait garder le meilleur de son approche malade du chant, mais en le cadrant plus.


En plus, avec le nouvel album vous passez chez Agonia. Ça ne s'est pas bien passé avec Trendkill ?
Je pense que je ne suis pas le premier à le dire. Tout le monde entend parler de Virgil et des " non, je ne peux pas vous rembourser parce que je me suis marié ce week-end ". Il a énormément de bagout et il nous a fait croire. Je me rappelle encore de certains trucs énormes qu'ils disaient " 2010, c'est l'année de Vorkreist ou ça ne sera pas " ou " les gars, j'ai des contacts en Amérique du Sud, je vais vous faire jouer là-bas ". C'est pas un connard fini, c'est juste un mec qui n'arrive pas toujours à gérer ce qu'il veut faire. Notre chanteur était un peu pareil. " Pas de problème, je vais le faire " mais ils n'y arrivent pas et il y a toujours de bonnes raisons. C'est pas des mecs qui essaient de t'entuber, c'est juste des mecs qui gèrent pas très bien. C'est assez désarmant. Mais bon, Sickness Sovereign est sorti sans aucune promo. Il suffit de taper dans google le nom de l'album, il y a trois chroniques et huit cents liens de téléchargement. Voilà, il l'a sorti sans vraiment le sortir. Il l'a ressorti plus officiellement un an après, je n'ai pas trop vu de différence.
Ouch, on publie ça ? Pas de regret ?
Non, pas de problème. Justement, on venait de signer chez lui et on a commencé à voir des groupes qui s'en plaignaient. Lui était toujours très bon pour répondre, notamment sur VS. Il y avait des communiqués et il balançait des contre-communiqués très bien tournés. On le connaissait à peine et on se disait aussi que les groupes abusaient un peu. Maintenant, on sait, c'est juste qu'il ne tient pas toujours ses engagements et voilà. La base même : on n'a jamais eu de contrat. Combien de fois il allait nous les envoyer tout de suite ? On devait signer pour deux albums et rien. Du coup, quand on s'est dit qu'on ne voulait plus rester chez lui, il n'y avait même pas de problème juridique. Quand on lui a annoncé qu'on n'allait pas continuer, il s'est excusé d'avoir mal géré, mais ça nous faisait une belle jambe. Ça a failli tuer le groupe. Quand tu t'investis à mort dans un album qui n'a pas été facile à faire et qu'il n'y a rien derrière, quand tu croises des mecs qui ont une distro en Allemagne et qui te disent " j'ai commandé l'album à Trendkill et je ne l'ai jamais reçu ", pffff... On a tous nos projets à coté qui avaient une meilleure dynamique, on était tous un peu à droite à gauche. On s'attendait à ce qu'il nous dégote des plans concerts, il en a trouvé deux au tout début. Un plan pas mal quand même, mais bon. On avait signé chez lui parce qu'on avait vu qu'il organisait des tournées et que dalle...


Pour le dernier album, vous êtes allés au Drudenhaus chez Xort (ex-Anorexia Nervosa). Qu'est-ce qui vous a poussés à sortir de la région parisienne ?
Pour le coup c'était une de nos volontés en tant que groupe, de se barrer et de ne pas enregistrer un album en sortant de ton taf. Une des prérogatives était de partir tout le groupe ensemble. Pour diverse raisons, tout le monde n'a pas pu rester longtemps, mais les trois quarts du temps on est restés ensemble. C'était vraiment important que tout le monde soit là pour les prises, qu'on se fasse chier ensemble, qu'on lise ensemble des Hard Rock magazine de 84 parce qu'il n'y avait que ça qui traînait (rire). C'était bien pour le groupe.



Garder au maximum un esprit de groupe.
Voilà. Puisqu'on est tous dans plein d'autres projets et qu'on n'habite pas tous au même endroit, là c'était l'occasion. Pour le Drudenhaus, on avait eu pas mal de bons échos, notamment par Heimoth (NDR : de Seth) qui y avait enregistré avec Reverence ou aussi par nos potes de Necroblaspheme. Et on le sentait bien surtout parce qu'il n'y avait aucun groupe du Drudenhaus où on se disait " c'est ce son-là que je veux ". Il fait tellement de sons différents, en s'adaptant à l'identité des groupes, que je me suis dit qu'en dialoguant avec lui on allait trouver le son qui nous correspond. Ce qui nous a attiré, c'est vraiment qu'il est à l'écoute et qu'il se met vraiment au service de ce que veut rendre le groupe plutôt que d'appliquer sa recette. Certains studios marchent à la recette, lui pas du tout.
Et ça a bien fonctionné ?
Ça a très bien fonctionné, oui. Six mois avant d'enregistrer, on s'appelle. Je pensais que c'était plus pour des histoires de paiement ou de mise en place du planning. En fait, on a parlé pendant une heure, il voulait que je lui parle du projet et que je lui envoie des maquettes pour qu'il se mette la gueule dedans. Tous les jours pendant l'enregistrement, on faisait un point autour du café " OK, on va dans cette direction, comment vous le sentez ?". Pareil pour le mix, énormément à l'écoute. Ce n'est pas le mec qui est tout seul et qui au bout de trois jours te dit " je vais rajouter un peu d'aigus " et fin. Et même temps, pas du tout attentiste, et il réagissait en fonction de nos idées en nous conseillant vers où aller. Il traduisait nos anxiétés pour nous faire avancer. Quand on dit qu'on veut plus de graves, ça ne veut rien dire pour un ingénieur du son qui va préférer annuler certaines fréquences plutôt que de tout mettre à burne. Pour résumer, on a obtenu un son vraiment puissant mais qui bave aussi, la symbiose qu'on cherchait entre le death et le black. Le problème des albums de black/death est souvent le même. Si c'est trop black, les attaques de gratte sont un peu molles. Et inversement, il faut un truc pas trop clinique pour faire ressortir les ambiances avec les arpèges et les dissonances. Pour moi, nous sommes arrivés à la perfection.


Saint Vincent a pu poser tranquillement ses parties vocales cette fois-ci ? Il est responsable de tous les textes ?
Ouais, il n'a pas eu de problème. Et oui, il fait tous les textes de A à Z. Le concept de l'album est vraiment le clash entre la spiritualité et le corps, ce qui est vraiment raccord avec la musique. Si on lit les paroles ou qu'on les écoute (car elles sont assez audibles), on a l'impression que toutes les thématiques sont classiques, mais avec une certaine révision. C'est autour du christianisme et de la déception, comment croire à la rédemption dans une atmosphère de fin du monde. Le tout avec un peu d'ironie, en détournant notamment la terminologie religieuse, par exemple avec tous les titres de morceaux en latin. Il y a toujours eu des symboles christiques dans Vorkreist, comme la couronne d'épines dans l'album d'avant. Il y a toujours ce truc-là mais plus dans une appropriation parodique et destructive évidemment.


Allez, on se fait un truc plus rigolo, avec tes préférences.
Thrash? Heavy? Visual Kei?

C'est quoi le visual kei ?
Du rock japonais,avec des mèches.
Franchement, aucun des trois.
Death suédois ou death américain? Je pense que ce sera américain.
C'est pas si simple (il réfléchit).
Tu aimes Morbid Angel et Death.
J'aime beaucoup les vieux Entombed ou les premiers Dark Tranquillity, même les débuts d'In Flames. Mais ce qui a arrêté mes influences, mes premières claques, c'est quand même dans le death américain.
Et Immolation qui ressort souvent comme influence de Vorkreist ?
Je suis un gros fan d'Immolation. Pour le coup, pas trop les tous premiers où c'était un peu trop rudimentaire. Je vais me faire étriper en disant ça (rire). Mais à partir de Close to a World Below. Pour moi, Unholy Cult est un monument absolu.
Du coup, entre Morbid Angel et Immolation ?
Je vais dire Morbid Angel... sauf la fin (rire).
Que penses-tu du revival death old school en ce moment ?
Je ne suis pas du tout fermé. Si c'est pour revenir à des bons trucs, je ne suis pas contre. Il y a quand même eu des périodes beaucoup plus nazes dans le metal extrême.
Doom anglais ou metal mélodique suédois (pour préciser, à la Soilwork ou des ersatz de In Flames) ?
Je vomis complètement ce genre de metal mélodique. Doom anglais, je n'en écoute pas beaucoup. On va dire doom anglais par élimination.


Black scandinave ou black sud-américain ?
Black scandinave. Traditionnel. L'énergie primale du black d'Amérique du Sud m'intéresse beaucoup, mais après ça ne me fait pas un effet sur le long terme. Ça m'ennuie assez vite, en fait.
Tu restes sur tes vieux albums ou tu découvres encore des trucs ?
Dans une interview il n'y a pas longtemps, j'ai dû faire mon top 5 dans le black. Clairement, j'ai mis un seul album qui est sorti dans les années 2000. La liste était De Mysteriis..., Det Som Engang Var, In the Nightside Eclipse, The Shadowthrone et, le seul post-2000, Nouveau Gloaming de Code. Ce dernier est une grosse claque. Je suis allé à Londres pour voir le premier concert en 2007.
Tu as moins accroché au suivant, Resplendent Grotesque ?
J'aime bien. J'adore tout ce que fait Kvohst, même Hexvessel. Mais je trouve que le deuxième album de Code ne respire pas assez et qu'il chante trop. J'aime bien les albums assez voluptueux, où quand il y a quelque chose de bon tu n'as pas envie de le zapper tout de suite pour passer à autre chose. Burzum, c'est voluptueux. Tu vois le mec qui sent son atmosphère et qui l'assume tellement qu'il peut jouer son riff quarante fois alors que tu serais parti pour quatre-vingts fois. C'était ça qui était génial dans Nouveau Gloaming. En fin de compte, la base harmonique est hyper simple, tout est en accords mineurs mais bien sentis comme il faut. Plus le groove de batterie qui est bien et la voix qui est géniale. Dans le deuxième, ça va trop vite, en fait. L'album est pourtant court. Je me disais qu'ils auraient dû faire chaque riff deux fois plus longtemps, qu'il chante un peu moins et là on avait l'album parfait.
J'aime bien aussi le côté frustration, où le groupe te joue un riff de tueurs deux fois et boum.
Bien sûr il faut alterner avec ça, je suis d'accord. Pour avoir envie de réécouter, c'est vrai. Mais je trouve qu'il y a presque trop de ça. Il ne s'assoit pas assez. Je connais ça, parce que je composais comme ça avant. Ce sont des albums d'anxieux, à se dire que les gens vont se lasser et qu'il faut passer vite à autre chose.


Black slave ou black français ?
(il réfléchit) Franchement, je ne saurai pas dire. Pour le coup, on s'est vraiment rendus compte au fil des années qu'il y avait vraiment une identité black français. Après, je ne trouve pas trop de points de comparaison, tellement les deux approches me semblent différentes. On va dire black français par cocorisme.
Blacklodge, Antaeus ou Arkhon Infaustus ?
Aaaahh.... Je vais dire Arkhon, Blacklodge puis Antaeus. Pour moi, Arkhon ça a vraiment été la grosse claque. Je respecte de A à Z toute leur carrière. La façon dont ils ont mené le projet, la façon dont ils ont amené une image forte, sans la diluer en signant sur un gros label. Et même au contraire, en ayant une image de plus en plus forte. Musicalement, c'est du génie pur, surtout à partir du deuxième avec l'arrivée de Toxik, qui pour moi est un vrai génie. Leur carrière est hautement méritée. Je me souviens au milieu des années 90 quand Loudblast a fait l'ouverture d'Entombed à Londres, il y avait quatre pages dans Hard Rock magazine et on se disait que c'était fou. Et dix ans après, Arkhon fait une tournée européenne avec Deicide ou une tournée avec Belphegor. Ils ont réussi à arriver à l'étape au-dessus, sans jamais se vendre. Je déplore le split.
Blacklodge, j'aime un peu moins T/ME, mais j'aime bien le deuxième. Ce sont de super potes, donc c'est un peu difficile d'être objectif. Mais j'aimais avant qu'on se connaisse. Et Antaeus j'ai toujours été moins sensible sur albums qu'en live, à la vieille époque où c'était le char d'assaut absolu et un des meilleurs groupes live de l'univers. Le line-up du premier album, c'était vraiment la tuerie absolue. MkM reste vraiment charismatique. Musicalement, je n'ai jamais été un grand fan.
Tu écoutes des groupes de la nouvelle génération numérique, genre DSO, BAN ou Drudkh ?
Blut Aus Nord pas trop, mais Deathspell Omega beaucoup. J'accroche plus depuis Si Monumentum....
Tu aimes autant le côté ritualiste que la période déstructurée, en fait ?
Oui, ça me parle. C'est vraiment de la composition de haut vol, et qui en même temps n'est pas juste de la branlette. Ça te touche toujours. J'ai un peu plus de mal avec Blut Aus Nord où j'entends juste des nappes de dissonances. Ça crée une atmosphère, mais elle m'ennuie un peu en fait.
Et Drudkh, qui joue beaucoup sur le côté atmo à la Burzum ?
Je trouve que c'est un peu léger sur les atmosphères justement. Je ne connais pas des masses d'albums de Drudkh, mais ça m'a beaucoup moins touché.


Tu suis un peu l'actualité musicale ?
Oui, tout à fait. Après, c'est un peu difficile car on sait qu'on n'aura plus jamais la nouvelle claque comme on l'a connue, cet espèce de rush comme un junkie qui veut retrouver son premier fix. Donc, je suis l'actualité quand même, mais cela fait longtemps que je n'ai pas pris une baffe.
Tu te souviens de ta dernière baffe ?
Le dernier qui m'a vraiment scotché, c'est le dernier Craft. Même si la batterie est sous-mixée, il est vraiment bandant. Il y a vraiment des riffs géniaux.

Tu écoutes quoi en ce moment ?
Je n'ai pas envie de prendre le black metal comme une vieille maîtresse qu'on baise par habitude et qui ne fait plus bander. Moi, ça me fait toujours bander. Je me repose régulièrement la question. Ça fait plus de quinze ans que j'écoute ça, que j'en fais et ça me plaît toujours vraiment. C'est un peu comme entretenir un vieil amour ; il ne faut pas chercher le coup de foudre en permanence, parce que ça devient un labeur. Donc, j'écoute toujours beaucoup de metal, mais j'écoute d'autres choses aussi. Pas mal d'electro, hard tech, drum'n'bass, un peu de dubstep qui est un peu à la mode. Sinon, j'écoute de la chanson française, des mecs comme Dominique A et je suis un gros fan des premiers Françoise Hardy par exemple. Et aussi des trucs pop/rock tripants, genre Blonde Redhead, Interpol, Shannon Wright, Radiohead.
Quand tu sors tes disques de black, tu as tendance à ressortir tes classiques ?
Oui et non. Là j'écoute des albums plus récents, mais c'est plus comme un flot. J'écoute des trucs qui me retiennent un peu un moment et je passe à autre chose. J'ai des périodes.


Un grand poète moderne français a dit: La concurrence est plus que rude et je reste tous les jours sidéré de voir le nombre de groupes que l'on peut entendre dans le milieu, surtout en BM. L'accès à la technologie s'est réellement démocratisé, les instruments et la fabrication d'un CD sont plus abordables, si bien que le marché se retrouve saturé de groupes. Tu co-signes ?
Je ne trouve pas forcément que c'est un mal. C'est corrélatif avec la réflexion sur le téléchargement. Je pense qu'on est dans un moment de transition et qu'on ne sait pas trop comment faire. On a les vieux modes de consommation et l'accessibilité au tout-gratuit. Il y aura toujours des artistes. Et si tu as vraiment besoin de le faire, tu te démerderas pour le faire. Et c'est d'autant plus facile de le faire avec les nouveaux outils. Le tri se fait un peu tout seul. Le metal est un milieu où si tu fais quelque chose de fort et puissant, d'une façon ou d'une autre il va surnager. Nous avons un peu de bol en tant que groupes d'être arrivés avant, et d'avoir cette légitimité. Mais ce n'est pas juste parce qu'on est des vieux connards qu'on est encore un peu écoutés, mais parce qu'on arrive à faire encore des trucs biens. Je pense que c'est pareil pour un groupe qui débarque. C'est pas facile, mais comme ce n'était pas forcément facile à la fin des années 90. A l'époque, être un groupe français, c'était vraiment juste exotique. On faisait de la musique dans notre coin, sans se dire forcément qu'on allait sortir des disques ou qu'on allait faire des concerts à l'étranger. On a commencé en jouant dans des caves devant vingt potes et on s'en foutait. On faisait vivre notre musique comme ça. Si tu es vraiment attaché à la musique, tu vas faire tout ce cheminement, tu vas te perfectionner. On a commencé en faisant la copie de groupes existants avant d'arriver à quelque chose de plus personnel. Donc, je ne suis pas du tout pour cet espèce d'embourgeoisement de l'époque où les studios d'enregistrement étaient très chers. Un mec comme Satyr a demandé à ses parents de lui prêter de l'argent pour payer son premier album. Il a tout remboursé depuis, mais sans ce prêt il n'y aurait pas eu Satyricon. Maintenant, en musique comme en cinéma ou autre, tu peux accéder à du bon matos. Il y a un peu de parasite, mais je suis contre un élitisme obligé. Je dois être assez de gauche, c'est pour ça (rire).


Ça ne te fait pas chier d'être noyé au milieu de plein d'autres groupes, et finalement n'avoir que trois chroniques pour le précédent Vorkreist ?
De fait, ça me fait un peu chier. Mais idéologiquement, c'est le jeu. Je n'ai qu'à faire des albums encore meilleurs.
Si je te pose la question, internet : boite de pandore ou super outil de promotion. Tu es clairement du côté de l'outil de promotion ?
Oui. Ce n'est pas 100% génial évidemment. Mais justement on est dans cette transition, où on n'arrive pas à trouver des tunes. On voit comment on galère et on a dû évidemment mettre de notre poche pour finir de financer l'album. Je ne demande pas grand chose, assez pour enregistrer des albums et faire des concerts. Effectivement, le fait que les disques ne se vendent plus rend la situation difficile.
Tu le ressens sur tes ventes d'albums ?
Bien sûr, comme tout le monde. Tout est divisé par deux minimum depuis dix ans, voire plus. L'autre aspect est qu'on a peut-être deux fois moins de ventes, mais peut-être cinq fois plus de gens qui nous écoutent. Dans le fond, je ne me suis pas dit quand j'ai commencé à faire des disques que j'allais faire de l'argent. J'ai presque l'impression qu'on est revenus à l'esprit démos où tu te démerdes pour enregistrer ton album, pour le sortir et tu le files à tout le monde parce que ça ne te coûte qu'une cassette vierge. Le mp3 a ce côté-là aussi. Tout le monde a envie d'être écouté. Les raisons sont diverses et variées, je ne vais pas rentrer dans la psychanalyse (rire). Mais toujours est-il que tout le monde a cet égo, cette envie d'exister dans un monde un peu matriciel où on passe notre temps à avoir du contentement et un espèce de retour sur investissement affectif. Dès qu'on fait quelque chose, on a envie qu'on nous like sur Facebook. Pour revenir au sujet, je pense vraiment que si tu as besoin de le faire, tu y arriveras. Il y a les moyens, mais ça peut être plus dur. Ça fait combien de temps qu'on a pas eu de nouveau paradigme au niveau des groupes ? Peut-être Deathspell Omega qui est devenu le truc énorme en l'espace de trois albums. Mais je pense qu'on est dans une transition et qu'on devrait arriver à un nouvel équilibre.


Je note souvent qu'il y a des réactions (anonymes) assez virulentes contre les groupes de black franciliens. J'en ai noté une au hasard  : comme souvent, du metal extrême parisien aussi fécond et bandant que mon arrière grand-mère..
C'est très simple. Ça prouve juste simplement qu'on existe. On a une identité qui peut susciter quelque chose. Je trouve que musicalement il y a beaucoup de diversités, de Hell Militia à Merrimack en passant par Vorkreist et Antaeus. C'est très différent, dans l'approche, l'idéologie, etc. Ce qui nous lie dans le black français, c'est qu'on a tous commencé dans des garages avec le milieu à l'étranger qui se foutait un peu de notre gueule parce qu'on était français. Et tu trouves toujours ce petit supplément d'âme, que ce soit dans un Mütiilation dégueulasse ou dans un Arkhon surproduit. Il n'y a pas ce côté froid de beaucoup de sorties suédoises ou norvégiennes par exemple, où les mecs sont nés avec une guitare, un studio d'enregistrement et un contrat discographique. En gros, ils avaient le choix entre avocats et stars du black metal. Alors que nous on a toujours voulu un peu plus que ce que donnait la musique ou la vie-même. Et ça je pense que ça se ressent et qui fait la différence dans les groupes qui sortent un peu du lot de ceux qui pondent juste de la musique. A la différence d'il y a longtemps, maintenant ça joue grave. Il y a vraiment de très bons musiciens. Le meilleur exemple c'est les batteurs. Les mecs de vingt piges qui font des blasts à 280. Mais après, il y a d'autres écoles. Je suis très fier de jouer avec un batteur qui ne va pas très vite mais qui a sa putain de frappe et son groove qui vient de la stratosphère, plutôt que d'avoir un énième clone de Derek Roddy. Je pense qu'il y a un peu de cet esprit dans la scène parisienne, cette envie de faire avec les tripes. Que des mecs ne supportent pas ça et soient réfractaires, c'est qu'au moins on est là et qu'il y a quelque chose de repoussant qui émane. Et c'est tant mieux, le but n'a jamais été de chercher le consensus. Finalement, la réaction que tu cites est même plutôt drôle, le classique commentaire de VS.


Auteur
Commentaire
carbonized_ju
Membre enregistré
Posté le: 23/07/2012 à 20h51 - (9)
Très chouette interview ! Vorkreist rulzzz !

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