R.O.P.S - ALIENANTE DAMNATION par DARK RABBIT - 3203 lectures
Album inaugural de ce projet et pourtant, il s'agit d'une oeuvre testamentaire. Le maître des lieux s'explique, évoque le passé, le présent et le futur...


Salut à toi, ça fait maintenant longtemps que tu es actif dans le milieu Black. Peux-tu revenir sur ton parcours et évoquer les raisons de ton implication dans cette scène et ce qui à amené à la création d’ALIENANTE DAMNATION ?

Je suis en effet investi dans cette scène depuis bientôt 15 ans avec pour projet principal, VOCIFERIAN (et d'autres comme GOATHOLOCAUST, LÜGER, CONJÜRATÖR). Les raisons de mon implication sont plutôt simples. Ma fascination et le culte que j'ai pu vouer depuis mon plus jeune âge, ayant eu mon premier contact auditif avec ce genre à mes 12 ans avec l'écoute improbable du « Battle in the north » d'IMMORTAL. C'est là que tout a commencé.
Suite à l'arrêt de VOCIFERIAN en 2009, durant ces dernières années, ce vieux démon ne m'a pas laissé partir, il m'a été nécessaire de revenir à la charge avec un nouveau projet et de nouvelles ambitions qui ont pris corps en « AD ».




La musique de l’album est particulièrement brutale. Qu’est ce qui t’a inspiré dans cette voie ?

Tout simplement car ma musique est influencée par la branche la plus noire de l'arbre du chaos, le black death US et autres impiétés asiatiques.


J’ai senti deux parties distinctes dans l’opus. Il y a d’abord cette guerre contre les monothéismes et puis une sorte de désenchantement devant la vacuité de l’existence. Musicalement aussi, j’ai vraiment eu la sensation de rupture entre l’agression initiale et cette deuxième partie plus mélodique. Les textes étaient écrits avant la musique ou était-ce l’inverse ? Etait-ce une décision prise au départ de la conception ?

Les textes et la musique ont surgi à la fois dans une forme de tumulte qu'il a fallu canaliser.
AD est certes une agression dans son hostilité la plus nue, une conquête des milices du ghetto, une annexion monothei-cide mais tout autant une invitation a une certaine méditation. Un questionnement plus introspectif voir métaphysique au milieu de tout ce chaos.


Les textes proposent une sorte de poésie noire et morbide et pourtant l’expression est pleine d’emphase et d’une richesse assez rare. Est-ce que cela t’a demandé beaucoup de temps ? D’autre part, quelle idée globale voulais-tu exprimer entre d’une part ce rejet de la religion et d’autre part ce constat morne sur l’existence ?
Tu définis assez bien mes intentions. Que pourrais-je ajouter ? Si ce n'est que oui, il s'agit du fruit d'un travail mûr et approfondi. L'instinct créatif demande toujours à être conduit d'une main de fer.


D’ailleurs, tu utilises un chant assez particulier, très narratif. Peux-tu revenir sur l’idée qui a présidé ce choix ?

J'entends ça et là la critique sur les vocalises que j'exerce pour AD, qui seraient à en juger, trop gutturales et rendraient difficile d'accès la compréhension de mes textes. Foutaises, c'est à s'y méprendre ! Sauf que ces derniers sont entièrement disponibles et bien lisibles, car rédigés au sein du livret, et que je ne suis pas chanteur de ''variété' mais bien de Black/Death metal… un style extrême, et c'est déjà une forme de pléonasme de le dire.
C'est un non-sens absolu de reprocher à ma voix de tout simplement respecter les codes d'un style bien établi, une haine viscérale, sans compromission et vouée à décimer toutes pathétiques croyances et garnisons pieuses.

Le but n'était pas de donner un aspect narratif au chant, c'est plutôt la façon dont la prise de son a été travaillée qui peut donner cet effet un peu « métallique ».




Avec ce projet, tu as fait une grosse campagne de promotion et du jour au lendemain tu as tout interrompu et fait tout disparaître comme si rien n’avait jamais existé. Peux-tu nous expliquer cette décision et son origine ?

La notion de repli ou de retraite n'est pas toujours synonyme de renoncement.

Je m'explique. Elle peut aussi être tout à fait la « fruition » d'une réelle détermination et d'un choix ferme et affirmé.

Je vis le BLACK METAL comme un ''spot vomitif', une sorte de « Hors Là » comme le décrivait si bien Maupassant. Un récit imprégné d'une amertume acide et aigre comme celle de l'écrivain « Céline », une diégèse pamphlétaire ''nietzschéenne' résolue à une volonté écrasante d'agression et de prise de pouvoir totalitaire. Loin de tout fourvoiement et des éclairages vaniteux. Il n'y a rien de gratuit ni de calculé dans AD, mais je ne me suis rien proscrit non plus et me suis affranchi de tous poids morts durant la conception de cet album.

Tout cela me rappel au final un peu mon enfance, où je jouais à dépiauter des pelotes de réjection. AD c'est un peu ça, il y'a un certain ludisme je pense à dégrossir et peaufiner son écoute pour y desceller les osselets sonores que cette œuvre contient.

Il réside toujours dans l'intention de créer, une certaine quête d'immortalité. Or rien n'est impérissable à mon sens, pas même l'art, qui reste souvent une question plutôt ouverte et qui vous laisse souvent même sans réponse. Cette maîtrise de l'obscure exploite autant la mort que le diable. Mais au final ce sont bien ces deux derniers qui nous détiennent. Comme nous ne sommes rien…


As-tu planifié autre chose musicalement ?

Pour le moment non. En revanche, « le chantre du charnier » sortira prochainement au format vinyl chez « Apocalyptic Empire Records » (Norvège). D'autre part, avec MACABRA, d'autres sorties sont attendues dont un split EP avec COFFINS que j'ai intitulé « In quarantine with death » et un avec FATHER BEFOULED.




Comment vois-tu le Black à l’heure actuelle ?

La pseudo-scène ''post-black-shoegaze-o-pop-éthérée' me donne la migraine et est à mon sens une esbroufe. Ce genre d'évolution du style tient plus de la dégénérescence que d'une véritable et honorable idée ou neuve conviction. C'est le résultat d'une promotion médiatique à la fois mièvre et doucereuse qui fait son succès et ses beaux jours, à mon idée.
Cela m'irrite au plus haut point de voir à quel sommité nous en sommes, là où l'on oublie trop vite et souvent aujourd'hui le sens qu'avait cette musique hier (il y'a déjà 20 ans maintenant).
Je me fous de l'originalité… On ne peut pas, toujours, impunément détourner certains codes et en tirer les profits de façon si ''sacrilégieuse' si j'ose dire.


Quelles sont les œuvres qui te touchent actuellement ?

« Les Contes de la folie ordinaire » de BUKOWSKI ; « Pour mon plaisir et ma délectation charnelle » de Pierre COMBESCOT et tout particulièrement « Le rêve de Machiavel » de Christophe BATAILLE. Je citerais une autre personnalité contemporaine de la littérature que j'apprécie beaucoup, Laura Kasischke .


Je te remercie d’avoir pris le temps de me répondre et te laisse les mots de la fin.

ALIENANTE DAMNATION est un prétexte malséant, une ombre endeuillée qui, au prieuré des faux s'engouffre et emporte tout dans son propre cercueil…

OCCIRE - ASSERVIR - RECONQUERIR

Spiritualia Sub Metaphoris Corporalium :
L'esprit se matérialise dans l'œuvre et son image.

R.O.P.S.


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