Rimmersgard,
ce nom vous est selon toute vraisemblance inconnu, et il est probable qu'il le restera
pour ceux qui ne feront pas eux-même l'effort de partir à la découverte de ces discrets
Allemands de l'(ex-)Est, conteurs de légendes anciennes et d'évidences oubliées. Car le
jour où un album de Rimmersgard atterrira dans les bacs de l'Agitateur n'est pas encore
venu. Voici un groupe qui, du haut de son " Metaloid Folklore " simple, beau et
limpide, ne s'étrangle pas d'ambitions, mais qui fera à n'en pas douter le bonheur de
tous ceux qui aiment à prendre le temps de contempler leurs racines et de comprendre le
monde dans lequel ils vivent sous une perspective encore pure. Entrez, Messieurs-Dames, et
n'oubliez pas de refermer la porte...
Salut Cruinh ! Je suis très heureux de t'inviter à présenter Rimmersgard sur
Violent Solutions. Avant tout j'espère que tout va bien chez toi ! A quoi ressemble la
nature à cette époque de l'année dans tes montagnes de l'Erzgebirge (cf. Monts
Métallifères) ?
Glück Auf! Et merci. Ici dans l'Erzgebirge tout est vert. Les plantes sont
réveillées et ont entamé leur floraison. Des fragrances envoûtantes s'étirent dans
l'air chaud et parcouru de soleil. Après une averse accompagnée du puissant grondement
d'un orage, tout le pays scintille d'un vert frais et apaisant. Les esprits du printemps
sont en éveil et apprêtent la venue d'un nouvel été.

Parlons un peu de ta région. Tu es originaire de Saxe, où les gens ont, par
rapport à d'autres régions allemandes, un très gros sentiment d'appartenance vis-à-vis
de leur pays. Dis-moi, qu'est-ce que ce coin offre au juste au niveau historique, culturel
ou touristique ? Recommanderais-tu un séjour de vacances en Saxe ? Ressens-tu toi-même
cette forme de fierté par rapport à tes racines ?
Un sentiment d'appartenance sain à sa terre natale est quelque chose de beau, en
passant je suis d'avis que ce type de sentiments est également très répandu dans
d'autres régions de l'Allemagne. Cela devient une chose négative et moins belle lorsque
l'on en vient à ne pas accorder aux autres [peuplades] le respect qui leur est dû ou que
l'on se souhaite à soi-même. Dans cette portion de la Saxe, l'Erzgebirge, règne une
mentalité attachée aux traditions, une mentalité qui peut être de temps à autres
aussi rude que le climat, bourrue et boisée comme les montagnes et les forêts d'ici.
Jusqu'au milieu du XIIè siècle, l'Erzgebirge était entièrement recouvert par une
immense forêt vierge continentale, sombre et impénétrable, le Miriquidi. Au plus
profond des racines de nos montagnes, les nains forgeaient le fer argenté fort commun en
ces contrées. Au cur de la forêt vivaient paisiblement des êtres anciens. Mais
les bois furent sacrifiés en bien des endroits autrefois magnifiques sur l'autel du
rendement agricole.
Naquirent alors les villages forestiers typiques du coin. Aujourd'hui c'est donc une
contrée agraire très exploitable qui s'offre au regard de l'observateur. Pourtant on
peut encore les entendre, là-bas au loin à l'intérieur des montagnes ils continuent de
forger sans relâche... Deux vieilles traditions ont été perpétuées jusqu'à nos jours
: la sculpture sur bois et la dentelle au fuseau.
Sinon ici aussi le capitalisme impérialiste a tracé son chemin et les gens ont soif
d'argent et de pouvoir. De notre culture ancestrale ne demeure guère plus qu'une
sympathique caricature. Ici aussi on retrouve cette pseudo-culture
hiérarchique-germanique un peu partout.
Bien entendu il y a beaucoup de monuments et de villes que l'on pourrait qualifier de
sites touristiques. Mais personnellement je n'ai jamais compris ce qu'une ville peut bien
avoir de si extraordinairement " beau ". Aussi ce n'est pas à moi de conseiller
un parcours touristique défini, ceci incombe à des institutions spécialisées
là-dedans. Quiconque a cependant la possibilité de venir faire un tour dans l'Erzgebirge
pourra humer l'atmosphère incomparable de cette terre. L'attachement et l'amour que je
ressens vis-à-vis de ma région provient du fait que je suis, physiquement comme
spirituellement parlant, une partie de cette région. Cela prend naissance dans des
racines immémoriales. Si tu veux tu peux qualifier ce sentiment de " fierté ",
oui, bien que dans un tel contexte ce mot prend parfois une connotation d'intolérance.
Le titre de l'album 2001 de Rimmersgard, " ErzHerz " (ou "
Cur de Fer ") est à ce titre relativement explicite. Est-ce que Rimmersgard
est pensé comme une vitrine de l'Erzgebirge ? Appartenez-vous au contingent des groupes
qui, à l'exemple de Menhir, prônent un patriotisme local ?
Alors comme ça le titre est explicite ? Pas tant que ça, il me semble, enfin...
Dans notre musique nous parlons entre autres choses de l'Erzgebirge, certes. Ceci étant,
cela ne doit pas être pris comme une publicité. Et certainement pas comme une exaltation
de notre région assortie d'une dévalorisation de tout ce qui n'est pas " Erzgebirge
".
Le mot " patriotique " revêt partiellement, si ce n'est entièrement, un aspect
militaire et belliqueux. Mais ce n'est pas notre but de combattre tous ceux qui sont
différents ou qui pensent différemment de nous. Avec notre musique nous voulons
éveiller les consciences, pas les matraquer. Si quelqu'un interprète notre caractère
comme du " patriotisme local ", cela tient probablement aux opinions et à
l'état d'esprit d'une telle personne, qui sont dans un tel cas peut-être structurés de
façon hiérarchique voir même militante. (NdJ : Ho hé, ça va, hein ?!? Mon vocabulaire
allemand ne me permet pas encore d'employer d'autres mots que ceux que je connais ! ;-))
Une telle pensée et façon d'appréhender les choses est bien loin de la mienne.
Nous souhaitons faire partager nos émotions, ce qui pour moi est possible essentiellement
au niveau du chant. Et l'expérience m'a confirmé qu'il existe encore des gens que notre
musique touche au point sensible. Des gens dont la tête et/ou le cur est comme une
serrure dans laquelle la clé " Rimmersgard " fonctionne, si je puis l'exprimer
ainsi. Les personnes en question savent ce que je veux dire par là. Ce sont des gens en
qui vit encore, consciemment ou inconsciemment, le souvenir de ce qui était. Les gens qui
n'ont pas encore complètement oublié le Vieux Chemin et se plaisent à s'y promener.
De l'histoire du groupe à présent. Quand et à partir de quelles motivations
s'est formé Rimmersgard ? Aviez-vous alors une idée très ciblée de la façon dont
votre musique devait sonner ? Vouliez-vous essayer d'émuler tel ou tel groupe, ou bien de
bâtir les fondations de votre propre son et votre propre concept ?
C'est en 1995 que Asmon, Gilbert, Ronny et moi avons commencé à jouer ensemble.
Nous avions à peu près tous les mêmes préférences et influences musicales.
Au début il y eut le chant et la guitare. Tout doucement des schémas ont commencé à se
structurer et chacun s'est concentré sur son instrument de prédilection. Nous avions
envie d'exprimer nos émotions, nous voulions raconter l'histoire et des histoires. Notre
but était de jouer un mélange de Metal et de Folklore, ainsi que des ballades purement
acoustiques. Evidemment il y avait à cette époque certains groupes dont le style de
musique nous parlait tout particulièrement. La raison de notre formation ne fut pourtant
pas tant la volonté de les imiter que le fait que leur musique était très proche de
notre propre " langage " artistique. Les différents groupes que nous écoutions
et écoutons ont laissé leur trace en chacun de nous, c'est clair. Mais je préfère
éviter de décrire le style de Rimmersgard à l'aide d'autres groupes. Nous ne voulions
ni faire de la repompe de tel ou tel groupe, ni obstinément essayer de créer un son
nouveau.
A propos, je n'arrive pas à résoudre l'énigme de savoir comment je dois
qualifier votre musique... Peut-être peux-tu un peu m'aider. Le terme Fantasy Metal
semble couler de source, mais d'un autre côté le tout m'apparaît si doux et délicat
que je ne perçois aucune trace d'un " esprit metal ". Alors ? Voulez-vous
seulement vous rapprocher d'une classe définie de la scène actuelle ?
Moi aussi j'ai lu toute une batterie de descriptions pour notre musique. Entre
autres : Fantasy Metal, Epic Metal, Viking Metal, Pagan Metal, Black Metal... La
description qui touche le plus au but est encore "Metaloid Folklore".
Effectivement il est vain de chercher chez nous l'esprit metal typique tel que des groupes
comme Manowar (et des milliards d'autres) le pratiquent. A quoi ressemble au juste la
" scène " aujourd'hui ? Quelles nuances y a-t-il donc ?
Notre musique doit être écoutée avant tout par les gens pour qui elle signifie quelque
chose. Maintenant il est indéniable que nous (i.e. nos albums) bourlinguons quelque part
dans les domaines du Metal et du Folklore.
La musique se base principalement sur des mélodies tristes et directes, qui
éveillent à mon sens une ambiance romantique-nostalgique. Lorsque je l'écoute me
viennent à l'esprit certaines images, comme par exemple celle d'un guerrier qui fait ses
adieux à sa famille et à ses amis, et passe une dernière veillée autour du feu...
Es-tu d'accord avec cette représentation ? Est-ce que la gamme habituelle des icônes
fabuleux-épiques revêt pour toi une grande importance ? Dans quelle mesure es-tu
impliqué dans les sagas fantasy, contes ou autres formes d'expression artistique de ce
genre ? Quels auteurs / artistes recueillent tes suffrages, et exercent-ils une influence
sur tes sources d'inspiration et de création ?
Chez moi l'idée d'un guerrier n'évoque aucune ambiance
romantique-nostalgique. Si de telles images naissent dans l'esprit de quelqu'un à
l'écoute de notre musique, alors ça nous ramène à un cadre de mentalité
hiérarchico-idéologique qui possède dans son champ lexical des termes tels que "
patriotisme local ", etc. (NdJ : Roublard, va... Bon, ça dépend sur quelle versant
de la notion de " romantisme " on se situe. Dans le courant allemand du XVIIIè
- Schlegel, Novalis, etc. -, le terme " romantique " désigne entre autres une
poésie médiévale et chevalleresque fortement teintée de mysticisme voire de
morbidité. Dans cette optique l'image d'un homme quittant les siens pour un destin qu'il
sait cruel s'inscrit assez clairement dans un certain romantisme nostalgique qui se prête
aux interprétations lyriques et passionnées). Ce que nous voulons exprimer à travers
notre musique c'est, entre autres, notre affection profonde envers notre terre intérieure
comme extérieure. C'est comme une mélodie qui t'accompagne sur ton chemin , ou même
peut-être en constitue une partie : le chemin qui mène à la maison...Chez les auditeurs
notre musique génère une ambiance romantique-nostalgique, comme tu l'as dit.
La musique est une forme de communication qui conçoit justement ce genre de sentiments
chez les humains parce qu'elle se compose elle-même de telles émotions. Comment ?
Pourquoi ? C'est un peu comme... de la magie. De quelle " gamme d'icônes
fabuleux-épiques parles-tu ? Nous ne nous servons pas de clichés, si c'est ce que tu
veux dire par là (NdJ : Non...). On pourrait peut-être dire que mon Monde se compose
pour partie de " choses " qui pour toi, sous un autre angle de vue, laissent
l'impression d'images fortes mais inaccessibles. Peut-être considère-t-on de façon plus
schématisées et symboliques des choses dans lesquelles on n'est pas directement
impliqué. Mais peut-être que la différence n'est pas très grande au bout du compte.
C'est de toute manière une question de perspective, celle que l'on a d'aborder une chose
donnée. Les gens qui ont la capacité de " sortir d'eux-mêmes " et de modifier
à l'envi cette perspective possèdent à mon sens un immense avantage. Les symboles sont
primordiaux pour les hommes. Ils représentent une forme ancestrale de communication, au
moyen de laquelle les hommes peuvent se comprendre au-delà des barrières de langage. A
travers les symboles l'homme peut aussi se rapprocher de soi-même, car ils sont d'une
certaine façon aussi le " langage " du subconscient. Peut-être aussi de
l'inconscient ?
Je suis en effet très versé dans les contes, sagas, chansons et témoignages des temps
passés. En tant que tels, ils sont des supports d'information qui manient les symboles et
les métaphores. Ce ne sont cependant pas seulement des formes d'expression d'un genre (au
nom du seul art), mais (comme je viens de le dire) des supports d'information et des
transmetteurs de savoir au sujet d'un art de vivre, d'une façon de penser, de sentir et
de percevoir. A mon sens, les contes sont en quelque sorte le langage de la réalité...Ce
qui pour la plupart des gens aujourd'hui ne sont que des " images épiques ",
dans lesquelles on peut piocher pour illustrer certaines fantaisies, sont pour d'autres
certainement des balises de leur existence, une réalité sincère et instinctive.
En fin du compte tout le monde à raison. Chacun dans sa propre perspective. Mais de
telles différences peuvent creuser des distances énormes. Laquelle de ces deux approches
représente la " vision " originelle ?
Pour expliquer cela en un exemple : les Esprits de la Nature ne sont pour moi pas
seulement des créatures chimériques qui n'ont aucune existence concrète et que l'on
rêve peut-être au détour d'un conte, ils sont une composante de ma réalité et bien
sûr de la Nature. Maintenant, de quoi ils ont l'air à mes yeux, comment tout cela
évolue effectivement, il est mieux de ne pas essayer de le révéler à des personnes qui
ne marchent pas sur les mêmes chemins. Il existe une ribambelle d'écrivains qui rendent
compte de cette façon de vivre et de ce savoir presque oublié. Et puis il y a les
conteurs d'histoire. Le roman le plus connu de cette " branche " est
incontestablement le " Seigneur des Anneaux " de J.R.R. Tolkien. Moins connu que
lui et plus récent, je peux te citer Tad Williams. Il s'agit de l'auteur du roman
gigantesque " Memory, Sorrow & Thorn ". Ces bouquins m'ont beaucoup
impressionné lorsque je les ai lus. C'est d'ailleurs de là que vient le nom du groupe.
Rimmersgard, dans ce roman, désigne un pays dans le Nord lointain, que l'on peut à la
rigueur mettre en parallèle avec la Scandinavie. Nos inspirations proviennent néanmoins
de sources tout autres. Si je devais tout te citer ici, la longueur de cette interview
exploserait dans des proportions excessives.
En 1997 paraît la démo " A Venturer's Mind ", qui démontre déjà des
capacités surprenantes, ainsi qu'une atmosphère constamment fantastique, du type que
l'on retrouve de nos jours plutôt rarement. Je n'arrive pas à croire que vous n'ayez
reçu aucune proposition concrète de label après un tel morceau d'art. Comment
considères-tu aujourd'hui la distribution et la résonance générale de cette cassette ?
Est-ce que cela correspondait à tes attentes ? Avec le recul, penses-tu qu'elle aurait pu
entraîner davantage de succès ?
En son temps la démo fut limitée à 222 exemplaires. C'était une idée de Darkmoon, le
manager du label Sombre Records qui a distribué notre démo. Elle s'est propagée dans la
scène Black Metal. Il n'y a eu ni grosse publicité ni aucune promotion en fait. Pourtant
les cassettes se sont vendues assez rapidement, dans le monde entier. Dans les mois qui
suivirent, j'ai lu deux ou trois chroniques de la démo, qui étaient toutes plutôt
positives. Mais jamais je n'ai reçu quelque offre que ce soit. Le fait est que,
suite à un différend insoluble, nous avons coupé le contact avec le label, et ceci à
peine quelques semaines après la parution de la démo. La distribution du restant du
matériel a ensuite été prise en charge par Miriquidi Productions, un label de notre
ville Annaberg-Buchholz.Le logo de l'ancien label a été banni de la couverture. Seules
les toutes premières démos vendues arborent le logo de Sombre Records. Ces exemplaires
doivent être devenus de petites raretés à l'heure qu'il est.Aujourd'hui encore des gens
me demandent s'il est possible d'obtenir la première démo. Ce serait bien qu'ils aient
effectivement la possibilité de l'acquérir. L'idée d'en reprendre la distribution est
dans l'air.
Si j'ai bien compris, tout l'enregistrement de la démo a été effectué live.
N'avez-vous jamais eu la possibilité d'enregistrer dans des conditions professionnelles ?
Penses-tu qu'une chanson finie perd automatiquement en âme et en spontanéité lorsque
son enregistrement est fractionné et retravaillé ?
Oui, toutes les pièces avec batterie sont jouées live. C'était tout un
programme ! Seigneur, qu'en je repense à tout ça, c'était une drôle d'époque...
Avec " conditions professionnelles ", j'imagine que tu veux dire un studio. Non,
nous n'avons jamais jugé la valeur du groupe (y compris sa valeur commerciale) tellement
élevée qu'un travail en studio s'en soit trouvé justifié. Nous avions notre local de
répétition avec une installation technique qui suffisait largement pour enregistrer
quelque chose de présentable (au bout du compte on n'est jamais vraiment satisfait...).
Et surtout nous avons eu du temps. Personne ne nous a jamais imposé de pression. Les
sessions d'enregistrement reflétent notre état de forme et d'esprit d'alors. C'est clair
qu'il aurait été possible d'enjoliver le tout considérablement. Mais à quoi bon ? Tout
est très bien en l'état. Ce n'est qu'après coup qu'on peut vraiment s'en rendre compte.
Si quelqu'un est vraiment insatisfait de son travail, il reste toujours la possibilité
d'aller dans un studio et de relooker le tout. Je crois que je suis incapable de bosser en
studio en ce qui concerne le chant. Pour chanter j'ai besoin d'une atmosphère qui soit
pour ainsi dire harmonique. Il doit y avoir plein de petits détails en filigrane. Ce que
ça
signifie, je le sais en moi-même et ça suffit amplement. Avec les autoprouctions en
studio la qualité de l'enregistrement est toujours biaisée d'une façon ou d'une autre,
car il est alors possible de tout remixer et d'aplanir ces détails. Et c'est justement ce
à quoi je me refuse.Lors d'un enregistrement studio, ma voix pourrait très certainement
être mixée à la perfection, mais je crois que je ne pourrais moi-même pas chanter de
la même façon que cela m'est possible sous certains cieux. Mon outil vocal et moi-même
ne sommes pas des instruments qu'on règle en appuyant sur un bouton, après tout...
Le label lituanien Elven Witchcraft planifie la réédition CD de " A
Venturer's Mind ". Le projet en est apparemment un peu au point mort, puisqu'il
était déjà dans l'air lorsque j'ai entendu pour la première fois parler de
Rimmersgard, à savoir en 2000. Ne trouves-tu pas ce retard pour le moins frustrant ?
comment réagis-tu par rapport au fait que, si cette réédition voit le jour, beaucoup de
gens vont découvrir Rimmersgard avec du matériel qui a pas loin de 5 ans d'âge ? Est-ce
que cet enregistrement correspond toujours à l'image que tu veux donner de Rimmersgard ?
Le matériel correspond à l'image que nous voulions donner au moment de sa
sortie initiale. Tous ceux qui l'achètent savent très bien qu'il date de 1997. L'image
que nous voulons donner aujourd'hui avec Rimmersgard découle totalement de ce que nous
avons fait par le passé. Après tout, un arbre pousse toujours sur les mêmes racines.
C'est en 1999 que Elven Witchcraft a pris contact avec moi. Au début, le gars Morgueldar
était vraiment enthousiaste vis-à-vis de la démo. Je lui ai donc fait parvenir tout
notre matériel, etc. Puis ça a duré. Ca dure jusqu'à aujourd'hui, et ça durera
sûrement encore plus longtemps. Je me suis lassé de toujours demander et redemander où
c'en était. Il a le matériel, maintenant qui sait ce qu'il en a fait... Peut-être qu'il
circule déjà clandestinement dans toute l'Europe de l'Est, peut-être aussi qu'il dort
dans une baignoire au milieu de quelque nains de jardin et de produit désinfectant, va
savoir... En tout cas j'ai recommencé à tâter le terrain de mon côté et avec un autre
label nous avons formulé l'idée d'une autre réédition. Peut-être en vynil. Mais ce
n'est encore qu'au stade d'idée. Une rumeur en quelque sorte...
Quelques problèmes se sont dressés en travers du chemin de Rimmersgard au cours
des années. Des soucis de line-up, de salle de répétition, que sais-je... Peux-tu en
faire le résumé ? As-tu déjà songé à tout abandonner ? Objectivement, dirais-tu que
la carrière du groupe a été poursuivie par la poisse jusqu'ici ?
Lorsque Ronny a quitté le groupe, ce fut une grosse cassure. Frank l'a remplacé
au pied levé et nous avons composé une bonne partie de " ErzHerz " en sa
compagnie. Puis il est lui-même partie, mais heureusement Aluco était déjà parmi nous.
Nous n'avons jamais été contraints de faire de la prospection pour trouver de nouveaux
membres. Le coup du local dans notre bon village de Mildenau, c'est une autre histoire.
Notre première nuit au local fut celle du 15 au 16 janvier 1996. Nous l'avons eu à
disposition jusqu'au début de l'année 2000. Au cours de ces années j'ai consacré mon
temps libre essentiellement à la musique. Nous n'avons certes que deux enregistrements à
notre actif, mais nous étions (en particulier moi) plusieurs jours par semaine au
local.Il reste encore de ces années beaucoup de choses semi-finies, et encore d'autres
parcelles de matériel ont été tant bien que mal rassemblées depuis lors.
Après la perte de la salle de répétition, Asmon est parti avec sa batterie sous le bras
répéter avec un autre groupe, celui pour lequel il officiait déjà au micro entre 1998
et 1999. Fin 2000 il a rejoint Fabula Aetatis, une troupe de musique médiévale très
active sur scène, qui sont de très bons amis.
C'est même chez leur leader Brian que nous avons enregistré " ErzHerz " dans
une sorte de caverne de bois rustique... Jusqu'à ce que nous puissions enfin débuter les
prises - et encore plus jusqu'à ce que nous en ayons terminé - se sont dressées moult
infortunes qu'il ne serait pas opportun de répertorier ici.En tout cas une fois
l'enregistrement terminé nous avons arrêté de répéter
sur une base régulière, nous avons même cessé un long moment de jouer. Mais depuis peu
Aluco et moi-même nous recontrons de temps à autres et jouons ensemble de la guitare. Je
pense que le prochain album, si prochain album il devait y avoir, pourrait être à forte
dominance acoustique. En pesant le pour et le contre, je ne dirais pas que Rimmersgard a
été poursuivi par la poisse. Au contraire, à certains moments nous avons même eu...
beaucoup de chance.
Et qu'en est-il de la dysphonie de laquelle a un temps souffert ta voix ? Je peux
facilement m'imaginer le handicap que cela a du représenter pour Rimmersgard étant
donné que ta voix unique et expressive joue un rôle immense dans la musique... Peux-tu
en révéler davantage là-dessus ? Est-ce que cette maladie avait une origine
psychosomatique ?
L'affection dont tu parles est effectivement d'origine psychosomatique. J'ai du
suivre une thérapie à cause de ça, et il y a de fortes chances que je doive remettre
ça tôt ou tard. Ceci étant il serait déplacé de s'enfoncer plus avant sur ce terrain
ici. Tout ce que je peux dire pour faire court, c'est qu'il existe un énorme décalage
entre mon Monde intérieur et l'extérieur actuel.
Bien sûr cette fameuse dysphonie fonctionnelle a représenté un gros handicap pour
Rimmersgard. Certaines des chansons de " ErzHerz " ont été enregistrées alors
que j'étais en pleine phase de dysphonie. Cela ne s'entend pas forcément au résultat,
mais c'est pour moi un poids considérable. A cette époque je devais absolument chanter
ces parties, car je ne savais pas si ma voix et ma texture vocale pourraient un jour
retrouver leur meilleur aspect. Ce fut une période difficile. Mais si " ErzHerz
" n'avait pas été enregistré et édité à ce moment précis, alors il est
vraisemblable qu'il ne l'aurait jamais été. Aujourd'hui le seul véritable handicap est
l'absence d'un local de répétition.
Tu m'as dit ne jamais avoir eu recours à des cours de chant, ce que je trouve
carrément étonnant vu que ta voix sonne exceptionnellement maîtrisée et puissante.
Comment as-tu découvert puis entretenu cette capacité ? Es-tu le genre de gars qui
fredonne une chansonnette en toute occasion ? Te définirais-tu comme un autodidacte
réceptif à la mélodie ?
Non, je n'ai jamais suivi de cours de chant, ni quelque forme d'éducation
musicale que ce soit. Excepté la thérapie pour la dysphonie, qui était censée en
traîter les symptômes.
Oui je pense être très réceptif à la mélodie, mais je ne chante pas en public. Seuls
ceux qui étaient présents dans le local de répétition lors de mes performances ont eu
l'occasion de me voir chanter. Pour l'exprimer de façon rationnelle, certaines mélodies
et musiques peuvent provoquer une sorte de modification de conscience. A l'écoute de ces
mélodies particulières, il m'arrive de percevoir un appel venu de très loin. C'est une
sensation qui ne peut pas se traduire par des mots.
C'est comme un souvenir ancien et caché, un message de ma terre natale...
Quelques mots au sujet de " ErzHerz ". Les chansons irradient une
atmosphère identique à celle de la démo. Je présume donc qu'elles ont été composées
voici plusieurs années. Qu'en est-il exactement ? Tu parles également de "
césarienne " pour qualifier la naissance de cet album, ce qui à la lumière des
obstacles cités plus haut n'est pas trop difficile à comprendre. Concrètement, depuis
quand n'avez-vous pas enfanté une chanson finie ?
Les morceaux sur " ErzHerz " ont été composés pour la plus grande partie
entre 1998 et 1999. Aucune chanson finie et digne d'un enregistrement n'a vu le jour
depuis que nous avons mis la dernière main à " ErzHerz ", soit en 2000. Mais
comme je te l'ai dit il existe une quantité non négligeable de matériel éparpillé que
j'espère bien un jour parvenir à mettre au point pour pouvoir le sortir sur un support
respectable.
La différence principale [entre " A Venturer's Mind " et " ErzHerz
"] consiste dans la responsabilité plus importante confiée aux guitares dans le
guidage de la musique. D'une part l'arrière-plan metal est devenu plus costaud et
protéiforme, d'autre part les passages acoustiques ont gagné en complexité, bien qu'ils
soient restés très porteurs d'ambiances. Penses-tu qu'il était temps de dévoiler les
musiciens accomplis derrière les bardes conteurs de légendes ? En d'autres termes,
était-ce voulu de rendre la musique plus technique?
C'était parfaitement voulu, oui. Finalement chacun mûrit avec le temps et avec
ses objectifs. Une certaine progression doit quand-même être palpable.
Le cadre folklorique-médiéval au sein duquel Rimmersgad évolue tend parfois à
une certaine étroitesse et à la répétition des harmonies. Lorsque j'écoute des
groupes commes Adorned Brood ou Suidakra par exemple, qui mélangent aussi à leur façon
des éléments de ces styles avec du metal, j'ai toujours le sentiment d'écouter la même
chanson - ce qui finit vite par devenir ennuyeux. La recette de Rimmersgard fonctionne
pourtant bien mieux grâce à l'ambiance générale de la musique. Malgré cela vous avez
souvent recours à des structures et à des rythmiques approchantes. Où réside l'espoir
d'une évolution vers davantage d'individualité et une libération des schémas de
composition admis ? Considères-tu la musique comme une recherche perpétuelle
d'originalité ?
La raison pour laquelle nous revenons souvent à des structures de chansons
ressemblantes est à mon avis simple comme bonjour : notre style. Mais celui qui écoute
nos chansons avec beaucoup d'attention finira par constater que nous n'avons pas
sempiternellement utilisé les mêmes structures pour toutes les chansons.
Par exemple " Ice Fire's Blue " présente une structure bien différente de
" Surrender ans Submerge " même si l'on peut avoir l'impression que ces
chansons se ressemblent, pareil pour " Loneliness my Friend " ou " Legend's
Domain ". Des morceaux comme " Trolltanz " ou " Rimmersgard "
s'éloignent encore davantage de ces modèles.
C'est juste ma façon de jouer mon truc à moi, c'est notre souhait de peaufiner les
chansons comme elles sont (hormis la production des morceaux
finis, nous savons où nous voulons en venir musicalement parlant). Pourtant ce souhait
comporte aussi sa parcelle d'insatisfaction, celle qui amène un homme à toujours tenter
de surpasser son ouvrage. De la sorte, aucune de nos chansons n'est un ultime terminus en
soi. Toutes ne sont que
des récits, des stations d'un trajet. Jamais définitives, en quelque sorte...
Mais je ne ressens aucun besoin brûlant de me libérer de mes méthodes de composition
actuelles. En conséquence je n'y vois pas un espoir monumental. De même, nous ne
dirigeons pas notre musique dans le but de sonner de façon originale. C'est simplement la
musique que nous voulons faire. Progresser ne veut pas obligatoirement dire se détourner
de ce que tu connais et de ce qui t'a amené là où tu es. Normalement un hêtre ne
renonce pas à ses racines, celles-ci sont même terriblement importantes !
J'ai ouï dire que tu avais noué contact avec Vratyas du label de Düsseldorfer
Skaldic Art. Doit-on y voir le signe d'un futur travail en commun ? Le fait d'être sous
contrat signifierait certainement pour Rimmersgard un complet reformatage de votre vision
de la production musicale, au moins en ce qui concerne le travail en studio et les
obligations et délais qui en découlent. Sens-tu le groupe (et toi-même) prêt à
effectuer un tel pas en avant ? A quelles conditions ?
J'ai rencontré Vratyas en février 2002 lors de la Release-Party de l'album d'Enid, c'est
vrai. Bizarrement tu n'es pas le premier qui évoque une - très probable - collaboration
future avec Skaldic Art. Mais je crois que tu as raison : être sous contrat signifierait
un complet reformatage de notre vision de la production musicale. C'est fort joliment
exprimé.Oui, je crois qu'un contrat détruirait en grande partie notre façon de
procéder actuelle.
Mais sans parler de ça, il nous est de toute façon à l'heure actuelle impossible de
travailler et d'enregistrer à trois, d'autant que nous n'avons presque plus aucun contact
avec Asmon. Et je ne reparle même pas du manque d'un local de répétition...
Tu es aussi lié d'amité avec Florian Dammasch (Enid), et ce dernier a déjà
beaucoup uvré pour faire connaître le nom de Rimmersgard. Quel regard
portes-tu sur son travail avec Enid ? Comment juges-tu leur musique ? Bien que leur
compositeur Martin Wiese et toi soyez issus de deux mondes bien différents, le
considères-tu comme une figure clé du chant dans la scène metal ?
Florian Dammasch est un garçon étonnant. Ce n'est pas un hasard qu'il ait
autant fait pour Rimmersgard, car il est l'un des Notres. Il a fait tout cela
bénévolement. Je ne l'ai ni soudoyé, ni payé, ni obligé à quoi que ce soit. Au
contraire, bien des fois j'ai été plutôt sceptique quant à certaines de ses
propositions.
Ce lien n'est pas de nature exclusivement musicale au nom de la solidarité entre groupes,
car son implication avec Enid n'a rien à voir là-dedans. Entre-temps j'ai découvert la
musique d'Enid et j'ai appris à l'apprécier. Je n'en ai eu connaissance que grâce à
Florian. Cette musique que Martin est le seul à écrire se différencie de la notre comme
le jour de la nuit. Je n'irais pas jusqu'à le qualifier de " figure clé " de
la scène metal. Mais il a effectivement une voix qui, combinée à son style de chant,
rend une impression caractéristique.
On dirait que la scène allemande a enfin de nouveau des groupes au-dessus de la
moyenne à offrir - en dehors de toute cette meute de poseurs thrash et speed metal...
As-tu déjà écouté les derniers albums de Enid, Menhir ou Empyrium ?
C'est du tout bon, pas de doute là-dessus ! Penses-tu que les fans
montrent un intérêt grandissant pour ce genre de groupes hors du commun
et avant-gardistes ? J'ai écouté bien sûr le " Seelenspiegel " d'Enid. Très
exigeant et plus ou moins énigmatique. Sinon je n'ai plus aucun contact avec la scène
d'aujourd'hui. J'ignore totalement quels fans s'intéressent à quel type de musique...
Il est depuis quelques semaines possible de visiter Rimmersgard sur la toile...
Peux-tu nous donner une vue d'ensemble de votre site Web, de son contenu et de son URL ?
Etait-ce ton souhait de disposer d'une présence Web, ou bien as-tu ressenti cela comme
une obligation, étant donné qu'il est de nos jours presque impossible de promouvoir un
groupe efficacement en faisant abstraction de ce médium ?
Oui, Rimmersgard est à visiter sur le Net. L'URL est www.rimmersgard.ht.st.
Nos visiteurs peuvent lire et télécharger l'ensemble des textes de nos deux productions.
Il est possible de télécharger des extraits audio de bonne qualité d'environ une minute
de chaque morceau. De plus il y a une bio exhaustive des débuts en 1995 jusqu'à nos
jours. Enfin de nombreuses photos de toutes les époques sont aussi disponibles. Donc
chacun y est le bienvenu, et est libre de laisser quelques commentaires constructifs et
raisonnables dans le Guestbook. Toute saloperie de la part de quelconques tarés sera
censurée sans autre forme de procès.
Bien sûr, avec une présence Internet s'ouvre la possibilité de répandre le nom du
groupe à l'échelle internationale. Auparavant nous n'avions pas énormément de
possibilités de présenter Rimmersgard.
Certains musiciens affirment ne pouvoir être créatifs que dans les conditions
adéquates, par exemple lorsqu'ils sont seuls dans la forêt, etc. Possèdes-tu une forte
aptitude à te transporter virtuellement, ou bien est-ce pour toi envisageable d'écrire
ou de jouer quelque chose en un lieu où tu entends clairement le vrombissement des
bagnoles, où tu respires à fond la fumée des cigarettes ?
Il va de soi que la créativité n'est possible que dans des circonstances
définies, au mieux lorsque le maximum de ces conditions sont réunies.Je n'ai pas de
recette miracle pour invoquer une telle forme d'environnement idéal. Ce n'est que moi et
moi seul qui peut influencer l'état optimal de création, mais seulement en partie.
D'autres entités jouent là-dedans un rôle très important.
Dans une phase très créative, le boucan des voitures ne serait qu'une source de gêne
très superficielle. Lorsque je me retrouve dans une situation d'inspiration, la fumée
des cigarettes ne me dérange pas plus que ça non plus, tant qu'elle ne prend pas des
proportions vraiment désagréables. En répétition nous ne nous gênons pas pour
déguster tabac et alcool à foison.
La protection de la Nature est certainement quelque chose de très important à
tes yeux. Es-tu plutôt un écologiste passif qui se contente de trier ses déchets
avec soin et évite de polluer dans la mesure du possible, ou bien as tu la " Green
Attitude ", à savoir es-tu un membre actif de la lutte contre le nucléaire, les OGM
ou les engrais, etc. ?
Je n'adhère à aucune organisation écologiste. Je pense qu'essayer de protéger
l'environnement de façon militante n'est pas la bonne solution.
Nous devrions avant toute chose tenter de repenser la notion de Nature. En effet, le
problème est que la plupart des cultures occidentales voient la Nature comme un concept
exogène, quelque chose dont on peut s'isoler comme on tourne le bouton de la radio
lorsqu'on en a assez. Les gens voient une séparation entre Civilisation d'un côté,
Nature de l'autre. C'est un peu du genre : " La Nature c'est bien chouette, mais on a
d'autres chats à fouetter au bureau aujourd'hui ".
Partout domine l'idée reçue que la Nature, c'est ce qui est là dehors, qui devient tout
vert au printemps et abrite plein de petits animaux. Une opinion erronée, voilà tout.
S'enchaîner à un arbre ou à une baleine échouée ne sert à rien. De telles actions ne
font que servir le besoin de reconnaissance et de marginalisation de quelques individus ou
de petits collectifs, mais elles ne font pas beaucoup avancer les choses.
L'hiver dernier il a énormément neigé sur l'Erzbegirge, pas vrai ? Je suis
certain que tu étais heureux comme un roi. En as-tu profité pour aller errer à la
façon d'Immortal, en courant et en hurlant torse-poil dans les champs ? Est-ce que ce
climat a motivé ta plume ?
Cet hiver il est effectivement tombé une quantité de neige inhabituelle. Je me
suis défoulé de par les champs, à moitié nu avec une peau d'ours sur les épaules, et
j'ai fait l'ermite plusieurs nuits de rang au même endroit, au plus profond des bois.
L'hiver est une saison au cours de laquelle l'inspiration s'éclaire et peut atteindre une
profondeur unique. J'ai écrit beaucoup de chansons très émotionnelles en plein hiver,
mais c'était il y a déjà quelques années. L'hiver et moi-même avons une relation
très particulière. Mais cet hiver-ci a été pour Rimmersgard encore et toujours
accompagné de l'absence d'un lieu pour répéter (et d'autres désagréments encore).
Ainsi, même si la neige persistait au dehors, ce fut une phase totalement non créative
pour le groupe.
Dans l'artwork de " ErzHerz ", j'aime tout particulièrement ce dessin
où trois Nains partent pour une quête... Doit-on comparer chacun de ces nains aux
membres du groupe ? Te considères-tu plus proche du Nain que de l'Elfe ?
Cette image a été réalisée sans rapport aucun avec " ErzHerz ".
C'est Kai Baden qui l'a peinte, lui qui a autrefois co-écrit avec moi la chanson "
Loneliness my Friend ". Ces dernières années il a exécuté des peintures
fantastiques. Il a d'ailleurs déjà prêté son talent à Enid. Tu peux comparer les
trois Nains avec les membres du groupe si ça te chante, je laisse ça à
l'interprétation de chacun. Pourquoi au juste devrais-je me sentir proche d'un Elfe ou
d'un Nain des montagnes ? Je crois que ce ne serait pas très avisé de révéler ce comme
quoi je me considères. A mon sens l'humanité n'est pas encore prête pour ça...
Quelle question aurais-tu voulu que je te pose ? Réponds-y STP... " Harmann,
wann iis deei boodn? " (NdJ : No comment...) " Mercredi. "
Bien, cette interview touche à son terme. J'espère qu'elle t'a plu et espère
avoir la chance de t'inviter de nouveau dans notre webzine dès que
Rimmersgard aura une actualité brûlante !Certes l'interview m'a beaucoup plu.
Malheureusement j'ai pris beaucoup de retard avant d'y répondre. Entre-temps j'ai eu
quelques audiences qui ne m'ont pas laissé beaucoup de latitude. Si tu désires une
audience, veuille transmettre ta requête à mes laquais. Je jugerai par la suite.
Peut-être peux-tu laisser un petit quelque chose en Français pour nos lecteurs.
Adieu !
Si j'écrivais ici le peu de vocabulaire français que je connais, tes lecteurs seraient
certainement plutôt... confus. Adieu.
From afar, Cruinh
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